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utilisation du mot dépression
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Message utilisation du mot dépression 
Est ce qu'on utilise un peu trop facilement ce mot pour dire que ça va mal ?

La dernière fois ou j'avais repris contact avec la psychologie (pour me faire suivre), le seul mot que j'ai trouvé à dire au psychiatre, c'est dire bon je v mal, c'est pour ça que je viens vous voir, je suis surement en dépression...

J'entends aussi un peu partout ce mot, à tout va, ça a remplacé le mot mélancolie, ou bilieux, terme que je vois dans mal de correspondance y a plus d'un siècle.

Encore maintenant, étans donné un certain état chronique chez moi, je v pas parler de mon tempérament psychasténique, ma démotivation parceque j'ai un mal fou à faire les choses, donc pour moi la facilité ça serait dire dépression.
Et pour que les gens comprennent aussi...
en meme temps j'ai pas l'air dépressive, puisque je suis assez souriante, j'aime bien me marrer, et chui parfois completement déchainé. Mais bon comment juste dire que ça va mal tout simplement, puisque j'ai l'impression que parfois pour etre pris au sérieux, il faut dire dépression...

C'est le mot que comprennent les gens. Et face à certaine situation, parfois faut bien que je me justifie, par ce fameux non faire.
Je v pas me mettre à expliquer mes tendances psychasténique... (perçu comme de la fainéantise)
Je v pas expliquer que je mets trois heures pour me réveiller, que pour sortir c'est tout un enclanchement cérébrale qui met parfois du temps...
Tout ce qu'on comprend, c'est dépression.

Sans nier la dépression, je trouve que beaucoup comme moi, font parfois le raccourcis, volontairement ou pas. Parceque c plus simple de dire, chui en dépression, plutot que j'ai un tempérament névrosé...

Je sais pas si je suis assez claire et si c très pertinent ce que je dis...

Bon vous me direz ça si vous intervenez...


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Si il faut etre acteur de sa vie, je veux bien faire de celle ci, un spectacle ou chacun prendrait le masque qui lui convient.
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Message utilisation du mot dépression 
Bonjour Minina,

Je trouve qu'on emploi souvent le mot dépression à toutes les sauces.
Un coup de blues à vite fait de devenir une dépression, et on ne peut plus tirer une tête de 6 pieds de long sans avoir envie d'épiloguer sur la raison, sans s'entendre dire qu'on a l'air dépressif.
Même les normes médicales s'y mettent, maintenant lors d'un passage difficile comme un deuil, si on est pas sur pied dans les semaines qui suivent, hop ça devient une dépression, enfin un deuil pathologique c'est pareil.

Donc forcément, le mot dépression se dissout dans tout ça.  Je comprends presque (enfin presque, hein !) qu'on puisse entendre des discours comme "j'ai fait une dépression, je me suis botté les fesses, et voila comment ça se soigne". Puisque la dépression c'est tout, c'est rien.

Moi je fais une vraie différence entre la dépression qui fait qu'on ne peut plus avancer, qu'on ne peut plus fonctionner, et le petit coup de mou qu'on connait tous un jour ou l'autre, plus ou moins marqué et plus ou moins souvent.

Pour la dépression contrairement à toi, moi je m'en suis caché dans la vraie vie et je n'évoquais que très rarement le mot. Et le peu que je l'ai dit, je me suis parfois entendu répondre "faiblesse", "cinéma" ou "bonne excuse" de la part des proches. Je suppose qu'évoquer la dépression ou l'état dépressif, on le fait en fonction des réactions qu'on obtient. Si on a une tolérance pour nos dysfonctionnements, on a peut-être plus tendance à évoquer la dépression.


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message utilisation du mot dépression 
ben oui mais bon, j'ai du mal à fonctionner, ou alors surtout j'ai un fonctionnement qui s'adapte pas trop aux nécessités de la vie, c'est pas un coup de mou que j'ai, c'est un état chronique, alors à des moments j'ai eu des moments de dépression, avec des périodes de pics on va dire, mais sinon c vrai que de toute façon, ça fait depuis plus de dix ans, que j'ai un comportement assez psychasténique.
Une difficulté à etre actrice de ma vie pour simplifier, je pense beaucoup à ce que je dois faire, mais pour agir, ça devient compliqué, c'est pas très spontané chez moi.
Je ne crie pas sur les toits que je suis dépressive, ça devient un mot plus facile à utiliser, si j'entre dans un discours de justification.
Puisque parfois, je suis qd meme perçue excusez moi du terme, mais une branleuse. Y a un moment qd tu fous rien de tes journées bon... faut donner une explication aux gens. Comment dire qu'en fait on va pas super, le raccourci que j'ai pris parfois, c'est ce mot : dépression. La première fois que je l'ai employé, ct sans trop conscience, devant un psy, vous savez le premier rdv, ou on vous dit, pourquoi venez vous...
Je me suis dis bon, faut que je me justifie pour qu'il me prenne... j'ai laché le mot dépression qui voulait juste dire dans ma tete, que ça va mal en langage psy...
Après qd j'ai eu un peu plus conscience du mot et de mon état aussi véritable, ça devenait un mot, un raccourci pour les gens qui me posent des questions, ou m'accusent directement ou indirectement de glandage...

