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LA NUIT SECURITAIRE
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Message LA NUIT SECURITAIRE 
LA NUIT SECURITAIRE


Régulièrement, la santé mentale est malmenée dans les débats publics. Trop souvent, les médias ne s’en intéressent qu’à la faveur d’un drame.


Depuis plusieurs mois, les professionnels de la santé mentale constatent un durcissement des politiques suivies, et une banalisation de la souffrance des malades.


Plus grave, dans les propos tenus au plus haut niveau de l’Etat, on assimile le malade accueilli dans un hôpital à une personne potentiellement dangereuse et qu’il faut traiter de façon carcérale.


L’objectif de ce site est de proposer une information différente sur une réalité qui, bien qu’écartée des préoccupations de chacun, touche de très nombreux Français…

Ici : http://www.collectifpsychiatrie.fr/


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message LA NUIT SECURITAIRE 
Il me plait bien ton dessin-signature Mr. Green  (j'ai vu qu'il venait de chez eux)


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message LA NUIT SECURITAIRE 
N'est-ce pas ? Mr. Green
Il faut juste que je le rétrécisse un peu mais il m'a bien plu aussi !


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message LA NUIT SECURITAIRE 
Voilà, pour ceux qui veulent faire pareil 



Et n'oubliez d'écrire un mot doux au Président


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message LA NUIT SECURITAIRE 
Voui !
Pour rappel (et histoire d'en remettre une couche) :

Il faut absolument que chacun écrive une lettre au Président de la République (puisqu'il semble être celui qui prend les décisions), avec une copie à son député (puisque nous serions encore dans une démocratie où les lois passent par le parlement).

Pour adresser un courrier au Président, voici le lien " Ecrire au Président ".

Vous pouvez également le faire, notamment si votre correspondance est accompagnée de pièces jointes, par voie postale à l'adresse suivante:
        Monsieur le Président de la République
        Palais de l'Elysée
        55, rue du faubourg Saint-Honoré
        75008 Paris
N'oubliez pas de nous en envoyer une copie à lanuitsecuritaire@collectifpsychiatrie.fr


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message LA NUIT SECURITAIRE 
Bonjour à vous tous et toutes,

Je viens de voir que les cahiers de la folie viennent d'être diffusés, sur le site du collectif psychiatrie, mais aussi sur le journal en ligne "mediapart".
(j'avais laissé un petit texte pour eux à cette occasion.)

http://www.scribd.com/doc/34001797/Les-Cahiers-pour-la-Folie

http://affinitiz.com/space/nouveauxcahierspourlafolie/content/_3CE49977-92A…


A plus,

manu. (le fou parmi tant d'autres, du texte.)

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Message LA NUIT SECURITAIRE 
Très déçu du peu d'implication de gens concernés... Enfin j'ai l'impression... C'est dommage qu'il n'y ai pas plus de choses qui suivent avec ce mouvement, je trouve. (?)
Pour donner un exemple : à mon SAVS, le cahier de la folie imprimé a été très peu lu. Et pourtant j'avais mis toute mon "astuce tactique" Laughing en action : incitation quasi-subliminale pour que ce soit lu : panneaux "dossiers ultra secrets" pour piquer la curiosité...
Je dois encore bosser pour être un pro de la comm' et de la pub. Confused

(oulala après manu présentateur météo, manu manipulateur Laughing    )



édit : oui je sais j'aurais du moins prendre les gens pour des pigeons ou des cons mais ils m'énervent.... Evil or Very Mad

rédit : les badges nuit sécuritaire sont disponibles...
http://www.collectifpsychiatrie.fr/Les-badges-des-39-sont-arrives.html

Vous le saviez déjà ? ah ok ...

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Message LA NUIT SECURITAIRE 
Je viens de recevoir le courrier d'information du collectif des 39...
Je ne le retrouve pas sur leur site...
Un petit copier/coller donc... (c'est un peu long...)



 
Citation:
Septembre 2010
 Le projet de loi réformant les soins en psychiatrie : une insulte à la culture
 
 
 
Il faut être bête comme l’homme l’est si souvent pour dire des choses aussi bêtes que bête comme ses pieds, gai comme un pinson……
Le pinson n’est pas gai, il est juste gai quand il est gai, triste quand il est triste ou ni triste ni gai…………………J.Prévert
 
Lorsque s’imposera  le bilan de l’action présidentielle de Nicolas Sarkozy, on ne manquera pas de constater  la déflagration qu’il aura initiée entre l’Etat et les avancées civilisatrices, les acquis culturels de notre pays. Et l’on pourra dresser un sinistre catalogue : discours à l’université de Dakar sur l’homme Africain « pas assez entré dans l’histoire », loi organisant les soins psychiatriques  sous contraintes en ambulatoire, centres de rétentions administratives à perpétuité, démantèlement de « camps » de Roms, de gens du voyage, création d’une inégalité des citoyens devant la loi, plaisanteries de mauvais goût devant les tombes des résistants des Glières, réponses insultantes à des citoyens en colère, mépris pour les lecteurs de la Princesse de Clèves, et bien sûr j’en passe.
 Promotion de la barbarie, insulte à la culture caractérisent cette politique.
 
