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Rorschach
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LE RORSCHACH, Ecole françaisePour une présentation, voir ici : http://questionspsy.leforum.eu/t908-Les-methodes-projectives.htm

Pour les sollicitations latentes des planches, voir ici : http://questionspsy.leforum.eu/t909-Rorschach-sollicitations-latentes-des-p…
Pour des exemples cliniques, voir ici : http://questionspsy.leforum.eu/t2495-Rorschach-Cas-cliniques.htm#p30614


PASSATION


Effectuer un entretien clinique préalable, s’assurer de l’accord du sujet et fixer les rendez-vous nécessaires à la passation du test.

CONSIGNE :

« Je vais vous montrer 10 planches et vous me direz ce à quoi elles vous font penser, ce que vous pouvez imaginer à partir de ces planches » (Chabert, 1997).

PRISE DE NOTE AD VERBATIM :

- Toutes les réponses du sujet, ses commentaires, son comportement (posture, mimique) ;
- La durée de réponse pour chaque planche et le temps de latence qui s’écoule entre la présentation de la planche et la première réponse effective donnée par le sujet ;
- Tous les changements dans la position des planches : droite ˄ ; inversée ˅ ; latérale ˂ ou ˃.
Etre attentif au mode de verbalisation (style, structure du langage…).

ENQUETE :

Consigne (Chabert, 1997) : « Nous allons maintenant reprendre les planches ensemble ; vous essaierez de me dire ce qui vous a fait penser à ce que vous avez évoqué. Bien entendu, s’il vous vient d’autres idées, vous pourrez m’en faire part ».
Enquête aux limites : quand le sujet n’a jamais utilisé un déterminant important (couleur, kinesthésie, localisation D…) ou n’a pas vu une réponse habituelle (en particulier à la Planche III, « deux personnages », et à la Planche V, « une chauve-souris »), on peut l’inviter explicitement à la faire, afin de déterminer s’il s’agit d’une négligence, d’un blocage passager et surmontable ou d’une incapacité psychique fondamentale.

Le protocole est noté et analysé sur une feuille de dépouillement :

 Planche                      Réponses                                                   Enquête                         Local. Dét. Cont.BAN
 I     
 II...

     




Dernière édition par Traviata le Mar 13 Avr 2010 - 08:20; édité 3 fois

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ANALYSE DU PROTOCOLE


 
PREMIERE LECTURE :
 
Effectuer une lecture approfondie afin de s’imprégner du protocole.


 
LA COTATION :


Elle requiert la prise en compte de 4 éléments : les modes d’appréhension, les déterminants, les contenus et les facteurs additionnels.


 
I.              LES MODES D’APPREHENSION


 
1.     LES REPONSES GLOBALES (G)
 
Elles représentent 20 à 30% des réponses et se répartissent en 4 groupes : G simples, G vagues, G impressionnistes et G élaborés.

a. Les G simples

Ils correspondent à une vision immédiate de l’engramme, prise dans une appréhension unitaire des contours. Associés à des formes correctes, ils témoignent d’une adaptation perceptive de base : ancrage dans la réalité et appartenance à un groupe humain donné. Ils montrent une identité stable dans un environnement distinctement reconnu comme réalité extérieure.
Majoritaires, ils peuvent correspondre à une attitude défensive, une absence de curiosité, un refoulement.
Très rares, ils témoignent d’un ancrage difficile dans le réel, de difficultés à appréhender un objet total et différencié, de difficultés dans l’appréhension de soi comme objet intègre.

b. Les G vagues (GF±)

Ils témoignent d’une pensée peu ferme, d’une vision floue de l’objet et du sujet. Ils peuvent correspondre à une attitude défensive rigide, une lutte contre l’implication, un refoulement.

c. Les G impressionnistes

Ils sont marqués par un flou dans lequel les éléments sensoriels sont prédominants (E, C’, C). Ils peuvent révéler une attitude défensive labile, un refoulement, une faiblesse du moi par rapport au vécu émotionnel.

d. Les G élaborés (combinés ou secondaires)

Ils témoignent d’une organisation structurante de l’engramme, par combinaison des différentes parties de la tâche. Ils montrent de la créativité et de bonnes capacités de mentalisation.

e. Les Gbl

Ils correspondent aux réponses globales où le blanc est inclus (« un masque ». On peut aussi rencontrer des (D)G ou (Dbl)G qui correspondent à la construction d’une réponse globale à partir de la combinaison de plusieurs D.

f. Les G confabulés

Ils sont notés lorsque le sujet part d’un détail pour généraliser de façon arbitraire à l’ensemble de la planche.

g. Les G contaminés

On les relève quand il y a condensation de deux perceptions normalement distinctes, l’une étant contaminée par l’autre.

