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Psychoéducation du trouble bipolaire
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Message Psychoéducation du trouble bipolaire 
Introduction

de Bipote


Une personne ayant de l'hypertension ou un diabète apprend à vivre avec sa maladie. C'est pareil pour une personne ayant une maladie psychiatrique.

Le trouble bipolaire est une maladie biologique caractérisé par la récurrence de troubles de l'humeur maniaques (ou hypomaniaques) et dépressifs. Malgré les traitements stabilisateurs de l'humeur une partie significative d’entre nous rechutent, de plus une autre partie n'adhère pas aux traitements proposés sans oublier ceux qui ne sont pas ou mal diagnostiqués malheureusement.

Les causes du trouble bipolaire sont multifactorielles et selon le modèle biopsychosocial
2
, le diagnostic et les traitements qui en découlent doivent être adaptés à un besoins biologique, psychologique et sociaux spécifique.

Dans la conceptualisation de l'évolution des accès thymiques du trouble bipolaire selon le modèle cognitivo-comportemental (1) , on envisage les épisodes de décompensation de l'humeur comme le début d'un cercle vicieux qui provient des modifications des pensées et des émotions générées par le changement d'humeur et qui vont entraîner des changements des comportements ; ces altérations ne vont pas tarder à dégrader le fonctionnement habituel de la personne et à générer des problèmes psychosociaux qui eux même vont créer du stress et des conséquences sur le sommeil ... participant ainsi à intensifier en boucles les symptômes déjà présents ou précipitant un nouvel accès ultérieur.

Une sensibilisation (ou kindling) s'installe, on parle alors d'une vulnérabilité biologique croissante vis-à-vis des événements déclenchants ou précipitants.

L’élément qui paraît le plus déterminant dans le déclenchement du trouble, indépendamment de la réaction émotionnelle, est son impact sur les rythmes sociaux. Il est important de savoir que cette influence des événements de vie tendrait à décroître en fonction du nombre de récidives
2
.

Le traitement médicamenteux est indispensable pour corriger les anomalies biologiques de notre cerveau, cependant même avec une médication nous avons besoin d'autre chose pour contrôler au maximum nos symptômes et prévenir les rechutes.

Par exemple, le traitement peut faire disparaître nos symptômes, mais en cas de problèmes financiers, légaux, relationnels ou familiaux, ces problèmes demeureront malgré l'amélioration de nos symptômes.

Dans la compréhension de la maladie, on reconnaît le rôle des facteurs de stress émotionnel (difficultés conjugales ou expériences de vie avec signification personnelle spécifique ) et physique (perturbation du sommeil, stimulation excessive), lesquels peuvent entraîner un déséquilibre biochimique. C’est le concept de la vulnérabilité au stress
2
.

Il existe des influences réciproques entre le trouble et les familles des patients: les attitudes des familles influencent l'évolution individuelle du trouble et inversement le trouble et ses conséquences représentent une charge importante pour les proches des patients. Il a également été démontré qu’un niveau d’expression émotionnelle élevé dans les familles (emportements ou cris pour des évènements mineurs) était un facteur précipitant de la maladie
2
.

Certaines études montrent que les interventions familiales tendent à réduire les risques de rechute et le nombre d'hospitalisations. Les proches du malade sont en quelque sorte des aidants pour nous, des aidants qui se doivent aussi de s'informer pour accompagner et également se faire aider.

Car comme peut le dire justement, Christophe André
3


"Si une susceptibilité génétique peut être compensée par un modèle parental stabilisant. Si ce rempart contre la maladie n'est pas solide, reste le support social. Si les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux se conjuguent, la maladie risque d'avantage à se déclarer."

D'autre part, sur le seul point de vue légal, la nécessité d'une information est définit par la LOI no 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Le principe et les modalités sont posés à l'article L.1111-2 du code de la santé publique.
Annexe 1


La question relative à l'information des jeunes enfants doit se poser, elle est fonction de l'âge, du degré de maturité, de la nature du trouble des parents.
4


Les recommandations récentes du National Institute for Health and Clinical Excellence NICE
5
  et celles du Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments CANMAT 
6
insistent particulièrement sur la place centrale du patient dans la prise en charge. Celui-ci doit être informé sur sa maladie et son traitement ; il participe aux décisions sur son traitement. De plus, et il est important de prendre en compte les résultats des traitements antérieurs et les préférences du patient.

Le trouble bipolaire fait parti de ces maladies ou les engagements du soignant, du malade et de ses proches sont primordiaux, c'est ce que permet la psychoéducation que je vous laisse découvrir.