Le discours présidentiel et la politique du gouvernement sont constamment marqués de la l’imperium de la culture du résultat ;  l’action, fût-elle agitation volontariste, trouve seule grâce à leurs yeux. Or dans le champ du soin à la personne  psychiquement en souffrance, cette orientation est catastrophique. Elle rejette les apports d’une clinique de la psychopathologie patiemment élaborés en particulier par les écoles françaises et allemandes, enrichie par la philosophie phénoménologique et par le génie freudien,  approches qui nécessitaient d’écouter les patients cas par cas et une formation continue sérieuse de la part des praticiens de toutes catégories. Elle y projette au contraire une  protocolisation des pratiques et une évaluation détachée de tout contexte clinique, fondée sur des définitions de traits pathologiques sans commune structure mais dont l’addition se prête à des statistiques abusivement transposées ici. Cette agitation pseudo scientifique accompagne de fait un virement volontaire, violemment scandé, s’insufflant obsessionnellement dans les media, de l’interprétation de la psychopathologie comme souffrance individuelle vers l’affirmation de la dangerosité du patient pour autrui.
 
On pourrait croire en effet sans rapport  les errements du président et de son gouvernement  avec l’observation de ce qui se passe en psychiatrie  aujourd’hui ; pourtant, la préférence allant aux faux semblants, l’on y retrouve la haine de l’histoire et de la patience, de l’exigence intellectuelle, on y retrouve la lâche flatterie populiste de la passion de l’ignorance pour faire gober la promotion des entreprises de fabrications de coupables ,  on y retrouve  une fermeture bornée aux hasards et à la singularité des rencontres qui fondent toute possibilité de création civilisatrice.
Quand Picasso peignit son « Nain » d’après celui de Vélasquez dans « les Ménines » il était à l’apogée de son travail et en particulier du désapprentissage du savoir académique : lui-même affirmait : « à huit ans j’étais Raphaël, il m’a fallu toute une vie pour peindre comme un enfant ».
Dans nos professions nous savons bien quelles difficultés il nous faut affronter, traverser, pour  savoir ne pas savoir et nous laisser enseigner (sinon soigner) par l’aventure de la  rencontre avec des patients. Le caractère parfois inouï de leur souffrance pourrait nous tenter de recourir à la maîtrise, au contrôle, à la tentative de modifier par la manipulation des comportements qui nous dérangent trop ; répondant par la violence à la peur qui parfois les envahit nous pourrions alors renoncer  à ce que Tony Lainé appelait « sa profonde solidarité avec la folie qu’il y a dans l’autre » niant nos propres failles, nous nous retrouverions du côté de la barbarie dont l’histoire de la psychiatrie  a souvent montré trop de preuves.
Praticiens de ce champ particulièrement sensible à ce qu’être humain peut signifier, notre travail quotidien est de  nous réunir grâce à une orientation qui limite ces tendances barbares, dites inhumaines ; sans les nier, de veiller à opposer à la mise au ban de tel ou tel malade, à la répression de tel ou tel comportement par l’abrutissement médicamenteux ou l’enfermement  , l’offre d’un accueil pour l’histoire de chacun avec sa temporalité pour entrer en confiance, avec la singularité des médiations que chacun reconnaît ou invente.
 
Mais, nous voilà convoqués aujourd’hui là où la barbarie de la société de contrôle (au sens de Deleuze reprenant le syntagme de William Burroughs), tente de nous mener.
Malgré la contestation radicale des psychiatres désaliénistes contre les lieux d’enfermement comme réponse à la question de la folie, malgré la leçon incontournable de Foucault,  nous sommes conviés à participer activement à la recherche d’une maîtrise du symptôme par le contrôle des conditions de son émergence au domicile même du patient.
Le projet de loi relative aux droits et à la protection (sic) des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge- qu’en terme galant ces choses là sont mises- organise la continuité de la contrainte au prétexte de la continuité des soins ; dévoiement de sens qui s’inscrit dans la cohorte des insultes à la culture, à l’apaisement du lien social qu’elle promeut ,  nouvel avatar qui vient stigmatiser une population et confirmer  la défiance à l’encontre de ceux qui n’adhéreraient pas au projet médical les concernant ( non compliants faut-il dire !) mais aussi à l’égard de l’étranger, du paresseux, du lettré, du sans papier, de l’analyste et de son patient, du voisin, de l’artiste, de l’homme de passage, sans oublier le raton laveur,  car ne sont ils pas des dangers potentiels pour le sommeil des bien pensants ? La promotion de la confusion entre Droits de l’homme et du citoyen et la mesquine petite somme des droits individuels permet d’agiter le chiffon d’une prétendue aspiration populaire à la sécurité plutôt que de se pencher sur les conditions de vie commune d’un peuple. Population facilement exclue à cause du mal-être qu’ils  évoquent et que l’on préférerait ne pas voir, les patients comptent parmi les proies que s’autorise la puissance publique dans son entreprise  nuisible de chasse aux boucs émissaires.
 
