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TAT
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TAT, Ecole française


Pour une présentation, voir ici : http://questionspsy.leforum.eu/t908-Les-methodes-projectives.htm
Pour les sollicitations manifestes et latentes des planches, voir ici : http://questionspsy.leforum.eu/t910-TAT-sollicitations-manifestes-et-latent…
Pour la feuille de dépouillement, voir ici : http://questionspsy.leforum.eu/t911-Feuille-de-depuillement-TAT.htm
Pour des exemples cliniques, voir ici : http://questionspsy.leforum.eu/t2494-TAT-Cas-cliniques.htm


PASSATION


Effectuer un entretien clinique préalable, s’assurer de l’accord du sujet et fixer les rendez-vous nécessaires à la passation du test.

Consigne : « Imaginez une histoire à partir de la planche » (Brelet-Foulard et Chabert, 2003).

Matériel :

Tableau récapitulant l’ordre de présentation des planches en fonction du sexe et de l’âge du sujet (Brelet-Foulard et Chabert, 2003) :

N° Planche/
Sexe et âge
1
2
3BM
 45
6BM/
7BM
    
6GF/
7GF
8BM
 9GF10
11
12BG
13B
 13MF19
16
Homme
 X
 X X X X X  X  X X X X X X X
Femme
 X X X X X  X  X X X X X X X X
Garçon
 X X X X X X  X  X X X X  X X
Fille
 X X X X X  X  X X X X X  X X

Prise de note ad verbatim :

- Toutes les réponses du sujet, en respectant strictement ce qui est dit, ses commentaires, son comportement (posture, mimique) ;
- La durée de réponse pour chaque planche et le temps de latence qui s’écoule entre la présentation de la planche et la première réponse effective donnée par le sujet.



Dernière édition par Traviata le Ven 6 Mar 2009 - 19:39; édité 1 fois

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ANALYSE


On effectue d'abord une analyse planche par planche du protocole, en notant les procédés d'élaboration du discours à partir de la feuille de dépouillement et en repérant les problématiques soulevées par les planches.


PROCÉDÉS D'ÉLABORATION DU DISCOURS (Brelet-Foulard et Chabert, 2003)


Procédés de la série A (Rigidité) :


A1 : Référence à la réalité externe, au sens large, qui participe à la mise en place du récit et lui sert de cadre.

A1-1 : Description avec attachement aux détails avec ou sans justification de l’interprétation

Investissement du cadre perceptif, appui sur les détails (grand détail D ou petit détail Dd) de la planche. Une liste permet de différencier détails usuels et rares et de repérer les scotomes d'objets manifestes.

 Planche 1 :
D : un garçon, un violon

Dd : une table, un archet, une feuille de partition
 Planche 2 :
D : trois personnages : un homme, deux femmes
 
Dd : livre, charrue, cheval, la grossesse du personnage adossé à l'arbre, éventuellement le paysage du fond
 Planche 3BM :
D : un personnage, un objet posé par terre
 
Dd : un banc
 Planche 4 :
D : deux personnages au premier plan : un homme, une femme
 
Dd : un personnage au second plan
 Planche 5 :
D : un personnage, une femme
 
Dd : tout le mobilier, vase avec des fleurs, livre, bibliothèque, table, lampe, buffet
 Planche 6BM :
D : deux personnages : un homme, une femme
 
Dd : le chapeau tenu par l'homme, le tissu tenu par la femme
 Planche 6GF :
D : deux personnages : une femme, un homme
 
Dd : la pipe, le guéridon
 Planche 7BM :
D : deux personnages : deux hommes
 
Dd : la moue du jeune homme
 Planche 7GF :
D : deux personnages : une femme, une petite fille, un poupon
 
Dd : une table, un livre, un fauteuil, le regard de la petite fille, la position du poupon dans les bras de la petite fille
 Planche 8BM :
D : quatre personnages : un jeune homme au premier plan, un homme allongé au second plan, deux hommes penchés sur lui. Scalpel, fusil
 Dd : lumière
 Planche 9GF :
D : deux personnages : deux jeunes femmes. Vêtements, les vagues, la mer
 
Dd : objet tenu par le personnage du premier plan, arbre
 Planche 10 :
D : deux personnages
 
