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Psychiatrie: hôpitaux sécurisés et internement réformé, annonce Sarkozy
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Psychiatrie: hôpitaux sécurisés et internement réformé, annonce Sarkozy

AFP, 2/12/08


Nicolas Sarkozy a annoncé mardi, trois semaines après le meurtre d'un étudiant poignardé à Grenoble par un malade mental échappé d'un hôpital psychiatrique, une série de mesures réformant l'hospitalisation psychiatrique.

Ce plan comprend notamment une sécurisation des établissements psychiatriques, une réforme de l'internement d'office et l'instauration d'une obligation de soins "effective".

Visitant à Antony (Hauts-de-Seine) une unité de soins spécialisés, le chef de l'Etat a d'abord annoncé un plan de sécurisation des établissements psychiatriques d'un montant de 30 millions d'euros.

S'y ajoute, a poursuivi M. Sarkozy la création de quatre unités pour malades difficiles (UMD), pour un coût total de 40 millions d'euros.

Une UMD, réservé aux malades mentaux dangereux, avait ouvert en janvier à Plouguernével (Côtes-d'Armor), une première depuis 1963 qui avait porté à cinq le nombre de structures de ce type en France.

L'étudiant-chercheur mortellement poignardé le 12 novembre en plein centre de Grenoble, l'avait été par un schizophrène échappé de l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève.

Après ce drame, M. Sarkozy avait demandé aux ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé de lancer une "réforme en profondeur" de l'hospitalisation psychiatrique.

Parmi les pistes étudiées par ces ministères: un encadrement des "sorties d'essais" d'établissements psychiatriques, prises par les préfets après deux doubles avis de psychiatres et de deux procureurs de la République.

Le chef de l'Etat a annoncé mardi, sans préciser de date, le dépôt d'un projet de loi réformant l'hospitalisation psychiatrique d'office en réservant aux préfets ou à la justice les autorisations de sortie.

La décision de laisser sortir un patient, "ce doit être l'Etat ou, dans certains cas la justice, pas l'expert", a dit M. Sarkozy.

"Il a un Etat, une justice qui doivent trouver l'équilibre entre des intérêts et des points de vue contradictoires", a poursuivi le président. "C'est de la rencontre de ces points de vue - celui qui a la charge du patient et celui qui a la charge de l'ordre public - que l'on peut trouver le bon équilibre".

Il a évoqué un partage d'informations sur les hospitalisations d'office, sans mentionner explicitement la création d'un fichier national, comme il l'avait fait après le drame de Grenoble ce qui avait suscité l'inquiétude des professionnels.

"Le gouvernement s'assurera que les informations administratives sur les hospitalisations d'office soient partagées dans tous les départements avec un secret médical respecté de la façon la plus stricte," a-t-il ainsi souligné.

"Nous allons d'abord instaurer une obligation de soins en milieu psychiatrique (...) elle doit être effective, même en cas d'absence de la famille", a encore déclaré M. Sarkozy.

http://fr.news.yahoo.com/2/20081202/tts-psychiatrie-hopitaux-securises-et-i…


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Discours de notre cher président vite rectifié par Libé

Sarkozy voit des fous dangereux partout
DESINTOX - Contre-expertise au quotidien des déclarations et des chiffres du débat public

Trois semaines après la mort d'un étudiant de 26 ans, poignardé dans le centre de Grenoble par un homme qui s'était échappé d'un hôpital psychiatrique où il avait été hospitalisé d'office, Nicolas Sarkozy a présenté aujourd'hui des mesures pour que "le drame ne se reproduise pas". A Antony (Hauts-de-Seine), il a tenu un discours sur la psychiatrie que les spécialistes jugent le plus "sécuritaire" depuis des décennies. 

Le président y a notamment annoncé la "réforme de l'hospitalisation d'office". Cette procédure, qui est une mesure d'ordre public, est une décision du préfet -ou du maire dans les petites villes. Elle concerne les "personnes qui nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public".

Explication de Sarko : "le drame de Grenoble ne doit pas se reproduire. Vous me direz que les hospitalisations d'office ne représentent que 13% des placements. Mais c'est celles qui exigent le plus de précautions, celles qui sont le plus difficiles".

De son passage au ministère de l'Intérieur, Sarko a conservé cette tendance à gonfler les chiffres pour frapper les consciences. Car ce chiffre de 13% d'hospitalisations d'office est tout à fait faux. Ces hospitalisés d'office, qui présentent effectivement un caractère de dangerosité (le plus souvent vis à vis d'eux-même) ne représentent en fait que 1% à 2% des placements.

Les 13% évoqués par Sarko correspondent aux "hospitalisations sans consentement". Ces derniers intègrent effectivement les placements d'office, mais concernent surtout, et en grande majorité, les placements à la demande d'un tiers, c'est à dire les hospitalisations de personnes dont les troubles rendent impossible le consentement. Et qui n'ont rien à voir avec le profil du meurtrier de Grenoble.

Là : http://www.liberation.fr/societe/0101284411-sarkozy-voit-des-fous-dangereux…


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Des syndicats de psychiatres rejettent une réforme "sécuritaire"

AFP, 3/12/08

Plusieurs syndicats de psychiatres ont rejeté mercredi dans un communiqué commun la réforme de l'hospitalisation psychiatrique présentée la veille par le Président de la République, dictée selon eux par une "approche exclusivement sécuritaire".


Le plan dévoilé mardi par Nicolas Sarkozy prévoit notamment 30 millions d'euros pour un volet sécurisation des établissements psychiatriques et 40 millions d'euros pour la création d'unités pour malades difficiles.

Le Syndicat des Psychiatres d'Exercice Public (SPEP-IDEPP), celui des Psychiatres des Hôpitaux (SPH) et de secteur (SPS-IDEPP), ainsi que l'Union Syndicale de la Psychiatrie (USP) ont dénoncé "une approche exclusivement sécuritaire de la psychiatrie".

Cette approche "apparaît comme une régression inacceptable pour une organisation des soins qui a fait ses preuves et n'a pas à rougir de ses résultats", ont-ils poursuivi dans un texte commun.

"La psychiatrie est en tension et au coeur de multiples contraintes, liées à l'augmentation constante de son activité et à l'érosion de ses moyens", ont souligné les psychiatres, ajoutant qu'il leur fallait en plus concilier des "pratiques sécurisées" et le "respect des droits des patients".

"La qualité, l'efficience et la sécurité des soins pour les usagers depuis l'admission jusqu'à la sortie ne peuvent se décréter, elles reposent sur des organisations institutionnelles stables disposant de moyens et d'effectifs suffisants, ce qui n'est plus le cas actuellement", ont-ils poursuivi.

http://fr.news.yahoo.com/2/20081203/thl-des-syndicats-de-psychiatres-rejett…


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Les soignants s'interrogent sur l'application de la réforme

Le Figaro, 03/12/08

Hospitalisation d'office, sortie décidée par le préfet, géolocalisation des malades dangereux : autant de points qui font débat.



Le monde de la psychiatrie publique traverse une crise grave, manquant de moyens, de lits, de médecins et d'infirmiers. Dans ce contexte, les professionnels réagissent aux mesures annoncées, mardi, par Sarkozy. Leurs positions se résument à deux points : donnez-nous plus de moyens, et attention à ce que le soin psychiatrique ne se résume pas au tout-sécuritaire.
La volonté de sécurisation des hôpitaux constitue une avancée pour le Pr Frédéric Rouillon, clinicien à l'hôpital Sainte-Anne de Paris. Sans remettre en cause l'ouverture des établissements, il considère que le problème posé par les rares patients violents est réel. «Il faut sortir de la langue de bois.» Pour lui, le débat entre guérir et punir ne doit pas être escamoté.

En revanche, Michel Reynaud, chef de service à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif note que les mesures sont uniquement répressives alors que «la psychiatrie et ses malades méritent autre chose que la multiplication des unités pour malades difficiles (UMD)». 


«Contraire à notre éthique»


Le Pr Michel Lejoyeux, chef de service à Bichat (Paris) et à Maison-Blanche (Neuilly-sur-Marne), estime que «la psychiatrie aurait tort de ne pas accepter une augmentation du nombre de place en UMD». À propos des hospitalisations d'office, il relève qu'il va être «difficile, à volume de lits constant, de les maintenir puisque les durées de séjour vont être automatiquement plus longues». Même chose pour la mise en place de soins ambulatoires sans consentement. Que faire si le patient ne se rend pas au rendez-vous qui lui a été fixé ? «Il faudra aller le chercher chez lui ?».
Le fait que la décision de sortie pour un malade hospitalisé d'office soit prise par le préfet après avis d'un collège de soignants est bien accueilli par le Pr Frédéric Rouillon. Il estime que «c'est une très bonne chose de délier l'expert de son pouvoir de décider. Il est très difficile d'être à la fois celui qui soigne et celui qui décide la sortie, le médecin souhaitant avant tout redonner l'autonomie à son patient».


L'idée de mettre en place un système de géolocalisation pour certains patients hospitalisés sans leur consentement fait bondir les professionnels. Philippe Ladurée, infirmier psychiatrique au centre hospitalier de la Sarthe, militant CGT, explique que ce sujet fait régulièrement partie des discussions au sein de l'équipe de son établissement. «C'est contraire à notre éthique. Les malades deviendraient des prisonniers. Pourquoi ne pas leur mettre des chaînes et un boulet ?» 


«Qui va détenir les données ?»


L'argument du personnel soignant est qu'avec un tel système, la relation de confiance entre le malade et l'équipe soignante est menacée. «Qui va détenir les données de la géolocalisation ? interroge un psychiatre. Si c'est l'hôpital, on pourra le retrouver en cas de fugue. Mais si c'est la police, c'est plus gênant», ironise-t-il. «Les préfets sont de plus en plus réfractaires à l'idée de laisser sortir les hospitalisés d'office. Ils préfèrent les laisser dans les hôpitaux», ajoute Philippe Ladurée. L'infirmier insiste lui aussi sur le fait que le plus grand problème que connaisse aujourd'hui la psychiatrie, c'est le manque de lits. «On ne sait plus où mettre les gens alors que nous avons de plus en plus de malades, regrette-t-il. Parfois, certains relèvent plus de la prison mais on nous les envoie parce que la société ne sait pas quoi en faire.»

Jean-Michel Oughourlian , de l'Hôpital américain de Neuilly, a un point de vue iconoclaste sur la question de la sécurité. Il estime en effet nécessaire de donner des traitements aux malades mais à des doses appropriées. «Trop de jeunes médecins hésitent à cause de la peur des effets secondaires», déplore-t-il. Selon lui, si le patient de Pau qui a tué en 2004 une infirmière et une aide-soignante avait reçu une dose cinq fois supérieure à celle qui était la sienne, il ne serait peut-être pas passé à l'acte.

http://www.lefigaro.fr/sante/2008/12/03/01004-20081203ARTFIG00398-les-soign…


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Monsieur le Président, comment aider les psychiatres à faire leur métier

Par Jean-Pierre Olié

Le Figaro, 03/03/2008

Après la visite de l'hôpital psychiatrique d'Antony par Nicolas Sarkozy mardi, Jean-Pierre Olié, professeur de psychiatrie, chef de service à l'hôpital Sainte-Anne, expert agréé par la Cour de cassation, livre des pistes de réflexion pour la réforme de l'hospitalisation d'office annoncée par le chef de l'État.


Le drame de Grenoble suscite légitimement émotion et interrogations : comment est-ce possible ? L'émotion est partagée par tous, y compris les soignants en psychiatrie et les malades. Pour autant, on ne saurait perdre raison jusqu'au plus haut niveau de l'État. Ce dramatique événement a valu une annonce de Nicolas Sarkozy : la loi sur l'hospitalisation psychiatrique, dite loi de 1990, doit être modifiée en profondeur. Cette loi prévoit, entre autres, qu'un malade mental criminel soit soigné dans un hôpital psychiatrique et qu'il ne puisse en sortir qu'après la demande motivée du psychiatre traitant, l'avis concordant de deux experts rédigeant chacun un rapport indépendant et un nouvel arrêté préfectoral décidant la levée de l'hospitalisation ou une sortie permissionnaire. Sans doute devrait-on élargir les missions et donc les moyens des commissions départementales d'hospitalisation, chargées de visiter les établissements psychiatriques à intervalles réguliers. Dans ces commissions siègent des psychiatres extérieurs à l'établissement visité, des usagers (familles de malades ou anciens malades), et des représentants de l'autorité judiciaire. Une déléguation d'élus devrait être proposée, ce qui leur donnerait la possibilité de comprendre la situation médicale et d'émettre un avis sur les conditions d'un retour du malade dans la société. Le psychiatre traitant proposant que l'hospitalisation sans consentement prenne fin pourrait ainsi discuter le cas avant de transmettre sa demande à l'autorité préfectorale. Ainsi pourrait-on espérer que tout ce qui peut être fait pour éviter un accident l'ait été.

Le directeur d'un établissement psychiatrique ne saurait être tenu pour responsable de l'évolution d'un patient ou d'un tel accident. Un directeur d'hôpital n'a aucune formation médicale et un hôpital psychiatrique n'est pas simplement un lieu de privation de liberté : il est avant tout un établissement de soins.

Ce sont les éléments cliniques qui guident les décisions. Il est bien sûr légitime que la société mette en œuvre des mesures de protection lorsque la maladie est susceptible de faire émerger des manifestations agressives d'autant plus dangereuses qu'elles sont absurdes. Le malheureux étudiant tué à Grenoble l'a été au simple motif des symptômes de la maladie : absurdité et violence. Si la punition était un outil efficace contre de tels actes, la psychiatrie n'aurait pas à intervenir. Au contraire, seuls les soins médicaux bien conduits sont en mesure de prévenir les actes criminels des malades mentaux.

Cessons de confondre malades et délinquants, délinquants et malades. Face au délinquant, le psychiatre ne peut qu'être auxiliaire du juge. Face au malade mental, le juge ne peut qu'être auxiliaire du psychiatre.

Faut-il rappeler les règles européennes, en accord avec le respect des droits de l'homme ? Les établissements psychiatriques ne peuvent priver quelqu'un de liberté qu'au motif de troubles mentaux.

Puisque nos politiques veulent repenser le travail des psychiatres, proposons- leur quelques idées et demandons-leur de nous aider.

Remettons donc en place la commission des maladies mentales, malencontreusement supprimée il y a plus de vingt ans : elle saura guider des décisions porteuses de progrès pour les malades, les familles, la société. Une telle commission permettra d'aborder tous les aspects pratiques et éthiques posés par ce champ de la médecine qu'est la psychiatrie : coopération entre psychiatrie et autorités sociales, conditions de fonctionnement des hôpitaux, conditions de traitement des malades…

Améliorons la formation des futurs psychiatres en l'alignant sur ce qui se fait ailleurs en Europe : une formation sur cinq ans avec une filière spécifique pour les aspects médico-légaux de la psychiatrie.

Donnons aux commissions départementales de l'hospitalisation le rôle qui devrait être le leur auprès des équipes de direction des hôpitaux et des équipes soignantes.

Veillons à ce que chaque établissement psychiatrique soit doté de moyens techniques et humains à la hauteur de ses missions.

Veillons aussi au respect de la souffrance des victimes et de leurs familles, de la souffrance des malades et de leurs familles. Ceci est un préalable à la déstigmatisation des troubles mentaux, elle-même préalable à une prévention efficace.

http://www.lefigaro.fr/debats/2008/12/02/01005-20081202ARTFIG00663-monsieur…


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