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L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie
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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
LA NUIT SECURITAIRE
au crépuscule de la psychiatrie


Le 2 décembre 2008, dans une enceinte psychiatrique hospitalière, se saisissant d’un crime pourtant très rare commis par un patient diagnostiqué comme schizophrène, le président Sarkozy a annoncé un plan pour la psychiatrie aux conséquences dévastatrices.

Dans ce discours, les fondements même de la psychiatrie ont été attaqués avec la plus grande brutalité, celle qui amadoue pour mieux exécuter.

Il aura suffi d’un fait divers dramatique pour relancer une politique de la peur dont le projet de centres de rétention de sûreté tout comme les soins sans consentement en ambulatoire sont le parachèvement.

En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant d’une façon calculée la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables.

Alors que les professionnels alertent régulièrement les pouvoirs publics non seulement sur les conditions de plus en plus restrictives de leur capacité de soigner, sur l’inégalité croissante de l’accès aux soins, mais aussi sur la mainmise gestionnaire et technocratique de leurs espaces de travail et d’innovation, une seule réponse leur a été opposée : attention danger, sécurisez, enfermez, obligez, et surtout n’oubliez pas que votre responsabilité sera engagée en cas « de dérapage ».
Un pas vient d’être franchi, l’heure est trop grave pour que la résignation l’emporte.

Que peut signifier cette prétendue méconnaissance, en réalité cette volonté délibérée d’ignorer les réalités de la psychiatrie ?
Il y a les faits, il y a les chiffres : le rapport de la Commission « Violence et santé mentale » dénombre qu’en 2005 sur 51 411 mis en examen dans des affaires pénales (crime ou délit) 212 ont bénéficié d’un non-lieu pour irresponsabilité mentale, c’est à dire 0,4 % des crimes et délits ! Mais en revanche, la prévalence des crimes violents contre les patients psychiatriques est 11,8 fois plus importante que par rapport à la population générale. La proportion des vols à leur encontre est 140 fois plus importante !

Nous, soignants en psychiatrie, n'acceptons pas que la plus haute autorité de l'État répande de tels propos, qui laisseraient croire que les personnes atteintes de troubles psychiques font bien plus souffrir la société que celle-ci ne les aliène. Nous n’acceptons pas non plus que ces citoyens soient jetés en pâture à la vindicte populaire pour maintenir de manière forcenée, irresponsable, le ferment de la peur.

« La politique de civilisation » annoncée est une politique de « rupture » du lien car elle tente de bafouer les solidarités sociales qui ont permis de sortir du grand enfermement de la folie. Il n’y a pas d’exercice possible de la psychiatrie sans respect constant des valeurs de la République : celles qui en énonçant le respect de la séparation des pouvoirs permettent à la démocratie de rassembler solidairement afin de ne pas exclure les plus démunis.

Devant tant de « dangerosité » construite, la psychiatrie se verrait-elle expropriée de sa fonction soignante, pour redevenir la gardienne de l’ordre social ?

Nous, citoyens, psychiatres, professionnels du soin, du travail social, refusons de servir de caution à cette dérive idéologique de notre société.

Nous refusons de trahir notre responsabilité citoyenne et notre éthique des soins dans des compromissions indignes et inacceptables.

Nous refusons de voir la question des soins psychiques réduite à un pur contrôle sécuritaire criminalisant outrageusement la maladie mentale.

Nous refusons d’être instrumentalisés dans une logique de surveillance et de séquestration.

Pour maintenir la fonction soignante en articulation permanente entre le singulier et le collectif, nous refusons l'aveuglement d'une supposée culture de l'efficacité immédiate concernant des problèmes qui n'existent que peu.

Dans le champ de la psychiatrie, des actions s’opposent à la normalisation des enseignements (sauvons la clinique), des pratiques prédictives (pas de zéro de conduite), des dérives scientistes assignant à la psychiatrie le devoir de prévoir l’avenir (non à la perpétuité sur ordonnance, politique de la peur).

Nous soutenons et accompagnerons toute perspective de regroupement de ces initiatives car elles vont toutes dans le même sens : défendre et soutenir la dignité des patients qui nous sont confiés ou qui se confient à nous.

Faudrait-il que nous entrions en résistance par la désobéissance civile, pour soutenir la possibilité d’une psychiatrie au service des sujets en souffrance, respectueuse du sens de leur existence, et non une psychiatrie servant au maintien de l’ordre sécuritaire stigmate de l’asservissement de la population par la peur ?

« Il faut de la crainte dans un gouvernement despotique: pour la vertu, elle n'y est point nécessaire, et l'honneur y serait dangereux. » Montesquieu

Signer la pétition

http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=1



Dernière édition par Séverine le Mer 17 Déc 2008 - 14:58; édité 1 fois

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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
Article dans Le Figaro :

Psychiatrie : le coup de colère des professionnels

15/12/2008
Laure Daussy (Lefigaro.fr)


Dans une pétition publiée lundi, 39 psychiatres dénoncent la réforme de l'hospitalisation d'office et demandent à la profession de «sortir de la résignation.»

«Nous, psychiatres (…) refusons de servir de caution à cette dérive idéologique de notre société». Le message est clair : les trente-neuf soignants qui ont rédigé cette pétition, publiée lundi par Libération, dénoncent un «plan pour la psychiatrie aux conséquences dévastatrices», après les propos tenus par Nicolas Sarkozy le 2 décembre, sur un projet de loi réformant l'hospitalisation psychiatrique d'office. «Un pas vient d'être franchi, l'heure est trop grave pour que la résignation l'emporte», écrivent-ils. «Nous refusons de voir la question des soins psychiatriques réduite à un pur contrôle sécuritaire. »

Dans cet «l'Appel des 39»,initié ce week-end, sont présents des représentants de presque tous les syndicats de psychiatre, mais aussi des psychologues, des psychanalystes, des infirmiers. Ils sont réunis à l'initiative d'Hervé Bokobza, psychiatre à Montpellier, à l'origine des Etats généraux de la psychiatrie de 2003.