Récapitulatif pour les G (Chabert, 1997):
  Activité cognitive 
Adaptation de base à la réalité        
Socialisation de la pensée        
Elaboration mentale, subjectivité, créativité, capacités de pensée intériorisée 
  Mécanismes de défense 
Adaptatifs (G simples banaux)        
Refoulement (G simples, vagues ou impressionnistes)        
Isolation des affects, intellectualisation (G combinés)        
Désinvestissement objectal, repli narcissique (abstractions dominantes)
  Problématique 
Image du corps stable ou vécu corporel lacunaire        
Différenciation entre sujet et objet        
Empiètement du monde extérieur sur le monde interne (dépendance) ou du monde interne sur le monde extérieur (mise en échec des fonctions du moi)        
Capacités d’intériorisation et de mentalisation : existence d’un espace psychique        
Recherche active d’une image de soi (engrammes élaborés dans une dynamique relationnelle claire)


 
2.     LES REPONSES D
 
On compte généralement 2 ou 3 D pour 1 G. Elles correspondent aux réponses s’attachant à une localisation partielle de la planche, dans ses découpes les plus fréquemment utilisées (souvent les plus grandes).Associées aux F+, elles peuvent avoir une signification adaptative et socialisée. Elles peuvent aussi correspondre à un ancrage pour les défenses : déplacement, évitement, isolation.
Associées à des F- ou à des déterminants sensoriels, elles sont un lieu d’expression projective.

Liste française des réponses D (Rausch de Traubenberg, 1970) :
 PlanchesLocalisation
 I  Partie centrale, avec ou sans le gris clair du bas
Chacune des deux parties latérales (les deux ailes)
Partie centrale, le tiers supérieur
Partie centrale, les deux tiers inférieurs (la cloche)
Partie latérale, moitié supérieure
 II  Chacune des deux parties noires
Rouge supérieur (droite et gauche)
Rouge inférieur
Pointe noire centrale
 III  Noir central, avec ou sans le gris du milieu
Rouge central (le papillon)
Rouge supérieur
Corps des « bonshommes », sans les jambes, avec ou sans la tête
Jambe des « bonshommes »
 IV  Partie centrale inférieure (la tête)
Tout l’axe médian
Partie centrale supérieure
Chacune des deux parties latérales, soit entières, soit des deux tiers inférieurs (les bottes)
La partie claire des bottes (en bas)
Saillies latérales supérieures
 V  Partie centrale supérieure
Partie centrale inférieure
Les deux ailes du papillon
Bord supérieur de l’aile, entier
Les deux prolongements de l’aile ou le plus large des deux seulement
 VI  Partie principale (le tout moins l’oiseau du haut)
La moitié, droite ou gauche, de cette partie principale (généralement en position latérale)
Partie supérieure, soit seule (l’oiseau), soit comprenant le haut de la partie principale (ex. une croix sur un socle)
Partie supérieure, le milieu seulement (serpent)
Extrémité supérieure de la ligne médiane, avec ou sans les petits traits (tête du serpent)
Grande saillie latérale
Axe médian tout entier
 VII  Tiers supérieur
Tiers médian
Tiers inférieur
Moitié, droite ou gauche, du tiers inférieur
Axe central du tiers inférieur
 VIII  Partie rose latérale (les animaux)
Orange plus rose au centre
Rose central seul
Chacun des deux carrés bleus
Gris supérieur
La « carcasse » au centre (peut également être vue comme Dbl)
 IX  Orange
Vert
Rose
Moitié latérale du rose
Quart latéral du rose
La « petite tête » dans le brun vert
La ligne médiane verticale
La grande figure intermaculaire centrale quand la couleur intervient comme déterminant (sinon Dbl)
 X  Vert central entier
Vert central, partie claire (tête de lapin)
Vert central, partie foncée (chenilles)
Vert latéral
Gris supérieur, avec ou sans le « tube »
Brun-gris latéral, avec ou sans le jaune
Bleu central
Bleu latéral
Jaune central
Brun latéral
Orange central (cerises)
Rose

Toute combinaison de deux ou plusieurs D est notée D.

 
3.     LES REPONSES Dd
 
Elles correspondent à des localisations plus rares (souvent plus petites).
-          Les petites Dd :
Associées à des F+, elles correspondent à une démarche cognitive méticuleuse, à un style défensif rigide.
Associées à des F-, elles montrent un échec du contrôle, un retour du refoulé.
-          Les Dd arbitraires :
Associées à des F-, elles correspondent à une pensée confuse, désocialisée, désintégrée, voire délirante.

 
4.     LES REPONSES Dbl
 
Constituant 4 à 6% des réponses, elles s’attachent aux lacunes intramaculaires ou extramaculaires (inversion figure/fond).Elles s’inscrivent dans la dialectique relationnelle primaire et peuvent ainsi renvoyer à une carence affective, au manque, à une béance.
Dans un registre œdipien, elles peuvent renvoyer à l’angoisse de castration.
Il importe de prendre en compte leur place dans la réponse (au début, à la fin).
 
Nina Rausch de Traubenberg (1970) mentionne également des réponse Do (oligophrénique) ou plutôt Di (inhibition), pouvant renvoyer au retard mental mais aussi à l’inhibition névrotique.

Récapitulatif des modes d’appréhension (Chabert, 1997) :
  Majorité de G  Capacité de mentalisation et d’élaboration
Désir et capacité de maîtrise du matériel
Reconnaissance de l’intégrité du sujet et des objets
  « Paresse » cognitive
Dépendance extrême à l’objet
Fragilité ne supportant pas les découpes
  Majorité de D  Capacité d’ancrage dans le réel
Isolation nécessaire au fonctionnement mental
  Incapacité d’appréhension globale, parcellisation, morcellement
Excès d’isolation, rupture entre affect et représentation
  Nombreux Dd  Pensée originale et subtile  Désinsertion par rapport au réel




Dernière édition par Traviata le Ven 5 Déc 2008 - 21:25; édité 10 fois

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II.            LES DÉTERMINANTS


Quand des réponses complexes sont difficiles à transcrire par une seule cotation, on peut choisir un déterminant principal et indiquer l’aspect complémentaire par une flèche.

 
1.     LES DÉTERMINANTS FORMELS (F)

              

Ils correspondent à une identification perceptive de l’engramme qui « écarterait » les ingérences fantasmatiques, émotionnelles et affectives (principe de réalité). Point de vue « objectif » qui prend également en compte l’objet dans son extériorité. En fait, certains ont une signification plus dynamique que d’autres.
Ils sont présents dans environ 60% des réponses des occidentaux adultes et marquent un mouvement d’adaptation réaliste.
En nombre important, ils peuvent étayer 3 interprétations :
-          Des défenses caractérielles sans souplesse, une faiblesse de la mentalisation, une pauvreté fantasmatique…
-          Un accrochage à la réalité objective, des défenses obsessionnelles, des isolations (mais dans un aller-retour montrant des signes de vie fantasmatique et des significations symboliques)…
-          Des défenses de type paranoïaques ou sensitives (la formalisation s’intègre alors à une attitude projective et interprétative entraînant des déformations perceptives).

Les F+ :

Ils sont normalement présents dans environ 70 à 85% des protocoles et correspondent aux réponses courantes dans une population de référence. En ce sens, le F+% est un facteur d’adaptation socialisée.
D’autres répondent davantage à la subjectivité du psychologue et peuvent former des réponses supérieures originales.
Pour réduire les risques liés à la subjectivité du clinicien, il est possible :
-       De se référer au livre de C. Beizmann : BEIZMANN, C. (1966). Livret de cotation des formes au Rorschach. Paris : E.C.P.A.
-       De les confronter aux autres réponses du protocole.
Quand les données classiques sont insuffisantes pour estimer le rapport au réel et la capacité à établir les limites, on peut calculer le F+% élargi.

Les F- :

Ils représentent environ 20% des réponses formelles. Ils peuvent simplement montrer la capacité du sujet à se tromper, son relâchement. Mais en grand nombre, on peut leur attribuer deux significations majeures :
-       Une inefficacité des défenses par la réalité ou un dérapage de l’adaptation perceptive (on observe dans ce cas des oscillations).
-       Une inadaptation ou désadaptation au monde réel, un désinvestissement de l’environnement, des projections…

Les F± :

Ils sont intégrés au F+% pour 50%. Ils correspondent à des réponses aux contenus flous, des oscillations du sujet entre plusieurs images (ex. « quelque chose de géographique », « des îles » ; « quelque chose dans l’anatomie », « un genre d’animal »…). Ils montrent un flou de la pensée, des doutes, des précautions, et peuvent être attribués à :
-       Un trouble de l’approche du monde, des frontières mal établies.
-       Un fonctionnement de type obsessionnel.

