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Alzheimer : «La terrible impuissance des proches»
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Message Alzheimer : «La terrible impuissance des proches» 
Alzheimer : «La terrible impuissance des proches»

Le Figaro, 27/02/2009
Propos recueillis par Delphine de Mallevoüe

INTERVIEW - Des faits divers récents ont mis en lumière la détresse psychologique des familles.


Un homme de 85 ans, originaire de Castres (Tarn), a tué lundi, de deux balles dans la tête, son épouse qui souffrait des maladies d'Alzheimer et de Parkinson. Le couple avait fait un pacte stipulant que le mari devait mettre fin aux souffrances de sa femme puis se suicider pour qu'ils restent «unis à jamais». Des drames similaires s'étaient produits en 2007 et 2008. Psychiatre spécialiste du deuil anticipé (comas, Alzheimer…) et de l'accompagnement en fin de vie, le Dr Christophe ­Fauré explique ce geste extrême que redoutent de nombreuses familles.

LE FIGARO. - Dans ces drames qui se multiplient, le motif du quotidien devenu «insupportable» est souvent invoqué. Quelle est votre analyse ?
Dr Christophe FAURÉ. - Ces gestes sont toujours des réactions de détresse ultime de l'accompagnant qui, terrassé physiquement et psychologiquement par la charge et le changement de l'autre, veut en finir. C'est ce qu'on appelle le «burn out», un épuisement tel qu'il peut conduire à la dépression et, parfois, à des actes extrêmes. L'accompagnant se dit qu'en mettant fin aux souffrances de la personne malade, il mettra du même coup fin aux siennes, à sa terrible impuissance à venir en aide à l'être aimé. D'autant que, dans cette épreuve, il doit faire face à une immense solitude.

Dans ce cas, le couple était très entouré et très aidé…
L'abandon matériel n'est pas un facteur déterminant, c'est l'abandon émotionnel qui compte. En effet, la maladie d'Alzheimer a ce redoutable pouvoir de tuer la relation, ce qui contraint à faire le deuil de l'autre de son vivant. À l'intérieur, on porte en soi le souvenir de qui était l'autre pendant cinquante ans de mariage et, à l'extérieur, on voit une personne qui ne lui correspond pas du tout. Quelqu'un d'étranger qui, de surcroît, peut se révéler agressif. La personne est présente tout en étant absente. Ce décalage est donc souvent un argument pour passer à l'acte : puisque ce n'est plus elle, c'est logique qu'elle n'existe plus réellement.

Cette perte d'identité du conjoint ne remet-elle pas aussi en cause celle de l'autre, du couple ?
Le changement de personnalité du malade entraîne la crise identitaire de l'accompagnant. Et donc du couple, dont il faut alors aussi faire le deuil. Or, la compagne ou le compagnon est dépositaire de l'histoire de l'autre. Qui se souvient dans ces ménages souvent âgés, à part eux-mêmes, de qui ils étaient autrefois, de leur vécu ? Cette absence de témoin d'une vie est un sentiment insupportable.

Comment faire le deuil d'une personne en vie ?
Cela demande un effort colossal, car c'est extrêmement culpabilisant. Pour autant, ce n'est pas quelque chose que l'on décide consciemment. C'est un ajustement qui se fait automatiquement lorsqu'on commence à ressentir la perte du lien. En tout cas, il est impératif de continuer d'être présent pour éviter les après décès douloureux où l'on se reproche de l'avoir abandonné.

http://www.lefigaro.fr/sante/2009/02/27/01004-20090227ARTFIG00332-alzheimer…


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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