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Des chercheurs favorables au dopage de «l’intellect»
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Des chercheurs favorables au dopage de «l’intellect»

Le Figaro, 18/12/2008
Sandrine Cabut

Des universitaires américains estiment que les médicaments qui stimulent les fonctions intellectuelles pourraient être autorisés sous certaines conditions.


Peut-on prendre des médicaments psychostimulants pour améliorer ses performances intellectuelles ? C'est ce que suggèrent sept scientifiques anglo-saxons (dont certains appartiennent à des universités prestigieuses comme Cambridge, Stanford et Harvard), dans la revue britan­nique Nature. «Dans un monde où la durée de la vie profession­nelle et l'espérance de vie augmentent, les outils - y compris pharmacologiques - qui stimulent les capacités cognitives seront de plus en plus utiles pour améliorer la qualité de vie et la productivité au travail, au même titre que la lutte contre le vieillissement normal et pathologique», justifient Henry Greely (professeur de droit à Stanford) et ses collègues. Un pavé dans la mare qui suscite des réactions contrastées en France.

La consommation de psycho­stimulants hors prescription médicale est déjà une réalité, rappellent les Anglo-Saxons en préambule de leur article. Selon des enquêtes, de plus en plus d'étudiants se procurent illégalement des médicaments pour booster leurs performances au moment des examens. Le modafinil (stimulant de la vigilance prescrit dans des troubles du sommeil comme la narcolepsie) et les amphétamines (dont la Ritaline, médicament destiné aux enfants hyperactifs) sont parmi les plus populaires.

Sur certains campus américains, plus d'un étudiant sur quatre y aurait recours. Une proportion que retrouve un sondage informel effectué il y a quelques mois par la revue Nature auprès de 1 400 scientifiques. Vingt pour cent d'entre eux admettent prendre de la Ritaline, du modafinil ou encore des bêtabloquants (médicaments à visée cardiaque connus comme antitrac) pour doper leurs neurones. Le sondage montre d'ailleurs que le phénomène est loin de se cantonner aux étudiants en période de partiels : les pics de consommation de ces produits sont relevés chez les moins de 25 ans et les 55-65 ans. La tendance serait aussi observée dans d'autres professions sou­mises à la dictature de la performance : traders, politiciens…

Pour Henry Greely et ses coauteurs, la société doit répondre à la demande croissante de la population, en l'encadrant pour minimiser les risques. Leurs propositions tiennent en quatre points. Il s'agit d'abord d'établir un programme de recherche pour mesurer l'ampleur du phéno­mène, et apprécier les bénéfices et risques des psychostimulants chez les individus sains. Les sociétés savantes devront ensuite mettre au point des guides de bonnes pratiques. Le troisième volet est celui de l'éducation du public, par les médecins mais aussi les enseignants, les employeurs… Enfin, préconisent Henry Greely et ses collègues, il faudrait arrêter de considérer la consommation de psychostimulants comme un délit. Selon eux, les agences du médicament devraient d'ailleurs autoriser les laboratoires pharmaceutiques à commercialiser de telles molécules pour un usage chez l'adulte sain, si les données concernant l'efficacité et les effets secondaires satisfont aux exigences réglementaires.

Effets secondaires mortels

«Il est intéressant que ce soient des scientifiques de haut niveau qui brisent le tabou, note d'emblée le Pr François Chast, chef du service de pharmacie-pharmacologie de l'Hôtel-Dieu (Paris). Toutefois, qu'il s'agisse de stimuler les fonctions cérébrales ou les performances physiques, le recours à des dopants pose deux problèmes essentiels. Sur le plan éthique, cela peut mettre en cause l'égalité des chances. Quant aux conséquences sanitaires, elles sont mal connues à moyen et long terme.» Et le Pr Chast de rappeler que des amphétamines, un temps commercialisées comme anorexigènes (réducteurs d'appétit), ont été retirées du marché pour cause d'effets secondaires mortels sur le cœur et les poumons. Quid de l'efficacité à court terme ? A priori, les amphétamines tout comme le modafinil et la caféine stimulent la vigilance et les capacités de concentration.

Le modafinil, «pilule antisommeil», a d'ailleurs été largement utilisé par les militaires en opération. «Ces effets sont discutés, relève cependant Hervé Chneiweiss, neurobiolo­giste et directeur du laboratoire Plasticité Gliale de l'Inserm. La Ritaline calme les enfants, mais ses bénéfices sur l'attention et les performances restent à démontrer. Quant au modafinil, il permet effectivement de sauter une nuit de sommeil, voire deux. Mais quelle est alors la qualité des tâches effectuées ?» Selon le neurobiologiste, il convient d'abord de s'interroger sur la question du sens d'un dopage intellectuel. «Surtout, avant de songer à améliorer les performances, il faudrait s'assurer d'un accès équitable à l'éducation et à la culture, ce qui est loin d'être le cas dans nos sociétés», conclut-il.

http://www.lefigaro.fr/sciences/2008/12/18/01008-20081218ARTFIG00016-des-ch…


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C'est pas nouveau. Les amphétamines - selon des bruits dont le fondement serait bien sûr à vérifier- étaient déjà notoirement utilisées par des étudiants en médecine dans les années 50 et 60 (le Maxiton, pour ne pas le nommer). Quelqu'un que j'ai connu m'a d'ailleurs précisé que la rentabilité n'était pas au RV : le risque d'erreur de jugement aurait été fortement augmenté par l'utilisation du produit...

Déjà pendant la 2ème GM, des pilotes de chasse et de bombardiers des deux côtés du Rhin "tenaient" des amphétamines leur capacité à résister à l'épuisement engendré par l'enchaînement et le stress des missions. Mais une bonne partie des crash était sans doute aussi la conséquence des amphétamines...





Dernière édition par gronounours le Lun 22 Déc 2008 - 21:07; édité 1 fois

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Sartre en a pris longtemps, mais avec des effets qui laissent perplexe ! Simone de Beauvoir racontait en particulier qu'il a eu une phase où il voyait des langoustes (ou je ne sais plus quels crustacés !) le suivre dans la rue.  Shocked


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Traviata a écrit:
Simone de Beauvoir racontait en particulier qu'il a eu une phase où il voyait des langoustes (ou je ne sais plus quels crustacés !) le suivre dans la rue.  Shocked



j'imaginais à l'instant voir un truc pareil....


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Des chercheurs favorables au dopage de «l’intellect» 
Traviata a écrit:
Sartre en a pris longtemps, mais avec des effets qui laissent perplexe ! Simone de Beauvoir racontait en particulier qu'il a eu une phase où il voyait des langoustes (ou je ne sais plus quels crustacés !) le suivre dans la rue.  Shocked



ça, ça évoquerait plutôt le LSD...  Mais, vous en conviendrez, cette hypothèse est totalement impensable Mr. Green


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Mort de Rire  des langoustes

ben moi on m'a demandé si j'avais pris des acides lors de ma première crise, il doit y avoir des liens entre la schizo et les acides dans le délire je précise

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Ben les acides ça fait halluciner... quand j'étais jeune et bête et pas sobre et que je consommais occasionnellement ce genre de substance, ça me fesais halluciner. Je voyais des trucs plus ou moins bizarres, je sentais parfois des odeurs, j'entendais les sons de manière déformée.


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Pour Stephanie et Séverine : la structure chimique du LSD est effectivement très proche de celle d'un neurotransmetteur, mais franchement je ne sais plus lequel


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Des langoustes : seul des riches peuvent s'offrir un tel délire evil


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gronounours a écrit:
la structure chimique du LSD est effectivement très proche de celle d'un neurotransmetteur


C'est la faute à un neurotransmetteur qui n'est pas là où il devrait ou qui déconne, quand on a des hallucinations ?


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Message Des chercheurs favorables au dopage de «l’intellect» 
Il y a une parenté entre la sérotonine et le LSD, qui modifie donc la transmission sérotoninergique, et d'autres par extension (GABA, noradrénaline). Certains récepteurs sont surexcités, dont ceux qui modulent les influx sensoriels, et la stimulation des neurones pyramidaux entraîne une distorsion des perceptions.


Il y a parfois des psychoses toxiques dues aux psychostimulants, mais pour Jean-Paul le LSD semble plus vraisemblable


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La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient. G. Garcia Marquez
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Message Des chercheurs favorables au dopage de «l’intellect» 
Merci Hermès !

C'est marrant j'imaginais que la toxicité des acides venait d'une action radicalement opposée au fonctionnement chimique "normal", en réalité c'est l'inverse, elle agit parce que trop proche des composantes chimiques qu'on a.

D'ailleurs ça rejoint le fait qu'on définit les hallucinations dans la schizo comme des symptômes "positifs", en plus. Moi je les voyais plus en terme de différence qu'en plus, mais vu l'angle des récepteurs surexcités c'est effectivement du plus, ou du trop.


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