Questions Psy Index du Forum
S’enregistrerRechercherFAQMembresGroupesConnexion
Répondre au sujet Page 1 sur 2
Aller à la page: 1, 2  >
un de mes textes
Auteur Message
Répondre en citant
Message un de mes textes 
Coucou !

Voici mon premier texte écrit en 94 à une période où ça n'allait pas fort. Auparavant, je ne pouvais écrire que des poèmes. Il fait 2 pages dactylographiées, et pour le moment, je ne retrouve pas la 2ème page... Comme je ne peux pas faire de copier-coller, je vous le livre en plusieurs épisodes. En espérant retrouver la 2ème page entre-temps...

____________________________________


Pendant les vacances, j'ai recontré un homme. Quelques jours après votre départ. Je suis allée à Tours, et comme à l'habitude, j'ai fait un saut à la FNAC, puis j'ai retrouvé ma petite librairie, calme et mystérieuse. J'aime cette librairie comme un lieu sacré qui attire et fait trembler. A cause du tremblement qui, je sais, me saisira dès l'entrée, je marche avec appréhension vers elle. Pourtant, je sais qu'au fond de moi, j'ai toujours recherché des lieux, des personnes, des situations, qui sauront provoquer cette agitation intérieure. La FNAC n'est peut-être qu'un moyen pour mieux ressentir ce que j'attends là-bas: un certain silence, profondément ému... par des voix qui tremblent. Encore.

Quand je suis arrivée, la porte était ouverte. Je ne sais si j'éprouvais du soulagement, toujours est-il que j'entrais beaucoup plus facilement qu'à l'ordinaire. A sentir les bruits de la ville, on est encore un peu dehors, prisonnier d'un monde qui bouge n'importe comment. Mais cette fois-ci, je crois que je remerciais secrètement les voitures, les bruits de pas, les cris des enfants pour avoir adouci ce fameux passage, dont j'aime, à l'abri des regards, sentir la brutalité, et que j'aimerais tellement partager avec un homme.

Je ne fis que passer devant le libraire. Je voulais juste rejoindre le sous-sol, plonger dans ce monde souterrain où attendent des livres. A mesure que je descendais, je ressentais combien un livre pouvait attendre... un simple regard qui se pose, puis repart, et parfois, une main qui s'avance. Se laisser glisser dans l'obscurité m'apparaissait alors comme la seule manière d'aller vers eux, de leur témoigner notre amour.

________________________________


La suite au prochain épisode !

Message Publicité 
PublicitéSupprimer les publicités ?


Répondre en citant
Message un de mes textes 
La suite !!




_________________
« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
Répondre en citant
Message un de mes textes 
Coucou Traviata, coucou à tous !

Bon, mon ordinateur a rendu l'âme il y a quelques jours... Je profite d'un petit séjour chez ma mère pour vous écrire (je suis en vacances pour 15 jours !). Ca va . Par contre, j'ai oublié d'emmener mon texte (et je n'ai toujours pas retrouvé la 2ème page... Je ne suis pas très ordonnée...). Je vais voir si j'avais donné un exemplaire à ma mère.

Une petite anecdote. Au travail, avec une collègue, nous essayons d'apprendre à un résident autiste des mots ou phrases par gestes. Nous lui avons appris à dire " j'ai faim " (geste sur le ventre), "je t'aime" (baiser envoyé à quelqu'un), et "tu es fou" (mouvement de l'index sur la tempe). Jusqu'à présent, il n'exprimait rien de lui-même mais uniquement lorsque nous lui en faisions la demande. Mais récemment, alors qu'il s'agitait, ma collègue lui dit en riant: "ouh, je vais te mettre par terre!" (sa grande peur est de tomber). Et là, à notre surprise, il a ri, a regardé ma collègue, et lui a fait le signe: "tu es folle ". On a bien rigolé...  Depuis il éprouve un grand plaisir à faire ce geste quand nous (les soignants) chahutons...

Répondre en citant
Message un de mes textes 
C'est ennuyeux ça l'ordi l'ordi qui rend son dernier soupir Confused
On attendra un peu pour la suite. Mais je l'attends quand même de pied ferme
Bon courage Iona, merci pour ton petit mot


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message un de mes textes 
C'est Okay  Iona avec le patient, félicitations !

Pour le pc, prends en un qui fasse les binettes .

Bonnes vacances




Répondre en citant
Message un de mes textes 
Oui, Dom. Je me demandais justement comment le choisir !

Répondre en citant
Message un de mes textes 
Tu précises au vendeur, "avec binettes"

J'ai hâte de te lire, j'aime bien le rapport sensuel que tu as aux livres, ça me parle beaucoup !


_________________
« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
Répondre en citant
Message un de mes textes 
      


 Coucou les gars, les filles !

 Ca y est j'ai mon nouveau PC qui fait les binettes ! J'ai pensé à vous quand je suis allée voir le vendeur. Il était très sérieux et je ne comprenais pas trop son jargon informatique. Je m'imaginais lui dire: "et autrement, il fait les binettes?". Bon, j'ai pas osé (chui timide!) mais j'aurais bien voulu voir sa tête...

Autre bonne nouvelle: j'ai retrouvé la 2ème page de mon texte. Ce soir, je vous envoie la suite et fin. Et j'aurai d'autres choses à aborder. Là, pas assez de temps.

A ce soir !

  Quel plaisir ces  binettes !

Répondre en citant
Message un de mes textes 
Citation:
Il était très sérieux et je ne comprenais pas trop son jargon informatique. Je m'imaginais lui dire: "et autrement, il fait les binettes?".

J'aurais aimé voir sa tête en disant ça Mr. Green


C'est plein de bonnes nouvelles Iona, un nouvel ordi et ta seconde page retrouvée. Vivement ce soir


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message un de mes textes 
Allez, suite et fin de mon texte !

           ________________________________________________



 J'étais en bas, dans cette petite pièce sombre, désaffectée, tellement silencieuse. Et me voilà moi, pénétrant une fois de plus dans ce silence assourdissant. Au milieu des livres, l'angoisse, la vie bouillonnante, l'absence de regard. J'ai envie de pleurer, ou plutôt de cogner. Pourquoi êtes-vous sur répondeur ?

 C'est difficile de poursuivre. J'en ai marre d'écrire, et je ne sais pas aborder le silence, le silence de votre répondeur. M'arrêter là. M'allonger. Oublier ce récit. Partir.

 Et une fois de plus, je retombe devant cette porte. J'ai dix ans. Je suis sauvage. Libre, je me dépense à perdre haleine. Prisonnière, je deviens statue. J'ai peur qu'on m'adresse la parole. Ma mère est tout pour moi.

 Aujourd'hui, et pour la première fois, mon père m'amène quelque part. C'est dimanche. Je crois qu'il y a cours de catéchisme mais je ne suis pas sûre. Il n'y a jamais eu cours ce jour-là. Arrivée sur les lieux, personne. Mon père m'indique pourtant la porte de l'église, et d'entrer là. Il démarre la voiture, puis repart.

 J'ai peur. La porte de l'église est énorme et terrifiante. Je n'ai jamais mis les pieds dans une église. Qu'y a-t-il de l'autre côté ? Souvent, j'ai l'image d'une porte qui n'ouvrirait sur rien. Le premier pas ferait tomber dans le vide, et comme un satellite égaré dans l'espace, je finirais ma vie, sans l'avoir commencée, en apesanteur.

 Finalement, j'ose ouvrir cette porte. La pièce est immense. Je ressens l'obscur, et au loin, l'habit blanc d'un homme qui parle. Le prêtre. Je m'asseois seule sur un banc. Très vite, une angoisse terrible me saisit: j'ai peur de ne plus pouvoir sortir de ce lieu. Le curé parle, et je ne comprends pas ce qui se passe. Pourquoi des enfants légèrement plus âgés que moi sont-ils ici ? A qui s'adresse-t-il ? Les enfants rêvent de ballons, de courses à vélo, les personnes âgés fixent leurs pieds.

 C'est la fin. Je ne parviens plus à réprimer mes sanglots. Des larmes coulent. Je commence à renifler. Disparaître, m'échapper de ce lieu. Et tout à coup, figeant mon angoisse, je sens qu'on me parle. Comme jamais. " Toi, là-bas, si tu viens ici pour pleurer tout le temps, tu peux t'en aller !". Aujourd'hui encore, je ne me souviens pas être sortie de ce lieu.

 Je suis là, sans être là. Je suis terriblement là, tout en étant ailleurs. Je suis là... mais je n'agis pas.

 Dans le sous-sol de la librairie, la pièce ne regarde pas les livres que, pourtant, elle abrite. Son silence est fermé... et les livres se referment sur des cris déchirants. Qu'ils se cognent la tête contre le vide ! Tel est leur châtiment. Prendre un livre, l'ouvrir.

                                 ____________________________________

Finalement, c'est plus long que je ne pensais. Je recopie la suite (et fin) demain. Promis !

Répondre en citant
Message un de mes textes 
Voilà la fin

                                                       ____________________________________

  Quelques  mots. Quelques mots seulement. Et dans ce silence, être moi. Pleinement. Mais une fois de plus, je m'arrête, et me tais. Au bord du silence.

  Me déchirer le corps. M'éventrer. Que les mots indéracinables s'éveillent à la lumière. Je veux la vie. Parler, créer, jouer de la guitare. Te révéler à moi sans périr foudroyée.;

  Je sais que tu es là. Laisse-moi. Je ne veux pas t'oublier. Je veux seulement puiser là où tu me manques, là où les mots défaillent. Ecrire enfin l'absence.

  La tension est à l'extrême limite du supportable... et les limites cèdent quand l'énergie se dresse. Et ces cris silencieux, à qui les faire entendre ? Pourquoi m'épargner ? Pourquoi me laisser toujours dans la menace, au bord de l'éclatement . Détruisez-moi. Je ne sais plus m'abstraire.

  Par extraordinaire, la pièce n'était pas totalement murée. Elle donnait sur une autre pièce, plus petite, mais tout autant chargée de livres. Je me précipite alors dans ce passage, et ressens d'emblée un relachement bien agréable. La pièce est calme, je suis calme. Et je n'oublie pas le but de ma présence: un livre. Nous ramener ensemble vers la lumière promise.

  Il est déjà trop tard. L'angoisse me saisit. Je vais d'une rangée à l'autre sans que jamais ma main ne s'ouvre. Alors je me détourne, maudissant mon silence, quand, surgi de nulle part, un homme s'approche de moi.

  Il m'a tendu un livre, m'a souri légèrement. Alors j'ai regardé le livre.


                                                       
                                                                THE END !

 Voilà c'est le 1er texte que j'ai pu écrire. Avant rien ne sortait et c'était douloureux à vivre. Alors, malgré tous ses défauts, il comptera toujours pour moi.

Répondre en citant
Message un de mes textes 


Il est très beau, malgré tous les défauts que tu lui trouves ! On ressent vraiment cette tension, et la libération de la fin est superbe, une main tendue, un livre, que rêver de plus !
J'aime beaucoup, sincèrement


_________________
« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
Répondre en citant
Message un de mes textes 
 Merci Traviata ! Je ne sais pas si je devrais dire ça mais en écrivant la fin je me suis moi-même émue ! Je me demande même si je n'ai pas pleuré... Et un truc étrange, peu de temps après avoir écrit ce texte...Je me baladais dans une brocante et m'étais arrêtée à ... un stand de livres. J'avais trouvé un tome de Guerre et paix et cherchais l'autre tome quand je me suis aperçue qu'un homme avait dans ses mains le tome qui me manquait. Comme je suis une fille sympa (!), je lui ai donné celui que j'avais trouvé et qui, donc, lui manquait. Il m'a remerciée, m'a regardé comme s'il allait me dire quelque chose. Bon, rien n'est sorti. Mais 15mn plus tard, il est revenu au même endroit (où je me trouvais toujours) et m'a tendu un livre en me disant simplement : "c'est pour vous". Ca m'a fait un drôle d'effet !

 à toi, Traviata

Répondre en citant
Message un de mes textes 
Je le trouve vraiment très émouvant Iona. Tu as un vrai talent pour faire passer des émotions, c'est rare un texte qui me touche comme le tien.



_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message un de mes textes 
J'ai beaucoup aimé moi aussi Iona. Je me suis sentie "embarquée" dans tes émotions et même si c'est poignant, la fin est porteuse d'espoir et libératrice, alors ça me va, ça me touche en profondeur...je sens beaucoup de sensualité également.
merci Iona



_________________
Je me mis enfin à réfléchir, c'est à dire à écouter plus fort.
( Samuel Beckett)
Message un de mes textes 


Montrer les messages depuis:
Répondre au sujet Page 1 sur 2
Aller à la page: 1, 2  >
  


Portail | Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation