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Les non-dits familiaux questionnés par un enfant
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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
Bonjour,

Je viens ici glaner quelques regards extérieurs et poser les choses pour essayer d'y voir plus clair.
Mon gros soucis du moment : mon neveu, un petit loulou de 9 ans, à besoin de comprendre les choses bizarres et les non-dits qui trainent autour de mon éloignement de la famille.
Et ayant moi-même bien du mal à comprendre, et surtout aucune idée de la manière dont je peux expliquer ce que je comprends à un petit loulou de cet âge, je suis au bas mot, bien embêtée...

Pour poser les faits à peu près dans l'ordre :

Au début, je me suis toujours sentie le vilain petit canard de la famille (seulement la famille proche, mon père, ma mère, mon frère, ma soeur).
Ce ressenti vient de nombreux petits riens accumulés, mais qui se sont toujours passés en huit-clos, et qu'elle dément. Par exemple elle ne se souvient jamais de mon prénom et me nomme toujours par le prénom, soit de mon frère soit de ma soeur. Lorsqu'elle parle de ses enfants, elle loue sa joie d'avoir eu les 2 enfants qu'elle désirait : mon frère, et ma soeur. Elle devait (c'est une obligation légale un peu longue et inutile à expliquer) louer un appartement à ses enfants (elle possède quelques logements) : elle a fait signer un bail à un inconnu à 1 semaine de ma dédite. Heureusement j'avais pu trouver un appartement, signer le bail et déménager en une semaine, mais j'ai eu chaud. Par la suite, ce logement à été loué à mon frère, puis bientôt à ma soeur. Etc.
Ca ce sont des faits qu'elle dément en bloc. Soit, lorsqu'elle ne peut pas le cacher, elle a systématiquement une très mauvaise excuse à sortir du chapeau. Et pour le reste, tout se passe en huit-clos et je suis réputée être "la folle" de la famille.

Ensuite il y a quelques années, grosse dépression de ma part. Dépression niée, je devient la "folle" officielle (malgré l'opinion inverse de mon psy) puisque je pose une réalité différente de la pseudo-réalité imposée par ma mère. Je me fait injurier quelques fois de trop, et puisque c'est la seule solution que je trouve pour ne plus subir tout ça, je dit à ma mère que désormais je cesserai de la voir. C'était il y a presque 3 ans, j'ai miraculeusement guéri depuis.

Depuis cet épisode, mon frère et ma soeur que je voyais environ 1 fois par semaine, me contactent entre 1 et 2 fois par an. Je peux presque dire que j'ai perdu l'ensemble de cette famille. Mais même si je les vois peu, je suis restée très proche et très attachée aux enfants.

Sur les raisons de ma place batarde dans la famille, je n'ai qu'une piste. Ma conception est un accident, ma mère voulait avorter, elle a eu peur pour elle (c'est juste avant la loi Veil) et s'est résignée à mener sa grossesse à terme. Cette version m'avait été donnée par mon père, démentie par ma mère d'une manière telle que je suis presque certaine que c'est la réalité. Mais je n'ai que cette croyance entourée de déni, et je ne sais pas si ça peut tout expliquer de ma place.

Voilà, et avec ça, je dois expliquer ce qu'il ne comprend pas à mon neveu Confused

Je n'avais pas pensé au fait qu'en m'éloignant des non-dits familiaux à mon sujet, je laissais les enfants baigner dedans avec tout ce que ça comporte d'incompréhensible pour eux. Je précise qu'il a demandé pourquoi j'avais subitement disparu de la famille à ma mère, qui lui a répondu "tout va bien". Il a demandé à mon frère, qui lui a répondu "tout va bien".
Pour ajouter une difficulté supplémentaire, la famille vit recroquevillée dans une sorte de "bulle" qui auto-entretient ses illusions : ma mère, mon frère, ma belle-soeur, les enfants, ma soeur, tout ce beau monde vit dans la même maison, bien loin du monde extérieur. Est expulsé de la "bulle" toute personne qui s'autorise à ouvrir les yeux sur les grands mensonges familiaux (par exemple, mon beauf qui les trouve tous bizarres).

