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Subjectivité du diagnostic
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Message Subjectivité du diagnostic 
Bonsoir,

J'ai l'impression qu'il existe plusieurs façons de donner un diagnostic à un patient. La première, et la plus directe est de lui dire : "vous êtes schizophrène, ou bipolaire ou autre chose encore..." et puis une autre où l'on fait sentir à son patient qu'il est atteint de telle maladie sans le dire directement. C'est un peu ce qui m'est arrivé hier et avant hier. Ma psy ne m'a jamais dit "vous êtes schizoaffectif" mais "c'est ce que vous avez"...

Là où je veux en venir, c'est qu'elle est parti de mon ressenti de malade pour me faire déduire avec plus ou moins de pertinence (moi, je dirais plutôt plus) un diagnostic sans se mouiller.

J'ai l'impression que ma psy (et sa collègue psychologue) font tellement en sorte de mettre ma parole en avant comme moteur principal de ma relation avec elle que c'est ce que je dis qui prime sur leur propres impression. Cela ne veut pas dire que je fais autorité sur elles, mais juste qu'elles s'effacent devant ce que je dis et qu'elles ne veulent pas pas m'influencer par leurs propres déductions.

Il y a dans ce que je suis en train d'écrire une trame que je perçoit à peine mais qui n'a rien à voir avec le diagnostic et qui touche à la relation entre le patient et son psy. Si vous pouviez m'aider à mieux la voir, j'en serais gré...   


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Hervé

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Message Subjectivité du diagnostic 
Je suppose que lorsqu'un patient est capable de dire qu'il s'imagine avec tel diagnostic, c'est qu'il est également capable d'entendre et d'accepter qu'il a ce diagnostic.

Je pense à ça parce que j'ai une (très bonne) copine que j'ai connue dépressive il y a 4 ans. Avec le temps, elle a viré franchement maniaque puis re-dépressive et ainsi de suite. Elle est traitée par antipsychotique depuis maintenant 3 ans, et malgré ça, quand je parle avec elle, elle ne peux pas imaginer souffrir d'autre chose qu'une simple dépression.

Il y a le diagnostic, et il y a ce que chaque patient est capable d'entendre ou d'accepter.


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Subjectivité du diagnostic 
Bonsoir Séverine,

Je trouve ton analyse assez pertinente. Mais elle n'explique pas pourquoi ma psy a changé d'avis parce qu'elle m'avait prévenu que je ne trouverais rien dans les papiers qu'elle me fournirait concernant mon diagnostic et que là, elle accepte à demi mots de reconnaître que j'ai ce diagnostic... ?


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Hervé

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Message Subjectivité du diagnostic 
Ca fait combioen de temps qu'elle te conais la psy au juste?

J'ai déja dis un peu se que je pensais dans d'autre post.
Peut etre qu'aprés elle attend que ca vienne de toi, que tu pose la question et aborde toi le sujet. enfin d'un coté il me semble que c'est se que tu as fait.
Mais d'un coté je pense que si tu ferais fausse route elle n,e s'effacerais pas et te dirais "non non c'est pas ca" enfin aprés autant lui posé directement la question du pourquoi se comportement.


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Message Subjectivité du diagnostic 
Bonsoir Xelandra,

Ma psy me connais depuis bientôt deux ans. Et je crois qu'elle me connais très bien mais qu'elle ne veut pas tout dire pour diverses raisons que seuls les psy et les patients éclairés peuvent comprendre... et je n'en suis pas forcément un, malgré ma fréquentation assidue des forums psy !