Dd : contraste blanc et noir, main
 Planche 11 :
D : éléments du paysage, précipice, pont, mur, route, rochers, groupe central, dragon, chute d'eau
 
Dd : pas de Dd
 Planche 12BG :
D : arbre, barque, cours d'eau
 
Dd : tonalité claire
 Planche 13MF :
D : deux personnages : un homme avec un bras devant le visage, une femme dénudée, un lit
 
Dd : le bras de la femme qui tombe, des livres, une table de nuit, une lampe de chevet, un tableau au mur, une chaise
 Planche 13B :
D : un personnage : un petit garçon, une maison
 
Dd : pieds nus, obscurité de l'intérieur de la maison, maison aux planches disjointes
 Planche 19 :
D : bateau, maison, fantômes, cheminée
 
Dd : fenêtres allumées, ombres, vagues
 Planche 16 :
D : carte blanche
 
Dd : pas de Dd

L'évocation des détails peut renvoyer à la réalité externe pour lutter contre l'émergence de la réalité interne, elle peut également servir à rationaliser ou refuser  l'interprétation proposée dans le récit. Elle peut néanmoins être mobilisée au service de la réalité interne et d'une conflictualité intrapsychique.

A1-2 : Précisions : temporelle - spatiale - chiffrée

Références concernant le temps, l'espace ou apportant des données chiffrées précises. Elles peuvent renvoyer à une mise à distance mais relèvent surtout d'une tentative de contrôle.

A1-3 : Références sociales, au sens commun et à la morale

Procédé qui permet d'aborder le conflit à l'abri de références communément admises et offre une solution de compromis entre principe de réalité et principe de plaisir.

A1-4 : Références littéraires, culturelles


Mise à distance permettant d'aborder le récit sur un mode tempéré et de négocier la pression conflictuelle sollicitée par la planche. Les sujets peuvent néanmoins utiliser ce procédé sans parvenir à se dégager de la problématique prégnante.

A2 : Investissement de la réalité interne, montrant la capacité du sujet à s'inscrire, même brièvement, dans le registre du jeu, du fictif, en gardant conscience d'interpréter.

A2-1 : Recours au fictif, au rêve

Mise à distance par insistance sur l'aspect imaginaire, fictif, du récit.

A2-2 : Intellectualisation

Mise à distance par une formulation abstraite, symbolique (titre, etc.), des conflits et affects évoqués. Le procédé peut être utilisé de façon extrême et couper la représentation de son substrat pulsionnel.

A2-3 : Dénégation

Tout en formulant un désir, une pensée, un sentiment... le sujet continue à s'en défendre en niant qu'il lui appartienne. Le procédé porte sur des représentations et des affects (réalité interne) et non sur la réalité perceptive (déni).

A2-4 : Accent porté sur les conflits intra-personnels - Aller/retour entre l’expression pulsionnelle et la défense

Procédé rendant compte de l'existence d'un conflit intrapsychique créé par des exigences internes contraires (sentiments et/ou désirs contraires, désirs et interdits...), par une opposition entre le désir et la défense (on cote dans le même temps la défense utilisée).

A3 : Procédés de type obsessionnel.

A3-1 : Doute : précautions verbales, hésitation entre interprétations différentes, remâchage

Précautions verbales : "peut-être", "cela pourrait être", "sans doute", "il me semble", "on peut imaginer", verbes au conditionnel, expressions qui permettent au sujet de ne pas s'engager.
Hésitation entre interprétations différentes : indécision dans le choix, le développement et/ou la solution du thème.
Remâchage : revenir continuellement sur le même éléments du thème, sans progression dans le récit, comme si la pensée s'enlisait.

A3-2 : Annulation

Déclarer nul et non avenu le conflit, évoqué dans une première proposition puis effacé sur un mode magique (dans un aller-retour entre expression pulsionnelle et défense).

A3-3 : Formation réactionnelle

Renversement de la pulsion en son contraire.

A3-4 : Isolation entre représentations ou entre représentations et affects - Affect minimisé

Nier explicitement ou ignorer le lien qui existe entre les éléments et/ou les personnages de l'image ou entre représentation et affect. Le procédé peut se manifester par des changements brusques dans le cours de l'histoire, l'absence d'évocation de lien entre les personnages, l'absence d'intégration des détails évoqués (objets/personnages perçus mais non utilisés), la minimisation des affects (ou l'absence d'affect) par rapport à la représentation à laquelle ils s'associent (dénuement, perte, destruction...).


