Questions Psy Index du Forum
S’enregistrerRechercherFAQMembresGroupesConnexion
Répondre au sujet Page 1 sur 2
Aller à la page: 1, 2  >
Sexualité dans les institutions psy
Auteur Message
Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
Salut tout le monde,

Ça fait un moment que j'aimerais bien discuter de ce sujet, mais il est délicat, d'autant plus que je ne sais pas trop comment suffisamment anonymer les exemples que j'ai en tête Mais je suppose qu'on rencontre les mêmes problèmes partout.

J'ai l'impression que ce "problème" (parce que la sexualité semble devenir un problème dans ces cas-là) est mal pensé et conduit à des mesures, prises par les équipes ou les familles, qui sont souvent arbitraires et douloureuses pour tout le monde.

Quelques expériences qui m'ont fait réfléchir :
- deux jeunes patients psychotiques qui entretiennent une relation (houleuse, mais quelle relation amoureuse ne l'est pas à cet âge) sont "séparés" par l'institution qu'ils fréquentent, la jeune femme étant renvoyée sous la forme de ce qui m'a semblé être un "passage à l'acte" institutionnel.
- deux patients veulent se marier - réaction extrêmement ambivalente de l'institution, qui leur intime qu'ils ne pourront pas continuer à la fréquenter en tant que couple marié, l'un devant aller voir ailleurs donc.
- un jeune homme (présentant les suites d'une psychose infantile) est un peu "entreprenant" à l'égard des femmes, mais sans violence, et a plusieurs liaisons consenties avec des patientes. Avec l'accord de ses parents, ce jeune homme est mis sous Androcur (traitement hormonal).
etc.

Je sens la psychiatrie assez mal à l'aise avec la sexualité des patients. Et pourtant, pour ceux qui ne fréquentent que les institutions psychiatriques (ce qui est le cas des personnes que je suis), n'est-il pas inévitable qu'ils fassent là leurs rencontres amoureuses et expériences sexuelles ? Tout le monde ou quasi rencontre ses partenaires sur les lieux qu'il fréquente, à la fac, au boulot...

Je ne dis pas que ces relations ne posent pas de questions sur le plan éthique, elles en posent souvent, notamment quand le "consentement" de la personne n'est pas évident à assurer ou quand la relation semble éminemment pathogène, mais il me semble que nous sommes démunis pour les penser.


_________________
« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
Message Publicité 
PublicitéSupprimer les publicités ?


Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
euh comment dire je me sens beaucoup concerné par le sujet Mr. Green  je crois que c'est d'autant plus tabou dans les institutions psychiatrique que le patient est généralement gavé de médocs et que comme ça influe sur la lbido et bien le personnel soignant est assez tranquil sur ce point. je crois que c'est plutôt les institutions d'après l'hopital psy qui récolte le soin de gérer ce problème , si problème il ya - de toute maniè-re il faut faire avec, tout le monde à une libido et c'est comme ça

sinon c'est quoi la question explicite

Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
C'est la même chose dans les institutions du social...

J'ai le sal souvenir d'un Institut médico-éducatif pour lequel je travaillais il y a une petite quinzaine d'années, qui recevait des gamins jusqu'à 16 ans polyhandicapés, la majorité trisomiques 21. La réponse "normale" et habituelle du corps éducatif devant un ado qui découvrait son corps et celui des autres à sa manière (en principe ils oublient seulement la notion de pudeur) était la distribution de giffles.

De la même manière dans les foyers qui accueillent des personnes adultes, la séparation hommes/femmes est de rigueur même quand ça ne gêne pas le reste du foyer, alors qu'on a affaire à des personnes adultes et en principe en droit de vivre leur sexualité comme ça leur plait.

On commence dans le social à voir quelques thèses arriver sur le thème de la sexualité des personnes accueillies, mais c'est souvent très timide, pas bien innovant, il s'agit surtout de ne pas choquer les professionnels en leur divulgant le scoop selon lequel les personnes majeures accueillies ont une sexualité.


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
Stéphanie, la question, c'est que je suis souvent en désaccord avec mes collègues et que je m'interroge...

Je n'ai pas l'impression qu'on "fasse avec" justement ! On évacue le problème, on vire les gens au besoin, on les met sous traitement (dans l'exemple que je donne, la mise sous Androcur d'un patient non violent me semble vraiment poser un problème éthique), etc.

Dès que deux patients se fréquentent, la première réaction de l'équipe est "aïe, les emmerdes vont arriver!", c'est souvent vrai mais ce n'est pas automatique il me semble, ou je suis une grande naïve?


_________________
« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
J'ai un lien édifiant, une discussion sur un forum d'infirmiers psy

http://www.infirmiers.com/forum/viewtopic.php?f=15&t=83505

Mention spéciale à cette réponse

Citation:
Je suis assez surprise des réponses lues à ce sujet !!! car beaucoup d'étonnement mais par contre pas de solution, comme si la sexualité chez les handicapés n'existait pas ... ou alors serait-ce en 2008 toujours sujet tabou ?
et oui les antipsychotiques et autres ne parviennent pas toujours à supprimer les besoins sexuels!!! nos voisins européens ( moins hypocrites) ont trouvé des solutions pour essayer de pallier au mieux cette carence, mais en France on préfère faire la politique de l'Autruche!!!
Alors, oui , il y a peut être mieux qu'une prostituée, mais cela reste une solution, et cela peut se faire de manière humaine ... Vous n'avez pas vu le film documentaire "Nationale 9" ?
A défaut de solution, des félicitations d'avoir poser la question!!!



Les antispychotiques ne parviennent pas toujours à supprimer les besoins sexuels, comme si c'était le but !

Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
Merci Hélène, la discussion est intéressante, à tous points de vue !

En fait, un siècle après Freud, on en reste toujours à un ébahissement général devant le fait que tout le monde a une sexualité et que la satisfaction sexuelle fait partie de l'épanouissement normal de la personne.


_________________
« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
Shocked  je suis sidérée que des soignants en psy pensent à recourir à la prostitution !
Ils devraient faire un petit stage dans les associations qui s'occupent des anciennes prostituées, ça ne ferait pas de mal...

Bref, ce n'est pas le sujet. Mais quand même...  Evil or Very Mad


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
La prostitution s'appelle maintenant "l'accompagnement érotique des handicapés" et fait l'objet de livres très sérieux. Comme je suis pour l'abolition de la prostitution, je ne m'étendrai pas sur le sujet.

Je peux comprendre que la sexualité pose problèmes dans certains cas, surtout le problème du consentement des deux personnes. On sait que certains patient(e)s feraient n'importe quoi pour des clopes ou autre chose, enfin je ne veux pas faire une généralité, mais il est parfois très facile de manipuler quelqu'un d'handicapé. D'ailleurs il y a des temps pas si lointain où certains infirmiers (si l'on peut dire!) en profitaient.

Ce qui me choque au-delà de tout, c'est quand on sépare des couples qui s'aiment, qui bâtissent une vraie relation, parce que "deux malades ensemble, ça ne va pas". Au nom de quoi les soignants ont-ils décidés ça? C'est vrai qu'il n'est pas facile de supporter les problèmes de l'autre, mais à quoi ont-ils réfléchi au juste ces soi-disant soignants, s'ils ne savent même pas que, quand on vit une expérience si dure et où on est si peu compris, il est souvent réconfortant, voire extraordinaire, de rencontrer quelqu'un qui comprend. Au nom de quoi ont-ils décidé qu'ils n'y avaient pas d'amour digne de ce nom dans les hp, qu'après çe ne peut pas donner un couple solide et une raison de retrouver le goût de vide. Il n'y a rien de plus méprisant ni de plus infantilisant que de dire à un adulte qui il peut aimer ou pas. C'est une des pires violences institutionnelles, je trouve.
Pour la petite histoire, les deux hommes que j'ai le plus aimés étaient malades aussi.

Par contre, d'autres médecins vont parfois dans le sens inverse de façon exagéré, même si c'est certainement beaucoup plus rare. Le frère d'une collègue est autiste assez lourd, il a le niveau d'un enfant de 3 ou 4 ans. Sa mère voulait lui faire faire une vasectomie pour qu'il puisse éventuellement vivre sa sexualité sans risque de se retrouver avec un enfant qui serait forcément confié aux services sociaux. Le médecin l'a presque traitée de monstre, lui disant qu'il était honteux de faire stériliser son fils, qui était-elle pour décider à sa place s'il voulait ou pas un enfant, etc... Dans ce cas, je trouve que la décision de la mère est bien meilleure que d'empêcher son fils d'avoir une sexualité. Résultat, lui aussi se retrouve avec des médocs contre les pulsions sexuelles.

Visiter le site web du posteur
Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
Je crois que "l'accompagnement érotique des handicapés" existe aussi en France, il s'agit de bénévoles qui se portent volontaires pour masturber des handicapés physiques. Dans ce cadre là, ça ne me choque pas, c'est librement consenti entre les 2 personnes, puisque pas monnayé.

Par contre, pour les handicapés mentaux et psychiques, ça pas de solutions. Même si je suis d'accord que la prostitution est quelque chose de tragique et d'avilissant, je pense que beaucoup de schizophrènes doivent y avoir recours. Comment faire quand on est plus capable de créer du lien social, d'arriver à séduire qqun ? C'est quelque chose qui demande de grandes compétences relationnelles, mine de rien. Perso je ne jugerais pas les schizos qui y ont recours.

Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
Je ne crois pas que ce soit si bénévole que ça et pas seulement masturbatoire, et dans ce que j'ai vu, c'était des handicapés de toutes sortes.

