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Norme psychiatrique en vue
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Norme psychiatrique en vue
Roland Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie

LE MONDE | 03.05.08


On parle de plus en plus de "santé mentale", de moins en moins de "psychiatrie". Où nous mènera, demain, cette tendance ?
Nous sommes entrés dans l'ère d'une psychiatrie postmoderne, qui veut allouer, sous le terme de "santé mentale", une dimension médicale et scientifique à la psychiatrie. Jusqu'à présent, cette discipline s'intéressait à la souffrance psychique des individus, avec le souci d'une description fine de leurs symptômes, au cas par cas. Depuis l'avènement du concept de santé mentale, émerge une conception épidémiologique de la psychiatrie, centrée sur le dépistage le plus étendu possible des anomalies de comportement. Dès lors, il n'est plus besoin de s'interroger sur les conditions tragiques de l'existence, sur l'angoisse, la culpabilité, la honte ou la faute ; il suffit de prendre les choses au ras du comportement des individus et de tenter de les réadapter si besoin.


Quel a été l'opérateur de ce changement ?
Le DSM (Diagnostic and Statistical Manual), sorte de catalogue et de recensement des troubles du comportement créé par la psychiatrie américaine. En multipliant les catégories psychiatriques (entre le DSM I et le DSM IV, soit entre les années 1950 et les années 1990, on est passé de 100 à 400 troubles du comportement), il a multiplié d'autant les possibilités de porter ces diagnostics. Aujourd'hui, on est tombé dans l'empire des "dys" : dysthymique, dysphorique, dysérectile, dysorthographique, dyslexique... Chaque individu est potentiellement porteur d'un trouble ou d'une dysfonction. Ce qui étend à l'infini le champ de la médicalisation de l'existence et la possibilité de surveillance sanitaire des comportements.


Comment cette conception de la psychiatrie a-t-elle pu s'imposer ?
Par sa prétention à la scientificité. La santé mentale ne s'est pas imposée à des sujets victimes, passifs, mais à des individus consentants. Depuis l'effacement des grandes idéologies, l'individu se concocte son propre guide normatif des conduites, qu'il va souvent chercher dans les sciences du vivant. Résultat, ce sont les "prophètes de laboratoires" qui nous disent comment se comporter pour bien se porter.


Quel sera le soin de demain, compte tenu de cette évolution ?
Je ne suis pas certain que les dispositifs de santé mentale aient le souci de soigner, et encore moins de guérir. Ils sont plutôt du côté d'un dépistage précoce et féroce des comportements anormaux, que l'on suit à la trace tout au long de la vie. Or, en s'éloignant du soin, la santé mentale utilise des indicateurs extrêmement hybrides. Ainsi de l'expertise collective de l'Inserm (2005) qui préconisait le dépistage systématique du "trouble des conduites" chez le très jeune enfant pour prévenir la délinquance : elle mélangeait des éléments médicaux, des signes de souffrance psychique, des indicateurs sociaux et économiques, voire politiques. On aboutit ni plus ni moins, sous couvert de science, à une véritable stigmatisation des populations les plus défavorisées. Ce qui en retour naturalise les inégalités sociales.


Le repérage fin des troubles ne permet-il pas au contraire de mieux soigner ?
Je crois qu'il permet en réalité d'étendre le filet de la surveillance des comportements, en liaison permanente avec l'industrie pharmacologique. La production de nouveaux diagnostics est devenue la grande affaire de la santé mentale. Voyez le concept de "troubles de l'adaptation" : il est suffisamment flou pour qu'on puisse l'attribuer à chaque personne en position de vulnérabilité. Quelqu'un qui est stressé au travail ou qui est angoissé par une maladie grave peut ainsi développer une "réponse émotionnelle perturbée", qui sera considérée comme trouble de l'adaptation. La réponse sera de lui administrer un traitement médicamenteux, accompagné d'une thérapie cognitivo-comportementale pour l'aider à retrouver une attitude adaptée. Ainsi, la "nouvelle" psychiatrie se moque éperdument de ce qu'est le sujet et de ce qu'il éprouve. Seul importe de savoir s'il est suffisamment capable de s'autogouverner, et d'intérioriser les normes sécuritaires qu'on exige de lui.