Note :

- Les procédés A1 ("Référence à la réalité externe") et B1 ("Investissement de la relation") renvoient à des modalités de discours (rigide et labile) susceptibles d'être rencontrées dans toute forme d'organisation psychique.
- Les procédés A2 ("Investissement de la réalité interne") et B2 ("Dramatisation") font référence aux modalités d'expression du conflit intrapsychique, mais ne peuvent être considérés comme significatifs à eux seuls du fonctionnement névrotique.
- Les procédés A3 ("Procédés de type obsessionnel") et B3 ("Procédés de type hystérique") rendent compte de mécanismes typiquement présents dans le fonctionnement névrotique obsessionnel ou hystérique. Articulés à d'autres procédés A et B majoritaires, ils permettent de poser une hypothèse de fonctionnement névrotique obsessionnel ou hystérique.



Dernière édition par Traviata le Lun 2 Mar 2009 - 20:06; édité 2 fois

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Procédés de la série B (Labilité) :


B1 : Investissement de la relation.

Les procédés renvoient à un fonctionnement centré sur une relation d'objet dans laquelle et le sujet et l'autre sont différenciés. La relation sert de cadre aux projections tempérées de l'imaginaire qui soutiennent les récits en lien avec les sollicitations latentes.

B1-1 : Accent porté sur les relations interpersonnelles, mise en dialogue

Procédé qui participe à la mise en scène du conflit. Coter chaque fois qu'est évoquée une relation entre deux personnes ou qu'un dialogue s'instaure entre les personnages au cours du récit. Cet item peut aussi traduire des relations soutenues par la spécularité et le narcissisme ou voir sa dimension labile minimisée par l'association à l'inhibition (CI-2, "Anonymat").

B1-2 : Introduction de personnages non figurant sur l'image

Ce procédé rend compte de l'existence d'un espace psychique interne reconnu comme tel : prise de distance vis-à-vis de la réalité externe et jeu avec l'imaginaire.

B1-3 : Expression d'affects

Les affects sont en accord avec les sollicitations de la planche, dans un quantum maniable, avec maintien du lien représentation-affect.


B2 : Dramatisation.

Le monde interne du sujet est investi à l'instar d'une salle de théâtre où les conflits s'expriment. La distance entre réel et imaginaire est maintenue, de même que la conscience d'interpréter.
L'association de procédés B1 et B2 majoritaires aux procédés B3 montrant le recours à des défenses labiles permet de poser le diagnostic de névrose hystérique.

B2-1 : Entrée directe dans l'expression, exclamations, commentaires personnels, théâtralisme, histoire à rebondissements

Précipitation dans le discours concernant la situation perçue ou les sentiments éprouvés, mise en avant des affects dans une surenchère du représentant-affect au service du refoulement du représentant-représentation. Toute comparaison explicite entre la situation et l'expérience propre du sujet. Plaisir à mettre en scène les événements, utilisation de péripéties, détours, sans que les sollicitations latentes soient perdues de vue.

B2-2 : Affects forts ou exagérés

Affect exagéré mais congruent aux sollicitations latentes de la planche.

B2-3 : Représentations et/ou affects contrastés ; aller-retour entre désirs contradictoires

B2-3 associé à B1-1 et B1-2 rend compte de l'existence d'un conflit intrapsychique qui se joue sur un mode interpersonnel.
- Représentations et/ou affects contrastés : passage brusque d'un thème à d'autres manifestement opposés au premier - labilité du fonctionnement mental, ambivalence des sentiments et conflit entre des désirs portés par deux instances différentes. Représentation et affect peuvent être associés ou non, l'accent est porté sur l'éprouvé du sujet.
- Aller-retour entre désirs contradictoires : oscillation entre l'expression du désir et l'interdit (désirs soutenus par deux instances différentes).