Quand à l'éternel couplet sur ces pauvres hommes soumis à leur pulsions qui sont bien obligés d'aller voir des prostituées, c'est ce qui justifie la prostitution depuis des siècles, et ne vaut pas que pour les schizos. Je ne dis pas que je juge sont qui le font, mais je suis contre ce système. C'est en plus entretenir des clichés réducteurs pour les deux sexes: les hommes esclaves de leurs pulsions, une partie des femmes sacrifiés pour la bonne cause et la bonne marche de la société, quant aux femmes isolées, chacun sait qu'elles n'ont bien sûr aucune pulsion sexuelle, pas besoin d'en parler!

Visiter le site web du posteur
Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
Je ne juge pas les schizos qui ont recours à la prostitution comme palliatif, mais en tant que professionnelle je n'accompagnerais ni même ne conseillerais cette solution à personne. D'ailleurs, c'est interdit par la loi, alors si les professionnels commencent à inciter et même faire de l'accompagnement au délit où vas-t-on ?

Dans l'hôpilal de jour en psy où j'étais, un couple s'était formé et ils ont du choisir lequel des deux quiterait l'établissement. Je me disais bien qu'ils auraient mieux fait de mentir, enfin ce ce que j'aurais certainement fait si j'étais à leur place. A moins d'avoir envie de partir.


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
En tant que psy, je considère, et ce point de vue est partagé par mon équipe, que la découverte de pulsions sexuelles chez un patient est signe de pulsion de vie, donc en soi une bonne nouvelle !!

C'est vrai qu'on rend la sexualité plus difficile avec ce qu'on prescrit, mais il y aurait des lueurs d'espoir : j'ai par exemple un confrère qui aime bien prescrire un des nouveaux antipsychotiques, parce que des patients lui ont expliqué que ce produit serait "intéressant pour la sexualité"... A confirmer avant de diffuser, par pitié !!

Il y a des problèmes de sexualité à gérer dans les centres : éviter que les patient(e)s vulnérables ou décompensés soient victimes de prédateurs (il y en a toujours un ou deux qui rodent dans un service, c'est un  vrai problème)... Veiller aussi à la contraception et à la prévention des mst (vu le nombre élevé de personnes hépatite C postives dans la population psy, même si la transmission sexuelle n'est pas certaine)... Et puis, il faut gérer parfois les parents ou les proches "conservateurs"... Il y a le problème de la vulnérabilité de certaines jeunes filles ou jeunes femmes psychotiques, même en-dehors des phases de franche décompensation...

Par contre, l'histoire des prostituées me laisse perplexe, en pensant autant à ces pauvres filles qu'aux patients (qui auraient du sexe, mais quid de l'affection) ?



Au sujet des médocs, pour les messieurs, les produits dérivés du Viagra sont intéressants, mais horriblement chers et pas, à ma connaissance, remboursés...

PS : on n'a jamais viré un couple de mon centre.. Il y en a qui s'est formé (marié même), le psy qui suivait les deux avant (c'était pas moi) a demandé que l'un des deux soient suivi par un autre psy de l'équipe (ce qui ne me semblait pas dans leur cas indispensable, mais peut s'entendre).



Dernière édition par gronounours le Jeu 20 Nov 2008 - 20:12; édité 2 fois
Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
Gronounours, est-ce que le fait de prendre un dérivé de viagra peut fare décompenser, un peu comme certains médocs rendent maniaques ou délirants ? Est-ce que ça agit uniquement sur l'érection, ou aussi sur le désir ?

Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
Sur l'érection essentiellement, mais il peut améliorer la sexualité globale de certaines personnes dont les dysfonctions sexuelles sont psychogènes (certains troubles liés à un état dépressif...).
Chez une personne psychotique, il n'améliorera pas les problèmes liés à l'image du corps, aux représentations inconscientes de la sexualité, etc., si c'est à cela que tu fais allusion. En revanche, il sera utile pour contrebalancer les effets des traitements sur la capacité érectile.
Les effets secondaires sont importants (maux de tête, nausées, fatigue...) et peuvent être très mal vécus par une personne psychotique. Le médicament lui-même peut être mal vécu, dans le sens d'une influence extérieure sur une fonction corporelle. C'est une prescription à peser avec discernement.


_________________
La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient. G. Garcia Marquez
Répondre en citant
Message Sexualité dans les institutions psy 
Je crois, qu'il faut être bien dans sa tête, et que la partenaire le soit aussi.
Dans les débuts c'est un peu difficile, pour l'un et l'autre.
Malgré tout, sans libido manquent aussi les marques d'affection, bisous donnés et reçus différemment.
Avec les médicaments, la libido revient donc c'est mieux dans le quotidien.
Même si ça n'est pas comme avant.

Message Sexualité dans les institutions psy 


Montrer les messages depuis:
Répondre au sujet Page 1 sur 2
Aller à la page: 1, 2  >
  


Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation