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Que fuient les jeunes fugueurs ?
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Message Que fuient les jeunes fugueurs ? 
Que fuient les jeunes fugueurs ?

La Croix, 10/09/08
Guillemette DE LA BORIE

Si la plupart se terminent bien, les fugues d’un adolescent sont toujours à prendre au sérieux, car elles sont le symptôme d’autres difficultés

«Quand j’avais 16 ans, j’ai fait ma fugue : je suis allée dormir chez ma copine sans le dire à mes parents. J’ai su que la mère de ma copine avait appelé ma mère pour la prévenir, mais c’est pas grave, pour moi c’était ma fugue.» Ce témoignage recueilli lors d’un colloque sur le thème de «La fugue, de la fuite au retour», organisé par la Fondation pour l’enfance en mars 2008 à Paris, donne la trame d’une fugue d’adolescent, en quelque sorte réduite à sa plus simple expression. «Expression» dans tous les sens du terme, comme l’explique Clarisse Gosselin, psychologue dans un centre de placement de la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) : «Quand l’enfant devient adolescent, il a besoin de se séparer de ses parents. Cela se fait en général de manière symbolique, par des manifestations d’autonomie. Quand c’est difficile, ou que cela ne peut pas se faire, cette nécessaire séparation s’exprime dans la réalité, par exemple par des fugues.» La fugue ne serait donc qu’un symptôme, avec des causes et des événements déclencheurs très différents.

Le service d’accueil téléphonique SOS Enfants disparus, créé par la Fondation pour l’enfance pour accompagner, entre autres, les familles des jeunes fugueurs dans leurs recherches (lire l’entretien page 15) relève toutes ces raisons : l’adolescent (e) part à la suite d’un conflit avec sa famille, quelquefois mineur : c’est une manière de tester le lien qui l’unit à ses parents, et l’affection qu’on lui porte. Ou bien il réagit à des événements qui se sont déroulés parfois longtemps auparavant, qu’il ou elle ne peut d’un coup plus supporter. «Ainsi, note une intervenante, de cette adolescente victime de violences familiales, deux ans auparavant. Ou bien au contraire, le jeune part parce qu’il lui est impossible de vider un conflit, comme ce fils de 14 ans d’une mère si déprimée qu’elle pleurait sans cesse, et ne lui laissait pas la possibilité d’exprimer ses propres difficultés. La fugue peut être une réaction à des conflits et des difficultés graves, mais il y a aussi des adolescents n’ayant jamais connu de limites, qui fuguent parce qu’ils sont incapables de supporter la moindre frustration, qu’ils prennent pour des privations, comme cette jeune fille de 13 ans, partie au motif qu’on lui interdisait de sortir en boîte de nuit tous les soirs…, ou cet autre, à qui on refusait un téléphone portable.»

Lire ici : http://www.la-croix.com/parents-enfants/article/index.jsp?docId=2349062&amp…


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intéressant cet article

mais je ne sais pas si il y a beaucoup de possibilités dans la rue pour des ado qui se cachent

j'ai fait ma 1ère fugue à 15 ans, au collège, à la campagne, en évitant gens/maisons/routes
je ne pouvais aller loin
fuite d'un environnement conflictuel familial (avec un secret de famille), et d'une prof qui me reprochait mon absence de travail (je suis partie du collège)
retour au bercail à 6 h du matin frigorifiée, étonnée que mes patrents aient pu s'inquiéter
toujours le silence par la suite
pas de prise en charge
si : un prof me voyait en inter-cours pour me faire parler, mais je restais muette ou pleurais

ensuite, plusieurs fugues en étant adulte...sans réelle prise en charge jusqu'à la rue et un centre d'hébergement et de réadaptation sociale à 25 ans...puis une schizophrénie déclarée à 30 ans

il paraît que j'ai été suivie tout au long de ce parcours : des instit, un médecin de famille...

mais quel suivi sérieux peut-il y avoir aujourd'hui (je n'ai eu qu'un suivi invisible, non-aidant) ?

comment peuvent faire les ado pour tirer les sonnettes d'alarme ?

dans l'article, ils parlent de "médiations", "d'aides à la parentalité"...cela existe-t-il ?

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Message Que fuient les jeunes fugueurs ? 
Ces aides existent. Le problème à mon sens réside surtout dans le déni, fréquent dans ces cas-là.
On banalise, les parents cachent pour sauvegarder leur réputation, leur honneur, et aucune aide n'est demandée. Et si elle est proposée, elle est refusée.

C'est un problème un peu similaire à la maladie mentale (hors hospit sous contrainte), dans le sens où tant que les protagonistes nient qu'il y a un problème, ils refusent toute aide et la situation empire.
Jusqu'à ce qu'elle devienne intenable, souvent pour l'entourage plus que pour les personnes directement concernées, et là on passe par les injonctions.


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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