B2-4 : Représentations d'actions associées ou non à des états émotionnels de peur, de catastrophe, de vertige

L'accent est mis sur un agir corporel dans un mouvement théâtral et souvent érotisé. Le corps est investi par la pulsion libidinale comme porte-parole du désir. Affects forts et dramatisation sont associés dans des récits témoignant d'un fort investissement de l'action.


B3 : Procédés de type hystérique.

Modalités défensives typiquement hystériques.

B3-1 : Mise en avant des affects au service du refoulement des représentations

Refoulement des représentations chargées d'un fort investissement libidinal et frappées d'interdit par l'instance surmoïque. Le sujet se défend de savoir, s'interdit l'accès au fantasme, en investissant l'affect et en l'utilisant comme écran.

B3-2 : Erotisation des relations, symbolisme transparent, détails narcissiques à valeur de séduction

Erotisation des relations interpersonnelles, même à des planches dont les sollicitations latentes ne suggèrent pas cette problématique.
Évocation de représentation comportant un double registre de significations : en deçà du contenu manifeste et à l'insu du sujet, le contenu latent est connoté d'érotisme (sexualité latente et symbolisation comme capacité de déplacement d'une représentation à une autre).
Les détails narcissiques renvoient à l'accent porté sur des détails physiques et esthétiques des personnages (corps, vêtement, parure...), connotés positivement ou négativement, dans un contexte de relation objectale dont ils traduisent la dimension séductrice.

B3-3 : Labilité dans les identifications

Capacité à s'identifier tantôt à un personnage et tantôt à un autre, selon des mouvements rapides, sans préférence, mais sans que soient perdues la subjectivité et l'unité du moi. Ce procédé peut aussi se traduire par une hésitation sur le sexe et/ou l'âge des personnages, l'identité restant assurée.


Note :

- Les procédés A1 ("Référence à la réalité externe") et B1 ("Investissement de la relation") renvoient à des modalités de discours (rigide et labile) susceptibles d'être rencontrées dans toute forme d'organisation psychique.
- Les procédés A2 ("Investissement de la réalité interne") et B2 ("Dramatisation") font référence aux modalités d'expression du conflit intrapsychique, mais ne peuvent être considérés comme significatifs à eux seuls du fonctionnement névrotique.
- Les procédés A3 ("Procédés de type obsessionnel") et B3 ("Procédés de type hystérique") rendent compte de mécanismes typiquement présents dans le fonctionnement névrotique obsessionnel ou hystérique. Articulés à d'autres procédés A et B majoritaires, ils permettent de poser une hypothèse de fonctionnement névrotique obsessionnel ou hystérique.



Dernière édition par Traviata le Mar 3 Mar 2009 - 11:50; édité 2 fois

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Message TAT 
Procédés de la série C (Évitement du conflit) :


CF : Surinvestissement de la réalité externe.

Massifs, ces procédés traduisent un fonctionnement opératoire, avec interruption plus ou moins importante de la circulation entre conscient et inconscient. Utilisés de façon discrète, ils mettent l'accent sur des défenses factuelles inscrites dans un autre registre.

CF-1 : Accent porté sur le quotidien, le factuel, le faire - Référence plaquée à la réalité externe

Récits portant sur des faits, des actes, des événements de la réalité quotidienne, dans un contexte banalisé. Le matériel présenté ne semble susciter aucune résonance fantasmatique. On peut constater un agrippement à un ou plusieurs éléments objectifs de la planche, dans un récit marqué par la restriction et l'absence de conflictualisation.

CF-2 : Affects de circonstance - Références à des normes extérieures

Affects dictés par la bienséance, destinés à pallier la défaillance des éprouvés internes. Les interdits n'émanent pas d'un surmoi intériorisé et le désir du sujet n'est pas pris en compte.


CI : Inhibition.

Elle peut porter sur différentes modalités du fonctionnement psychique : le conflit, les affects, les représentations, les processus de pensée...

CI-1 : Tendance générale à la restriction (temps de latence long et/ou silences importants intra-récits, nécessité de poser des questions, tendance refus, refus)

Conduite psychique consistant à éviter d'aborder ou de développer le conflit. Dans un contexte névrotique (associé à A2/B2), ce procédé renvoie au refoulement de l'impact fantasmatique du matériel. Dans un contexte psychotique, (associé à la série E), ce procédé renvoie au processus de rupture des liens associatifs (déni ou désinvestissement des liens existant entre réalité interne et réalité externe ainsi que de l'impact fantasmatique suscité par le matériel). Dans un contexte d'état limite, (associé à la série C), ce procédé peut s'inscrire dans l'une ou l'autre des propositions précédentes et/ou s'apparenter à un mouvement de retrait dépressif.