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Hervé

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Message Subjectivité du diagnostic 
C'est peut etre pour ca qu'elle veut pâs trop en dire. De peur de te perturbé ou autre...
Peutr etre qu'elle attend que tu soit prés je sais pas...
Je me susi toujours demandé se que ca pouvais changer de savoir au fond se qu'on avait, ca change rien au probléme ou a la maladie.... Embarassed


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Message Subjectivité du diagnostic 
Savoir ce qu'on a, ça permet de comprendre certains symptômes, de ne pas flipper à mort devant certaines choses et ne pas se triturer les méninges en se demandant si c'est annonciateur d'autre chose, si on va finir carrément dingue, si on peut guérir. Ca permet simplement de savoir contre quoi on se bat.
Aucun médecin n'aurait l'idée de ne pas dire à quelqu'un qui se tord de mal au ventre ce dont il souffre. Je crois que ça passerait même pour une faute professionnelle de  ne pas dire à la personne si elle souffre d'une appendicite ou d'un cancer, de la laisser souffrir et en plus se demander si c'est bénin ou malin, si elle peut guérir en quelques jours, si elle va avoir des séquelles à vie, un traitement au long cours ou si elle va en mourir. Alors je ne comprends pas pourquoi en le tolère en psychiatrie à partir du moment où le patient est demandeur.
Personnellement, quand j'ai eu un diagnostic, ça m'a permis de tourner une page, de pouvoir faire le point sur ce qui m'était arrivé et comment lutter contre la maladie, de pouvoir comprendre ce qui relevait de la maladie ou pas, et aussi de parler avec des gens qui souffraient de la même chose (ce qui est difficile quand on souffre de quelque chose sans nom), d'accepter mon traitement (très dur d'accepter un traitement à vie quand on n'a pas de maladie) et surtout d'arrêter de dépenser mon énergie à m'inquiéter sur mon avenir, sur ce qu'il m'arrivait, sur ce qui pourrait encore m'arriver, sur comment convaincre un psy de me dire la vérité, etc... Bref un vrai soulagement qui a été le début de la guérison.

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Message Subjectivité du diagnostic 
Tu le dis si bien, Lana !    


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Hervé

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Message Subjectivité du diagnostic 
Ce n'est pas tout à fait aussi simple à mon avis Confused

Comme je l'ai déjà dit, il n'y a pas de solution toute faite... C'est dans la relation clinique que la possibilité de donner un diagnostic va se construire. Et elle dépend d'une multiplicité de facteurs, parmi lesquels la volonté du patient de recevoir un diagnostic, sa capacité à le comprendre, à l'intégrer dans sa vie de manière dynamique et non paralysante...
Tout dépend aussi du diagnostic, de son retentissement personnel et social, de la solidité de l'entourage... et des propres attitudes et défenses de la personne qui doit donner ce diagnostic...

La caricature (mais qui se rencontre encore souvent) de l'oncologue qui annonce "Madame, vous avez un cancer du sein" entre deux portes et qui se sauve aussitôt est exemplaire. A moins d'être un sadique, c'est toujours très difficile d'annoncer à quelqu'un qu'il souffre d'une maladie grave, qui va bouleverser le cours de sa vie.

Le problème de "l'annonce" est un sujet très délicat, que ce soit en psychiatrie ou en médecine somatique. On s'oriente actuellement vers des protocoles d'annonce mais qui ont immanquablement leurs défauts, étant donné que c'est précisément dans la relation individuelle que tous les paramètres peuvent être appréciés finement.

A mon sens, le propre d'un bon clinicien est d'être en phase avec son patient, ce que tu appelles "mettre ma parole en avant" Hervé. C'est à dire ne pas courir devant, ni être à la traîne, mais "être avec", à chaque étape, l'annonce du diagnostic n'étant qu'une de ces étapes.



Dernière édition par Traviata le Mar 4 Sep 2007 - 13:59; édité 1 fois

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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Subjectivité du diagnostic 
Je me pose toujours des questions concernant l'annonce de mon diagnostic par ma psy : me l'a-t-elle livré parce qu'elle me sentait prêt à le recevoir ? Ou était-ce pour que j'oublie de lui poser d'autres questions plus techniques ? Ne m'a-t-elle dit au cours de cette réunion que ce qu'elle estimait que je soit capable de recevoir ? Et pourquoi ne m'a-t-elle jamais dit directement mon diagnostic mais me l'a fait déduire par des hochement de tête ou en me répondant par des "oui, vous avez ça" ?

