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Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ?
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Message Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ? 
Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ?

Le Figaro, 09/05/2008
Catherine Petitnicolas


Un enfant adopté aurait deux fois plus de chances de consulter un jour un professionnel de la santé mentale.
Si la plupart vont bien, une étude américaine met en évidence un peu plus de troubles du comportement, d'anxiété et de dépression que chez les non-adoptés.



Il est parfois bien difficile d'être parent de nos jours, le nombre d'ouvrages publiés sur la question en témoigne. Mais que se passe-t-il lorsque l'on est parent adoptant ? Certes, une fois devenus adolescents, la plupart des bambins adoptés n'auront pas plus de difficultés psychologiques que les autres. Mais ce n'est pas toujours le cas selon une étude nord-américaine publiée cette semaine (le 5 mai) dans les Archives de médecine de l'enfant et de l'adolescent, du groupe du JAMA (Journal of the American Medical Association).


«Certains d'entre eux ont eu plus de contact avec des professionnels de santé mentale que les autres enfants», pointe l'équipe de Margaret Keyes, de l'université du Minnesota à Minneapolis. Celle-ci a suivi un groupe de 540 jeunes de 11 à 21 ans nés dans des familles «classiques» et les a comparés à 514 ados adoptés à l'étranger ainsi qu'à 178 autres nés sur le territoire des États-Unis. Elle a interrogé régulièrement parents et enfants pour détecter d'éventuelles difficultés : troubles du comportement, de l'attention avec hyperactivité (très à la mode outre-Atlantique), conduites d'opposition, anxiété voire dépression. L'objectif d'une telle étude était de mieux évaluer les éventuelles difficultés des enfants adoptés, afin de réfléchir à une stratégie de prévention.


«Au final, le fait d'avoir été adopté double l'éventualité d'avoir consulté un professionnel de la santé mentale, estiment ces chercheurs. Certes la grande majorité de ces adolescents vont bien au plan psychologique mais, parmi ceux qui vont mal, ceux issus de l'adoption nationale éprouveront plutôt des troubles du comportement, alors que ceux qui ont été recueillis à l'étranger souffriront plutôt d'anxiété de séparation et de dépression.»
 
«Je ne suis pas de ce monde »
 
Ces conclusions méritent cependant d'être nuancées. En effet, pour le Pr Marie-Rose Moro, chef de service de pédopsychiatrie à l'hôpital Avicenne de Bobigny, qui a passé en revue diverses autres grandes études de ce type, «comme un tel résultat n'est pas concordant avec celui d'autres études, il me semble indispensable de relativiser ces conclusions qui risquent d'inquiéter à tort bien des familles». «Une chose est sûre en revanche, poursuit-elle, les parents adoptants consultent plus les psys pour leurs enfants car ils sont probablement plus à l'écoute que les autres familles. Et chaque fois qu'une difficulté apparaît, ils se posent la question de savoir s'il n'existe pas une vulnérabilité psychologique particulière.»


Une opinion que ne partage pas le Pr Marcel Rufo, chef de service de pédopsychiatrie à l'hôpital Salvator de Marseille. «Je reçois beaucoup d'adolescents adoptés qui vont mal et souffrent de troubles de la socialisation. Dans mon service précédent, un sixième des jeunes hospitalisés étaient des jeunes adoptés vivant dans des milieux socioculturels élevés. Comme si le fait d'avoir été adopté par de telles familles était un facteur handicapant. Pourquoi ? Parce qu'à l'adolescence ils vont se dire : je ne suis pas de ce monde, je viens d'ailleurs.»


Ce spécialiste, qui a dirigé durant quelques années la maison des adolescents à Paris (maison de Solenn), interprète d'ailleurs la survenue de toxicomanies et d'addictions diverses ou de fugues chez ces jeunes comme une quête boulimique destinée à vérifier qu'ils sont tout de même aimés, envers et contre tout, par leurs parents adoptifs. D'autant qu'à cette période charnière, ils se posent avec une acuité particulière la question de leurs origines et celle de savoir pour quelles raisons ils ont été abandonnés. Avec peut-être encore plus d'acuité lorsqu'ils viennent de contrées lointaines.


Insistant sur les compétences précoces du tout-petit qui, en quittant son pays, perd aussi les bruits, les odeurs, le langage, bref tout un contexte sensoriel dans lequel il a baigné déjà in utero, dans le ventre de sa mère, Marie-Rose Moro estime «qu'il ne faut pas sous-estimer le traumatisme de cette séparation initiale avec la mère biologique, ni oublier de prendre en compte toute la période où le bébé aura été pris en charge dans un orphelinat ou une collectivité».
 
