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L'autre face de la misère
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L'autre face de la misère

MÉDECINS DU MONDE. Les troubles mentaux liés à l'exclusion sont de plus en plus nombreux et inquiétants constate l'association, qui vient en aide aux plus démunis


Une enquête menée dans le centre de Pau sur les difficultés d'accès aux soins médicaux a montré que 2 600 personnes, en majorité des jeunes, sans emploi, vivent dans cette partie de la ville.
C'est le constat préoccupant que dressent les bénévoles de Médecins du monde. Depuis plus de dix ans, cette association se charge de venir en aide aux plus démunis. En leur apportant un soutien médical, mais surtout et de plus en plus, une aide psychologique.
Car, constatent-ils, le nombre de personnes exclues de la société, et souffrant de troubles psychiatriques, ne fait qu'augmenter.

De plus en plus complexe
Les gens qui viennent frapper deux fois par semaine à la porte de leur permanence du 12, rue des Alliés leur sont souvent adressés par les services sociaux. Beaucoup connaissent aussi l'adresse par le bouche-à-oreille.
« Une petite partie d'entre eux touche le RMI, mais ne possède pas de mutuelle. D'autres sont des SDF, ou des étrangers dépourvus de toutes ressources » explique Dominique Grimaud, une infirmière.
« Le premier motif de consultation est d'ordre psychologique : cela va de la petite détresse aux grands schizophrènes ». Et force est de constater que les situations auxquelles les bénévoles se retrouvent confrontées sont de plus en plus complexes.

Dans l'impasse
« On met parfois un temps fou à régler certaines situations », reconnaît Dominique Lafourcade, une infirmière. Avant d'évoquer les impasses administratives dans lesquelles certaines personnes se retrouvent.
Telle cette jeune femme de 25 ans, d'origine maghébrine, ayant été violée. « Même si sa mère est française, elle n'a aucun droit dans notre pays. Car elle a été mariée par un imam. Ce qui n'est pas reconnu ici. Et on ne trouve pas de solution pour elle ».
De même, en ce qui concerne l'accès aux soins, « il est devenu très difficile de déclencher une aide médicale d'État. Un dispositif d'urgence permettant de prendre en charge les frais de santé. Si des structures de soins existent dans le pays d'origine, l'administration refuse de payer. C'est oublier que tout cela coûte cher. Résultat : les gens ne se soignent pas ».
Clandestins « qui vivent la peur au ventre », personnes ayant « de toute évidence été torturées dans leur pays, mais à qui l'administration demande des preuves, comme si elles avaient pensé à prendre des photos en s'enfuyant ! » d'autres cas sont évoqués.
« On n'imagine pas la détresse de ces gens » commente-t-on à Médecins du monde. Tout en rappelant que la misère humaine se rencontre aussi au pas de nos portes.
« Avec le chômage qui augmente, on voit s'accroître le nombre de personnes n'ayant plus accès aux soins. Même si elles ont une couverture sociale, elles ne peuvent pas payer les franchises médicales, le tiers payant des médicaments non pris en charge. Et on ne parle pas des yeux ni des dents ».

Un réseau d'entraide
Ce constat a amené Médecins du monde à s'appuyer sur un réseau de dentistes, cardiologues, diabétologues qui acceptent de ne pas se faire payer. « Des gens que l'on tient à remercier » dit Robert Lafourcade, responsable de mission France. Ce qui ne l'empêche pas de regretter que « la notion de solidarité soit mal partagée au sein du corps médical, dont une partie se replie sur elle-même ».
Car, estime l'association, il y a urgence. « Se retrouver à la rue peut aller très vite. C'est l'intérimaire en bâtiment qui se retrouve sans emploi. C'est le jeune de 20 ans mis à la porte par sa famille. C'est le quadra, qui vit une rupture, et tombe en dépression ».
« Or, lorsque quelqu'un se désocialise, il se déstructure aussi. Avec le risque de développer des pathologies mentales. Car il y a plus de dérives que de remontées à la surface »

Là : http://www.sudouest.com/bearn/actualite/pau/article/463858/mil/3991070.html


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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