Dans ce projet de réforme, «les fondements même de la psychiatrie ont été attaqués avec la plus grande brutalité» dénoncent-ils. En quoi consiste ce projet ? Plusieurs axes principaux : il s'agit tout d'abord de réformer le processus de sortie des patients, décidée jusque-là par un médecin. Désormais, pour le président de la République, la décision appartiendra au préfet, après avis d'un groupe constitué d'un médecin traitant, d'un cadre infirmier, et d'un psychiatre extérieur à l'hôpital. Nicolas Sarkozy a suggéré également l'utilisation de bracelets électroniques pour les malades. La réforme comporte aussi l'instauration d'une obligation de soins pour toute personne présentant des problèmes mentaux, même «sans son consentement».

«Il aura suffit d'un fait divers dramatique pour relancer la politique de la peur, dont le projet de centres de rétention de sûreté, tout comme les soins sans consentement (...) sont le parachèvement», soulignent les soignants. En novembre, un étudiant avait été poignardé en pleine rue par un patient schizophrène qui avait fugué d'un hôpital grenoblois.

«En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables», selon les psychiatres. Ils refusent ainsi des mesures qui laisseraient croire «que les personnes atteintes de troubles psychiatriques font bien plus souffrir la société que celle-ci ne les aliène ».

Et de citer des chiffres du rapport de la commission Violences et santé mentale, selon lesquels, en 2005, sur 51 411 mis en examen, 212 personnes ont bénéficié d'un non-lieu pour irresponsabilité pénale, «c'est-à-dire 0,4% des crimes et délits», soulignent-t-ils.

Nous «refusons de trahir notre responsabilité citoyenne et notre éthique de soins dans des compromissions indignes et inacceptables», insistent-ils. Et de menacer à mots couverts : « Faudrait-il que nous entrions en résistance, par la désobéissance civile ? »

http://www.lefigaro.fr/sante/2008/12/15/01004-20081215ARTFIG00378-psychiatr…


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
Signé !


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La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient. G. Garcia Marquez
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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
Une rencontre est prévue à Paris (mail reçu aujourd'hui) :





Chers signataires,


En moins d’un mois, vous avez déjà été plus de 15 000 à soutenir le texte de « La nuit sécuritaire ».


Les « 39 » qui ont été à l’origine de cet appel se sont réunis le 9 janvier pour envisager les suites possibles de ce mouvement de protestation dont l’ampleur même nous a surpris et confortés dans notre engagement. L’écho médiatique donné à notre initiative est remarquable dans sa durée et son intensité, et témoigne de son impact dans la société : la révolte des soignants, fondée  sur leur pratique et leur expérience, pose la question de la place de la folie dans la culture c'est-à-dire celle de la manière de vivre ensemble.


Les paroles de peur et de haine, la confusion entre maladie et criminalité entretenue par l’exploitation éhontée de faits divers ont cette fois été massivement dénoncées. Ce refus déterminé de soignants a été reçu avec soulagement par beaucoup. D’où l’apparent recul du Président de la République, qui a tenu après-coup des propos lénifiants, mais sans rien retirer à sa précédente déclaration.



Notre collectif n’est ni un syndicat, ni une association. Il est composé de soignants en psychiatrie qui, quel que soit leur statut ou leur mode d’exercice, ne peuvent plus tolérer la dégradation et la mise en cause de leur travail. C’est sur cet engagement que nous voulons nous fonder pour étayer notre refus, pour regagner cette dignité mise à mal dans notre travail quotidien.



Car il faut aller plus loin et retrouver des espaces de paroles et d’échanges d’où doivent sortir des actes. Aujourd’hui, dans de nombreux appels, il est question de refus d’obéissance.



Il s’agit pour nous :
-          de refuser la logique sécuritaire contreproductive en luttant contre la banalisation des mesures de contention,
-          de promouvoir une formation digne de ce nom des psychiatres et des infirmiers,
-          de sortir de la tyrannie comptable destructrice du temps nécessaire à l’écoute et au travail thérapeutique,
-          de dénoncer une dérive vers l’obligation juridique et administrative aux dépens du cadre humain qu’il nous faut soutenir et réinventer dans bien des domaines.


Pour un  deuxième temps de notre action contre la résignation ete l'indifférence nous organisons meeting où tous les soignants en psychiatrie, et les citoyens qui se sentent concernés, sont conviés afin de mettre en commun nos analyses et nos déterminations et faire émerger d’autres formes, d’autres propositions pour soutenir et amplifier cette dynamique.



Nous invitons tous les syndicats et partis politiques à venir sy exprimer
 
MEETING 
Le Samedi 7 février, de 14 h à 18 h 
Au grand amphithéâtre de la CMME, 
Hôpital Ste Anne,  
100 rue de la Santé, 75014 Paris 
Inscription gratuite et informations sur http://www.collectifpsychiatrie.fr  



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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
Nouveau mail reçu aujourd'hui :

Bonjour,
La pétition "la nuit sécuritaire" compte à ce jour plus de 17 000 signataires depuis le 15 décembre.

Nous vous avions déjà annoncé le meeting du 7 février prochain à Ste Anne, et qui sera un temps fort de notre élaboration commune.

L'enjeu est tellement important que la direction de l'hôpital Ste Anne a décidé d'annuler la réservation sans explication. Ces manoeuvres ne nous empêcheront pas de tenir le meeting, et nous avons trouvé pour celà une salle beaucoup plus grande, tant les inscriptions affluent.

Ce nouvel espace, ouvert, dynamique, et accessible en métro est :


"La Parole Errante à la Maison de l'Arbre",   
9 rue François Debergue     
93100 - Montreuil-sous-Bois,   
Metro Croix de Chavaux (métro ligne 9).  
 
Vous etes déjà 500, nous devons etre plus de 1000, tout le monde doit se mobiliser pour venir. Beaucoup d'entre vous nous témoignent qu'ils vont venir mais ne sont pas encore inscrits.
Nous voulons que cesse l'amalgame entre folie et dangerosité, amalgame relancé au plus au niveau de l'Etat, et qui depuis déferle dans les médias. Les acteurs du soin psychique ne laisseront pas avancer cette vague sans réagir. Le meeting sera le temps d'élaboration de notre réponse, avec vous.

Pour vous inscrire au meeting : http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=4




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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
Dernières news 

  
Après le discours du président à Antony (2 décembre 2008), 
Après la mise en place d'une pétition largement reprise par les médias (dont la Une de Libération du 15 décembre) : "La nuit sécuritaire" 
Après la participation de "la nuit sécuritaire" à l'Appel des Appel (31 janvier 2009), réunissant les mouvements concernant : information, culture, justice, médico-social, éducation, recherche et université, hôpital et soin « somatique », soin psychique et santé mentale. 
  
Nous voilà 18 000 signataires de "la nuit sécuritaire" 
  
La prochaine étape, c'est le meeting du 7 février. Une première salle était réservée à l'hôpital Ste Anne à Paris, mais l'enjeu devait être trop important, et la direction a annulé notre réservation. 
  
Ils avaient raison : nous sommes déjà plus de 1 000 inscrits ! Nous devons encore être plus nombreux pour montrer notre determination. 
  
Lors de ce meeting, les interventions porteront sur nos pratiques, notre conception du soin, et surtout dégager des pistes d'actions concrètes pour la suite.  
La sortie du rapport Couty il y a quelques jours voudrait concrétiser l'intégration de la psychiatrie dans le projet de loi HPST. Une première conséquence en serait la disparition brutale du secteur, pour des motifs d'uniformisation de l'organisation des spécialités médicales, sans soucis pour la spécificité du soin en psychiatrie. Notre réaction doit être rapide : le projet de loi est annoncé pour avril ! 
  
Vous recevrez dans quelques jours les grandes lignes du programme du meeting. 
  
En attendant, pour vous inscrire, CLIQUEZ ICI 
 


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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
La psychiatrie organise la résistance à l'enfermement des malades

Plus de 1.500 professionnels de la psychiatrie se sont réunis samedi à Montreuil (93) à l'appel de «La nuit sécuritaire». Fortement mobilisés face au discours de Nicolas Sarkozy visant à placer davantage sous surveillance les malades, ils promettent «résistance» et «désobéissance», notamment par l'envoi de lettres aux préfets, la mise en place d'un collectif d'avocats pour le respect des droits des patients... Reste que le temps est compté, un projet de loi étant promis au printemps.

Source


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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
Les psychiatres vers la désobéissance civile?

Ils s’attendaient à accueillir quatre cents personnes. Il y en eut deux mille pour la réunion de « la nuit sécuritaire » du 7 février dernier à Montreuil. Les psychiatres venus témoigner du saccage de la psychiatrie ont partagé leur inquiétude avec des infirmiers, des représentants des familles de patients, des psychologues, des étudiants, des psychanalystes, des fonctionnaires de justice, d’horizon politique différent. Les personnalités présentes ont fait honneur à l’intelligence. L’ancien ministre de la santé Jack Ralite a prononcé un grand discours « malrucien ». Domique Voynet, le maire de Montreuil, s’est montrée éloquente. Jean Oury, le directeur de la clinique de La Borde, du haut de ses quatre-vingt-cinq ans, a provoqué l’enthousiasme. Et pas moins de trente-neuf intervenants se sont succédé à la tribune. Il régnait une atmosphère de veillée d’arme, entre la répétition générale et le banc d’essai, où chacun tentait de retrouver les mots de la conquête, comme abasourdi par tant d’années de silence, de repli sur son pré carré, incapable de redresser la tête.

Faire reculer le gouvernement
Les psychiatres qui sont à l’initiative de ce rassemblement à « La Parole Errante à la Maison de l’Arbre », dirigé par Armand et Stéphane Gatti, peuvent se dire satisfaits de cette journée. Ils ont réussi leur coup. Ils sont entrés en dissidence et se préparent désormais à la désobéissance civile. Ils ont commencé par réagir avec dignité au discours de Nicolas Sarkozy à Antony le 2 décembre 2008 et ils se croient aujourd’hui assez mûrs pour entamer une longue marche qui les conduira à faire reculer le gouvernement sur la nouvelle loi de santé mentale qui sera présentée au parlement au printemps. La pétition de l’« Appel des 39 » lancée mi-décembre par par le psychiatre Hervé Bokobza, l’un des organisateurs des États généraux de la psychiatrie en 2003, contre la politique  de santé mentale du gouvernement, fut le point de départ de ce mouvement. D’autres pétitions toutes aussi hostiles  à une politique qui tend à faire de la psychiatrie la gardienne de l’ordre social circulent sur le net.

« Des mesures en totale contradiction avec les finalités du soin »
Face à une telle effervescence, le rassemblement de Montreuil  marque une étape importante dans la prise de conscience qui se fait jour depuis trois mois parmi le personnel soignant. Mais il serait injuste de le réduire à un simple réflexe corporatiste, voir à de l’anti-sarkozysme primaire. Le président, comme Dieu chez Malebranche, a fourni l’« occasion » d’un réveil, il n’en est pas le seul agent. Jean Oury a fait rire la salle en le comparant à une puce, mais il a mis en garde les participants contre la tentation du fétichisme. Car à trop s’occuper de son cas, on en oublie les raisons qui ont conduit à l’augmentation du nombre de demandes de soins en même temps qu’à une politique tendant à éliminer du corps social les individus qui ne correspondent pas aux normes prescrites par une administration de plus en plus normalisatrice.

« Cet appel, je l’attendais depuis longtemps, souligne le psychanalyste Jean-Pierre Winter, il est le symptôme positif de l’entreprise de destruction du tissu social qui est à l’œuvre depuis trente ans, Sarkozy n’est que la pointe immergée de l’iceberg. Dans nombre de cités, on supprime tous les lieux de parole, du simple bar au commerce de proximité, on supprime les lieux d’hébergement, les centres d’accueil, pour les jeunes et les anciens taulards, on réduit le temps du suivi, qui était autrefois de six mois, pour ne répondre aux situations de détresse que dans l’urgence. On détruit le temps nécessaire à l’échange ».
Il n’est pas étonnant que dans cette enceinte, le beau mot de parole ait été aussi souvent prononcé. Le mouvement qui est en train de naître n’est pas un simple mouvement de protestation, il est surtout un mouvement de réappropriation.

Les psychiatres présents à Montreuil ne veulent pas de ces mesures qui entrent en totale contradiction avec les finalités du soin. « Or on leur demande aujourd’hui de répondre à trois objectifs: prédisez l’avenir, expertisez, enfermez. J’oubliais, évaluez vous, avec des questionnaires issus de l’industrie. En instrumentalisant les faits-divers, en annonçant qu’une loi va être votée au printemps, l’État risque de parachever cet immense gâchis : nous couper de notre histoire et dénier celle des patients, dont il souhaite réduire la maladie à des symptômes qu’il faudrait traiter soit en les enfermant à vie, soit en trouvant le médicament « adéquat », les transformant ainsi en individus transparents, homogènes, et enfin maîtrisés », s’insurge Hervé Bokobza.