«Parents trop laxistes»
 
D'autant que peuvent se poser par la suite tous les problèmes liés à la différence (couleur de peau, texture des cheveux), susceptibles d'engendrer à l'école une stigmatisation de la part des autres, voire un sentiment douloureux d'exclusion. «Ils devront alors pouvoir dépasser cela dans leur construction identitaire, et les parents adoptants devront eux aussi se confronter à la question de la différence», analyse cette spécialiste qui a ouvert l'an dernier à Bobigny une consultation destinée justement à toutes ces problématiques de l'adoption. «Mais lorsqu'un adolescent va mal, on ne peut pas réduire ses difficultés au fait qu'il ait été adopté. C'est un peu court comme raisonnement», lance-t-elle. Une réflexion partagée aussi par Marcel Rufo. «Gare aux bons sentiments, met-il en garde. Les parents adoptants sont toujours trop bons, voire trop laxistes. Ils ont beaucoup de mal à savoir poser des limites.»
Rappelons qu'en France, en 2006, près de 4 000 enfants ont été adoptés, dont près des trois quarts avaient été recueillis à l'étranger. Mais le nombre de familles en mal d'enfant et munies d'un agrément est particulièrement élevé. Plus de 30 000.


http://www.lefigaro.fr/sante/2008/05/09/01004-20080509ARTFIG00012-les-enfan…


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Message Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ? 
Traviata a écrit:
En effet, pour le Pr Marie-Rose Moro, chef de service de pédopsychiatrie à l'hôpital Avicenne de Bobigny, (...) «Une chose est sûre en revanche, poursuit-elle, les parents adoptants consultent plus les psys pour leurs enfants car ils sont probablement plus à l'écoute que les autres familles. Et chaque fois qu'une difficulté apparaît, ils se posent la question de savoir s'il n'existe pas une vulnérabilité psychologique particulière.»


C'est exactement à ça que je pensais en lisant la première partie de l'article.

Il me semble que les américains prennent ici les choses à l'envers, en assimilant la consultation vers le professionnel de santé mentale avec une "fragilité" psychologique. Que je n'aime pas ce terme de fragilité d'ailleurs... ça laisse à penser ce que beaucoup de personnes croient, faire abstraction de la souffrance en se persuadant que tout va bien est signe de force, et celui qui consulte est par opposition le "faible".


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Message Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ? 
C'est vrai que des parents adoptifs doivent plus facilement être en alerte et demander un avis s'ils craignent un problème, ce qui est finalement une bonne chose puisque ça permettrait à d'éventuels troubles d'être détectés plus tôt et donc plus facilement remédiables.

En même temps, je me souviens avoir entendu un jour Rufo dire "un enfant adopté, c'est d'abord un enfant abandonné", et cette remarque m'avait frappée, je la trouve très juste.
Et j'ai entendu pas mal de personnes adoptées dans le tiers-monde dire, une fois adultes, qu'elles avaient eu, enfant, l'impression d'avoir été "achetées" par de riches occidentaux à des pauvres du tiers monde, et elles en gardaient une certaine amertume.


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Message Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ? 
Mon psy m'avait dit lui aussi que les enfants adoptés se disent qu'ils ont été abandonnés parce qu'ils ne sont pas aimables, et ils en font baver à leurs parents pour se prouver qu'ils sont aimés.

J'ai une copine d'origine colombienne qui a été adoptée par une famille française blanche d'un très haut niveau socio-culturel, je me fais du souci pour elle, elle est entrain de mal tourner. Elle vit sa vie comme la série sex in the city, elle s'imagine dans la série et recherche frénétiquement les relations courtes, voire multiples, en étant peruadée qu'elle ne pourra jamais se caser. Elle n'a jamais travaillé à 30 ans, a une peur panique du monde du travail à cause d'un stage qui s'est mal passé, du coup elle vit dans un studio parisien qu'a sa mère, et sa mère lui donne de l'argent pour qu'elle puisse subvenir à ses besoins. Elle ne fait aucune démarche pour trouver un emploi (2 ans d'inactivité), et passe son temps à s'amuser avec son meilleur ami gay et ses copines lesbiennes (parce que j'avais un meilleur ami gay et qu'elle trouve que ça fait branché, et que c'est comme dans sex and the city), tout en faisant croire à ses parents qu'elle cherche du travail. Son père a eu beaucoup de mal à couper le cordon, et elle est très immature, elle raconte sa vie sexuelle en détail tout fort dans un café, je suis souvent gênée...

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Message Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ? 
Hypothèse

L'on pourrait aussi retourner la question du titre aux parents et formuler l'hypothèse suivante : "Les parents adoptifs & adoptants sont plus fragiles que les autres (parents)."

Sur base d'études circonstanciées, ce serait intéressant de voir si :
- les parents adoptifs & adoptants ont plus de contact avec des professionnels de la santé mentale (consultation pour eux-mêmes et non pour leurs enfants) que les autres parents;
- les parents adoptifs & adoptants présentent plus de difficultés psychologiques que les autres;
- les études mettraient en évidence pour les parents plus de troubles du comportement, troubles d'attachement, troubles de socialisation, d'anxiété et de dépression, etc ...

http://abandon-adoption.hautetfort.com

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Message Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ? 
Bonjour Koanzench,

Au vue du parcours du combattant que cela représente d'obtenir l'agrément pour devenir "apte" à adopter un enfant, je pense que les plus fragiles sont laissés à l'écart dès le départ, ou tout au moins en route.


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Message Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ? 
Il faut se méfier de ce genre d'évidence je crois. Je me souviens avoir été très étonnée de lire une étude (je n'ai pas les références en tête) qui montrait un grand nombre de familles dysfonctionnelles parmi les familles d'accueil agréées par la DDASS ! C'est sans doute un peu différent pour les adoptants, mais je ne crois pas que la "sélection" en la matière constitue une garantie absolue.


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