Quel sera, dans ce contexte, le rôle du psychiatre ou du psychologue ?
On peut craindre que l'on demande aux psys d'être davantage des coachs que des soignants. Depuis quelques années, on assiste à une multiplication hyperbolique de la figure du coach, devenu une sorte de super-entraîneur de l'intime, de manager de l'âme. Les dispositifs de rééducation et de sédation des conduites fabriquent un individu qui se conforme au modèle dominant de civilisation néolibérale : un homme neuro-économique, liquide, flexible, performant et futile.


Y aura-t-il encore une place pour la psychanalyse ?
Celle-ci est totalement à rebours de ces idéologies, en ce qu'elle fait l'éloge du tragique, de la perte, du conflit intérieur, d'un certain rapport à la mort et au désir. Elle peut donc disparaître en tant que pratique sociale. Mais je pense que ce qu'elle représente - une certaine philosophie du souci de soi, qui tend à construire un sujet éthique responsable - ne disparaîtra pas.
A cet égard, il est frappant de voir que la psychanalyse, désavouée par la santé mentale, est actuellement requise dans les services de médecine non psychiatrique. Tout se passe comme si les médecins, à l'inverse des nouveaux psychiatres, reconnaissaient qu'il y a une part hétérogène au médical, qui est que toute maladie est un drame dans l'existence, et qu'il faut aider le patient à traverser cette épreuve. De même, bien que la psychanalyse ne soit pas à la mode dans notre culture, la demande ne fait que croître dans les cabinets.


Propos recueillis par Cécile Prieur

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2008/05/03/norme-psychiatrique-en…


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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C'est intéressant je trouve, j'aime bien ces réflexions à la limite de la psycho et de la philosophie. Il y en aurait tant à dire.
Moi c'est la "normalité" qui m'a toujours intriguée, qu'est-ce que c'est c'est que ce truc, qu'est-ce que ça veut dire et à partir de quand on est "anormal" ?

La souffrance psychique comme signe de maladie psychique ça, ça me parle, mais la norme et le hors-norme...

Ca me rappelle mon passage en hopital de jour, il y avait une ergothérapeute que je n'appréciais pas du tout, j'avais l'impression qu'elle nous parlait comme à des neuneus, avec un petit air supérieur. Une fois que je me promenais pieds nus en été dans l'hopital, elle m'avait fait la réflexion que, décidément, je lui fesais la démonstration de mon "anormalité".
A y réfléchir, c'est vrai que la majorité des gens ne se promènent pas pieds nus.
Mais est-ce que c'est pathologique de se promener pieds nus ? La raison, c'est que je suis mieux pieds nus, et que à priori je ne dérange personne sauf ceux qui cherchent la norme à tout prix...


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Je pense que ceux qui cherchent la norme à tour prix, comme ton ergothérapeute, ont un sérieux problème avec eux-mêmes, j'ai l'impression qu'ils ne peuvent se sentir bien que s'ils correspondent à tout prix à quelque chose qu'ils ont érigé en bien, en normalité, etc... et que le fait de rejeter ceux qui font autrement les conforte dans cette norme, que c'est même la seule manière de justifier cette norme.
Par exemple, je ne comprends pas les gens qui trouvent que l'institution du mariage est menacée par le mariage homosexuel. Leur bonheur conjugal n'est-il possible que si personne n'est heureux d'une autre façon? C'est un peu triste, je trouve.
Je ne comprends vraiment pas les gens qui sont choqués par des façon de faire qui ne gênent personne juste parce que ce n'est pas la leur.
Il y a pas mal d'exemples aussi dans le livre "Les Filles voilées parlent". Par exemple, une étudiante à l'université qui est exclue des cours, à qui on crée les pires problèmes juste parce qu'elle est voilée (c'est permis à l'université), et après on l'accuse de faire des problèmes, alors que si personne ne s'était acharnée sur elle, elle aurait été assise dans l'amphi comme les autres.

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Message Norme psychiatrique en vue 
Je suis d'accord avec vous, c'est rechercher la norme au point où on en est actuellement qui me paraît... anormal! J'ai l'impression qu'il s'agit de gens qui ont besoin de se rassurer et de vérifier en permanence que tout va bien et qui ont aussi un besoin irrépressible de contrôler les autres, ce qui est quand même le signe qu'il y a de gros problèmes là-dessous.

Il y a surtout une haine absolue de la liberté et de l'autonomie qui remonte actuellement et qui s'infiltre partout, on n'a plus le droit de mettre en pied en dehors du "droit chemin" sans se faire tirer dessus. A ce titre, les prétendus "anormaux" sont bien plus ouverts que les autres. Puisque tu parles du voile Lana, il y a plusieurs femmes voilées dans les institutions où je bosse et jamais aucun autre patient n'a fait de remarque à ce sujet. Quand quelqu'un va très mal aussi, les autres le remarquent simplement et font preuve de tolérance, et offrent même leurs services pour aider, faire des courses, etc. Bref, il faut vraiment bosser en psychiatrie, dans un lieu encore préservé c'est vrai des dérives actuelles, pour retrouver quelque chose qui ressemble un peu à de l'humanité!


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Message Norme psychiatrique en vue 
En ce moment, je suis dans un trip d'être normale à tout prix, complètement asymptomatique. En vous lisant je me rends compte que c'est ridicule, mais pour moi c'est une sorte de défi, pour continuer sur la lancée de mon remaniement. C'est un but auquel me raccrocher, même s'il est utopique. Si mon état est stabilisé vers un mieux, comme je le pense, j'arriverai certainement en thérapie à accepter de n'être pas complètement "normale" mais dans une zone acceptable... Je crois que j'ai la même obsession vis à vis de mon poids (sans être anorexique et en étant très gourmande), je me pèse tous les jours parce que je veux rester dans une norme que je me suis fixée, rester autour des 47 kg, il y a 5 ans, c'était 43 kg. Pourquoi choisir ce poids ? C'est complètement arbitraire !

Bon, à vous lire, j'ai encore du chemin à faire...

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Message Norme psychiatrique en vue 
Ca ne m'étonne pas que les patients ne font pas de remarque au sujet des femmes voilées, comme tu dis les "anormaux" sont souvent bien plus tolérants que les autres. On a été confrontés aussi, de par notre maladie, à toutes sortes de réactions humaines, et on a appris à ne pas juger les gens de l'extérieur, on sait que ce ne sont pas les plus "normaux" qui ont été forcément les plus tolérants envers nous.
En tout cas, ce livre m'en a encore appris beaucoup sur l'intolérance, les femmes voilées se font régulièrement insultées, voire agressées, il y en a même une qui s'est fait cracher dessus!! Sans parler de l'exclusion de l'école, de la fac, du travail, etc... et tout cela par des intellectuels, des gens éduqués en tout cas. Franchement, est-ce que la tolérance c'est accepter l'autre juste s'il devient comme nous? C'est le même problème dans la norme psychiatrique, être en bonne santé, c'est coller à une norme, c'est être "comme il faut" et pas être heureux en fonctionnant autrement.
Oui, vraiment pour moi c'est les gens qui veulent imposer leur norme comme bonheur universel qui ont un gros problème!
Ca m'étonne toujours ce genre de chose, parce que moi je ne remarque jamais ce genre de "problèmes", j'ai une ancienne amie de fac qui est voilée, un collègue homosexuel, et jamais je ne me suis dit "tiens, il n'est pas dans la norme, il n'est pas comme moi, c'est bizarre", etc..., ça me paraît tellement logique et anodin que tout le monde ait son propre chemin que j'ai beau faire, je ne comprends vraiment pas les gens que ça dérangent.

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Message Norme psychiatrique en vue 
Ca me fait penser que dans le travail social, je trouve qu'on laisse de plus en plus tomber ces histoires de normes. Je me demande si ce n'est pas un effet des politiques de psychiatrie dans la ville.

Par exemple il n'y a pas si longtemps, le traitement "normal" d'une personne désocialisée c'était de la ramener à notre norme à nous : l'envoyer au boulot, l'inscrire dans les organismes d'aide sociale, la mettre dans un logement, et puis voila on s'auto-gratifiait d'avoir si bien bossé.
A l'heure actuelle je trouve qu'il est bien plus passé dans les moeurs d'écouter ce que le personne souhaite. Tout le monde ne veux pas travailler, tout le monde ne veux pas bénéficier du RMI, tout le monde ne veux pas habiter dans un appartement. Il y a des gens qui veulent habiter dans la rue, d'autres dans une voiture sur un parking, d'autres pour qui leur norme c'est d'errer toute leur vie, et je trouve que de plus en plus le travailleur social est capable d'entendre qu'il n'est pas grand détenteur des normes de bonheur universel.

Mais bon, ça résiste encore pas mal... mais je suis persuadée que l'accueil de personnes atypiques, qui ont une maladie mentale et sont de plus en plus désocialisées quand il n'y a pas de famille derrière, contribue à ces changements dans les grands objectifs de norme à tout prix.
C'est sans doute une grande avancée, enfin c'est comme ça que je le vois.


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Message Norme psychiatrique en vue 
C'est marrant parce qu'en psychiatrie on vit (et essaye de résister!) à l'effet inverse, et qu'on l'impute (méchamment ) à l'influence grandissante du "social".
Tout est de plus en plus procédural, il faut éduquer les patients, les réhabiliter suivant des normes bien établies évaluées à l'aide d'échelles, etc., etc. Et l'efficacité de la prise en charge est mesurée à ça!
Même si je ne suis pas toujours d'accord avec Gori, c'est vrai qu'on est envahis par cette idéologie, et que l'attente n'est pas de faire "du soin", c'est-à-dire de faire en sorte que la personne puisse mener une existence satisfaisante à sa guise, mais de la réadaptation, que la personne soit sage, qu'elle prenne bien ses médicaments, qu'elle n'ait pas de symptôme trop bruyant...
Bref, on a l'impression de régresser à grands pas! Rolling Eyes


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Message Norme psychiatrique en vue 
Ben c'est marrant, moi je constate l'inverse !

Il me semble qu'il y a quelques années, lorsqu'on accueillait une personne qui délirait, on lui répondait "stop, vous serez admis ici lorsque vous prendrez votre traitement pour arrêter de délirer". Pareil pour ceux qui boivent de l'alcool, qui se droguent, etc. Et le résultat, c'est qu'elle partait tenter sa chance ailleurs où on lui fesait la même réponse.

Aujourd'hui c'est beaucoup plus normal d'accueillir une personne avec ses délires, d'entendre le refus de soin, et d'accompagner cette personne avec ses délires pendant des années. Des fois il y a du soin au bout, après pas mal d'années, et des fois il n'y a rien, c'est un peu frustrant mais ça fait partie du boulot maintenant.

Mais du coup, c'est vrai que les temps de prise en charge ont explosé, que les crédits ne suivent pas, et que certaines structures ont a toujours à coeur de "faire du chiffre" pour faire de l'oeil aux financeurs. Mais c'est vraiment une minorité de structures, celles qui refusent de faire leur travail pour faire du chiffre... mais c'est vrai que ce sont celles qui sont regardé avec bienveillance par les politiques.

Par exemple dans mon établissement, les temps moyens de prise en charge socio-éducative sont de 18 mois. Je rencontre régulièrement une autre association pour qui c'est de 5 mois...
La seule nuance, c'est que chez nous on accueille n'importe qui qui en ferait la demande, et chez eux on fait un entretien, on évalue les capacités au changement, et on se réserve le droit lors de l'admission de se rétracter si la personne ne marche pas à la baguette comme c'était prévu.

Dans leur mode d'admission, j'aperçois d'ici le type qui délire complètement se ramener à l'entretien... et forcément celui-là, il atterri chez nous, pendant que l'autre structure se glose auprès des politiques de leur beaux chiffres. Et que les politiques incitent qui veut à faire d'aussi beaux chiffres, mais sans préciser les méthodes pour y arriver.


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Message Norme psychiatrique en vue 
Pareil en psychiatrie...

Une structure pour ados, que je ne nommerai pas (par charité et prudence ), se garde les cas "traitables" plus ou moins facilement (il n'y a pas de cas "facile", je ne veux pas dire ça), par psycho-éducation, protocoles et tout ce qui s'ensuit, et publie de bons résultats, sauf qu'elle déverse (il n'y a pas d'autres mots) sur le secteur tous les cas plus compliqués, et qu'on voit rappliquer (dans des unités pour adultes très lourdement souffrants Confused ) tous ces jeunes dont personne ne veut parce qu'ils feraient baisser les statistiques et que, de toute façon, on leur prévoit déjà une "carrière" psychiatrique.
Ce serait bien que cette immense hypocrisie soit un jour dénoncée Rolling Eyes


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Message Norme psychiatrique en vue 
je n'ai pas tout compris mais je pense que c'est bien d'être ancré dans une certaine norme sociale ou psy. en tout cas c'est à quoi j'aspire et sans ça je pense que je serai un loque qui erre dans les rues . heureusement à une époque j'ai eu le soutient de ma famille sinon c'est ce qui me serait arrivé et depuis je ne crache pas dans la soupe, j'ai réussi à me construire malgré tout les problèmes

pour ce qui est des cas lourd à vrai dire je n'en ai aucune idée je ne travaille pas en psy ou dans le sociale mais je crois que tout le monde aspire à son bien être ce qui passe pas un lieu d'habitation convenable et de quoi se nourrir mais effectivement s'il y en a qui préfère la rue et bien la rue mais ça j'en doute, je ne sais pas pourquoi mais pour moi rester dans la rue c'est une forme de suicide

et puis pour les chiffres tout le monde sait qu'on sait les lires à la sauces de celui qui les lis

à plus j'espère ne pas être hors sujet (j'ai un doute soudain)

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Message Norme psychiatrique en vue 
Ben non t'es pas hors-sujet

J'ai rencontré pas mal de personnes schizophrènes, pas traitées, et qui ne semblaient s'en sortir qu'en passant leur vie à errer d'une ville à l'autre et d'un foyer à l'autre. Tiens j'y pense à l'instant, ma tante schizophrène, autant que je m'en souvienne, passait son temps dans l'errance aussi. Elle est décédée au cours d'un de ses nombreux voyages.

Mais je ne sais pas pourquoi... peut-être que Traviata a une explication à ça ?


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Message Norme psychiatrique en vue 
Une explication non, mais c'est effectivement un phénomène que l'on observe très souvent, et qui appartient souvent au délire de la personne, avec un attrait soudain pour telle ville ou pays, en fonction de ses consonances ou des représentations qu'elle s'en fait. Ce qui m'épate, quand les patients arrivent à partir à l'étranger, c'est avec quelle facilité ils parviennent à prendre des trains sans payer, à trouver un hébergement de fortune ici ou là, avec un sens pragmatique qu'on ne soupçonnait pas du tout!
Et, quand on leur trouve un appart "fixe", ces mêmes personnes le détruisent très souvent, le rendent absolument inhabitable à une vitesse qui paraît tout aussi inimaginable!
Le voyage est sans doute un moyen, qui réussit un peu parfois, de fuir l'angoisse. On peut le ressentir sans être aussi lourdement atteint, je sais que l'angoisse suscite chez moi l'envie de voyager, d'aller voir ailleurs.

Sinon, pour les chiffres, je suis d'accord Stéphanie, seulement les statistiques font la réputation d'un établissement, et vont bientôt conditionner les crédits qui seront alloués, et même la simple autorisation d'exister... Alors c'est franchement malhonnête de se créer une réputation bidon en excluant tous ceux qui feraient baisser les résultats... et en les envoyant ailleurs!


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Message Norme psychiatrique en vue 
Pour ce qui est de l'errance, quand j'étais malade, je voulais aller marcher dans les collines qui entouraient la ville (c'était en Espagne, donc il y avait des kilomètres d'espace non habités), fuir le plus loin possible pour que la maladie ne me retrouve plus, je voulais mettre aussi d'autres vêtements, qui n'étaient pas mon style, être quelqu'un d'autre, partir, marcher marcher pour fuir la maladie.

Pour répondre à Stéphanie, oui tout le monde aspire à un certain bien-être, mais là où ça devient problématique c'est quand on te dit quel doit être ce bien-être sans respecter tes attentes.
Par exemple, mon ancien psy ne trouvait pas normal que je passe des journées de congés à lire, franchement quel con, ce sont les livres qui m'ont gardé en vie, et si je préfère faire ça que du jardinage, ça ennuie qui?
Idem, il voulait que je dise que parler toute seule me faisait souffrir, alors que non, et que je me fichais complètement de parler de ça, je ne voulais pas qu'il me débarasse de ce symptôme vu que ça ne me gênait pas du tout, que ce soit psychotique ou pas, quel est le problème, c'est bien la seule chose psychotique qui ne m'a jamais posé problème; il y avait d'autres choses plus urgentes.

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PS : mon blog est consultable à cette adresse :

http://mesreglesduje.over-blog.com/

Merci à ceux qui le visiteraient de bien vouloir en faire éventuellement un commentaire...

Renaud Valère


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L'immensité du monde me "ravit". R. Feynman (physicien) -
http://mesreglesduje.over-blog.com/
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