Chaque société a la psychiatrie qu'elle mérite: à votre avis, on en est où en France?

Le malaise n’est pas nouveau, mais il est permis de penser qu’il prendra fin. « Quand on touche à un certain niveau de déshumanisation, la réaction peut devenir violente » précise Winter. Elle le fut à Montreuil où chacun s’accordait sur ce point. Il serait faux de dire que les soignants ne sont pas écoutés par les pouvoirs publics : ils ne sont pas entendus. « On cherche à transformer toutes les catégories de soignants en santé mentale en technicien du psychisme ; nous devenons des distributeurs de médicaments, des experts en dangerosité. Nous devons trier, soigner, ou enfermer » s’est exclamé Émile Lambroso. Tout se passe en effet comme si la souffrance psychique était réductible à un dysfonctionnement, et non considérée comme un conflit de l’individu avec lui-même.

« Chaque société a la psychiatrie qu’elle mérite, de même que chaque société a la pathologie qu’elle mérite » a rappelé Roland Gori qui est à l’initiative de l’Appel des appels signé par plus de 66 000 personnes qui entendent fédérer la colère de toutes les professions opposées aux réformes en cours à l’université, comme au tribunal, à l’hôpital, voire dans les médias. Il existe en effet un point commun à toutes ces revendications : elles réclament une véritable  « culture des métiers ». « Ce que de toutes parts les équipes ressentent, c’est une mutation du métier, une forme de dépossession, de réduction de la décision qui se résume aujourd’hui à des aspects techniques où seule l’application d’un traitement filtré par l’évaluation du bénéfice et du risque occupe les esprits » a souligné Guy Dana.

Cette revanche du projet administratif sur le projet thérapeutique est une des conséquences de l’usage fallacieux que les experts peuvent faire de la science, en particulier de la génétique moléculaire. Telle est la rançon de l’hôpital entreprise. Elle autorise le formatage des malades autant que des praticiens hospitaliers. Elle prend le dossier de soin pour une agence de cotation. « Nous sommes atterrés de voir à quel statut d’outil sont réduits les professionnels agents d’une médecine dont le temps est dévoré par l’application de procédures standardisées, réduisant le temps consacré aux contacts humains » a rappelé Jean Claude Chaise, le représentant de l’UNAFAM (Union Nationale des Amis et Familles de Malades et Handicapés Psychiques).

« Les rapports et les commissions sur la santé mentale se suivent et se ressemblent depuis dix ans »
L’alliance de la science mal comprise et de la gestion n’est donc pas un hasard. Le pouvoir politique a confisqué le pouvoir administratif. Les rapports et les commissions sur la santé mentale se suivent et se ressemblent depuis dix ans. Ils n’ont pu empêcher la bureaucratisation de l’hôpital. Ils n’ont pas vraiment amélioré l’aide éducative et la prévention des troubles. Cette dégradation du soin tient autant aux restrictions budgétaires qu’à la manière dont on s’acharne à pourrir le capital créatif des adultes, et en particulier de la jeunesse. « Adolescents, ils sont trop nombreux à nous dire qu’apprendre ne sert à rien (…) S’ils n’ont plus d’idée de métier dans lequel ils peuvent se projeter, n’était celle récurrente de devenir footballeur, ils me disent qu’ils veulent avoir de l’argent tout en me racontant leurs cauchemars : ils se voient pris par le camion des ordures et jetés à la décharge » a souligné la psychiatre et psychanalyste Liliane Irzenski qui travaille depuis trente ans en C.M.P.P. (Centre Médico-Psycho-Pédagogique).

Afin d’éviter que les déchets s’amoncellent, les révoltés de Montreuil ont prêté serment. Leur manifeste fera date. Il leur reste maintenant à prouver leur fidélité à cet engagement.


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REÇU PAR MAIL :

"Chers amis,

 
Le meeting du samedi 7 Février fut un succès. 
Très bientôt, les textes, enregistrements audio et vidéo des interventions seront disponibles en ligne. 
Plusieurs articles de journaux commencent à en rendre compte. « Les intervenants ont fait honneur à l’intelligence » dit par exemple Philippe Petit  (France culture et Marianne.fr). Voir aussi Libération, l'Humanité, France Inter, Médiapart... 
Un manifeste (que vous trouverez ci-joint) y a été adopté. Il est à diffuser autour de vous bien sûr. Il peut servir de base à des réunions que vous pourriez avoir le souhait d’organiser dans vos services, hôpitaux, CMPP, associations ou autres endroits d’exercice collectif pour ceux d'entre vous qui travaillent en psychiatrie.  
Des actions sont proposées que vous trouverez dans le communiqué ci-joint. 
Nous voudrions particulièrement insister sur une des propositions qui consiste à ce chacun prenne la parole : que chacun, de sa place, envoie une lettre au président de la république avec copie au ministre de la santé (et à lanuitsecuritaire@collectifpsychiatrie.fr) pour dire ce qu’il pense ou ressent de la situation faite à la psychiatrie et aux patients qui se confient à nous. 
Un grand mouvement pour la psychiatrie est en train de naître. 
Le site www.collectifpsychiatrie.fr sera notre point de rencontres, d’information et d’échanges. 
Par ailleurs nous vous enverrons régulièrement une lettre tentant de rassembler les nouvelles, les décisions d’action, les nouveaux textes. 
Chacun peut doit et peut trouver sa place dans cet espace de dignité retrouvée qui se constitue. 
  
  
Bien cordialement à tous, 
  
L’équipe de « La Nuit Sécuritaire » 
  
  
PS :  
Si vous souhaitez écrire au Président de la République, vous pouvez utiliser le formulaire approprié que vous trouverez dans la rubrique
"
Ecrire au Président ".

Vous pouvez également le faire, notamment si votre correspondance est accompagnée de pièces jointes, par voie postale à l'adresse suivante:
 
 
Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris"
 



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MANIFESTE POUR UN MOUVEMENT POUR LA PSYCHIATRIE
www.collectifpsychiatrie.fr site de « la nuit sécuritaire »


Il y a quelques décennies Tosquelles disait : « sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c’est l’homme même qui disparaît ». Pourtant, peu après le tournant du siècle, l’Etat, mettant en pièce le fondement démocratique de son assise, fit tomber sur le pays une lourde nuit sécuritaire laissant l’épaisseur de l’histoire ensevelir le travail de ceux, Bonnafé, Le Guillant, Daumézon, Tosquelles, Lacan, Paumelle, Lainé et d’autres, dont nos générations ont hérité du travail magnifique. Ils avaient fait de leur pratique oeuvre de libération des fécondités dont la folie est porteuse, oeuvre de libération aussi de la pensée de tous, rendant au peuple son honneur perdu à maltraiter les plus vulnérables d’entre nous.

Aujourd’hui cet obscurantisme affecte nos pratiques d’aide, de soin et de prendre soin dans les champs médicaux, médico-sociaux et sociaux et concerne aussi bien la pratique privée que publique.

Il porte gravement atteinte à la dignité des patients, réduits à n’être plus considérés que pour leur supposée dangerosité et voués en tant que tels à des contraintes humiliantes.

Le gouvernement s’attaque à l’enseignement, à la recherche et à la question de la formation, visant à effacer toute référence aux méthodes psycho dynamiques de soin et de compréhension du psychisme s’attelant à nier sans cesse la pensée, la parole et le sujet dans toute la dimension inconsciente qu’il comporte.

Il s’appuie pour mener son obscure entreprise sur un certain nombre d’ universitaires engagés dans une démarche d’épuration vis-à-vis de ceux qui se réfèrent à la leçon freudienne et sur certains organismes de recherche dévoyés dans une approche plus scientiste que véritablement scientifique, réduisant, en particulier les humains à leur comportement et leur souffrance à une collection de symptômes dont il faudrait, selon eux, venir à bout au plus vite sans jamais se questionner sur un sens du symptôme mais en abrasant tout délire, toute déviance à l’aide de puissants psychotropes.

C’est ainsi que dans une cascade de décrets et propositions, après avoir vu la psychanalyse gravement mise en cause dans un rapport scandaleux, il a été proposé l’inquisition d’éventuels signes de déviance chez les enfants de trois ans et moins, prédictifs de leur éventuelle délinquance à venir.
Puis il a été décidé de mettre en oeuvre une « perpétuité sur ordonnance » chez les criminels condamnés à plus de 15 ans de réclusion en fin de peine du fait de leur « particulière dangerosité » et pour prévenir les récidives potentielles.
Enfin le 2 décembre 2008 le président de la République visitant un hôpital psychiatrique dont les malades étaient retenus dans leurs chambres (comme les manifestants de Saint Lô et de Nîmes furent exclus de l’accès du centre ville !) a annoncé la mise en place de réformes dramatiques.

Celles-ci impliquent la mutation des professionnels du soin en gardiens, plus grave encore, elles induisent une évolution du statut de patient sujet de sa parole à celui de « schizophrène dangereux » juste bon à enfermer. Le préfet devient l’ordonnateur des soins « Les experts donnent leur avis mais la décision, ce doit être l’Etat » a déclaré N.Sarkozy à Antony.
Dans le même esprit la création d’une obligation de soins en ambulatoire est annoncée.
C’est ainsi que la plus haute autorité de l’Etat devant les soignants les représentants des patients et leurs familles a imposé cinq mesures liberticides, au prétexte de la réduction des risques non sans l’assentiment de certains.
L’enfermement est ainsi posé comme l’arme définitive contre une folie forcément dangereuse et « géo localisable » Pas un mot n’est dit sur la souffrance des patients, véritable enfermement intérieur, qui subissent au quotidien l’indifférence d’une société cherchant à se protéger ainsi de sa propre folie.

S’ajoute à ces mesures l’affirmation de la primauté du directeur de l’hôpital, véritable « patron », qui aurait seul le pouvoir d’orienter de décider de la politique de soins et de « sécurité ».
Enfin, nous avons aujourd’hui à déplorer les propositions du rapport Couty dans lequel nous voyons l’annonce de la destruction de la politique de secteur, nous laissant dans la position d’instruments d’un triple forfait auquel nous serions assignés : évaluer, expertiser et enfermer. Il est particulièrement instructif pour notre mouvement de remarquer que ce rapport ne tient aucun compte des vingt deux propositions issues des Etats Généraux de la Psychiatrie des 5, 6 et 7 juin 2003.

Trente neuf professionnels de plusieurs horizons, ont alors lancé un appel soutenu par plus de 20 000 signataires à ce jour, visant à restituer aux patients leur dignité, leur honneur à l’enseignement et à la recherche, leur éthique à nos pratique.
Miguel de Unamuno cité par L. Bonnafé prête à Don Quichotte d’être descendu aux enfers et d’y avoir enlevé l’inscription laissée par Dante : « vous qui entrez ici perdez tout espoir » pour la remplacer par une sur laquelle on pouvait lire : « vive l’Espérance ! »
Nous avons décidé de ne pas laisser l’air du temps saccager l’Espérance et considérant que ni les idées ni les lois ne sont forcément respectables ou légitimes nous nous donnerons tous les moyens de faire supprimer ou modifier ces dispositions sécuritaires ou d’en annuler l’effet sur la vie des patients comme sur l’expropriation progressive du droit de soigner dont nous refusons d’être les objets.

Face à la violence de l’Etat, il ne reste, chacun à sa place, et particulièrement dans nos métiers qu’à résister autant que possible. Nous affirmons donc ici notre ardente obligation à ne pas mettre en œuvre les propositions dégradantes d’exclure du paysage social les plus vulnérables.

On observe aujourd'hui un recul des limites de l'Etat de droit (cf. Juge Portelli, Appel des appels du 31 janvier), permis par le développement de l'idéologie sécuritaire par exemple, avec le projet de rétention de sûreté, "abjection philosophique et juridique" (cf. Juge De Pas, Appel des appels ibid) ou avec le dépistage, dès l'enfance, des futurs délinquants, ou encore la prétention de "juger les fous", en mettant en avant une intention compassionnelle envers les victimes.

Refusant la résignation devant cette mutation idéologique, ne pouvant accepter de rester impuissants lorsque seront en jeu l'honneur et le bien-fondé de nos pratiques, considérant que « Ce qui fait l'injustice, ce n'est pas tant la loi injuste que l'obéissance à la loi injuste », nous proposons à ceux qui nous ont rejoints et à ceux qui le feront plus tard :
- D’interpeller les préfets représentants de l’Etat chaque fois qu’une de leurs décisions concernant nos patients nous paraîtrait arbitraire.
- D’appeler à la création d’un collectif d’avocats pour défendre les droits des patients.
- De refuser toute participation au processus de rétention administrative (de l’expertise à la création de centres).
- De refuser les modalités actuelles de certification ou de les critiquer auprès des enquêteurs. La certification, menée sous l’exclusive d’une évaluation telle qu’elle est pratiquée dans l’industrie et donc sans rapport avec nos pratiques, s’emploie à mettre celles-ci à la norme selon des critères où la complexité et la singularité de chacun n’auraient plus leur place et où la dimension relationnelle ne serait pas prise en compte.
- De refuser, chacun dans le champ de sa pratique, de participer aux diverses instances auxquelles nous participons aujourd’hui (action à laquelle appellent aussi la CPH et l’INPH)
- D’instituer un nouveau dialogue avec les familles et avec les associations d’usagers.
- De lutter contre le projet de loi « Hôpital, Patient, Santé,Territoire »et de considérer l’intérêt des synergies avec « l’Appel des Appels », « la Politique de la Peur » et de participer donc activement aux Etats Généraux des Droits et des Libertés.
- Tirant les leçons d’années où nous nous sommes montrés trop soumis à un discours sur la psychiatrie dans lequel nous ne nous reconnaissions pas, nous proposons enfin que se crée partout un vaste mouvement de mise en lien de nos références théoriques, de nos orientations, de notre expérience, grâce à un Forum Itinérant dont la réunion du 26 janvier à Reims a constitué les prémisses, traitant thème par thème des grandes questions qui traversent nos métiers. Des collèges locaux de réflexion tels que ceux proposés par J. Oury
pourraient permettre d’en préparer le déroulement.

Nous vous convions aujourd’hui à créer ce mouvement pour tenter de refonder une psychiatrie où il ne serait pas interdit de penser, au sens où, comme le dit Jean Luc Nancy « entrer dans cette pensée, c’est agir déjà. C’est être dans la praxis par laquelle se produit un sujet transformé plutôt qu’un produit conformé, un sujet infini plutôt qu’un objet fini »

Votre réponse massive à l’appel des 39 comme le nombre d’inscrit au meeting du 7 février laissent bien augurer de notre capacité à créer ce mouvement qui devra devenir un interlocuteur majeur dans les rudes combats qui nous attendent.

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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
COMMUNIQUE DE « LA NUIT SECURITAIRE »
Les 20 000 signataires de « L’appel des 39
»

étaient conviés à un meeting le samedi 7 février à « la parole errante » à Montreuil

Près de 2 000 participants ont écouté les 39 interventions proposées

Vous pouvez les écouter en podcast sur le site www.collectifpsychiatrie.fr

L’UNITE A ETE REALISEE CONTRE TOUS LES PROJETS ACTUELS VISANT A LA DESTRUCTION DE LA PSYCHIATRIE


En effet, psychiatres, psychologues, infirmiers, éducateurs, psychanalystes se sont relayés à la tribune pour des interventions de haute tenue : engagement, détermination, dignité ont été les maîtres mots de ce samedi historique.

Historique fut aussi la présence de responsables de partis politiques (PC, PS, NPA), et de tous les syndicats et associations (CGT, FO, SUD, CFDT, SERPSY, CEMEA).

Historique fut encore la présence de la majorité des syndicats de psychiatres.

Magistrales furent les interventions du maire de Montreuil (Dominique Voynet), des représentants de familles (UNAFAM), de la justice (S. Portelli), de l’appel des appels (R. Gori), de Jack Ralite (ancien ministre la santé), du président du conseil d’administration l’hôpital de Ville Évrard (Emmanuel Constant)

Réjouissantes encore les interventions des internes et d’étudiants en psychologie, dénonçant les conditions de formations des futurs professionnels.

Tous ont réaffirmé leur puissant refus des mesures sécuritaires qui se mettent en place après le trop fameux « discours d’Antony ».

A la tribune certains, qui avaient cru être rassurés lors de l’entrevue avec le Président de la République, ont affirmé qu’ils avaient été leurrés, comme l’a montré la publication le 22 janvier d’une circulaire scélérate mettant en œuvre toutes les mesures sécuritaires du discours du 2 décembre !

D’autres ont également démontré les aspects iniques du rapport Couty qui pulvérise un système de soins savamment élaboré depuis des décennies.

De nombreux communiqués de soutien, d’appel à mobilisation, de témoignage n’ont pu être lus, faute temps (notamment la PJJ, le planning familial, les hôpitaux de jour).

Tous ont réaffirmé leur attachement profond aux valeurs qui fondent notre discipline dans le vote d’un manifeste qui, s’appuyant sur notre conception de la folie et des soins, propose des modalités d’action a même d’organiser un puissant et profond mouvement de résistance à la déshumanisation.

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Parmi d’autres, quelques actions proposées :
- Interpeller les préfets représentants de l’Etat chaque fois qu’une de leurs décisions concernant nos patients nous paraîtrait arbitraire.
- Appeler à la création d’un collectif d’avocats pour défendre les droits des usagers.
- Refuser toute participation au processus de rétention administrative (de l’expertise à la création de centres).
- Refuser les modalités actuelles d’accréditation ou de les critiquer auprès des enquêteurs. L’accréditation, menée sous l’exclusive d’une évaluation telle qu’elle est pratiquée dans l’industrie et donc sans rapport avec nos pratiques, s’emploie à mettre celles-ci à la norme selon des critères où la complexité et la singularité de chacun n’auraient plus leur place et où la dimension relationnelle ne serait pas prise en compte.
- Refuser, chacun dans le champ de sa pratique, de participer aux diverses instances auxquelles nous participons aujourd’hui (action à laquelle appellent aussi la CPH et l’INPH)
- Instituer un nouveau dialogue avec les familles.
- Lutter contre le projet de loi « Hôpital, Patient, Santé, Territoire » et de considérer l’intérêt des synergies avec « l’Appel des Appels », « la Politique de la Peur » et de participer donc activement aux Etats Généraux des Droits et des Libertés.
- Se retrouver dès le 14 mars pour un forum où d’une part ils feront le point sur les actions engagées et d’autre part approfondiront un thème de leur pratique

PRENDRE LA PAROLE : Que les 20 000 signataires adressent personnellement une lettre de protestation au Président de la République et au ministre de la santé

UN MOMENT HISTORIQUE
UN MOUVEMENT EST NE
CHACUN Y A SA PLACE


C’est avec conviction, énergie et persévérance que nous devons tous faire valoir l’essence même de notre refus et affirmer notre projet :

Une psychiatrie qui accueille des sujets souffrants et non des maladies

Au meeting nous étions très nombreux, trop pour être comptés un à un. Entre 1500 et 2000 !!!

Nous avons choisi, nous étions : 1789

Notre mouvement a franchi une nouvelle étape : 1789 personnes ont adopté le manifeste

Appel des 39… 20 000 signataires… Manifeste des 1789

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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
Cher(e) signataire de la pétition "La Nuit Sécuritaire",
 
Le mouvement continue, et s'organise.
 
Rappelons les faits :
Depuis plusieurs mois, des réformes concernant la psychiatrie sont en préparation, et se sont accélérées depuis le discours du Président de la République le 2 décembre 2009. La psychiatrie y est abordée sous le seul angle sécuritaire, sans aucun égard pour le soin !
Quelques semaines plus tard paraissait déjà la circulaire d'application de ces projets pas encore discutés avec les professionnels : la circulaire du 22 janvier 2009, qui attribue déjà les budgets par région pour la créations de chambres d'isolement supplémentaires, d'unités fermées, de vidéosurveillance, de bracelets électroniques.
Depuis décembre également, les "évasions" de patients hospitalisés sont de plus en plus médiatisées, virant même à la chasse à l'homme à grand renforts d'hélicoptères (Hôpital de St Avé, témoignage en pièce jointe) ! Des hôpitaux psychiatriques sont "sécurisés" avec bareaux aux fenêtres, interdictions de promenades dans les parcs, annulation arbitraires de permission pour des patients en HO.
 
Nos Actions :
  1. La pétition a déjà plus de 23 000 signatures. Continuez à la diffuser, à la faire signer : SIGNEZ LA PETITION "LA NUIT SECURITAIRE"
  2. Refus de la "manne avilissante" de la circulaire du 22 janvier : nous  nous engageons tous à nous opposer à l'application de la circulaire,  à ne pas accepter d'argent pour enfermer quand on en aurait besoin pour soigner. Notre texte ici : "NON merci nous ne voulons PAS DE CETTE MANNE AVALISSANTE",
  3. Nous appelons à l'opposition aux processus d'évaluation, de certification, dont les critères déshumanisants sont incompatibles avec le soin en psychiatrie.
  4. Nous appelons tous les soignants et citoyens à reprendre la parole en écrivant au Président de la République (détails ci-dessous)
  5. Nous avons créé un collectif d'avocat, prêts à être interpellés notamment lorsque que l'hospitalisation d'office serait maintenue par le prefet malgré les demandes de l'équipe soignante. Nous rappelons l'article 3211-3 du Code de Santé Publique, que nous vous invitons à rappeler dans tous vos certificats d'HO : << Lorsqu'une personne atteinte de troubles mentaux est hospitalisée sans son consentement en application des dispositions des chapitres II et III du présent titre ou est transportée en vue de cette hospitalisation, les restrictions à l'exercice de ses libertés individuelles doivent être limitées à celles nécessitées par son état de santé et la mise en oeuvre de son traitement. En toutes circonstances, la dignité de la personne hospitalisée doit être respectée et sa réinsertion recherchée.>>
  6. Nous avons participé à l'Appel des Appels depuis sa création
  7. et aux Etats Généraux de la Justice Pénale, dont une des 5 commissions porte sur "Responsabilité Pénale et maladie mentale". Vous trouverez l'appel du 20 juin en pièce jointe, document concluant cette première journée d'Etats Généraux.
  8. Aujourd'hui, nous demandons un MORATOIRE d'un an accompagné d'un vrai débat public national, sur les réformes engagées en psychiatrie. Vous trouverez en pièce jointe le courrier précisant le sens de cette nécessité.

 
Nos rencontres continuent avec vous, et se déplacent partout en France :
  1. Après le meeting de Montreuil le 7 février (vidéo en ligne ici )
  2. et le forum de l'association UTOPSY auquel nous étions présents (vidéo en ligne ici)
  3. Le prochain forum aura lieu à Montpellier grace à l'association Isadora. Programme en pièce jointe. Le vendredi 15 mai après-midi est consacré au forum de "La Nuit Sécuritaire" (entrée gratuite et inscription en ligne ici), et le samedi 16 mai au colloque de l'association sur le thème "La création au risque de l'Institution" (inscription et information ici).
  4. Et le suivant à Reims le 12 juin 2009 grace à l'association "la criée" : "l'hétérogène dans la clinique et dans la culture". Programme et bulletin d'inscription en pièce jointe.

 
Vos lettres au Président de la République et aux députés nous arrivent et sont souvent des témoignages d'une psychiatrie vivante, créative, exigeante. Les détails du projet de lettres sont ici : lettre au Président de la République
Vous pouvez en lire une partie déjà mise en ligne sur le site web : Les premières lettres sont disponibles sur le site.
ECRIVEZ VOUS AUSSI VOTRE LETTRE. A envoyer : 
           - à l'Elysée directement en cliquant ici  : " Ecrire au Président ". (attention, une fois envoyé, le texte n'est plus accessible, il faut faire un copier/coller avant d'envoyer). Vous pouvez également le faire, notamment si votre correspondance est accompagnée de pièces jointes, par voie postale à l'adresse suivante:
                Monsieur le Président de la République
               Palais de l'Elysée
               55, rue du faubourg Saint-Honoré
               75008 Paris

           - à votre député, qui devra examiner les projets de loi à venir, et qu'il faut donc informer.
           - à notre collectif pour diffusion sur notre site web, à lanuitsecuritaire@collectifpsychiatrie.fr  
          
 
D'autres infos sur le site www.collectifpsychiatrie.fr  



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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
"La Nuit Sécuritaire - Appel des 39" continue à agiter les milieux psychiatriques ! Et tous les professionnels de psychiatrie se mobilisent partout en France.  
Nous refusons de laisser la psychiatrie devenir un instrument d'une politique sécuritaire. 
 