CI-2 : Motifs des conflits non précisés, banalisation, anonymat des personnages

Le sujet laisse dans le vague les raisons des actes ou les relations des personnages entre eux, il peut interpréter la planche d'une façon très anodine, pratiquement sans évoquer le conflit, mettre en scène des personnages dépourvus de statut familial ou social.

CI-3 : Éléments anxiogènes, suivis ou précédés d'arrêt dans le discours

Procédé qui révèle de façon plus spécifique un processus phobique, que l'on trouve en particulier aux planches sollicitant des représentations archaïques chargées d'angoisse (11 et 19).


CN : Investissement narcissique.

Surinvestissement narcissique de l'image de soi, qui a pour effet de reléguer les objets environnants au rôle de figurants exclusivement investis pour renforcer l'image défaillante du sujet.

CN-1 : Accent porté sur l'éprouvé subjectif - Références personnelles

Description fine et nuancée des affects, des traits de caractère, des expériences vécues par l'un des protagonistes de l'histoire. Le sujet met en scène un personnage qu'il surinvestit comme représentation de lui-même, de façon positive ou négative. Le sujet peut aussi raconter l'histoire en son nom propre (dégagement de la consigne). La représentation de soi suppose une auto-centration excluant l'autre de l'investissement sexualisé.

CN-2 : Détails narcissiques - Idéalisation de la représentation de soi et/ou de la représentation de l'objet (valence + ou -)

Les détails narcissiques ont pour fonction d'assurer le repérage identitaire et la différenciation sujet/objet dans la relation à l'autre et non de séduire par un mouvement d'investissement libidinal (équivalent des réponses "peau" au Rorschach). L'idéalisation de la représentation de soi renvoie à la représentation positive ou négative d'un "soi" et/ou d'un objet perçu comme idéalement bon, puissant, beau, ou le contraire.

CN-3 : Mise en tableau - Affect titre - Posture signifiante d'affects

L'ensemble de ces procédés renvoie aux tentatives d'inhibition pulsionnelle par l'immobilisation dans des scènes ou par la négation des perceptions internes et des affects. Le figement temporel répond au figement pulsionnel entravant l'accès au conflit intrapsychique.
Posture signifiante d'affects : la position du corps traduit l'affect. Celui-ci semble éprouvé à la périphérie de la psyché et non au-dedans, ce qui constitue une mesure de protection par rapport à l'impact émotionnel. L'affect est reconnu mais se trouve repoussé au niveau de l'enveloppe externe.

CN-4 : Insistance sur les limites et les contours, et sur les qualités sensorielles

Investissement de l'enveloppe corporelle et renforcement de la frontière dedans/dehors par l'accent porté sur la délimitation d'un espace ou sur des qualités sensorielles.

CN-5 : Relations spéculaires

Récit ou séquence dans lesquels les personnages sont en relation symétrique et apparaissent identiques, comme dans un miroir. Ce procédé renvoie à la négation de la différence intersubjective et permet l'évitement du conflit. L'autre n'est plus source de stimulation pulsionnelle mais sert l'investissement narcissique.



CL : Instabilité des limites.

Procédés qui témoignent d'une organisation marquée par la dépendance à l'objet externe, le surinvestissement des limites entre soi et l'autre et le vacillement de ces limites, ainsi que par l'hétérogénéité du fonctionnement susceptible de sous-tendre le clivage. Ils rendent aussi compte de modalités relationnelles caractéristiques et d'une pensée tolérante aux processus primaires.

CL-1 : Porosité des limites (entre narrateur/sujet de l'histoire ; entre dedans/dehors...)

Fragilité des frontières entre dedans et dehors, et brouillage des limites entre soi et l'autre (entre narrateur et sujet de l'histoire). Procédé qui peut être sous-tendu par un mécanisme d'identification projective.

CL-2 : Appui sur le percept et/ou le sensoriel

Dépendance aux objets externes, mise en avant pour pallier les défaillances de l'intériorisation des objets internes (proche de CF-1).

CL-3 : Hétérogénéité des modes de fonctionnement (interne/externe ; perceptif/symbolique ; concret/abstrait...)

Le défaut de différenciation des espaces internes entraîne la juxtaposition de modes de fonctionnement hétérogènes, voire antagonistes, caractéristiques essentielles des cas limites. Procédé très sollicité lorsque le sujet n'est pas en mesure de prendre en charge des mouvements pulsionnels internes violents ou des affects dépressifs.

CL-4 : Clivage

Il peut s'agir d'un clivage de l'objet ou d'un clivage du moi, qui apparaît dans la différence de traitement d'une problématique d'une planche à l'autre (osciller, face à l'œdipe, entre liaison et désintrication des mouvements pulsionnels...).


CM : Procédés anti-dépressifs.

Modalités défensives mobilisées pour éviter la construction de scénarios de perte et l'évocation d'affects dépressifs déterminés par l'angoisse de perdre l'amour de la part de l'objet. Ces procédés peuvent aussi soutenir des mouvements proches du déni ou, à l'opposé, de l'humour comme mécanisme défensif.

CM-1 : Accent porté sur la fonction d'étayage de l'objet (valence + ou -) - Appel au clinicien

L'objet se définit essentiellement à travers sa fonction d'étayage et de support. Ce procédé peut sous-tendre une lutte contre l'érotisation ou l'agressivité dans les relations et/ou une défense contre une angoisse de perte d'objet anaclitique.

CM-2 : Hyperinstabilité des identifications

Le défaut d'inscription psychique de la perte aboutit à des prises de positions identificatoires multiples et instables, dont témoigne le passage labile dans le récit d'une place à une autre. La nécessité d'occuper tous les rôles à la fois, pour ne pas risquer de perdre une seule place, peut entraîner un flou dans les identifications et/ou une surenchère des caractéristiques labiles à valeur antidépressive.

CM-3 : Pirouettes, virevoltes, clin d'œil, ironie, humour

Pirouettes et virevoltes relèvent du retournement maniaque, tandis que le clin d'œil au clinicien tend à nier la différence avec lui et l'altérité. L'ironie réussit, en liant la charge agressive associée au renoncement, à donner une solution plus satisfaisante au sujet. L'humour permet enfin au sujet de dépasser sa propre souffrance dans une élaboration plus large.


Note :

La série C permet de mettre en évidence des procédés du discours qui relèvent de pathologies ou de problématiques spécifiques en lien avec l'évitement du conflit intrapsychique. Utilisés de façon ponctuelle et provisoire, ils soulignent le recours à des défenses qui ne s'inscrivent pas nécessairement dans une problématique de fonctionnement limite (ils peuvent par exemple signaler une problématique narcissique sous-jacente à une problématique principale d'ordre névrotique).



Dernière édition par Traviata le Ven 6 Mar 2009 - 12:14; édité 2 fois

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Message TAT 
Procédés de la série E (Émergences des processus primaires) :


E1 : Altération de la perception.

E1-1 : Scotome d'objet manifeste

Il n'y a pas de déformation du réel mais manipulation du perçu à des fins défensives, pouvant soit s'apparenter au déni, soit sous-tendre le refoulement.

E1-2 : Perception de détails rares ou bizarres, avec ou sans justification arbitraire

Ce procédé peut survenir dans des protocoles gravement désorganisés. Les détails peuvent prendre une allure bizarre lorsqu'ils sont investis d'une charge projective qui rend leur signification hermétique. La justification arbitraire correspond à l'une des expressions des liens arbitaires existant entre les pensées et signalant le maintien de la liaison au sein d'un fonctionnement en processus primaire.
Certaines perceptions rares et très fines, non arbitraires, peuvent s'inscrire dans un contexte obsessionnel.

E1-3 : Perceptions sensorielles - Fausses perceptions

Déformation de la réalité perceptive sous l'impact de la projection.
Perceptions sensorielles : le sujet est renvoyé de façon massive à une réalité à laquelle il adhère sans distance et sans appui sur la réalité manifeste.
Fausses perceptions : altération des éléments manifestes de la planche.

E1-4 : Perception d'objets détériorés ou de personnages malades, mal formés

Le percept est déformé par la projection du négatif (révélant généralement une représentation de soi atteinte dans ses fondements identitaires).


E2 : Massivité de la projection.

E2-1 : Inadéquation du thème au stimulus, persévération, fabulation hors image, symbolisme hermétique

Les sollicitations manifestes et latentes ne sont pas vraiment prises en compte et se trouvent mises de côté au profit d'une fantasmatique ou d'une thématique sans lien avec elles.
La persévération fait référence à la compulsion de répétition et prend des valeurs différentes selon qu'elle s'inscrit dans un registre névrotique (aller-retour entre expression pulsionnelle et défense) ou psychotique (prégnance d'un fantasme massif en lien avec la destruction ou la sexualité, qui peut faire supposer l'existence d'un mouvement délirant).
La fabulation hors image rend compte de la diffluence de la pensée et de la perte des repères logiques sous la pression de la projection.
Dans le symbolisme hermétique (considérations métaphysiques...), le discours du sujet n'est plus partageable avec autrui et appartient au sujet seul.

E2-2 : Évocation du mauvais objet, thèmes de persécution, recherche arbitraire de l'intentionnalité de l'image et/ou des physionomies ou attitudes. Idéalisation de type mégalomaniaque

La projection est sous-tendu par une dimension interprétative. Le mauvais objet peut apparaître indépendamment d'un thème de persécution. La recherche arbitraire de l'intentionnalité de l'image (significations et buts cachés...) est particulièrement présente dans les protocoles de sujets paranoïaques. L'idéalisation de type mégalomaniaque relève de la projection massive, sans distance, d'une image de soi ou de l'objet grandiose et infaillible.

E2-3 : Expressions d'affects et/ou de représentations massifs ; expressions crues liées à une thématique sexuelle ou agressive

Ce procédé renvoie à une perte de distance marquée par la projection, voire par l'identification projective. Il peut avoir une valeur de décharge pulsionnelle ponctuelle et surmontable ou conduire à un débordement de plus en plus important, accompagné d'autres procédés E.


E3 : Désorganisation des repères identitaires et objectaux.


E3-1 : Confusion des identités, télescopage des rôles

A minima, il s'agit de l'utilisation de pronoms personnels qui entraînent une confusion, ce qui peut relever de modalités de fonctionnement variées. Massivement, les personnages du récit sont confondus et le maintien de l'identité subjective est remis en question.

E3-2 : Instabilité des objets

Elle renvoie à l'instabilité de l'identité. Le sujet semble investir très faiblement les objets sans s'attacher plus spécifiquement à l'un ou à l'autre. Les objets semblent équivalents, interchangeables, ce qui évoque le défaut de permanence des bons objets : tout semble mis sur le même plan.

E3-3 : Désorganisation temporelle, spatiale ou de la causalité logique

Quand il est massif, ce procédé s'inscrit dans un fonctionnement psychotique assez clair. La désorganisation temporelle et spatiale renvoie à la perte des repères internes. La désorganisation de la causalité logique révèle le défaut de pertinence du lien entre une pensée ou un acte et sa conséquence.


E4 : Altération du discours.

E4-1 : Troubles de la syntaxe, craquées verbales

Perturbation de la phrase qui marque la défaillance des processus secondaires sous l'impact du fantasme. Dans les fonctionnements psychotiques, les néologismes et autres bizarreries verbales soulignent la faillite de l'adhésion au sens des mots.

E4-2 : Indétermination, flou du discours

Le discours est vague, noyé et renvoie à une infiltration du cours de la pensée par les processus primaires.

E4-3 : Associations courtes

Idées dépourvues de liens logiques entre elles, comme s'il manquait des chaînons associatifs, discours au caractère décousu.

E4-4 : Associations par contiguïté, par consonance, coq-à-l'âne

Propos d'allure maniaque, relevant de la précipitation des pensées ou de la fuite des idées.


Note :

Ces procédés ne sont pas toujours le signe de modalités de type psychotique, ni de désorganisation de la pensée ou de l'identité - ce sont leurs dimensions quantitative et qualitative qui permettent la distinction entre les émergences en processus primaires nourrissant transitoirement les associations et les émergences envahissantes mettant en évidence un moment de désorganisation ou un fonctionnement psychotique.
La présence ponctuelle du processus primaire rend compte d'une souplesse de fonctionnement du préconscient (l'absence totale de E peut donc témoigner en faveur de modalités de fonctionnement pathologiques). En revanche, plus les émergences en processus primaire s'avèrent quantitativement importantes, plus le moi se révèle fragile.
L'absence totale ou quasi totale de E et la présence exclusive ou quasi exclusive de CF caractérisent certaines modalités de fonctionnements psychotiques chronicisés surinvestissant l'accrochage descriptif d'une réalité externe pulsionnellement désertée.





Dernière édition par Traviata le Ven 6 Mar 2009 - 18:40; édité 3 fois

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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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SYNTHÈSE


On regroupe les procédés utilisés, en appréciant l'organisation défensive privilégiée, et on remplit la feuille de dépouillement en tenant compte de la fréquence de leur apparition et de leur poids associatif.


Approche quantitative

Chaque item est pondéré et, selon son importance psychopathologique, coté ainsi :
- présent : +
- fréquent : ++
- massivement utilisé : +++

Le nuage de croix permet de repérer le poids de certains procédés, leurs répartitions, les circulations entre les différents registres...


Approche qualitative

Il s'agira d'apprécier l'éventail des procédés utilisés, leur nature et leurs articulations, de dégager les mécanismes de défense et les conduites psychiques sous-jacentes et de les interpréter en termes psychopathologiques.


Élaboration du discours

Il s'agira de prendre en compte :
- Le mode de construction des récits
- L'éventail des procédés et leur articulation
- Le lien et les écarts entre affects et représentations
- La résonance fantasmatique aux sollicitations latentes du matériel
- Le poids des mobilisations défensives


Problématiques

Apprécier la capacité à élaborer les problématiques que suggèrent les planches à travers le discours transmis au clinicien et la dynamique imprimée par la chronologie de la passation, dans le sens d'un travail de liaison ou de déliaison des représentations et des affects.


Hypothèses concernant l'organisation psychique

Les éléments différentiels suivants sont pris en compte :
- La qualité des processus associatifs
- La répartition des investissements narcissiques et objectaux
- La capacité d'élaboration des conflits

L'appréciation fine de l'organisation permet d'affiner le diagnostic, d'envisager le pronostic, les modalités de la prise en charge thérapeutique et les possibilités de changement.


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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BIBLIOGRAPHIE


ANZIEU, D. et CHABERT C. (1983). Les méthodes projectives. Paris : P.U.F.
AZOULAY, C. et EMMANUELLI, M. (2000). La feuille de dépouillement du TAT : nouvelle formule, nouveaux procédés. Psychologie clinique et projective, 6, 305-327.
BRELET-FOULARD, F. et Chabert, C. (2003). Nouveau manuel du TAT. Approche psychanalytique. Paris : Dunod.
CHABERT, C. (1998). Psychanalyse et méthodes projectives. Paris : Dunod.
MURRAY, H.A. (1943). Manuel du Thematic Apperception Test, Cambridge, trad. fr., Paris : Centre de psychologie appliquée, 1950.
SHENTOUB, V. et al. (1990). Manuel d'utilisation du TAT. Approche psychanalytique. Paris : Dunod.


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message TAT 
Bonjour à tous, je suis jeune diplômée et aurait besoin de conseils par rapport a un protocole de CAT et TAT que j'ai fais passer. Quelqu'un aurait il le courage de me donner qlqs indications par rapport aux éléments que j'ai observé? Je vous remercie. sourire

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Message TAT 
il me serait difficile de te proposer mon aide, mes souvenirs du TAT remontent à la fac et je moi même confronter à en faire passer un à un patient, dur dur de se remettre dans le bain. mais cela reste un médiateur relationnel assez intéressant.

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Message TAT 
Merci beaucoup pour ces informations ! Très utile et accessible.

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Message TAT 
Bonjour, merci pour ce cours très complet. Par contre les liens en début de post ne fonctionnent pas. J'arrive sur des pages vides. Te serait-il possible de remettre ces contenus en ligne?

Message TAT 


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