Je vous souhaite une bonne lecture et une psychoéducation à tous, un bon courage à ceux qui ne peuvent pas bénéficier d'un programme psychoéducatif structuré et qui ont fait ou qui font, tout comme moi avec les possibilités et les moyens possibles pour tenter d'arranger les choses...

Bonne chance!




Références:
(2) Les troubles bipolaires et autres troubles de l’humeur- C. Gay-L'Encéphale Volume 34, numéro S4 pages 130-137 (juin 2008)
(3) Les limites des psychothérapies C. André Revue Pour la science N°358 Août 2007
(4) Place des mesures psycho-éducatives dans la prise en charge des troubles bipolaires- C. Gay, H. Cuche L'Encéphale Vol 32, N° 4-C2 - août 2006 pp. 542-546
(5) O’Dowd A. NICE issues new guidance to improve the treatment of bipolar disorder BMJ 2006, Jul 29 ; 333 (7561) : 220
(6) Yatham L.N., Kennedy S.H., O’Donovan C., et al. Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments (CANMAT) guidelines for the management of patients with bipolar disorder : update 2007 Bipolar Disord 2006, Dec ; 8 (6) : 721-739

Annexe 1
  la LOI no 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Le principe et les modalités sont posés à l'article L.1111-2 du code de la santé publique.

Bibliographie:
1
Le trouble bipolaire - Manuel d'exercices pour une meilleure qualité de vie _Auteur: RAMIREZ BASCO Monica Traduction : Dr Jeunieaux Laurence Année: 2008 Socrate Editions Promarex


_________________
"Ce que les hommes veulent en fait, ce n'est pas la connaissance, c'est la certitude."
Bertrand Russell
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Message Psychoéducation du trouble bipolaire 
Définition de la psychoéducation du trouble bipolaire
par Bipote

       

Bipote @ gmail.com
   
 
                                       


C'est quoi?


La psychoéducation, c’est l’éducation ou la formation d’une personne souffrant d’un trouble psychiatrique afin de lui donner les moyens de gérer de la façon la plus autonome possible sa maladie et les conséquences sociales de celle-ci. On peut donner trois dimensions à la psychoéducation
1
:

Une dimension pédagogique : donner des informations sur la maladie et les traitements.
Une dimension psychologique : soutenir émotionnellement la personne face aux difficultés d’accepter ou de vivre avec la maladie.
Une dimension comportementale : donner des outils à la personne pour qu’elle adopte les comportements qui lui conviennent le mieux pour gérer ses problèmes.

Les principales formes thérapeutiques qui apparaissent indispensables à la prise en charge des troubles bipolaires associées au traitement pharmacologique sont :

La Psychoéducation personnelle et familiale

LesThérapies Comportementales et Cognitives. TCC

LaThérapie Interpersonnelle et des rythmes sociaux TIP

Les thérapies psychanalytiques, très fréquentes, n’ont pas apporté la preuve méthodologique de leur efficacité dans le trouble bipolaire ni dans la dépression
3
mais qu’elles présentent un intérêt dans l’amélioration de certains troubles de la personnalité et des phases dépressives qui les accompagnent.

Les mesures psycho-éducatives dépassent le seul cadre de l'information générale transmise sur la maladie et ses traitements.

Dans une définition large ceux sont tout les outils qui nous permettent de mieux comprendre, de réagir et ainsi de nous donner les moyens pour faire nos choix face à nos difficultés. Dans cette perspective, on peut parler de réhabilitation, d'insertion, peu importe, il s'agit d'avoir des repères suffisants pour gérer nous mêmes notre propre vie
1
2
.


Son origine?

 
Le premier à avoir développé la psychoéducation est le Professeur R.P. Liberman de Los Angeles. Il a constaté que les personnes souffrant de psychoses avaient fréquemment des problèmes cognitifs (attention, mémoire, organisation de la pensée) qui rendaient plus difficile la transmission d’informations sur les troubles. Dans l’idée de rendre ces informations plus accessibles, il a construit une méthode spécifique, très structurée et qui s’étale sur plusieurs mois. Ce programme se base sur les méthodes comportementales dont l’Entraînement aux Habilités Sociales (E.H.S.), qui vise à apprendre les "habilités sociales" nécessaires pour vivre avec un trouble mental. Il s’agit par exemple, d’arriver à exprimer ses besoins de manière claire, de savoir demander des informations à son médecin, etc.
1


Les TCC ont été développées dans les troubles bipolaires depuis plusieurs décennies. Les premières TCC ont été proposées à des patients souffrant de troubles anxieux dans les années 1950. En 1960 est apparue la TCC de la dépression ; dans les années 1980-90 ont été développés des programmes et des manuels de TCC pour les épisodes dépressifs. En 1996 paraît le Manuel de TCC pour patients bipolaires de Basco et Rush. Le programme de Lam et al .(7), référence internationale dans ce domaine, est diffusé à partir de 1999, et en 2002 paraît le guide de Newman.

Le Docteur Christian Gay est le pionnier de la psychoéducation en France, il a permis l'existence de France Dépression, d'ARGOS 2001 et il est coordinateur de programme psychoéducatif depuis de nombreuses années.

Peu connues et pratiquées en France les thérapies interpersonnelles (TIP) ont pourtant fait l’objet de nombreux travaux dans d’autres pays depuis leur mise au point au début des années 70. La thérapie interpersonnelle et des rythmes sociaux a été développée par E. Frank et al. à partir de 2000.


A quoi ça sert?


Les traitements psychoéducatifs favorisent l'alliance thérapeutique, tendent à améliorer les connaissances sur la maladie, l'adhérence au traitement, la capacité à faire face aux prodromes (identification dés le début) des épisodes maniaques, à réduire les risques de rechute maniaque et par un travail avec les familles. Ils améliorent la prévention  des abus de substances,  meilleure gestion de la vie sociale, professionnelle et affective, identification des facteurs déclenchants et précipitants, respect des règles d'hygiène de vie, amélioration  des relations interpersonnelles et du fonctionnement social dans les périodes intercritiques  (symptômes mineurs et symptômes résiduels). En outre le patient durant le temps de cette prise en charge est mis sur des rails et bénéficie de l'expérience du groupe.

L’approche des TCC est à la fois curative mais surtout préventive et augmente de façon significative l’engagement du patient dans la prise en charge de sa pathologie.

Les principales cibles des programmes de TCC sont :

une connaissance de la maladie permettant au patient de mieux l’accepter au sens d'une reconnaissance et non d'une résignation.

une définition et une maîtrise d’une sorte de système d’alarme qui permet au patient une reconnaissance précoce des symptômes qui annoncent une récidive ( identification des prodromes ). Plusieurs études ont montré que 62 % des bipolaires ne repèrent pas spontanément les signes précurseurs de la dépression et 36 % de la manie. Cela évite notamment que les rechutes soient vécues comme brutales par le patient.

la mise en œuvre de techniques pour essayer de les prévenir et pour mieux contrôler les symptômes.

l’amélioration et le maintien de l’observance médicamenteuse, véritable pierre angulaire permettant la rémission de la maladie.

une réduction des facteurs de stress psychosociaux.

TCC et traitements psychoéducatifs partagent le même modèle de la maladie. Il est donc difficile de départager clairement l'impact de l'une ou l'autre des interventions, elles sont étroitement liées.
4


L’intervention familiale (consistant essentiellement en la délivrance d’informations) réduit le nombre de rechutes et améliore la symptomatologie dépressive, notamment au sein des familles à haute expression émotionnelle
5
. Elle permet de réduire l’émotion exprimée et donc la fréquence des rechutes, elle améliore la symptomatologie, le fonctionnement socio-professionnel des patients et l'amélioration de la qualité de vie du sujet et de sa famille.
6
 

La thérapie interpersonnelle et des rythmes sociaux consiste en un travail sur les rythmes biologiques et circadiens, partant du principe que « des dérèglements de l’hygiène de vie favorisent l’instabilité circadienne et précipitent les épisodes thymiques ».

Les buts communs de tous ces programmes sont de diminuer la probabilité de rechutes et de récidives.




Ses méthodes?



La psychoéducation renvoie à des méthodes très différentes qui ont toutes en commun cette volonté d’informer l’usager et de lui donner les moyens d’être acteur de sa vie. Il existe des programmes structurés avec un groupe fixe, des cycles de séances d’information ouverts à tous, des débats animés par un professionnel où l’échange entre patients est important, …

L’un des principaux programmes est le Programme de Psycho-éducation des Troubles Bipolaires de Barcelone
8
9
. Il s’agit d’un programme de 21 sessions, sur des groupes fermés de 8 à 14 patients bipolaires I ou II en phase euthymique, durant 6 mois avec une séance hebdomadaire de 90 minutes. Le programme de chacune des sessions est codifié de manière rigoureuse.

Sessions du programme de psycho-éducation des troubles bipolaires de Barcelone.
8
9

  1. Introduction
  2. Qu’est ce que la maladie bipolaire ?
  3. Facteurs étiologiques et déclencheurs
  4. Symptômes(I) : manie et hypomanie
  5. Symptômes (II) : dépressions et épisodes mixtes
  6. Évolution et pronostic
  7. Traitements (I) : stabilisateurs de l’humeur
  8. Traitements(II) : antimaniaques
  9. Traitements (III) : antidépresseurs
10 .Niveaux plasmatiques : lithium, carbamazépine, valproate
11. Grossesse et conseil génétique
12. Psychopharmacologie VS thérapies alternatives
13. Risques associés à l’abandon du traitement
14. Substances psychoactives : risques dans la maladie bipolaire
15. Dépistage précoce des épisodes maniaques et hypomaniaques
16. Dépistage précoce des épisodes dépressifs et mixtes
17. Que faire lorsque l’on détecte l’arrivée d’une nouvelle phase
18. Régularité
19. Techniques pour le contrôle du stress
20. Stratégies de résolution de problèmes
21. Session finale

Tous les programmes de TCC des troubles bipolaires s’appuient sur des stratégies éducatives, des techniques comportementales et cognitives, des stratégies de résolution de problème, et le développement de méthodes de coping skills (adaptation à surmonter les épreuves) pour faire face aux conséquences psychosociales de la maladie.

Elles sont issues de différents travaux de psychologie expérimentale qui montrent que les comportements humains s’apprennent selon certaines lois de l’apprentissage et peuvent se « désapprendre » et disparaitre.

On définit la cognition comme étant un contenu de pensées qui viennent influencer l’expérience émotionnelle et le comportement de l’individu. Les théories comportementales passent d’un modèle où les réponses de l’individu sont apprises automatiquement par un conditionnement à un modèle plus personnel appelé comportemental et cognitif où des pensées brèves, conscientes et accompagnant le vécu émotionnel de l’individu influencent ses réponses.
10


Son but est alors de modifier les systèmes de pensée qui représentent des points de vulnérabilité chez les patients bipolaires : par exemple, en plein épisode dépressif, un patient aura une très mauvaise estime de lui, il se sentira coupable, en plein échec, il n’arrivera pas à gérer son stress et déniera être malade. La TCC vise à écarter ces idées négatives.

La TCC est une psychothérapie qui comporte des objectifs personnalisés (même si la thérapie se déroule en groupe). Le thérapeute qui dirige la séance tente d’amener le patient à identifier lui-même son humeur, le contexte dans lequel elle se développe et la réaction comportementale qui en découle. Il apprend au patient différentes techniques comportementales et cognitives qui lui seront utiles dans le futur.
11



 
                                           

Le thérapeute apprend au patient un certain nombre de techniques comportementales (comme la technique de résolution de problème) qu’il pourra utiliser seul et poursuivre après l’arrêt du traitement cognito-comportemental. Il prescrit également des « assignations par tâches » ou actes, exercices, séances de relaxation à poursuivre à domicile entre deux consultations. Ces techniques de « psychoéducation » donnent aux patients les moyens théoriques et pratiques d’améliorer leur compréhension de la maladie et la gestion de ses conséquences.

L’entourage proche est aussi concerné par ce type d’approche. Il peut être constitué par les conjoints, parents, enfants ou amis. Il peut être inclus au groupe de patients ou être intégré dans des groupes spécifiques d'accompagnants. Les programmes destinés à l'entourage se superposent à ceux des patients.

En France, Christian Gay a été l'initiateur et participe toujours avec d'autres à l'animation de conférences publiques d'information sur le trouble bipolaire. Différents psychiatres participent avec des associations comme ARGOS à leur mise en place. L' Association pour l'Information sur les Troubles Bipolaires A.I.T.B. a permis et non sans mal, d'enregister ses conférences pour en faire bénéficier le plus de monde possible.

Le Docteur Bayle et les Drs Christian Gay, Christophe André, François Petitjean, dispensent une formation qui débouche sur un diplôme universitaire "informations, psychoéducation et remédiation cognitive des troubles psychiatriques" à l'Université Paris-Descartes.

Toujours en France, la plupart des centres-experts du trouble bipolaire ont un programme de psychoéducation.

FONDA-MENTALE est le premier réseau national thématique de recherche et de soins (RTRS) en santé mentale. Coordonné par le Pr Marion Leboyer, responsable du pôle santé mentale du groupe hospitalier AP-HP Albert Chenevier – Henri Mondor à Créteil, ce réseau inter-CHU, au statut de Fondation de coopération scientifique, rassemble dans une même démarche innovante, équipes de soins et acteurs de la recherche. Objectif : combler le retard de diagnostic, améliorer la prise en charge et développer la recherche psychiatrique française.

Notre forum participe à un "esprit" de psychoéducation, je vous invite à lire les différents articles d'informations ainsi que nos échanges. Vous avez la possibilité de vous rapprocher des associations que vous pouvez trouver ici en France, Belgique, Suisse, Canada....
Associations, Blogs, etc les livres, articles, actualités, etc... des livres, livrets
Bibliographie.
Nos soutiens, nos échanges participent à cela... si vous sentez le besoin d'une aide psychologique et/ou comportementale, on peut être amener entre nous à conseiller mais comme le statut de psychothérapeute n'est pas encore bien définit
15
, on doit être très prudent en la matière et de plus les critères de choix restent personnels.

L'Association Française de Thérapie Comportementale et Cognitive (AFTCC) a été fondée en 1971, son objectif est de promouvoir la pratique, l'enseignement et la recherche en matière de thérapie comportementale et cognitive. Cette association nationale réunit plus de 1200 membres, répartis sur tout le territoire, et dont la majorité est formée de praticiens psychiatres, psychologues, médecins,... le trouble bipolaire est enseigné dans ses modules du programme de formation.



Ses résultats?


L’approche psychoéducative constitue un des éléments clefs de la prise en charge du trouble bipolaire, elle ne peut que s'accompagner d'un traitement médicamenteux et ses résultats sont donc en fonction de son observance.

D’après les études
12
de Colom et al. (2003), de Sachs (2003) la psychoéducation favorise:

 moins de symptômes et épisodes dépressifs
 moins de taux de rechute pour la dépression
  Les personnes développent plus de stratégies d’auto-efficacité face à leur maladie.

Les dernières études publiées confirment ces données et rapportent une diminution du nombre de récidives et de rechutes, une diminution de la durée d’hospitalisation, un meilleur équilibre de la vie familiale, une amélioration de la qualité de vie.

En septembre 2007, les importants essais cliniques publics (STEP-BD) pour le traitement de la dépression bipolaire ont démontré l'efficacité de la psychoéducation longue.
Inefficacité des antidépresseurs et efficacité de la psycho-éducation longue.

Les études contrôlées évaluant l’effet d’une TCC dans les troubles bipolaires concluent toutes à une augmentation de l’observance médicamenteuse, une diminution du nombre d’hospitalisations, une amélioration du fonctionnement social, une augmentation de la confiance en soi et de ses limites, et une augmentation de l’estime de soi. L’approche TCC apparaît ainsi curative et préventive, et augmente l’engagement du patient dans la prise en charge de sa maladie.
13


L’intervention familiale (consistant essentiellement en la délivrance d’informations) réduit le nombre de rechutes et améliore la symptomatologie dépressive, notamment au sein des familles à haute expression émotionnelle . Elle permet de réduire l’émotion exprimée et donc la fréquence des rechutes, et elle améliore la symptomatologie et le fonctionnement socio-professionnel des patients.
14



Ses limites?


La réserve qu’on entend le plus souvent vis-à-vis de la psychoéducation est la crainte que l’usager s’identifie trop à son diagnostic, reste trop dans son "rôle de malade", qu’on lui aurait appris à tenir, alors qu’il est avant tout un homme ou une femme avec une vie, une famille, des envies, des activités, etc. C’est en effet un risque important. La psychoéducation doit être utilisée en fonction des envies de connaissance de chaque personne. Il faut toujours garder à l’esprit que, comme tout apprentissage, la psychoéducation doit permettre de penser par soi-même !
1


Commentaires:

Si à cet instant je vous demande par exemple, quelles sont les trois dimensions principales qui définissent la psychoéducation?... vous aurez peut être besoin de revenir au début de cette définition, c'est humain. Nos limites dépendent de chacun, de nos dispositions, de nos humeurs et de nos efforts pour assimiler.

Pour vous aider, je vous rappelle ses trois dimensions pour vous en imprégner:

Une dimension pédagogique : donner des informations sur la maladie et les traitements.
Une dimension psychologique : soutenir émotionnellement la personne face aux difficultés d’accepter ou de vivre avec la maladie.
Une dimension comportementale : donner des outils à la personne pour qu’elle adopte les comportements qui lui conviennent le mieux pour gérer ses problèmes.

Je  vous conseille de poursuivre cette lecture par l'éditorial de la revue scientifique InterPsy Janssen-Cilag n°9 Focus troubles bipolaires Septembre 2008 et d'en discuter avec vos soignants qui je le rappelle doivent vous informer les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui peuvent vous être proposées.

Je tiens à remercier personnellement cette firme pharmaceutique car elle bénéficie d'un savoir-faire pour développer des programmes d’éducation à destination des psychiatres, des infirmiers ou des usagers. Ainsi, le programme PACT (Psychose – Aider – Comprendre– Traiter), composé de trois cassettes vidéo, associées à autant de livrets d’animation aborde les thèmes "dire la maladie", "vivre avec son traitement", "vivre avec la maladie". Les films, alternant témoignages, fictions et documentaires, doivent permettre au patient et à la famille de mieux comprendre la psychose. Ils doivent également encourager les questions, échanges et débats. Des bandes dessinées et des livres de vulgarisation sont également édités : "La micro-puce cérébrale","Si loin, si proche".
1





Références:

(1) http://www.psytoyens.be le journal n°5 Mai 2005
(2) http://www.espace-socrate.com Les modules de Liberman sont disponibles en Belgique à l’Espace Socrate
(3) Traitement non médicamenteux de la dépression- Thierry Bottai- La Presse Médicale Volume 37, numéro 5P2 pages 877-882 (mai 2008)
(4) Psychoéducation et traitements cognitifs et comportementaux du trouble bipolaire-KHAZAAL Yasser; PREISIG Martin; ZULLINO Daniele Fabio; 2006, vol. 31, no1, pp. 125-143
(5) Miklowitcz D.J., George E.L., Richards J.A., et al. A randomized study family-focused in the outpatient management of bipolar disorder Arch Gen Psychiatry 2003 ; 60 : 904-912
(6) Vivre avec un maniaco-dépressif, Ch Gay. Hachette Littératures, Paris (2008). 224 pp.
(7) Lam D.H., Jones S., Hayward P., et al. Cognitive Therapy for bipolar disorder : a therapistʼs guide to concepts, method and practice New York: John Wiley and Sons; 1999.
( 8 )  Colom F., Vieta E., Martinez-Aran A., et al. A randomized trial on the efficacity of group psychoeducation in the prophylaxis of recurrences in bipolar patients whose disease remission is in remission Arch Gen Psychiatry 2003 ; 60 : 402-407 [cross-ref]
(9) Colom F., Vieta E., Reinares M., et al. Psychoeducation efficacity in bipolar disorders beyond compliance enhancement J Clin Psychiatry 2003 ; 64 : 1101-1105
(10) Mirabel-Sarron C. Approche comportementale et cognitive des troubles bipolaires. In : Leboyer M. Troubles bipolaires : pratiques, recherches et perspectives. Paris : John Libbey Eurotext ; 2005. p. 103-117
(11) Colom F., Vieta E., Martinez-Aran A., et al. A randomized trial on the efficacity of group psychoeducation in the prophylaxis of recurrences in bipolar patients whose disease remission is in remission Arch Gen Psychiatry 2003 ; 60 : 402-407
(12) Association Revivre-La psychoéducation Line Roy, inf. M.Sc. Clinique Bois-de-Boulogne Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal 20/11/2007
(13) Watkins E. Combining cognitive therapy with medication in bipolar disorder. Advances in Psychiatric Treatment 2003; 9: 110-116
(14) Psychoéducation et traitements cognitifs et comportementaux du trouble bipolaire-KHAZAAL Yasser; PREISIG Martin; ZULLINO Daniele Fabio; 2006, vol. 31, no1, pp. 125-143
(15) Association Francophone de FOrmation et de Recherche en THérapie Comportementale et Cognitive www.afforthecc.org Le décret sur le statut du psychothérapeute suit son chemin


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Message Psychoéducation du trouble bipolaire 
super ton info bipote,

je suis schizo, mais je trouve très bien ton exposé
clair, simplement écrit et très complet

je suis infirmière dans un service général (convalescence-rééduc) et on rencontre toutes sortes de personnes, donc ça peut être aussi intéressant dans mon travail

merci d'avoir fait tous ces efforts pour des info pertinentes

bisous bipote

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Message Psychoéducation du trouble bipolaire 
Bonjour thalie!

Je t'ai trouvé un document simple pour le schizo si tu ne connais pas l'espace socrate http://www.espace-socrate.com/SocProAccueil/Document\Rehabilitation\g_vivre…




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Message Psychoéducation du trouble bipolaire 
merci beaucoup pour ce renseignement bipote, le document est simple et très intéressant


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Message Psychoéducation du trouble bipolaire 
Dans le magazine de la santé du 25/03/2008, un dossier sur le trouble bipolaire avec le témoignage de Sarah, 34 ans bipolaire depuis ses 23 ans. Le lithium et la sismothérapie sont les traitements mentionnés, avec la nécessité d'un suivi.  

 Des extraits d'une séance de psycho-éducation a été filmée à la Clinique du Chateau (92- Garches) avec le dr Christian Gay (la deuxième séance dans le cycle : prémices de la phase d'exaltation.

     


Le Programme bipolaire du Dr Jean-Michel Aubry, la Jonction à Genève

Avec une équipe de dix personnes, ce programme offre de la thérapie individuelle, mais surtout la thérapie groupale - dont la base est la psycho-éducation. Les patients apprennent ce qu'est cette maladie, comment la gérer, comment reconnaître les signes d'une montée de symptômes maniaques ou dépressifs, etc. Il offre aussi un groupe d'entraide plus informel, et un groupe de proches (animé par Mme Aillon et M. Nerfin). M. Nerfin présente le travail du Groupe de proches.




JUBILE DES CHU ' Troubles bipolaires'
 
De la recherche à la pratique
 Pôle de psychiatrie - Hôpital Chenevier - Créteil
 Vendredi 10 octobre 2008



Intervention du Pr Henry (Présentation des centres experts bipolaires)

 


Intervention du Dr Etain (La psychoéducation dans les troubles bipolaires)

 




Dernière édition par Bipote le Ven 30 Oct 2009 - 05:07; édité 1 fois

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Message Psychoéducation du trouble bipolaire 
Bonjour,

Des documents qui expliquent clairement l'intérêt et l'efficacité de la psychoéducation.

LEXIQUE

• Rétablissement
La notion de rétablissement se réfère au fait de pouvoir mener une vie pleine et
significative, d’une identité positive fondée sur l’espoir et l’auto-détermination.
C’est un peu comme si la personne se rétablissait de la « catastrophe psychologique
» de la maladie. Le modèle du rétablissement est construit sur l’étude des
témoignages des personnes qui se sont rétablies de maladies psychiatriques
sévères. Il reste silencieux sur le fait que la maladie est toujours active ou pas.
Il n’est pas lié à une théorie causale de la maladie mentale. Il n’est pas spécifique
à la schizophrénie, mais considère les patients comme des personnes
normales qui se débattent avec une maladie sévère.

• Habiletés de communication
Il s’agit de techniques de communication qui permettent de s’écouter et d’exprimer
ses émotions positives et négatives en réduisant l’impact du stress sur
soi-même et sur autrui.

• Habileté de résolution de problèmes
Il s’agit d’une méthode qui permet d’identifier les problèmes, de les définir, de
trouver des solutions et d’évaluer leurs avantages et leurs inconvénients afin de
pouvoir s’orienter au mieux.

• Remédiation cognitive
Il s’agit d’une méthode qui vise à entraîner directement les fonctions neuropsychologiques
déficitaires dans la schizophrénie comme la mémoire verbale,
l’attention, les capacités de planification et d’inhibition...

Mars 2008 Santé mentale n°126


Favrod J & Bonsack C. Qu’est-ce que la psychoéducation ? Santé mentale 2008, 126:26-32.
Favrod J & Bonsack C. La psychoéducation de la théorie à la pratique. Santé mentale 2008, 126:33-38.


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Message Psychoéducation du trouble bipolaire 

[47:57 min.]
28 octobre 2009


36,9° - Troubles bipolaires: entre euphorie et dépression



[TSR]

Une personne sur deux souffrant d'un trouble bipolaire ou maniaco-dépressif fait une tentative de suicide au cours de son existence. Alcool, drogue, stress et autres troubles psychiques sont souvent associés, rendant cette pathologie difficile à diagnostiquer. Un reportage de Françoise Ducret et Sarah Perrig

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Troubles bipolaires: entre euphorie et dépression 

Se sentir triste, sans énergie, puis retrouver dynamisme et joie de vivre sont des changements d'humeur tout à fait normaux dans nos existences. Ils dépendent de notre personnalité et surviennent généralement en réponse à un événement particulier. Mais il arrive que ces fluctuations soient d'une intensité telle qu'elles perturbent gravement l'équilibre psychique et mettent en péril nos relations avec autrui. On parle alors de troubles bipolaires, qu'on appelait par le passé troubles maniaco-dépressifs. 5 pour-cent de la population, à divers degrés et à un moment ou à un autre de la vie, pourrait souffrir de cette pathologie qui n'est souvent pas diagnostiquée.

Les principales caractéristiques du trouble bipolaire sont des changements d'humeur avec une alternance entre dépressions et crises de manie.

La manie est une période d'euphorie où les pensées se bousculent, le besoin de sommeil diminue et l'activité devient frénétique. Des troubles de la concentration peuvent aussi apparaître. En phase maniaque, la libido est généralement décuplée et le malade risque d'avoir des comportements qu'il pourra regretter. Les achats sont compulsifs, les dépenses inconsidérées, pouvant conduire à des faillites. Enfin, comme la personne ne tient pas en place, elle a tendance à déménager à d'innombrables reprises.

Cette période de manie peut être fascinante, car elle est souvent accompagnée de coups de génie. Mais elle conduit généralement le malade et ses proches à un état d'épuisement.

Il existe trois types de troubles bipolaires. Le type 1 est fait d'une alternance très marquée entre dépressions et phases de manie. Le deuxième type, avec les mêmes alternances, mais les crises de manie sont moins marquées: on parle alors de phases hypomanes. Enfin, il arrive que dépressions et phases euphoriques surviennent en même temps: il s'agit des épisodes dits « mixtes ».

Les troubles bipolaires sont très difficiles à diagnostiquer, car ils peuvent être confondus avec des dépressions unipolaires, la phase maniaque n'incitant que rarement à consulter. Par ailleurs, il y a souvent des comorbidités. Enfin, aucun test de laboratoire, aucun examen radiologique ne permettent de mesurer la souffrance. Il faut généralement entre 8 et 10 ans avant qu'un trouble bipolaire ne puisse être diagnostiqué.
Alcool, drogue et suicide 
Les scientifiques ignorent les causes de ces troubles. Il existe certainement des facteurs génétiques, car on retrouve souvent plusieurs bipolaires dans une même famille. Il pourrait aussi y avoir des dérèglements au niveau de la chimie du cerveau, sans qu'on n'en comprenne les mécanismes exacts.

Très souvent les bipolaires font une consommation importante d'alcool et de drogue. Il pourrait s'agir d'une forme d'automédication pour apaiser de trop grandes souffrances.

Il est important que la maladie puisse être diagnostiquée car un bipolaire sur deux fait une tentative de suicide au cours de sa vie et un sur vingt parvient à mettre fin à ses jours. Une bonne médication ainsi qu'un suivi adéquat limitent ces risques.

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Les médicaments

 Les principaux médicaments sont les stabilisateurs de l'humeur (le lithium étant le plus ancien), les antipsychotiques, les neuroleptiques et les anxiolytiques. Les antidépresseurs sont assez rarement prescrits, car ils ont tendance à générer des crises de manie. Les bipolaires doivent prendre un cocktail chimique et cela, généralement, durant toute leur vie. Ces drogues soulagent la souffrance mais ne permettent pas la guérison. Ce qui est troublant, c'est que personne ne sait exactement comment les médicaments agissent. Ils ont pourtant un réel effet sur l'humeur. L'industrie pharmaceutique l'a bien compris et a développé plusieurs nouveaux produits au cours de ces dernières années.
Les approches non-médicamenteuses

Plusieurs centres en Suisse romande proposent des cours de psycho-éducation. Il s'agit de groupes de paroles qui offrent aux malades la possibilité de mieux comprendre ce qui leur arrive grâce à un échange d'expériences. Des stratégies permettant d'éviter les rechutes peuvent être développées lors de ces rencontres. Mais psychothérapie et thérapies cognitives,faites individuellement, peuvent aussi apporter une aide efficace.

La méditation, notamment les techniques dites de pleine conscience, sont actuellement en phase d'évaluation. Elles semblent aider à mieux maîtriser les émotions.

Enfin, dans les cas très graves, lorsque les médicaments sont inefficaces, des électrochocs peuvent être proposés. Ils ne sont offerts en Suisse que par quelques centres hospitaliers universitaires. Réalisés sous anesthésie générale, ils génèrent une crise d'épilepsie dans le cerveau. Les séances doivent être répétées entre six et douze fois et les résultats semblent intéressants. L'humeur est stabilisée. Après le traitement, des troubles de la mémoire apparaissent, mais ils se résorbent avec le temps.

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Vivre avec un bipolaire  Les bipolaires ont assez souvent des problèmes relationnels, car leurs fluctuations d'humeur pèsent sur l'entourage. Lors des crises de manie, ils peuvent avoir des comportements totalement désinhibés et dépenser sans compter. A la clé de nombreux divorces et des mises sous curatelle. Mais les phases de manie, lorsqu'elles ne vont pas trop loin, peuvent être intéressantes car elles génèrent de la créativité. De nombreux artistes, musiciens ou écrivains, sont ou ont été bipolaires.

Sur ce sujet:
En savoir plus: les troubles bipolaires
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Message Psychoéducation du trouble bipolaire 


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