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La psychologie améliore les résultats des «mauvais élèves»
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La psychologie améliore les résultats des «mauvais élèves»

Le Figaro, 17/04/2009
Yves Miserey

En travaillant sur l'estime de soi, des chercheurs ont amélioré les notes d'étudiants noirs, victimes du préjugé selon lequel les Afro-Américains sont moins intelligents que les Blancs.


En France, on considère que les femmes sont moins douées en maths et dans les disciplines scientifiques que les hommes. C'est faux, bien sûr. Depuis une dizaine d'années, des expériences ont montré en réalité que ce préjugé a des effets ravageurs, et qu'il diminue leurs résultats et peut même les conduire à se détourner de ces disciplines. De même, aux États-Unis, on sait que le cliché selon lequel les écoliers d'origine européenne seraient plus intelligents que ceux d'origine africaine, diminue les performances de ces derniers. Toutes ces études montrent la même chose : les performances cognitives des individus ne dépendent pas seulement de leurs aptitudes personnelles, mais elles peuvent aussi être conditionnées par des stéréotypes sociaux, sexistes ou racistes. Les préjugés de ce type sont inhérents à nos sociétés mais ils n'ont rien d'une fatalité. Une étude publiée vendredi dans la revue Science démontre, en effet, que l'influence négative de ces stéréotypes peut être levée en renforçant l'estime de soi des personnes qui en sont les victimes. Et qu'elles peuvent s'en libérer en dressant par écrit la liste des principales qualités intellectuelles qu'ils estiment posséder. Cela peut surprendre mais ça marche très bien.

Une mécanique de l'échec

En 1995, Claude Steele et Joshua Aronson, deux chercheurs de l'Université de Stanford, ont été les premiers à démontrer les ravages de ce qu'ils ont appelé la «menace du stéréotype». Pour mettre en évidence cette mécanique de l'échec, ils ont constitué deux groupes d'étudiants comprenant autant de Noirs que de Blancs. Ils ont ensuite soumis ces deux groupes à un même test d'évaluation cognitive, mais en le présentant de manière différente aux deux groupes. Au premier, ils ont expliqué qu'il s'agissait d'un test destiné à mesurer l'intelligence et qui met donc en jeu le préjugé de l'intelligence supérieure supposé des Blancs. Au second, d'un test visant seulement à étudier les mécanismes de fonctionnement du cerveau.

Dans le premier groupe, les deux chercheurs ont constaté que les Noirs avaient obtenu de moins bons résultats que les Blancs. Au contraire, dans le deuxième groupe où il n'était pas question du stéréotype, les résultats des Noirs étaient identiques à ceux des Blancs. Ils tenaient ainsi la preuve que, lors d'un examen ou d'un exercice d'évaluation, le fait d'être la cible d'un stéréotype négatif déclenche un stress qui paralyse ceux qui en sont la victime. Ceux qui ne sont pas stigmatisés, en revanche, n'ont pas ce genre de difficultés. «Les cibles du stéréotype ont peur de le confirmer et cette crainte capture une partie de leur attention», explique Isabelle Régner, du laboratoire de psychologie cognitive de l'université Aix-Marseille-1.

Depuis, l'expérience de Steele et Aronson a été répétée et vérifiée dans de nombreux pays. On a découvert à cette occasion que la «menace du stéréotype» est omniprésente et multiforme. Aux États-Unis où un préjugé tenace prétend que les Asiatiques sont meilleurs en sciences que les Blancs, des expériences ont montré que ces derniers obtenaient de mauvais résultats dans des tests où cette différence était spécifiquement évoquée.

La «menace du stéréotype» existe, comment la lever ? C'est le problème que l'équipe pilotée par Geoffrey Cohen, de l'université du Colorado, semble avoir en partie résolu, si l'on en croit l'étude publiée vendredi dans Science. Ils ont demandé à des étudiants noirs en difficulté de dresser à trois reprises le catalogue de leurs points forts dans leurs études. Deux ans plus tard, ces derniers avaient amélioré leurs résultats et leurs scores lors des tests. Pour les auteurs de l'étude, ils ont pris conscience de leur potentiel et évacué la «menace du stéréotype». Durant la même période, en revanche, des étudiants noirs de même niveau mais n'ayant pas effectué cet exercice d'estime de soi, ont vu leurs résultats s'effondrer.

http://www.lefigaro.fr/sciences/2009/04/16/01008-20090416ARTFIG00663-la-psy…


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Sur le même thème :

L'estime de soi et l'auto-affirmation, parents pauvres du système scolaire français

Le Figaro, 17/04/2009
Yves Miserey


En début d'année, les enseignants ont l'habitude de demander à leurs nouveaux élèves de remplir une fiche avec leur date de naissance, la profession de leurs parents, le métier qu'ils veulent faire plus tard, etc. Ils devraient aussi leur demander de dresser la liste des qualités qu'ils estiment avoir, sur le modèle de ce qu'a fait l'équipe pilotée par Geoffrey Cohen, de l'Université du Colorado. Car en démontrant que les effets bénéfiques de l'auto-affirmation s'exercent sur le long terme, les chercheurs américains ont assurément fait une vraie découverte.

Selon Isabelle Régner, du laboratoire de psychologie cognitive de l'université Aix-Marseille-1, il n'est pas nécessaire d'attendre avant de la mettre en pratique. Nombre de mauvais élèves manquant de confiance en eux et pas seulement ceux sous la «menace d'un stéréotype» comme dans l'étude américaine pourraient en bénéficier. «Cet exercice d'auto-affirmation est facile à mettre en place et il peut être présenté de manière tout à fait naturelle aux élèves, sans les perturber», souligne la chercheuse qui a étudié avec Pascal Huguet l'impact de la menace du stéréotype sur les performances en mathématiques des filles de classe de 6e et de 5e de l'académie d'Aix-Marseille. Cet exercice d'auto-affirmation a aussi l'avantage de n'avoir aucun impact négatif sur les bons éléments. Passionnée par la recherche fondamentale, Isabelle Régner, comme ses collègues, expose régulièrement les dernières avancées en psychologie sociale aux responsables de l'éducation nationale de la Région Paca (inspecteurs et conseillers pédagogiques en tête).

Un site Internet est entièrement consacré à la problématique de la «menace du stéréotype».

http://www.lefigaro.fr/sciences/2009/04/17/01008-20090417ARTFIG00342-l-esti…


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Dommage que le site soit en anglais. En tout cas c'est intéressant, je ne pensais pas que les influences puissent être autant marquées. Ca fait réfléchir sur la prise en charge des personnes issues de catégories particulièrement stigmatisées.


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Tu as un bon topo sur la menace du stéréotype ici : http://www.prejuges-stereotypes.net/espaceDocumentaire/gabarrot.pdf


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Ah oui, merci Traviata


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Message La psychologie améliore les résultats des «mauvais élèves» 
Redonner confiance en soi, ce n'est pas super évident, surtout lorsque les groupes humains s'écrasent souvent mécaniquement.
J'en fais l'experience tous les jours.
On suggere à l'autre finalement son infériorité par des tas de comportements subtils ou pas, conscients ou pas.

On juge à l'habit, au lieu de vie, aux loisirs, au statut socio économique, socio professionel, à la tete du client...

ça se passe comme ça aussi dans les classes.

et puis il y a l'identité aussi au stéréotype... je crois qu'on peut se mettre en echec scolaire, pour répondre aussi à un besoin d'identité par le stéréotype. Revendiquer son identité de cancre, c appartenir à un groupe parfois, et ne pas vouloir faire parti du groupe des bons élèves.
D'ailleurs dans les séries américaines, on montre toujours des groupes de génie, comme des gogoles.
Comme on montre le groupe des footballeur, pompom girl... comme les cancres mais qui sont populaires au sein du lycée.

EN fonction de ses notes, ses options etc, finalement on appartient à un groupe, parfois dans lequel on veut appartenir.

A voir, la série Malcom :-p, le petit génie qui se retrouve bien malgré lui, dans le groupe des tetes d'ampoules.


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Si il faut etre acteur de sa vie, je veux bien faire de celle ci, un spectacle ou chacun prendrait le masque qui lui convient.
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