Nous demandons un MORATOIRE sur toute loi sur la psychiatrie promulguée dans la soi-disant "urgence"  ! 

Une étude internationale démontre l'absurdité de l'amalgame entre violence et maladie mentale :
NON, avoir des "troubles mentaux", ce n'est pas une "cause de violence". C'est le résultat de l'étude de Elbogen et coll. publiée en février 2009 dans les Archives of General Psychiatry. C'est scientifiquement aussi que nous devons lutter contre les idées reçues stigmatisantes et relayées au plus haut niveau de l'Etat. A lire : l'article (en anglais),  et sa présentation en Français dans le Quotidien du Médecin (http://www.collectifpsychiatrie.fr/spip.php?article94) et dans le Figaro http://www.collectifpsychiatrie.fr/spip.php?article93

Lettre ouvert du Pr Delion :
Il était dans les premiers signataires de la pétition "pasde0deconduite pour les enfants de moins de 3 ans", en janvier 2006 (http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/). Cette action a réuni 200 000 signatures, et a empêché de condamner à vie les enfants de 3 ans trop turbulents. C'était déjà la défense du soin psychique qui était en jeu, rappelant qu'être turbulent, c'est avant tout exprimer un malêtre à faire comprendre.
Il s'agit là encore de défendre une conception du soin psychique attaquée au titre de sa référence psychanalytique. Ce n'est que par la caricature, la calomnie, qu'une attaque contre la technique du packing est abusivement assimilée à une pseudo-barbarie, en prenant à parti, dans leurs souffrance, les parents d'enfants autistes.

Le RIM-Psy est nominé au "big brother award !".
Ce fichier informatisé est obligatoire pour tous les services de psychiatrie publique depuis plusieurs années déjà. Or les soignants doivent y noter beaucoup d'infos médicales et non  anonymisées permettent la consitution de base de données individuelles dont on ne parle pas assez ! Les infos ici :  http://bigbrotherawards.eu.org/Fichier-RIm-Psy-Ministere-de-la-Sante.html

Les "FORUMS DE LA NUIT SECURITAIRE" :
Dans toutes les régions, des colloques, des journées d'études, des associations réservent une partie de leur temps pour un forum "la Nuit Sécuritaire". Nous serons donc :
  • 15 mai : à Montpellier http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=6 à la Mairie (PS) de 14h à 19h
  • 5-6 juin : à Paris  http://www.collectifpsychiatrie.fr/spip.php?article47   Pratiques de la Folie vendredi 5 juin à 20h à 22h, 92 bis Bd du Montparnasse
  • 5-6 juin : à Marseille http://www.collectifpsychiatrie.fr/spip.php?article48
  • 12-13 juin : à Reims avec La Criée : http://www.collectifpsychiatrie.fr/spip.php?article68
  • 19-20 juin : à St Alban http://www.collectifpsychiatrie.fr/spip.php?article74


Groupes locaux : "Dans les régions..."
Dans plusieurs hôpitaux, des groupes se créent. Notamment :
Ville-Evrard http://www.collectifpsychiatrie.fr/spip.php?article90 : Le mercredi 1er avril 2009, trente neuf soignants, (si ! si !, ce n’est pas une blague ni de la propagande ) des secteurs du 9-3 rattachés à l’E.P.S. de Ville Evrard se sont réunis dans un pavillon de Ville Evrard répondant à l’invitation de quelques uns de l’appel des 39. Ils ont voté à l’unanimité la création d’un collectif des 39 du 9-3 !
UZES : http://www.collectifpsychiatrie.fr/spip.php?article97
« Psychiatrie, le malentendu ? » : C’était le 17, nous étions 89 : La création du collectif 17/89
GRENOBLE : à l'hôpital de St Egrève, la situation est très difficile. Témoignage : http://www.collectifpsychiatrie.fr/spip.php?article98
MONTFAVET : des soignants nous envoient ce témoignage, court : "Le directeur a retiré tous les arbres et salons de jardin de l'unité UMD pour éviter des fugues à venir. Il aurait été mis en demeure par le préfet de veiller à ce qu'il n'y est plus aucunes fugues."

HPST : la mobilisation est à son comble.
Les syndicats d'infirmiers et de médecins ont diffusé le 17 avril un communiqué intersyndical (en pièce jointe) contre le projet HPST.
Les professeurs de médecine de l'APHP ont aussi pris position contre le projet en lançant "l'appel des 25". Infos : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20090419.OBS3860/hopital__lappel_des_25_soutenu_par_10.000_personnes.html

Mardi 28 avril sera une journée d'action nationale avec grève et manifestation.
A Paris, la manifestation partira de Montparnasse à 11h pour aller vers le Sénat.  Pour "la nuit sécuritaire", le point de raliement est devant la FNAC de la rue de Rennes
... avant les manifestations de la fête du travail qui se préparent.

Continuez à SIGNEZ LA PETITION, et diffuser cette lettre autour de vous. http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=1
Continuez à écrire au Président de la République et à votre député pour exprimer. Pour aider votre inspiration, une sélection de lettre est déjà publiée sur le site : http://www.collectifpsychiatrie.fr/spip.php?rubrique15.



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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
Il est vrai que depuis quelques mois, les cinquantes années d'experiences dans les micro-sociétés schizophréniques, sont médiatisés.
Les schizophrénes sont de bonnes sources d'information. Nombre d'entre eux connaissent les écosystèmes cybernétiques, des années 1970 à nos jours.

Les professionnels de coaching se mobilisent partout en Europe.

Nous refusons de laisser les schizophrènes devenir des instruments d'une politique sécuritaire.

Nous ne consentons pas à la matrice d'injonction et sommes contre tout MORATOIRE sur le développement personnel de tous.


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Critiques argumentées et propositions constructives participes au développement personnel de tout un chacun.
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
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Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 
Désolée Kernel, je ne comprends pas ton message


kernel13 a écrit:
Nous refusons de laisser les schizophrènes devenir des instruments d'une politique sécuritaire.


Sauf ça j'ai compris 8:)  (quand même !)


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Message L'appel des 39 contre le plan de réforme de la psychiatrie 


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