Récapitulatif pour les F (Chabert, 1997) :
1.      Mode de fonctionnement courant, adaptatif, insertion socialisante dans le réel.
2.      Conduite de contrôle de la réalité externe et interne (défense opérante, F+ ; ou échec de la défense, F-).
3.   Aptitude à donner aux choses un contour établissant des frontières stables entre dedans et dehors, réel et imaginaire.

 
2.     LES KINESTHÉSIES
 

a. Les déterminants kinesthésiques (K)

Les réponses mettent en scène des personnages humains entiers définis, réels ou surnaturels (personnages de légende…), se voyant attribuer une action, une intention ou une présence fortement ressentie.
Elles correspondent à une fusion des facteurs de forme, de mouvement et de contenu humain, mettant ainsi en jeu la dialectique entre perception et projection et marquant la possibilité de fonctionner dans une aire transitionnelle.
Planches facilement kinesthésiques : I, II, III et VII.
Un résultat inférieur à 5 K peut révéler la pauvreté idéationnelle, imaginative, un refus d’engagement, une rétraction, un contrôle excessif ou une crainte de la projection.
Les réponses kinesthésiques peuvent s’interpréter dans le sens de l’intégration, du compromis, du détour, de la régulation pulsionnelle et de l’élaboration des conflits. Mais elle peuvent aussi être marquées par un repli dans l’imaginaire, des interprétations, des projections parfois délirantes.
Ces réponses constituent un bon moyen d’investiguer les orientations relationnelles, les caractéristiques des imagos parentales, le processus d’individuation, l’image de soi, les identifications sexuelles, les aménagements narcissiques et objectaux.

b. Les kinesthésies mineures (kan, kob et kp) :

Elles correspondent aux réponses animales, objets ou images humaines appréhendées partiellement, avec attribution de mouvement.
Elles reflètent les tendances cachées, les manifestations latentes, inconscientes, les incidences régressives, les motions pulsionnelles…
Comme pour les K, on prend en compte leur qualité perceptive et leur dimension projective, en portant attention à leur charge économique.

Les kinesthésies animales (kan) :

Elles reflètent le déplacement des mouvements pulsionnels sur des images animales et comportent souvent une dimension agressive et/ou libidinale. Elles constituent ainsi un compromis défensif, tout en manifestant parfois un envahissement par les processus primaires.
Elles permettent de situer les registres conflictuels, d’apprécier les projections d’affects (souvent dépressifs), les difficultés dans le maniement de l’agressivité, les souffrances relationnelles, le caractère narcissique des préoccupations.

Les kinesthésies d’objet (kob) :

Ces réponses correspondent à un mouvement fort projeté sur un contenu objet et perçu comme prenant sa source à l’intérieur de l’objet.
Elles relèvent d’excitations corporelles et manifestent la suppression d’une tension, souvent dans une décharge brute. On y retrouve le dualisme Eros/Thanatos, la dimension agressive/destructrice étant souvent prégnante. Les réponses permettent d’apprécier comment cette dimension est ressentie et aménagée.

Les petites kinesthésies (kp) :

Elles sont rares, régulièrement absentes des protocoles. Elle font référence à la perception d’une représentation humaine parcellaire, en mouvement, et sont souvent portées par des mécanismes d’identification projective.
La fréquente association Dd kp dénote des tendances interprétatives, sensitives ou paranoïaques.


3.     LES DÉTERMINANTS SENSORIELS
 

Ils reflètent la sensibilité du sujet aux qualités chromatiques du matériel et montrent des émergences d’affects plus ou moins contrôlés ou labiles.

a. Les réponses couleur (FC, CF, C et FC’, C’F, C’)

Elles correspondent parfois à un simple constat perceptif (la simple nomination d’une couleur est notée NC), mais peuvent aussi constituer une défense contre l’émergence de fantasmes. Leur absence peut signifier un retrait, un désintérêt pour le monde extérieur, une barrière contre les excitations.
Il faut distinguer les réponses couleur aux planches rouges (émergence de mouvements pulsionnels forts) et aux planches pastel (apparition de tendance tendres ou régressives).
La sensibilité à la couleur grise (FC’, C’F, C’) signe une humeur dépressive, une anxiété diffuse. Celle à la couleur blanche témoigne de problématiques narcissiques, le C’ montrant alors un gel des mouvements objectaux.
Distinguer la responsabilité de la couleur dans l’association :
- Seule : C (« du sang »)
- Déterminante : CF (« des tâches de sang »)
- Secondaire : FC (« un œuf avec le jaune au milieu »)

∑C= 1,5C + 1CF + 0,5FC
La ∑C témoigne d’une participation active ou d’une inhibition émotionnelle. C’est un indice de la labilité affective, de l’impressionnabilité, de l’excitabilité, de la perméabilité, de l’attitude (ouverte ou non) face au monde extérieur...
En cas de ∑C peu ou très élevée, il est utile de regarder le RC% (valeur moyenne : 30, maximum : 40).
Certaines réactions témoignent d’un « choc couleur » et/ou d’un « choc au rouge » : absence de réponse cotable, réactions qualitatives, allongement du temps de latence, dégradation des contenus... Des « équivalents de choc » montrent un phénomène plus larvé, des conséquences indirectes. Ils signent une fragilité générale, avec ambivalence.


b. Les réponses estompage (FE, EF, E)

Elles montrent la finesse perceptive du sujet et peuvent témoigner de sa retenue, d’une sensibilité anxieuse.
Les réponses renvoient à différents états selon le mode d’appréhension :
- Les réponses E : impression globale, indifférenciée, assez vague, envahissement, inorganisation, perplexité, anxiété vague, dépression...
- Les réponses EF : charge affective plus neutre, selon les contenus.
- Les réponses FE : plasticité des représentations spatiales, finesse, délicatesse, tension anxieuse...
Il convient avant tout de tenir compte des 3 types d’estompage :
1) Estompage de texture : sensibilité tactile avec attention aux nuances de la couleur (duvet, boue…). Il exprime une dimension régressive, une sensorialité primitive, l’expression de besoins fondamentaux, insatisfaits ou restaurateurs.
2) Estompage de diffusion : contours flous (nuages, fumée…), avec dégradés de tons. Il peut avoir une valeur défensive (refoulement…) ou une valeur projective (fragilité de l’identité, des assises narcissiques…).
3) Estompage de perspective (tridimensionnel) : les dégradés définissent différents plans dans l’espace (allée bordée d’arbres et château au loin…). Il a souvent une fonction de réassurance et révèle une anxiété latente, une carence de l’estime de soi.


c. Les réponses clair-obscur (FClob, ClobF, Clob)

La réponse Clob montre une réaction plus explicite à la proximité de la menace que E. Elle révèle une anxiété provoquant un effet de riposte active ou de paralysie. Trois conditions pour sa cotation :
- Importance de la surface (G ou D).
- Effet massif du caractère uniformément sombre de cette surface.
- Tonalité dysphorique de la réponse.
Elle témoigne d’un apport projectif d’images, de contenus dysphoriques menaçants.
On peut observer un « choc Clob » (planches I, IV, V…) : réaction globale d’arrêt, refus, critique agressive...
Les réponses renvoient à différents états selon le mode d’appréhension :
- Les réponses Clob (planches I, IV, V) : ambiance lourde, envahissante, fragilité aux émotions pénibles...
- Les réponses ClobF : tentative pour se dégager de l’impression pénible.
- Les réponses FClob : associées à F+, elles témoignent de l’efficacité de la lutte contre l’angoisse, d’un contrôle par le jugement intellectuel et la socialisation.


4.     LE TYPE DE RÉSONANCE INTIME ET LA FORMULE COMPLÉMENTAIRE
 

Le TRI (xK/y∑C) montre l’attitude fondamentale de la personnalité envers elle-même et envers le monde extérieur.
On en distingue 4 types :
1. Le type extratensif (pur : 0K ou mixte : xK<y∑C) :
Les besoins affectifs s’expriment sans frein, les sujets sont émotifs, labiles, instables, suggestibles, montrent de l’égocentrisme, une excitabilité...
2. Le type introversif (pur : 0∑C ou mixte : xK>y∑C) :
Les sujets sont centrés sur eux-mêmes, aptes à différer l’action et la gratification (avec d’éventuelles décharges explosives), montrent une symptomatologie surtout idéationnelle.
3. Le type ambiéqual (les 2 composantes sont largement présentes et égales) :
Les sujets peuvent élaborer leurs propres ressources et exploiter les richesses du monde extérieur : richesse, diversité, mais possibilité d’insatisfaction.
4. Le type coarté (pur : 0K, 0C) ou coartatif (1K, 0,5 ou 1C) :
Aucune des composantes ne prend une expression suffisante : blocage, pauvreté réelle, inaptitude à manier les symboles… Sujets les plus vulnérables.

La formule complémentaire (∑kan+kob+kp/∑E) montre l’impact du sensoriel, les réactions en sourdine, les besoins primaires, l’excitabilité générale de l’individu.



Dernière édition par Traviata le Ven 5 Déc 2008 - 21:26; édité 12 fois

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III.           LES CONTENUS
 
 
Leur étude comporte le risque de généralisation arbitraire. Ils permettent cependant d’apprécier la capacité du sujet à figurer certaines représentations inconscientes, à fonctionner dans l’espace transitionnel. Chabert (1997) distingue les contenus spécifiques et les contenus symboliques.

Les contenus spécifiques :

- Contenus animaux : A, Ad, (A), (Ad)
Le A%, compris entre 30 et 45%, est un facteur d’intégration adaptative et socialisante. Très bas, il montre un défaut de socialisation ou des intérêts originaux. Très élevé, il suggère une carapace sociale, un faux self… Le rapport A/Ad est habituellement de 4/1.
- Contenus humains : H, Hd, (H), (Hd)
Représentant 15 à 20% des réponses, ils témoignent de la capacité à s’identifier à l’image humaine. Les contenus hybrides (contenu humain devenant animal : HA ou objet : HObj) montrent une problématique d’identité, une fragilité de l’image de soi...
H : reconnaissance de son identité subjective.
(H) : personnages mythiques ou déréels – ils ne doivent pas constituer l’essentiel du H% (le rapport H/Hd est de 2/1) et montrent sinon un monde coupé de la réalité relationnelle et concrète.
Hd et (Hd) : représentations fragmentaires évoquant un abord phobique, un refoulement des représentations sexuelles, une angoisse de castration, des préoccupations morbides, des angoisses de morcellement...
La triade Hd/Anat/Sang signe la présence d’une angoisse majeure.

Les contenus symboliques :

- Contenus à valeur sexuelle :
Planches à symbolisme phallique (II, IV, VI) ou sexuel féminin (II, IV, VI, VII). Elles permettent d’étudier les positions identificatoires du sujet, sa reconnaissance de la différence des sexes, la souplesse des prises de position active et passive..
- Contenus à valence agressive :
Dimensions phallique, anale, orale destructrice...
- Contenus à valence régressive :
Planches VII et pastel notamment : attitude défensive. Ils témoignent des premières relations d’objet (monde marin, estompages de texture…). Ils montrent aussi la zone érogène privilégiée : contenus de type alimentaire, contenus aux connotations anales...
- Les thématiques :
Elles révèlent les mises en scène fantasmatiques sous-jacentes, en tenant compte de l’importance des séquences associatives.

Liste des contenus :
  Eléments  Elem
  Fragments Frag
  Géographies Geo
  Botaniques Bot
  Paysage Nature
  Animal détail Ad : réel
 (Ad) : déréel
  Animal A : réel
 (A) : déréel
  Anatomies Anat
  Sang Sang
  Sexe Sexe
  Humain détail Hd : réel
 (Hd) : déréel
  Humain H : réel
 (H) : déréel
  Objets Obj
  Symboles-signes Symb
  Scène Scène
  Art-architecture Art
 Arch
  Abstractions Abstr


 
IV.           LES FACTEURS ADDITIONNELS

 
1.     LE DÉROULEMENT DES RÉPONSES
 

La succession des réponses est bien entendu à prendre en compte d’une planche à l’autre. Une oscillation est perceptible dans l’apparition des facteurs, certaines planches suscitant des G (I, IV, V, VI), des K (I, III, VII), des FC (III, VIII, X) ou des CF (IX). Les oscillations entre déterminants K et C peuvent renseigner sur le mode d’intégration des pulsions.
La succession est également intéressante à l’intérieur d’une même planche (la succession classique est G – D – Dd - Dbl…), éclairant sur l’efficacité des mécanismes de défense (II, VII, IX), les passages des processus secondaires aux processus primaires, les modes d’adaptation, de régulation...

 
2.     LES BANALITÉS


Variant avec l’âge et le milieu culturel, elles sont fournies par 1 sujet sur 6 pour une localisation donnée. Leur nombre habituel est de 5 à 6 pour un protocole de 25 à 35 réponses. En nombre réduit, elles suggèrent un manque de contact avec la réalité objective sociale, un désintérêt, une opposition… En nombre augmenté, elles peuvent renvoyer au conformisme, à la docilité, le zèle, à des défenses (associées à un A% élevé, elles évoquent un mécanisme de défense d’hypersocialisation)...
 
Liste des banalités (Rausch de Traubenberg, 1970) :
 PlancheLocalisation
Liste
 I G  Oiseau, chauve-souris, papillon
 II D noir
  Deux têtes d’animaux
 III G noir
 D Rouge central
  Deux bonshommes
  Papillon, nœud papillon
 IV G  Peau d’animal
 V G (˅ ou ˄)  Oiseau, chauve-souris, papillon
 VI G  Peau d’animal
 VII - -
 VIII D rose lat.
  Deux animaux
 IX D rose
  Tête d’homme
 X D bleu lat.
 D vert médian clair
 D gris sup.
  Crabe, pieuvre, araignée
  Tête de lapin
  Deux animaux



     



Dernière édition par Traviata le Ven 5 Déc 2008 - 21:28; édité 1 fois

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SYNTHÈSE

I. ANALYSE QUALITATIVE ET QUANTITATIVE


1. LE PLAN QUALITATIF

Il s’agit de prendre en compte la verbalisation, la participation émotionnelle et fantasmatique, les conduites défensives… Noter la variété des réactions aux différentes planches (latence, production, remarques, processus associatifs…) et la réactivité à des planches spécifiques.
Ces données vont être confrontées aux données quantitatives pour permettre la formulation d’hypothèses sur les conduites dominantes du fonctionnement psychique du sujet.

2. LE PLAN QUANTITATIF

On recense toutes les réponses par catégorie en les confrontant de façon souple aux normes admises (la valeur supérieure à la norme est soulignée, celle inférieure à la norme est surlignée).

  Normes/Moyennes
 R
 Nb de réponses
 30
 Refus Nb de refus et planches refusées
 
 Temps Temps total
 Temps de latence moyen
 Temps par réponse
 
 Modes d'appréhension
 G
 D
 Dd
 Dbl
 Do
 20-30%
 60-70%
 10%
 4-6%
 0%
 Déterminants F+ (1 point)
 F- (0 point)
F± (0,5 point dans F+)
 K
 kp
 kan
 kob
 C (1,5 point)
 CF (1 point)
 FC (0,5 point)
 C' (1 point)
 FC' (0,5 point)
 C'F (1 point)
 E (1,5 point)
 EF (1 point)
 FE (0,5 point)
 Clob (1,5 point)
 ClobF (1 point)
 FClob (0,5 point)
  F% : 70-85% (<60% : schizophrénie ; ≈ 80% : paranoïa ; ≈ 70-75% : état limite)
  F+% : 60
  F-% : 20
















 TRI et Fc
  
 RC%  30
 Contenus A
 H
...
 A% : 30-40
 H% : 16-17
   

 Éléments qualitatifs
 Chocs et équivalents
 Succession
 Remarques
 Critiques
 
normale : 7-8; rigide : 10; relâchée, inversée...: 4-5


Ces données sont classiquement formalisées dans le psychogramme, qui regroupe les facteurs sous leur aspect quantitatif :

PSYCHOGRAMME
  
 Nom de la personne testée :
 Date de l'examen :
 Lieu du testing :
 Age de la personne testée :
 Demandeur :
 Examinateur :
R :
R additives :
Refus :

Tps total :
Tps/rép. moyen :
Tps latence moyen :          

T. Appr. :

TRI :
F.c. :

RC% :
G :
G% :

D :
D% :

Dd :
Dd% :

Dbl :
Dbl% :

Do :
Do% :

Succession :            

Choix + :
Choix - :
F :
F% :
F+% :

K :
kan :
kp :
kob :

FC :
CF :
C :
FC' :
C'F :
C' :

FE :
EF :
E :

FClob :          
ClobF :
Clob :
H :
Hd :           H% :
(H) :

A :
Ad :           A% :
(A) :


BAN :

Elém. :
Frag. :
Obj. :
Anat. :
Géo. :
Bot. :
Scène :
Nature :
Arch. :
Abstr. :
Symb. :
Sang :
Sexe :

Éléments qualitatifs :         

Chocs :
Eq. chocs :
Persev. :
Remarques Sym. :
Remarques C. :
Crit. Obj. :
Crit. Subj. :
Descriptions :
Retournements



II. SYNTHÈSE


1. FACTEURS DE L'APPROCHE COGNITIVE

- Productivité et élaboration de la pensée
- Modes d’appréhension
- Déterminants formels

- Apport des K

2. SOCIALISATION

- F+%
- BAN
- A%

3. FACTEURS DE LA DYNAMIQUE AFFECTIVE

- T.R.I. et F.c.
- K et k
- Réactions sensorielles
- Contenus : A%, H%, thématiques
- Chocs, remarques
- RC% : résonance du sujet par rapport au monde extérieur
- Angoisse et mécanismes de défense



Dernière édition par Traviata le Mer 10 Déc 2008 - 20:55; édité 4 fois

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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Rorschach 
BIBLIOGRAPHIE

ANZIEU, D. et CHABERT C. (1983). Les méthodes projectives. Paris : P.U.F.
BECK, S. (1967). Le test de Rorschach. Paris : P.U.F.
BEIZMANN, C. (1966). Livret de cotation des formes au Rorschach. Paris : E.C.P.A.
BEIZMANN, C. (1974). Le Rorschach de l'enfant à l'adulte. Paris : Delachaux et Niestlé.
BOHM, E. (1955). Traité du psychodiagnostic de Rorschach. Paris : P.U.F.
CHABERT, C. (1987). La psychopathologie à l'épreuve du Rorschach. Paris : Dunod.
CHABERT, C. (1997). Le Rorschach en clinique adulte. Paris : Dunod.
LOOSLI USTERI, M. (1958). Manuel pratique du test de Rorschach. Paris : Hermann.
RAUSCH DE TRAUBENBERG, N. (1970). La pratique du Rorschach. Paris : P.U.F.
RAUSCH DE TRAUBENBERG, N. et BOIZOU, M.-F. (1977). Le Rorschach en clinique infantile. L'imaginaire et le réel chez l'enfant. Paris : Dunod.
RORSCHACH, H. (1947). Psychodiagnostic. Paris : P.U.F.


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Rorschach 
Bonjour Traviata, je trouve que ce que tu as fais sur le Rorschach est vraiment super...
Je suis étudiante en Master 1 de psychologie je fais mon mémoire sur le Rorschach, la validation des normes... si t'as qqs infos à me donner n'hésite pas mais en tout cas c'est super tes parties théoriques..
tu exerces depuis longtemps ?

Merci bcp
Cyrielle

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Message Rorschach 
Désolée cyboulete, je ne me suis jamais intéressée à la validation des normes, mais merci pour les compliments et bienvenue ici !  sourire


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Rorschach 
Un grand merci Traviata pour ce post....Je suis actuellement en période de partiel, et je dois étudier, entre autre,  le Rorschach, alors ton post tombe à pic et est génial ! Merci encore !

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Message Rorschach 
J'ai oublié de demander; serait-il possible d'avoir des précisions sur le psychogramme, en l'ocurence sur le calcul du F% et RC% ? Merci d'avance !

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Message Rorschach 
Bienvenue Adelys

Pour obtenir le F% et le RC%, il te suffit de diviser respectivement le nombre de réponses F et de réponses Couleur par le nombre de réponse global et de multiplier le résultat par 100.


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Message Rorschach 
Génial ! Merci de la réponse et de la rapidité ! C'est bien ce que j'avais noté, mais je n'étais pas sure de moi. C'est chose faite !

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Message Rorschach 
Je suis étudiante en L3 psychologie et je voudrais savoir si le Rorschah a fait l'objet d'une validation et quand ?
merci par avance !!

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Message Rorschach 
Des études de validation distinctes ont été conduites, selon les pathologies concernées, pour la méthode Exner (le système intégré), qui n'est pas celle que j'ai présentée ici. Si tu recherches les validations des différentes échelles, tu peux te renseigner auprès de Anne Andronikof, qui est la spécialiste française du système intégré et enseigne à Paris X Nanterre.
J'ai présenté ici l'utilisation la plus répandue en France, où la part de l'interprétation du clinicien, nourrie par la théorie psychanalytique, est primordiale. Je ne pense pas que l'on puisse alors y rechercher une validité au sens psychométrique du terme.


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Message Rorschach 
Merci bcp pour toutes ces informations et pour la rapidité de ta réponse. 

Message Rorschach 


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