Le projet de loi réformant l’obligation de soin pour les patients constitue donc un paradigme mortifère de cette tentative de  destruction des solidarités garantes de la solidité du lien social entre les citoyens. Il s’agit là du projet cardinal d’un gouvernement pour lequel l’extrême droite est manifestement  plus q’une compagne de route et pour lequel aussi la défense des intérêts des plus nantis impose d’organiser l’affrontement des plus démunis dans leur multiplicité et avec leurs intérêts parfois contradictoires, ou comment faire oublier l’affaire Woerth- Béttencourt en organisant la chasse aux Roms puis en septembre le soin sous contrainte en ambulatoire auquel nous sommes déterminés à livrer une bataille sans concession. 
Ce texte que députés et sénateurs seront amenés à examiner à l’automne prochain semble-t-il est une insulte à la culture car il ne laisse aucune place à ce qui du génie humain peut contribuer à tenter de donner hospitalité à la folie, il ne laisse aucune place au surgissement des potentialités créatrices qui, dans la folie, permettent à des sujets sur le point de succomber au tragique morcellement d’eux même , de reprendre pied, d’oser solliciter d’ autres personnes encourageant la trouvaille de suppléance à leur abîme pour que la vie ne soit plus complètement impossible. Les relations étroites entretenues par la folie et l’art, l’adoption par les équipes soignantes de la fécondité dont la souffrance psychique peut parfois être porteuse sont autant de témoignages contre l’atteinte à l’intégrité sociale et politique des patients  qui constitue une insulte à notre culture fertilisée par le romantisme et le surréalisme.
 
La désignation des patients comme d’abord potentiellement dangereux est un raccourci inadmissible, un misérable contresens méconnaissant  la fécondité poétique dont ils sont porteurs, méconnaissant l’apport de la folie à la connaissance de l’âme humaine, à ses créations artistiques, à ses trouvailles scientifiques. Ethiquement, elle est l’exact opposé de la considération attentive et solidaire que requiert toute pratique visant à prendre réellement soin de son contemporain. Philosophiquement elle dément honteusement l’incertitude fondamentale de la raison.
 
Cette loi se caractérise aussi par la protocolisation abusive du soin : l’absence d’un patient à sa séance, au temps de rencontre avec le soignant faisant l’objet non d’un questionnement, d’une mise en perspective clinique mais d’un acte normé, automatique, obligatoire, au nom naturellement des bonnes pratiques : dénoncer le sujet concerné à l’autorité administrative laquelle éventuellement le ramènera menotté à l’hôpital.
Cette organisation visant au contrôle systématisé des « comportements » est un scandale dans le champ de l’aide, du soin. Elle consiste essentiellement à  exclure les praticiens, toutes catégories professionnelles confondues de leur fonction primordiale : élaborer une réflexion sur leur travail pour ne pas nuire aux possibilités de traitement.
Nous savons bien  que la seule possibilité que nous ayons de préserver la dignité et l’intégrité psychique des patients, et la nôtre aussi, réside dans l’effort  pour aborder l’énigme particulière de la souffrance de chacun,  et cela comme Picasso peignant son Nain l’a fait, en se débarrassant des oripeaux du conformisme académique.
Nous avons à chaque instant de nos pratiques à nous débarrasser autant que possible du fatras psychologisant et éducatif dont l’université fait volontiers la promotion. Nous avons aussi et surtout à nous débarrasser de tout ce qui pourrait nous paraître justifier que nous devenions acteurs du maintien d’un ordre public dont nous voyons au quotidien de l’arsenal législatif développé par les plus hautes autorités de l’Etat comment il tente d’imposer à un corps social au bord de la rupture les modalités les plus excluantes possibles du vivre ensemble et combien il confine à l’ordre moral dont le qualificatif de « nouveau » ne limite pas l’horreur.
Avec, Freud nous ne pouvons pas y croire, mais avec lui il faut bien se rendre à l’évidence une fois encore : dans les moments de chamboulement de la société, aujourd’hui la mondialisation, les effets pacificateurs de la culture peuvent tomber les uns après les autres et quelquefois massivement. Le pire déferle alors et son cortège d’agonies, sa géhenne d’espérances perdues. Marquant l’extrême difficulté qu’il y a justement pour les hommes à vivre ensemble, à se retrouver dans le Babel des langues et des pulsions, le pire ne demande qu’à faire retour, livrant chacun sans limite à prendre sa place selon son organisation psychique au fil des événements , dominant ou dominé et parfois les deux à la fois, scène ouverte par l’oppression de l’homme par son semblable, avec «  la paille de la misère pourrissant dans l’acier des canons » pour reprendre encore Prévert...
Or l’on nous propose sans merci, le pauvre  langage du président de la République en témoigne sans cesse, de faire la guerre contre ci, la guerre contre ça ;  après la guerre économique le temps est à la guerre à la délinquance et à ceux qui l’incarnent : fous, roms et sans papiers faisant, semble-t-il, bien l’affaire.
Bernard- Henri Lévy dans son article du Monde intitulé « les trois erreurs de Nicolas Sarkozy   : mépris des Roms, outrage à l’esprit des lois, discours de guerre civile » écrit : « tenir le langage de la déchéance [...] c’est la garantie d’une société fiévreuse, inapaisée, où chacun se dresse contre chacun et où le ressentiment et la haine seront très vite les derniers ciments du lien social »
Nous savons bien pourtant comment les fous,  souvent déjà témoins d’horreurs passées, subissent parfois et pour les mêmes raisons le sinistre sort de ceux que la bête désigne comme boucs émissaires des malheurs du monde. L’étymologie peut être d’une aide précieuse dans la compréhension de ces tristes voisinages :
Aliéné du latin  alius l’autre, le radicalement étranger, dont vient aussi témoigner la traduction allemande du mot  aliéner : entfremdung, rendre étranger donc. C’est vraiment à ceci que nous sommes conviés : faire des patients des étrangers radicalement autres et dont il ne faudrait  que redouter la violence.
Il s’agit là d’une proposition éthiquement inadmissible, une fois encore, une insulte à la culture à laquelle nous refusons de nous associer.  
Le 2 décembre 2008 un discours offensif contre nos patients avait été proféré, il n’était pas forcément de bon ton, au cénacle des professionnels de l’enfermement, d’y voir une attaque grave aux libertés publiques ; la suite vient et organise un statut très particulier de l’humain en souffrance psychique ou de n’importe qui troublerait l’ordre public du fait d’un comportement incompatible avec les exigences de l’ordre moral. Ainsi l’on pourrait demain se voir imposer des soins psychiatriques sous contraintes éventuellement à la maison voire une hospitalisation.  Cette dernière se déroulerait dans des lieux  « sécurisés »( pour lesquels rappelons le soixante dix millions d’euros ont été débloqué par le ministère en trois mois)  et dans des conditions où  aller et venir librement serait graduellement limité sinon empêché essentiellement selon l’appréciation de l’omnipotente autorité administrative et l’étrange bénédiction présidentielle : «  personne mieux qu’un policier de haut vol ne saurait en exercer les prérogatives », le tout éventuellement sur signalement des directeurs d’hôpitaux obligatoirement prévenus par les équipes soignantes..
Lacan reprenant le Balcon de Jean Genet rappelle à propos du rapport du sujet avec la fonction de la parole que « si est un rapport adultéré un rapport ou chacun a échoué et où personne ne se retrouve [….] continue de se soutenir si dégradé soit-il[…]comme quelque chose qui est lié a ce qu’on appelle l’ordre et cet ordre se réduit quand une société en est venue à son plus extrême désordre à ce qui s’appelle la police ». Dans la pièce de Genet, les petits vieux réclament des uniformes de généraux, d’évêques et de juges pour jouir dans le ventre des prostituées mais personne ne demande à enfiler les oripeaux du préfet de police qui choisit le phallus comme emblème, lui qui, pivot de tout, se désespère en même temps que sa fonction ne soit pas assez attractive pour que l’on souhaite s’identifier à lui.
Il va de soi que nous ne saurions empêcher le président et ses préfets de jouir de leurs semblants phalliques, le voudrions nous que n’en n’aurions pas les moyens, mais nous avons le projet résolu  d’empêcher qu’ils emportent les plus vulnérables d’entre nous dans leur préoccupante sarabande.
 « L’Etat qui fait la guerre se permet toutes les injustices, toutes les violences » dit Freud dans ses « Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort ». Il y a  dans le projet de loi qui nous bouleverse une réelle violence instituée, d’autant plus inquiétante que le principe civilisateur, l’apaisement  créatif du lien entre les citoyens, sera d’autant plus difficile à mettre en œuvre dans ce moment de risque de «  grande misère psychologique des masses » pour là encore reprendre Freud..
Les prochaines dispositions législatives concernant les personnes nécessitant des soins psychiatriques sont à l’aulne de ce qui s’enseigne sur les bancs des écoles de médecine et de soins infirmiers : c’est ainsi qu’il est enseigné dans les établissements publics de santé une méthode consistant à permettre au personnel  devant un patient agité, de savoir utiliser tel ou tel outil relationnel stéréotypé pour pacifier la situation ou à défaut d’utiliser des techniques issues des arts martiaux ; la guerre  disais-je ; c’est ainsi  qu’il faut déplorer la suppression progressive mais rapide des formations universitaires en psychopathologie, c’est ainsi que telle officine de recherche établit un classement ridicule de l’efficacité des thérapies, c’est ainsi encore que s’organise un diplôme de psychothérapeute visant à former en trois ans des professionnels de la psychothérapie.Ces pratiques tiennent lieu de réflexion référencée approfondie,  prudente et précautionneuse sur les causes, le sens de la survenue de tel ou tel évènement, insulte à la culture vous dis-je.
Il y a lieu à ce propos de constater que ce désastreux dévoiement de nos pratiques et de l’enseignement n’est pas de la seule responsabilité du gouvernement. Certains professionnels y ont leur part qui en effet réclament, enseignent, promeuvent, appliquent ces méthodes simplificatrices et violentes de relation avec les patients.
La contrainte à la maison, l’immobilisation techniquement maîtrisée en lieu et place de la tentative toujours retravaillée de trouver les moyens d’une réelle hospitalité pour la folie, constituent ainsi les moyens nouveaux proposés aux professionnels dans l’exercice de leur profession.
Nous avions pourtant mis beaucoup d’espoir dans la révolution copernicienne en psychiatrie qui ne centrait plus la question de la folie sur celle de  l’asile ; nous avions cru dépassée la loi d’exception  dont le premier effet avait été d’imposer un statut hors le droit commun à ceux que la parfaite étrangeté qui les définissait avait fait nommer « aliénés ».
Nous voilà aujourd’hui renvoyés à cette approche ségrégative donnant aux plus fragiles d’entre nous un statut d’extra territorialité, les excluant du droit commun et les assignant au titre de leur souffrance particulière à l’enfermement à l’hôpital ou pire encore désormais, chez eux.
Nous n’aurions pas dû oublier qu’un an avant sa mort, huit ans après sa condamnation définitive, Galilée, devenu complètement aveugle, écrivit dans un sonnet : 
»Monstre je suis plus étrange et difforme
Que harpie sirène ou chimère….
Et je perds et mon être et ma vie et mon nom »
 La barbarie du savoir dogmatique, de la norme indiscutable peut aussi défaire le sujet péniblement rassemblé autour de sa faille originelle.
Nous avons eu tort d’imaginer le progrès désaliéniste comme définitif, sans doute n’avions- nous pas assez bien lu Freud et son « Avenir d’une illusion » : toutes les avancées démocratiques, toutes les inventions esthétiques demandent à être soutenues, sans relâche tant elles sont fragiles.
  Nous n’acceptons pas cette réforme imposée du soin en psychiatrie qui ne tient aucun compte de ce que la réflexion clinique attentive permet de médiations, d’inventions chaque jour à chaque rencontre avec chacun des patients dont la singularité de la souffrance nous enseigne les méandres de la complexité psychique , dont l’histoire particulière avec  ses appartenances sociales et ses origines sur le globe est à considérer avec bienveillance là où  le sarkozysme, pauvre référence politique mal inspirée des plus sinistres thèses stigmatisantes et rejetantes, ne veut rien savoir de la fécondité des brassages ethniques et culturels.
Le pouvoir s’attaque chaque jour un peu plus au socle sur lequel la République s’est construite, il a entrepris une destruction quasi systématique des propositions du Conseil National de la Résistance, il met à mal les droits essentiels de l’homme et du citoyen, organise  des niveaux différents de citoyenneté,  s’attaque à ce que l’histoire récente de la psychiatrie a tenté de développer, il met ainsi en danger la civilisation, la culture même qui permet aux humains d’essayer de vivre ensemble. Il y a là plus que jamais une ardente obligation à s’opposer à cette casse, à refuser d’appliquer des lois sans légitimité, à continuer d’essayer d’établir pour les générations à venir les bases d’une civilisation non excluante, les fondements d’une organisation sociale ou dire le mot culture ne serait pas une insulte.
Nous sommes aujourd’hui dans la position décrite par Francis Ponge à propos de Giacometti : «  l’homme en souci de l’homme, en terreur de l’homme, s’affirmant une dernière fois en attitude hiératique, d’une suprême élégance. Le pathétique de l’exténuation à l’extrême de l’individu réduit à un fil » Ce fil est fragile, il tient chacun des hommes et ne demande qu’à se rompre, nous sommes garants du maintien de son intégrité, c’est ainsi que les poètes, les peintres, les musiciens pourront continuer à tisser avec ce fil à quoi nous sommes réduits, la beauté et l’espérance du monde.
  Il y a un acte de profonde culture à refuser le projet de loi organisant des soins sous contrainte à domicile, un des actes de résistance que la dérive actuelle du pouvoir exige, comme de refuser le traitement discriminatoire de certaines catégories de citoyens réduits aux actes commis par une infime minorité d’entre eux. Il y a lieu de prendre ainsi notre place,  « calmes sous nos sabots, brisant le joug qui pèse sur l’âme et sur le front de toute humanité » pour citer Rimbaud dans son poème « Morts de quatre vingt douze ».
 
                                                                                                  Michaël et Jacqueline Guyader.
 
 
 
  

 
 
3ème  Meeting National du Collectif des 39
 
Samedi 25 Septembre 2010
De 10 h. à 17 h .
 
 
Un projet de loi de réforme de la loi du 27 Juin 1990 va être débattu au Parlement à l’automne, « Projet de loi relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge ».
Trois mots résument ce projet qui s’inscrit dans le droit fil du discours sécuritaire du Président de la République à Antony le 2 décembre 2010 :  

IMPOSTURE, ILLUSION, ET REGRESSION. 


 

 

 

 

 


Répondre en citant
Message LA NUIT SECURITAIRE 
Communiqué du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire 


« Un projet de loi unanimement rejeté »
 


 

Lundi 27 septembre 2010,

 

Le 3ème Meeting national du Collectif des 39 a été un nouveau succès. Près de 1000 personnes ont participé à cette rencontre centrée sur le projet de révision de la loi de 90, « projet relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge ».

La mise en forme de ce Meeting a fait une large place aux débats, qui ont laissé apparaître dès le matin, l’inanité d’un tel projet de loi liberticide dont le seul but est de  renvoyer  « les schizophrènes en Schizophrénie ».

À noter les nombreuses prises de position de patients témoignant de leur refus de cette loi et du climat qui déferait les liens d'amitié et de confiance.

Des jeunes infirmiers ont aussi témoigné des lacunes de leur formation en psychiatrie et exprimé que parfois même des collègues vivaient, du fait de cette formation insuffisante "dans la terreur" des patients! Il y a là un effort très important à faire comme nous n'avons de cesse de le revendiquer.

Devant la nécessité de constituer un large front de refus de cette loi, dont il est totalement inconsidéré d’envisager quelques amendements que ce soit, nous avons invité les représentants des partis politiques et des syndicats à s’exprimer. Celles et ceux qui ont accepté notre invitation à prendre publiquement position vis-à-vis de cette loi, au nom de leurs organisations, ont été à la hauteur de nos espérances en refusant toute compromission.

Les partis politiques représentés, partis de gauche, PS, PCF, Europe Écologie -LesVerts, Parti de Gauche, NPA, ont affirmé leur rejet total de ce projet de loi, en se déclarant favorables à son retrait.  La CGT au nom de la Fédération de la Santé et de l'Action Sociale ainsi que le syndicat Sud Santé sociaux se sont aussi prononcés pour le retrait du projet de loi. 

Nous sommes très préoccupés de la position ambiguë de certains  syndicats de psychiatres. Nous notons que le Syndicat National des Psychiatres Privés (SNPP) a partagé les critiques du Collectif des 39 sur le projet de réforme de la loi, ainsi que l'Union Syndicale de la Psychiatrie (USP) qui s'est aussi exprimée contre la loi en centrant sa position sur la proposition de la judiciarisation.

Le Collectif des 39 considère que la judiciarisation demande réflexion
 et nécessite des débats afin que les questions qu'elle soulève puissent être discutées. Cette discussion ne saurait représenter une divergence, et n'entame en rien notre détermination à faire front contre cette loi.La position du SPH continue de nous étonner, critiquant comme nous l’essentiel de la loi et sa dérive sécuritaire, mais en acceptant les soins ambulatoires sous contrainte que nous considérons comme une régression des pratiques de soin, qui prétendrait répondre au déni psychotique par une contrainte prolongée au-delà de la crise. Lors des débats, nous avons rappelé que pour nous, le soin sous contrainte ne peut s'envisager que pour les périodes de crise, et que rien ne justifie d'étendre la privation de liberté au-delà de ce temps. L'exception que constitue les sorties d'essai n'a pas à devenir la règle.
 
Finalement, lors du débat, le président du CASP s’est exprimé d’une façon claire, pour le rejet de cette loi, ouvrant le chemin a une position plus radicalement affirmée des autres syndicats. La lutte doit continuer pour emporter toutes les conviction.

Au delà de la psychiatrie c’est la conception même du lien social qui est en jeu : la folie en tant que part indissociable de l’humain est un fait de culture. Ainsi, le collectif des 39 a-t-il lancé un « appel à la culture » qui s’adresse au monde de l’art et de la culture, le combat d’une hospitalité pour la folie n’étant pas qu’une affaire de spécialistes.

Selon l’écrivain Leslie Kaplan  : « Ces mesures proposées par le gouvernement actuel révèlent une tendance profonde qui s’aggrave tous les jours : promouvoir avant tout et toujours la simplification, instaurer une civilisation simplifiée, dans laquelle je refuse de me reconnaître et que j’appelle ‘ une civilisation du cliché’ ».

Le passage à l’acte de la circulaire officielle du mois d’Août, désignant nommément un groupe de population à exclure marque un point de bascule  de cet « Etat limite », décrit par Serge Portelli, magistrat, vers un Etat policier où la Norme devient loi. 

Après les Roms, serait-ce au tour des fous ?

L’exécution en Virginie de Teresa Lewis ne peut que renforcer notre inquiétude sur la dérive de nos démocraties quand la norme fait Loi et que le sécuritaire allié au gestionnaire exclut de plus en plus de citoyens, poussant chaque sujet vers l’incarnation d’un « contrôleur de la norme ». Il est possible de dire « Non ! », et nous devons l’affirmer avec force devant toutes ces dérives. 

Le débat ouvert par ce projet de réforme va au-delà de la seule question de la contrainte : Quelle est la nature de la norme incluse dans la notion de « santé mentale » ? Cette notion floue englobe des impératifs économiques de rentabilité du sujet. Madame Montchamp, présidente de la fondation FondaMental, député UMP, le dit de façon explicite dans le documentaire de Philippe Borrel, « Un monde sans fous » : « la maladie chronique, ou la santé mentale, changent la manière d’être compétent dans une entreprise, aller dans ce sens-là, c’est se donner les chances de plus d’efficacité, de plus de performance ». 

Dans le climat ambiant, toute pensée est attaquée par un volontarisme simplificateur. Comme l’a remarqué Pierre Dardot, philosophe, nous vivons sous un régime de la norme. Les lois produites par le gouvernement ont une fonction : faire prévaloir des normes. 

Ce 25 septembre 2010, nous avons encore une fois montré notre détermination. Il nous faut continuer à porter le refus de certaines pratiques, continuer à lutter sur ce terrain. Nos métiers sont touchés au quotidien par l’intégration de normes. Contre cela, il nous faut toujours plus travailler à la mise en commun, de nos savoir-faire et d’une conception humaniste de la psychiatrie et du bien commun.

La force et la dynamique du collectif des 39 a emporté durant cette journée l’adhésion de syndicats et des partis politiques. Notre refus du projet de loi sur les soins en ambulatoire sans consentement est désormais suivi par beaucoup qui appelaient initialement à "raison garder". Ce n’est pas suffisant mais c’est un début.

Dès lors, les psychiatres, les professionnels qui acceptent ce projet de loi, font rentrer la haine et la défiance envers les patients dans des pratiques qui vont se centrer sur le contrôle.

Le collectif des 39 est né en réaction au discours de Nicolas Sarkozy le 2 décembre 2008 à Antony. Nous avions alors dis « Non » à la stigmatisation, à la banalisation de la violence institutionnelle sur les patients et les professionnels niés dans leur savoir faire. Il s’agit aujourd’hui encore de dire « Non » à cette loi liberticide et sans aucune dimension sanitaire. Cette journée de débat et de rencontre s’est clôturé par « l’appel des 1000 ».

Cette revendication sera répétée et confirmée lors de la journée de grève du mardi 28 septembre 2010 à l’appel des syndicats de psychiatres. Puis lors du colloque à l’Assemblée Nationale organisé par le collectif des 39 le lundi 4 octobre 2010.

Il ne peut y avoir de proposition d’amendement ou de volonté d’adapter ce texte. Tous ensemble, nous demandons le retrait pur et simple de ce projet de réforme.
 

 

 
Le collectif des 39 contre la nuit sécuritaire

www.collectifpsychiatrie.fr 
 
Appel des 1000 
Le  collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, fort de 30 000 signatures de soutien a organisé un grand meeting à Villejuif le 25 septembre 2010.Mille citoyens, soignants en psychiatrie, parents, patients, artistes, sociologues, psychanalystes avec la participation de nombreux représentants syndicaux politiques et associatifs  ont largement débattu du projet de loi sur la psychiatrie adopté en conseil des ministres.
Ces 1 000 déclarent ce projet liberticide et exigent son retrait immédiat et définitif.
Il s’agit en effet d’un enjeu de civilisation :
Le souci sécuritaire s’opposerait au soin et désignerait des populations à la vindicte.
La continuité de la contrainte remplaçant la continuité des soins serait non seulement une insulte à la souffrance des patients et de leurs  familles mais également une insulte à la culture.
Le choix serait la piqûre ou l’enfermement qui plus est sous la menace ; le  sécuritaire s’opposant ainsi au sanitaire.
La confiance dans la relation étant pour nous la condition absolue du soin, enfermer les patients dehors sous contrainte légale et chimique serait une caricature de  la psychiatrie et témoignerait du démembrement des conditions d’hospitalité pour la folie.
Il s’agit là d’un enjeu majeur de société.
Il est donc indispensable qu’un grand mouvement unitaire s’organise pour faire céder le gouvernement.
Déjà des initiatives nombreuses ont été prises allant dans ce sens : grève des psychiatres des hôpitaux le mardi 28 septembre, création du collectif « mais c’est un homme », nombreuses initiatives locales prévues.

Par ailleurs un colloque à l’Assemblée Nationale organisé par le collectif des 39 le 4 octobre sera l’occasion de poser ces questions vitales pour l’avenir du soin en psychiatrie à la représentation nationale largement invitée à en débattre.
Organisons-nous pour préparer tous ensemble une manifestation devant l’Assemblée Nationale le jour où ce projet sera soumis au parlement.



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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message LA NUIT SECURITAIRE 
Bonjours à tout un chacun,

Dans le web 4.0, l’Open Source qui quête, à un rond point, dans une ruelle étroite comme mal éclairée, a à éveiller l’attention, de tout un chacun, pour ne pas rester exclu, l’intérêt est d’éviter de rester blâmé, stigmatisé, par les expérimentés (depuis plus de cinquante années) qui chercherons toujours à étouffer, détruire, les voies qui les déranges dans le web 4.0 en apprenant à tisser scientifique.

Dans le web 4.0, notre désir est de participer à toute action facilitant la sortie des micro-sociétés schizophrénique de l’ombre du web 4.0.

Par le kernel de l’OS web 4.0, grâce au tripode (bioéthique ; biodroit ; biopouvoir) c’est possible.

Les libristes du web 4.0 observent le développement de la brevetabilité du vivant.

Quand est-il du couple (biopuces ; citoyen) évoluant dans les sectes du web 4.0 depuis plus de 50 années ?

Les libristes du web 4.0 étudient l'impact du tripode (bioéthique ; biodroit ; biopouvoir), du milieu environnant comme de la culture des sectes web 4.0, dans votre façon d'apprendre (l'Art d'apprendre) à tisser scientifique pour tout un chacun.

Propriétaire de couple (biopuces ; citoyen) ou libriste du web 4.0, exprimez-vous !


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Critiques argumentées et propositions constructives participes au développement personnel de tout un chacun.
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Message LA NUIT SECURITAIRE 
Ah coucou Kernel ça faisait longtemps content

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Message LA NUIT SECURITAIRE 
Bonjour,

le PROJET DE LOI relatif aux DROITS et à la PROTECTION des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalitées de leur prise en charge semble être écrit, par le gouvernement, pour responsabiliser les autodidactes du Corps médical, impliqué dans le développement des bonnes pratiques en nano-santé.


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Message LA NUIT SECURITAIRE 
Bonjour,

Comme Joël Monzée je pense que le couple bioingénierie et responsabilité sociale traverse une étape de croissance vers la maturité de la nanosanté en psychiatrie.

Par les kernels d'OS web 4.0, grâce au tripode (bioéthique ; biodroit ; biopouvoir) il est possible d'obtenir un cadre légal, sécurisé dans la transparence, de façon démocratique pour tout un chacun (patients ; familles ; amis ; ... ; praticiens de santé).

En 2010, je comprend qu'il ne soit pas facile d'être autodidacte en nanosanté, dans la transparence. Beaucoup préfères l'ombre des sectes.

En biodroit il reste encore beaucoup à faire.

En biopouvoir, les experts sont informer, les mesures de préventions à développer, les moyens de coercition à clarifier par les Complexes Militaro-Industriels. 

Propriétaires de couple (biopuces ; citoyen) ou libristes du web 4.0, exprimez-vous !


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Message LA NUIT SECURITAIRE 



Une partie des vidéos des interventions du meeting de Villejuif, le 25 septembre dernier, sont enfin prêtes ! Pour les consulter, depuis l'accueil, dans le bloc "références" (à droite), cliquez sur :
>Vidéos des intervention du Meeting du 25 septembre 2010 (ou bien cliquez directement sur ce lien).


L'intégralité des vidéos de Villejuif sera accessible sous peu sur le site, nous vous tiendrons au courant lorsque ce sera le cas.


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Message LA NUIT SECURITAIRE 
>Lettre du Collectif des 39 à l’ensemble des Associations d’Usagers en psychiatrie, des Familles, des Associations, des Syndicats de Professionnels en psychiatrie, des Associations de psychanalystes







En 2003, nous étions tous réunis pour organiser les Etats Généraux de la Psychiatrie. Unitairement et démocratiquement, nous avions élaboré « les 22 mesures d’urgence » ainsi que les 4 motions fondant les axes généraux de notre exercice.


Il n’était pas question dans ces décisions de la révision de la loi de 1990. C’était sans doute une façon d’exprimer que cette loi ne semblait pas être un obstacle fondamental à nos pratiques et que d’autres urgences nous animaient.


Sept années plus tard, seule la révision de cette loi est la réponse du ministère à nos revendications. Et ceci dans un climat particulièrement difficile puisque depuis le discours d’Antony du Président de la République, la dérive sécuritaire envahit le champ de la psychiatrie : comme si tous les patients étaient identifiés à des criminels dangereux, actuels ou potentiels.


Nous étions ensemble à Montreuil le 7 Février 2009 pour dire notre indignation devant cette idéologie inacceptable ; à l’appel du collectif des 39, 2000 personnes ont clairement manifesté leur refus d’une telle politique.


30000 citoyens ont signé un appel condamnant le discours du président de la république.
Et pourtant 70 millions d’euros furent débloqués pour des murs, des caméras, des clés, des portes. Le pacte républicain s’est rompu : les préfets discréditent les avis des psychiatres, décident contre leur avis. Si l’hospitalisation protège le patient pour des soins, celle- ci devient un enfermement arbitraire quand le préfet refuse la sortie demandée par le psychiatre.


C’est dans ce climat délétère et morbide que nous a été proposée une modification de la loi de 1990 avec un projet de loi instaurant les soins sans consentement en ambulatoire.
En Septembre nous étions de nouveau tous ensemble à Villejuif : mille participants avec toutes les forces politiques d’opposition, tous les syndicats de psychiatres, plusieurs syndicats professionnels, quelques associations d’usagers, et des familles, ont affirmé leur opposition au projet de loi.


Après la décision du Conseil Constitutionnel le 26 novembre 2010, ce projet nous revient, modifié, avec « l’introduction » du juge pour les hospitalisations sous contrainte.


Vous savez que si depuis la loi de 1838, l'hospitalisation seule pouvait faire l'objet d'une contrainte identifiant les soins à un lieu, le changement prévu par le législateur est une modification sans précédent ! Il s’agit d’un changement paradigmatique dans ses conséquences car ce projet de loi n' identifie plus l'hospitalisation, mais les soins eux-mêmes à la contrainte, les réduisant à une pure surveillance. L'obligation n'a t- elle pas pris le pas sur le contenu du soin ? Ce hors lieu de la surveillance, donc son omni-présence, penche dangereusement vers des choix totalitaires, des choix « contrôlitaires » ! C'est un lourd tribut : le monde de la psychiatrie est-il prêt à s’y soumettre ? à le payer ? Un constat est à faire : même si c’est pour des raisons différentes, parfois contradictoires, divergentes voire opposées, la quasi totalité des professionnels rejette ce projet.


Ce projet ne répond pas aux attentes des professionnels, des familles, des patients
C’est un projet qui s’oppose frontalement aux nécessaires évolutions que des soins de qualité nécessitent : il maltraite les patients, il trompe les familles, il disqualifie les professionnels.


Dans la précipitation, dans un simulacre de concertation, sans prendre le temps de penser le soin en psychiatrie, cette « réforme » de la loi de 1990, si elle était adoptée, aggraverait d’autant plus les conditions de notre exercice, dont la dégradation nous avait amenés à élaborer 22 mesures d’urgences en 2003.


Pour une loi sanitaire qui prendrait en compte les moyens, la formation, la conception de la maladie (qui s’oppose à celle de la Fondation « FondaMental » qui vient d’être richement dotée), n’est il pas possible d’organiser dans l’urgence qui nous est imposée, un front du refus unitaire, actif, mobilisateur ?


Le collectif des 39 ne restera pas inactif devant la gravité de la situation.


Il appelle toutes les forces vives de ce pays à se rassembler pour demander le retrait de ce projet.


Le temps presse : nous avons l’immense responsabilité d’organiser cette riposte ensemble.


Nous restons à l’écoute des propositions. Nous en ferons également. Bien cordialement à vous,
pour le Collectif des 39 :
 
Dr Mathieu Bellahsen, Selma Benchelah, dr Philippe Bichon, dr Hervé Bokobza, dr Loriane Brunessaux, Marie Cathelineau, dr Patrice Charbit, dr Franck Chaumon, dr Patrick Chemla, dr Guy Dana, dr Alexandra De Seguin, dr Roger Ferreri, dr Sarah Gatignol, Yves Gigou, dr Michaël Guyader, Serge Klopp, Émile Lumbroso, dr Paul Machto, Antoine Machto, Bénédicte Maurin, Simone Molina, Françoise Nielsen, Sylvie Prieur, dr Pierre Sadoul, dr Pedro Serra, dr Olivier Schmitt, dr Bruno Tournaire-Bacchini, dr Anne Tuffelli , Monique Vincent, dr Élie Winter.


Contacts :
Collectif des 39 : yglns39@orange.fr Dr Hervé Bokobza : 06 85 31 71 61 Yves Gigou : 06 60 48 98 84 Dr Paul Machto : 06 80 65 47 79
 
(Cette lettre a été envoyée à l'ensemble des associations concernées)

Message LA NUIT SECURITAIRE 


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