Moi je me refuse à raconter au petit loulou qu'on vit au pays des bisounours et des lapins roses, oui il y a bien des choses qu'il entrevoit et qui ne sont pas des illusions. Je sais trop comme la loi du silence peut faire du mal pour le refiler aux petits, et je crois bien qu'il n'y a que moi qui sois en capacité de dire.
Mon problème, c'est comment je peux expliquer ça à ce petit sans lui faire de mal ?
Je pense que son questionnement n'est pas de connaitre mon histoire, mais plutôt de comprendre pourquoi j'ai disparu de son champ de vision, pourquoi il y a une gêne dans l'air quand on m'évoque, pourquoi tout le monde dit que tout va bien quand il y a manifestement quelque chose qui ne va pas. Pourtant je ne vois pas comment expliquer ça sans parler de moi. Mais je ne vois pas non plus comment lui parler de moi sans entrer trop dans des détails peu reluisants.

Je m'aperçois que j'ai fait un roman, bravo aux courageux qui sont arrivés jusqu'au bout 


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
J'ai lu jusqu'au bout  , je vais y réfléchir, en même temps, pour un enfant de 9 ans, je suis pour la vie des bisounours et des lapins roses...
Ma première idée serait de lui proposer d'en parler avec ses parents, autant pour lui que pour toi ; sinon, tu risques d'attirer les foudres et de perdre le petit s'il a plusieurs sons de cloche.

Y' a t'il un pédopsy ou un pédiatre ou un généraliste dans la salle  ?

Ça ne doit pas être facile ! En ne voyant plus mes sœurs, j'ai perdu aussi les relations avec leurs enfants, je sais que ça fait mal. Et avec le temps la seule chose qui m'a rassurée  Confused   c'est qu'en grandissant, ils reproduisent parfois ce que leurs parents font Shocked . Pas tous, nous sommes nombreux, certains ont encore des contacts avec les miens, mais le temps a passé, ils sont adultes aujourd'hui.

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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
dom a écrit:
pour un enfant de 9 ans, je suis pour la vie des bisounours et des lapins roses...


Oui ce n'est pas que j'ai bien envie de lui mettre le nez dans des choses pas bien belles, mais il a visiblement constaté qu'il y a un truc qui cloche. Et je ne veux surtout pas lui répondre moi aussi que ses impressions ne valent rien, et que tout va parfaitement bien dans le plus beau des mondes.

Pour le psy, il n'en est pas question puisque vu de "la bulle familiale", tout va très bien si ce n'est moi-même qui déjante. Donc, pas besoin de psy ni de remise cause.

En parler avec ses parents (et le reste de la famille) c'est ce qu'il a déja fait : on lui répond "tout va bien" et il siffle entre ses lèvres "ouais c'est ça". C'est ma belle-soeur (sa mère) qui m'a mise au courant, et qui me demande de bien vouloir m'en dépatouiller. En même temps vu sa place, je comprends.

Il n'y a que les petits qui ne m'ont pas tourné le dos dans toutes ces histoires (forcément, ils sont censé ne rien savoir) et c'est certain qu'en lui parlant je crains un peu de le voir s'éloigner lui aussi. Mais peu importe les conséquences tant que je ne lui fait pas de mal au passage, je préfère être honnête et assumer la réalité.
Mais alors, je ne sais pas du tout ce que je peux dire et pas dire, et comment le dire. Il est tellement petit...


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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
Je pensais à un pédo psy ou un pédiatre ici sur le forum  .
Tu pourrais lui dire que tu as eu des soucis avec ta famille, que VOUS ne vous entendiez plus, il y a une époque, tout simplement ; mais à 9 ans c'est curieux .
Qu'à une époque tu t'es sentie rejetée... bien que 9 ans, c'est encore très jeune pour rentrer dans les histoires des "grands".
Sa mère pourrait lui en parler, je trouve, elle devrait trouver les mots pour parler à son fils, c'est tout gentil à cet âge là sourire .

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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
C'est dommage que ses parents évitent le sujet, les enfants sentent très bien quand quelque chose cloche à cet âge et quand on leur raconte des craques...
De ta place, c'est difficile de parler sans disqualifier son entourage, mais tu n'es pas obligée d'entrer dans les détails. Tu peux dire que tes relations avec ta mère ne sont pas faciles en ce moment, que ça arrive dans les familles d'avoir des sujets de désaccord, et qu'il vaut parfois mieux mettre un peu de distance que de se disputer à longueur de journée. Les gosses comprennent ça.
Lui dire aussi que tu restes attachée à ses parents et à lui, qu'il ne se sente pas obligé de choisir ou pris entre deux feux.

Par contre, cette bulle que tu décris ne va pas être facile à vivre pour lui... Et le fait que tu sois venue par "accident" - mais c'est loin d'être rare - me paraît un peu léger pour rendre compte d'une organisation familiale qui fait quand même très pathologique. Il n'y a pas l'air d'avoir de place pour l'autonomie dans la pensée de ta mère, soit ses enfants sont maintenus chez elle soit ils n'existent pas.


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
Traviata a écrit:
De ta place, c'est difficile de parler sans disqualifier son entourage, mais tu n'es pas obligée d'entrer dans les détails. Tu peux dire que tes relations avec ta mère ne sont pas faciles en ce moment, que ça arrive dans les familles d'avoir des sujets de désaccord, et qu'il vaut parfois mieux mettre un peu de distance que de se disputer à longueur de journée.


Oui, rester très vague et ne pas rentrer dans les détails, ça peut être une solution
Mais ça ne lui explique pas pourquoi par exemple, avant on se parlaient souvent au téléphone (ses parents m'appelaient régulièrement) et maintenant ce n'est plus le cas (quand j'appelle en principe il n'y a pas de réponse, alors j'ai cessé de téléphoner).

Rester vague c'est bien, tant qu'il ne cherche pas à en savoir plus. Tant que le principal est dit (il y a désaccord entre ma mère et moi) peut-être que je peux éviter les détails en disant que c'est compliqué, mais que le fond du problème, c'est celui que je donne ?

Sinon, pour leur "bulle", oui à mon avis c'est complètement pathogène. Et ça a été largement renforcé par mon attitude vis-à-vis de tout ça d'ailleurs. On sent très nettement que celui qui aurait le mauvais goût de s'opposer à notre mère (qui réécrit l'histoire familiale d'une manière qui lui convient mieux, et qui se persuade que c'est la réalité) est menacé d'expulsion définitive de la bulle. Tout ça sans que ça ne soit jamais dit clairement.


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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
Séverine, toi même ne sait pas pourquoi ils ne répondent pas au tél ??? donc comment donner une réponse.
C'est aussi la question que tu te poses, c'est ça ?

Si ta belle sœur te propose de te dépatouiller avec son fils, avant tu pourrais lui poser la question.

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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
Oui, et puis on peut de toute façon dire à un enfant : voilà la raison que je te donne parce que c'est ce qui est important et que tu es en droit de savoir, mais je ne tiens pas à t'en dire plus, même pour moi c'est compliqué et je préfère en rester là. Entre ne "rien dire" et "tout dire", il y a une marge où on peut donner une explication suffisante pour éviter que le non-dit devienne pathogène. Les enfants savent aussi bien que nous qu'il y a des choses dont on n'a pas envie de parler, le tout, c'est de le leur dire !

C'est drôle la façon dont tu décris le fonctionnement de ta mère, parce que ça fait quand même assez paranoïaque cette famille qui s'écrit son histoire et se soude "contre le monde entier", or c'est uniquement ton père que tu décrivais comme ça.


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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
dom a écrit:
Sa mère pourrait lui en parler, je trouve

Citation:

C'est dommage que ses parents évitent le sujet

Ca rejoint ce que je disais (ou pensais, je ne sais plus ), celui qui pense différement de ma mère écoppe d'un bannissement à vie.
C'est ce que j'ai choisi d'assumer (avec difficulté au départ), c'est ce que mon beauf a essuyé. Pour ceux qui restent, la majorité, c'est visiblement impensable de penser autrement que la manière imposée.


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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
C'est l'exemple de famille où on ne veut rien voir, je crois. La solution est de rester soudée et bien enfermée entre soi, sans connaître pour autant la consistance de la soudure.

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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
Ça ne vient pas d'une seule personne ce style, celles qui vont dans le même sens s'y retrouvent également, (ça n'engage que moi).

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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
dom a écrit:
Séverine, toi même ne sait pas pourquoi ils ne répondent pas au tél ??? donc comment donner une réponse. C'est aussi la question que tu te poses, c'est ça ?



Ben la réponse je la connais, la désobéissance divine (comprenez "maternelle" ) est un pécher impardonable.
Alors "on" (mes frère, soeur, belle-soeur) fait plaisir à la mère en ignorant la vilaine ingrate qui a osé remettre en cause le fonctionnement familial.
Mais ça, je ne peux pas le dire au petit...


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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
C'est certain que tu ne peux pas dire ça.

Personne ne dépend dans l'absolu de ta mère, donc y a vraiment un truc qui cloche. En plus de faire plaisir à ta mère, ils pourraient aussi te faire plaisir à toi de temps en temps.

J'espère que tu n'en souffres pas trop, en tous les cas. Cette situation est inhumaine quelque part, ou bien humaine aussi .

 

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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
Traviata a écrit:
Oui, et puis on peut de toute façon dire à un enfant : voilà la raison que je te donne parce que c'est ce qui est important et que tu es en droit de savoir, mais je ne tiens pas à t'en dire plus, même pour moi c'est compliqué et je préfère en rester là. Entre ne "rien dire" et "tout dire", il y a une marge où on peut donner une explication suffisante pour éviter que le non-dit devienne pathogène. Les enfants savent aussi bien que nous qu'il y a des choses dont on n'a pas envie de parler, le tout, c'est de le leur dire !


Oui je n'avais pas pensé à en dire le minimum pour ne pas laisser les grands secrets s'installer, sans rentrer dans les détails. Avec le nez dans le guidon des fois on ne vois plus rien. Pour le reste, ça ne me pose pas trop de problèmes de lui dire que c'est trop compliqué mais que le principal est dit.


Citation:
C'est drôle la façon dont tu décris le fonctionnement de ta mère, parce que ça fait quand même assez paranoïaque cette famille qui s'écrit son histoire et se soude "contre le monde entier", or c'est uniquement ton père que tu décrivais comme ça.

Je suppose qu'un père paranoiaque ne fait pas long feu dans une famille à peu près équilibrée. S'il a pu délirer tranquillement pendant si longtemps, c'est qu'il n'était pas seul à se protéger des agressions du monde.
Disons que dans le reste de la famille, c'est plus discret. Et plus vivable aussi, tant qu'on ne remet pas en cause les dogmes.


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Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 
Il va sans doute bientôt demander pourquoi tout le monde vit barricadé chez grand-mère, non ? Et ça va être plus dur à expliquer ! C'est bien qu'il ait une ouverture avec toi, c'est important de maintenir au moins ça.

Je ne suis pas chaud non plus pour l'explication "enfant non désirée", pas seulement, c'est probablement plus compliqué. Il a dû se passer en amont des événements familiaux qui ont entraîné ce mode de fonctionnement, enfin c'est l'idée que je m'en fais, ce n'est pas pour t'inciter à chercher


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La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient. G. Garcia Marquez
Message Les non-dits familiaux questionnés par un enfant 


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