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L’amalgame «maladie mentale-violence»
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Message L’amalgame «maladie mentale-violence» 
L’amalgame «maladie mentale-violence»

Libération, 18/11/08
ERIC FAVEREAU


C’était lors d’un congrès sur la santé mentale, à Paris. Evoquant les progrès des médicaments, un orateur, sûrement bien intentionné, a lâché : «Bientôt, on éradiquera la schizophrénie.» Dans la salle, Claude Finkeslstein, présidente de la Fédération des associations de malades, bouillait de colère : «Éradiquer la schizophrénie… On veut nous éradiquer, mais comment parle-t-on de nous !»

Mercredi dernier, un homme de 56 ans, schizophrène, fugue de son hôpital psychiatrique. Et dans une rue de Grenoble, il poignarde au hasard un étudiant. Aussitôt, le président de la République saute sur l’affaire. Et réclame une réforme, visant «à améliorer la surveillance des patients susceptibles de représenter un danger pour autrui, dans le cadre notamment de la création d’un fichier national des hospitalisations d’office.»

«Peut-être y a-t-il eu mauvaise appréciation des médecins ? Peut-être y a-t-il eu un manque de surveillance, mais la réaction du Président est totalement déplacée. Et surtout, elle ancre cette idée que maladie mentale égale violence, et qu’il faut donc ficher tous ces fous dangereux», explique un psychiatre. Bien sûr, il y a quelques gestes insensés, aussi terrifiants qu’imprévisibles. Mais la nouveauté aujourd’hui est plutôt dans la violence faite aux malades. Et le risque de violence attribuable aux personnes malades mentales est très faible.

En 2003, sur 47 655 personnes mises en examen dans des affaires jugées (crime, délit ou contravention), seuls 0,002 % des personnes ont été déclarées irresponsables. A l’inverse, la prévalence des crimes violents envers les patients psychiatriques est 11,8 fois plus importante que dans la population générale. Celle des vols sur personnes est quant à elle 140 fois plus élevée.

Qui s’en souvient ? Le 1er septembre 1969, une enseignante, Gabrielle Russier, ouvrait le gaz dans son appartement, et se suicidait: elle avait été mise en cause pour avoir vécu avec un de ses élèves. Georges Pompidou, alors président de la République, interrogé lors d’une conférence de presse, citait le poète, Paul Eluard : «Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d’enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimé.» Nicolas Sarkozy aurait pu citer un poète pour évoquer la douleur devant cet étudiant tué. Il a préféré appeler à la création d’un fichier.

http://www.liberation.fr/vous/0101266872-l-amalgame-maladie-mentale-violenc…



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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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oui là ça devient vraiment pénible, on ressent bien l'incompréhension face à la maladie, dans les discussions c'est souvent accompagné de rire, et de déformation à outrance, un peu comme pour les gay à une époque, Y EN A MARRE :dm:

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J'aime bien ton rappel de l'affaire Russsier... ça rappelle qu'il y avait une époque où, pour devenir président, il fallait avoir de la classe et de la culture...

J'ignorais les chiffres de victimologie concernant les malades psy, même si je suis convaincu de longue date que les patients sont très souvent des victimes, et rarement des agresseurs... Je pense qu'on devrait, chacun à son humble niveau, diffuser ce genre de données  je vais déjà les glisser dans mon power point sur l'épidémio de la schizophrénie...

Le type A, tu sais qui, a beaucoup de raisons de créer du ressentiment contre lui, mais je n'arrive décidément pas à me faire à son manque total de classe et à son déficit de réflexion, quelle honte pour nous !

PS : peux-tu me citer les sources des chiffres de victimologie (pour que je puisse les utiliser) ? Merci +++

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C'est le rappel du journaliste de Libé gronounours, ce n'est pas moi qui ai écrit l'article ! 

Pompidou était normalien, fin connaisseur de poésie, il est certain que ça change beaucoup de choses... Mitterrand était le dernier de nos hommes politiques à être lettré je crois, et depuis on va de Charybde en Scylla... Confused Du reste, ça devient général j'ai l'impression, aujourd'hui le manque de culture, l'ignorance crasse de tout ce qui n'est pas immédiatement "utile", se revendiquent fièrement comme tels.

Pour les sources de l'article :

- Rapport de la Commission « Violence et santé mentale » présidée par Anne Lovell : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/violence_sante/sante_mentale.pdf


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J'ai mis l'article sur facebook et sur mon blog, c'est le deuxième sur le sujet après celui du Monde, ça mérite d'être connu.

Visiter le site web du posteur
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En réalité les chiffres sortis de ce rapport sont souvent erronés, traduits à n'importe quelle sauce et on peut voir plein de stats différentes sur le sujet. En ce qui concerne les violences subies par les personnes atteintes d'une maladie mentale.

Pour une bonne raison, c'est qu'en France on sort des pelletés de statistiques sur la dangerosité des malades mentaux, mais les violences subies par ces mêmes malades n'ont jamais fait l'objet d'une étude sérieuse, même aujourd'hui fin 2008 (le rapport d'Anne Lovell à déja quelques années, 3 ans je crois).

Les statistiques au sujet des violences subies par les malades mentaux sont issues des statistiques sur les violences envers les personnes SDF. Pour faire ce rapport on a estimé que le lieux le plus accessible pour trouver des malades mentaux dans la cité, en grandes proportions, était la rue. Ce qui n'est pas faux, mais ces stats sont quand mêmes erronées, les malades mentaux ne sont pas tous à la rue et ne subissent pas tous la même violence, heureusement.

Demain si j'ai le temps, j'essayerais de faire un petit topo avec les quelques chiffres qu'on a sur le sujet.


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