Je sais, ce sont des questions auxquelles vous n'avez pas de réponses, mais ce sont celles que je me pose...


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Hervé

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Message Subjectivité du diagnostic 
Non, personne n'a de réponse, à part elle

Mais c'est un moyen très souvent privilégié. Beaucoup de psychiatres ou de psychologues répugnent à dire à un patient, "voilà, je pense que vous souffrez de telle pathologie", d'une part parce que ça peut être effractant pour la personne qui le reçoit, et parce que cela crée une relation dissymétrique entre "celui qui sait" et celui qui est alors constitué en "objet de savoir". Beaucoup préfèrent donc que ce savoir se construise à deux, et avec un vocabulaire qui puisse être partagé par les deux (tu connais bien le vocabulaire psychiatrique, mais ce n'est pas le cas de tout le monde). Ca peut être très violent de jeter à quelqu'un un mot qui n'a pas de sens pour lui et dans lequel il ne peut pas se reconnaître (un peu comme dans mon exemple de l'oncologue au-dessus, ce genre de "violence" correspond souvent à une défense du soignant qui se "débarrasse" d'une tâche désagréable).


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Message Subjectivité du diagnostic 
Je trouve ton analyse très pertinente et je ne regrette pas de venir sur ton forum !


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Hervé

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Message Subjectivité du diagnostic 
Moi je trouve que c'est encore plus violent d'avoir en face celui qui sait et ne dit rien et d'être celui qui souffre et à qui on ne dit rien. Evidemment, je parle toujours dans l'optique où le patient est demandeur d'un diagostic. On m'a littéralement jeté le mot schizophrénie au visage, et là, ça fait mal. La première fois j'étais toute seule sur un banc en train de lire la lettre de la psychologue à la psychiatre, la deuxième fois la psychiatre à demandé devant moi à son étudiante ce qu'elle croyait et elle a répondu schizophrénie. J'aurais préfèré qu'on me dise ça plus en douceur, en répondant à mes questions. Par contre, quand j'avais des questions à poser et que je voulais qu'on me dise ce que j'avais, les psy étaient muets, alors que c'était une souffrance pour moi de rester dans l'ignorance et le doute (d'autant que j'avais déjà eu plusieurs fois le diagnostic de schizophrénie et d'autres plus vague de psychose), ça m'a littéralement épuisée de ne pas savoir et d'avoir en face de moi des murs.

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Message Subjectivité du diagnostic 
Un diagnostic psy n'est pas du tout la meme chose que de diagnostiqué une grippe ou un cancer.
Je pense que Traviata explique bien la chose...


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Message Subjectivité du diagnostic 
Oui, mais quand le psy a fait un diagnostic et que le patient le demande, je trouve ça malhonnête de lui cacher. Et puis je peux te dire que les psys qui me servaient ce genre de discours, dans les lettres qu'ils s'écrivaient (et qu'ils me remettaient ouvertes pour les transmettre) ne se privaient pas d'utiliser ces fameux mots qui ne veulent rien dire soi-disant, qui ne sont que des étiquettes, etc...
Je reste sur ma position, j'ai trop souffert du silence, même s'il y a des cas où il est justifié car hésitation (mais alors autant dire franchement qu'on ne dit rien parce que ce n'est pas clair), pas de demande. Quand a on une maladie grave, autant le savoir, c'est en comprenant ce qu'on a qu'on peut gérer les choses et accepter de prendre son traitement. Et qu'on ne me dise pas qu'on s'enferme forcément dans un diagnostic, je suis la preuve que non, je vis normalement et sans aucun symptôme, jamais je ne me suis dit je suis schizo donc je ne pourrai pas faire telle chose. Je me disais peut-être que ça sera plus dur mais je vais au moins essayer et aussi que si j'attendais d'aller mieux pour entreprendre des choses je ne ferais jamais rien, car je savais (vu qu'enfin on m'avait dit la vérité) que ça n'allait pas se résoudre du jour au lendemain et qu'il fallait sérieusement faire des efforts sur soi et suivre son traitement pour continuer à vivre le plus normalement possible.

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