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Le mystère lithium enfin élucidé
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Message Le mystère lithium enfin élucidé 
Un article canadien, curieusement la presse française n'en parle pas. Ou alors peut-être la presse spécialisée...

Le mystère lithium enfin élucidé

(Québec) Depuis qu'on avait commencé à l'utiliser pour traiter le trouble bipolaire, dans les années 70, le lithium était une des plus célèbres épines dans le pied de la science. On savait, pour l'a­voir abondamment testé, qu'il stabilisait l'humeur des personnes maniaco-dépressives, en­tre autres avantages. Mais même si on le prescrivait beaucoup, on ignorait encore les mécanismes chimiques par lesquels il agissait - ce qui limitait sérieusement le développement d'autres médicaments plus efficaces. Plus maintenant.

En janvier dernier dans la revue Cell, Martin Beaulieu, du Centre de recherche de l'hôpital Robert-Giffard, et Marc G. Caron, de l'Université Duke en Caroline du Nord, ont jeté une lumière nouvelle sur le mode d'action du lithium. «Il y avait deux hypothèses principales, explique M. Beaulieu. L'une, apparue à la fin des années 80, disait que le lithium agissait en affectant le recyclage d'un type de molécules particulier, qu'on appelle les inositols, qui servent à passer des messages dans la cellule.»
En laboratoire, cependant, personne n'est jamais arrivé à reproduire les effets du lithium en «jouant» avec les inositols.
Mais «au milieu des années 90, poursuit M. Beaulieu, une autre hypothèse est apparue disant que le lithium agissait en inhibant une protéine appelée glycogène synthase kinase 3». Cette dernière, dont l'acronyme GSK3 siérait mieux à une agence de renseignement soviétique qu'à une protéine, est encore relativement mystérieuse. «Ça fait un millier de choses dans la cellule. Ce qu'on sait, c'est que c'est impliqué dans le contrôle de la réponse à d'autres neurotransmetteurs (... et) il a été montré que ça contrôle plein d'autres choses, dont les cycles circadiens, c'est-à-dire la capacité de s'adapter à des changements de durée du jour et de la nuit et la régulation des cycles de veille et de sommeil», explique le chercheur.

Bref, à l'image du KGB à l'époque soviétique, le suspect se mêlait de toutes sortes de choses qui pouvaient bien inclure l'humeur d'une personne. Mais il y avait un gros problème avec l'«hypothèse GSK3» : pour neutraliser cette protéine avec du lithium, indique M. Beaulieu, il faut des doses nettement plus grandes que celles qui sont utilisées en psychiatrie - et qui pourtant fonctionnent très bien. Il y avait donc un lien entre cette protéine et le lithium, mais «pour que ça passe par GSK3, les doses requises (pour traiter le trouble bipolaire) auraient dû rendre les humains malades», illustre M. Beaulieu. Il manquait au moins un morceau du casse-tête.

La découverte du chercheur de Robert-Giffard et de M. Caron (qui a supervisé son post-doctorat) ne sort pas complètement cette molécule de l'histoire, mais la relègue en «conclusion», pour ainsi dire.

Le lithium, en effet, n'agit pas directement sur cette protéine, mais défait plutôt un complexe de molécules dans lequel se trouve une autre protéine, nommée Akt. Et c'est elle qui, ultimement, dé­sac­tive la fameuse GSK3.

«Ce qu'on a trouvé, c'est que le lithium fait tomber le complexe. Et à ce moment-là, Akt devient libre d'inhiber GSK3. (...) On sait, par des résultats qu'on a eus, que si on enlève ce complexe-là, le lithium n'a plus d'effet sur le comportement des souris», dit M. Beaulieu

La trouvaille est majeure, et pas seulement parce qu'on l'attendait depuis longtemps. Puisqu'il y a plusieurs molécules différentes qui sont impliquées dans le processus mis au jour par les deux chercheurs, cela ouvre la porte à de nouvelles avenues de traitement. «Si on trouvait une façon d'agir sur les autres molécules, on pourrait remplacer le lithium, dit-il.

«Le gros problème du lithium, c'est que c'est un ion (un atome qui a un électron en plus ou en moins, ce qui lui donne une charge électrique, N.D.L.R.), donc ce n'est pas très spécifique. Ça agit sur une multitude de choses en même temps, ce qui fait que les patients peuvent se retrouver avec toutes sortes d'effets. D'abord, ils doivent avoir des prises de sang de façon régulière pour s'assurer que le lithium ne dépasse pas un certain niveau sanguin. C'est déjà un problème de qualité de vie. Et à long terme, ils développent des problèmes rénaux.»

Un nouveau traitement, moins lourd, serait donc assurément accueilli avec joie...


Ici : http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/percees-scientifiques-2008/200…


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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