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Inceste: une parlementaire veut lever le tabou
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Inceste: une parlementaire veut lever le tabou

Il ne s'agit pas de faire la révolution" mais "de permettre aux enfants d'identifier très vite ce qui peut leur arriver": à l'issue de trois mois de travaux, la députée Marie-Louise Fort a plaidé mercredi pour l'inscription de l'inceste dans le Code pénal français et recommande de renforcer les différents mécanismes de prévention et de formation pour casser le "tabou" et lever le "poids" de l'indicible.

"Si on veut être une société digne du XXIe siècle, qui devrait être un siècle d'humanisme, on ne peut pas continuer à ignorer" l'inceste, a observé devant la presse Mme Fort, chargée d'une mission sur le sujet en septembre par le président du groupe UMP à l'Assemblée Jean-François Copé. "Il ne s'agit pas tant d'accentuer la punition" que d'identifier l'inceste et de le prendre en charge, sans compter sa prévention, a souligné la députée UMP de l'Yonne à quelques heures de remettre son rapport aux ministres concernés (Rachida Dati, Roselyne Bachelot, Xavier Darcos, Nadine Morano).

Car l'inceste "touche à la fois ce qui fait la force de la société, c'est-à-dire la famille", et "ce qui peut aussi faire la honte de la société, quand on n'est pas capable de défendre et de venir au secours de souffrances tues pendant tellement d'années".

Et le tabou, écrasant, concerne "toutes les couches de la société, l'ensemble du territoire". Pour preuve, le "manque de chiffres qui a frappé" Mme Fort. Aucune statistique publique n'existant en France, elle recommande ainsi la création d'une étude générale annuelle de statistique. "C'est important, les chiffres" car ils permettraient aux victimes de "se dire: 'je ne suis pas seule'".

Selon une enquête Ipsos pour l'Association internationale des victimes de l'inceste (AIVI) rendue publique mercredi, près de deux millions de Français auraient été victimes d'inceste. D'après cette étude réalisée auprès d'un échantillon national représentatif de 931 personnes, un Français sur quatre (26%) déclare connaître au moins une personne victime d'inceste dans son entourage.

Le rapport rédigé après de nombreux entretiens avec des magistrats, des psychothérapeutes et des victimes cite d'autres estimations: ainsi, la part des procès pour des infractions de type incestueux est évaluée à au moins 20% en assises. Par ailleurs, une enquête INSERM/INED en 2006 a révélé que près de 10% des femmes et 3% des hommes auraient subi au moins un rapport sexuel ou une tentative de rapport sexuel forcé avant leur majorité.

Une chose est sûre: l'incapacité des autorités et des experts à évaluer l'inceste en termes statistiques est induite par la difficulté à définir l'inceste et par son absence dans le Code pénal, situation déjà dénoncée en 2005 par Christian Estrosi, dans un précédent rapport parlementaire.

Mme Fort a l'espoir cette fois-ci d'aller plus loin. Elle souhaite que les recommandations de la mission qui lui a été confiée soient reprises par les parlementaires et que le rapport se traduise par une proposition de loi. Mais bien au-delà de l'Assemblée, "c'est notre honte à tous", note-t-elle. "Chacun doit être en capacité de faire, le gouvernement y compris".

Outre l'inscription dans le Code pénal des actes incestueux -aujourd'hui considérés dans un tout que sont les viols et les agressions sexuelles-, la mission prône la reconnaissance des spécificités de l'inceste comme motif de suspension de la prescription dans certains cas.

Dénonçant "la rareté de l'offre de soins, la pénurie des moyens et la trop faible prise en compte des handicaps résultants d'incestes", elle insiste sur la nécessité de renforcer la prévention ainsi que la formation des représentants des professions qui "approchent au plus près les familles" (santé, éducation, justice, aide sociale) et les échanges interdisciplinaires.

"On assassine des enfants et l'enfant, c'est notre espérance à tous", souligne Marie-Louise Fort. "Je ne veux plus d'interrogations sur: 'est-ce que les enfants étaient consentants?'".

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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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