APrès c vrai que comme tu dis, c tellement usité, que ça devient tout et rien à la fois.
Avec toute la suspition des simulateurs ou des déprimés (mais pas dépressifs) et des vrais dépressifs... les grands dépressifs non reconnu à cause de la trop grande facilité de l'emploi du mot...


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Message utilisation du mot dépression 
Il y a de bons et de mauvais aspects dans cette banalisation du terme.
D'un côté, c'est vrai que le fait que le mot de "dépression", devenu un peu fourre-tout, soit socialement accepté, permet aux personnes souffrant de problèmes psychiques de couper court aux explications et d'éviter la stigmatisation en le mettant en avant. De l'autre, le risque est évidemment de faire oublier ce qu'est une vraie dépression. On dit toujours que les généralistes prescrivent des antidépresseurs à des personnes qui n'en ont pas besoin et qu'en revanche les personnes réellement déprimées sont très mal suivies - même si c'est un peu exagéré, il y a probablement du vrai là dedans.

On a un peu le même phénomène avec les névroses. Dire que tout le monde est un peu névrosé (névrosé-normal selon l'expression) a permis de faire accepter socialement certaines manifestations de ces troubles, mais c'est aussi extrêmement trompeur, étant donné qu'une réelle organisation névrotique peut constituer un trouble très "grave", très handicapant.

Si bien qu'au bout d'un moment, l'effet se renverse et, de bénéfique, devient nuisible, quand quelqu'un de vraiment dépressif ou de vraiment névrosé s'entend dire "ben quoi, moi aussi j'ai la même chose et je m'en sors très bien !".


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message utilisation du mot dépression 
je crois le pire, c entendre du genre, ben fait du sport, ça ira mieux ! looool

faut se prendre en main ouaaaiiiii ! et puis bon ben c vrai qu'on est beaucoup dans le discours de la volonté de l'individu, ou le truc banale à dire c... plus on souffre plus on se forme... en fait selon certain tout serait une question de volonté.

Or justement, ce que je qualifierai pour moi mes moments dans ma vie, ou je pense avoir été en dépression (actuellement je ne crois pas l'etre), c'est justement un amoindrissement, un tarissement de la volonté.
On est jeté face à sa propre culpabilité de ne pas avoir assez de volonté.
Maintenant mon problème c surtout l'acte de volonté, j'ai une volonté assez amputé, qui me fragilise qd j'ai un coup dur dans la vie.

Sinon évidement, chui jamais vraiment rentré dans un tableau clinique de la dépression, comme par exemple les troubles du sommeil.

Mais c vrai que j'ai eu parfois le sentiment d'usurpation, par cette facilité de l'emploi du mot, en meme temps c parfois un raccourci très pratique. D'un autre coté pour les vrai dépressifs, je me demande toujours aussi l'origine de la dépression, meme si la dépression devient prévalente chez la personne à un moment donné de sa vie...

Enfin en tout cas c vrai que c chiant parfois ce manque de vocabulaire pour disons mieux expliquer ce qui nous arrive. Et parfois un mot peut plus percuté qu'un autre, par de mauvaises définitions.
C'est vrai que si je dis, je suis dépressive, ça parle plus souvent que je suis névrosée. D'un autre coté ce mauvais usage ne permet pas de mettre de justes mots sur ce qui nous arrive. Et j'ai eu ça devant un psy content


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Si il faut etre acteur de sa vie, je veux bien faire de celle ci, un spectacle ou chacun prendrait le masque qui lui convient.
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Message utilisation du mot dépression 
Ben moi le mot dépresssion me fait peur, en fait pour moi c'est un coup de massue : je suis dépressive, ce serait comme clore le bec à tout le monde avec une maladie qui fait peur, parce que mal connue, mal comprise... aujourd'hui c'est considéré comme une "vraie" maladie, donc ça clôt le bec, oui... ce qui n'empêche pas les gens de réagir avec mépris ou moquerie ou les fameux conseils de faire du sport etc... mais néanmoins, on entend "dépression" et les gens prennent un peu peur, c'est du sérieux.

j'aurais plutôt tendance à dire en rigolant "je suis un peu monomaniaque", ou "je suis légèrement obsédée" ou décrire des vérifications... ou dire "je suis pas très active", ou encore "je manque d'initiative"...

Bon il n'y a que deux amies à qui j'ai vraiment dit les choses, enfin à qui j'ai vraiment expliqué  ce qui fait mal,  et parfois en essayant d'utiliser un vocabulaire psy parce que cela permet de définir quand même...

Enfin bref, voilà, je dirais plus facilement "je suis névrosée" en rigolant que "je suis en depression". Justement parce qu'aujourd'hui, la névrose c'est un truc dont on peut parler avec légèreté, c'est passé dans le langage commun... être névrosé, c'est "normal".

Il est vrai que parfois je suis fatiguée d'entendre des gens parler de leur dépression avec tant de sérieux et tant de plaintes, quand en fait ils continuent de fonctionner, sport, amour, travail, vie sociale, coupe-tif, shopping, vacances et tout le toutim. J'accepte évidemment qu'on puisse souffrir énormément sans que cela se manifeste forcément sur tous ces aspects de la vie, mais bon des fois je me dis que les gens ne se rendent pas compte de l'impact de "ce que j'ai" sur ma vie...

C'est compliqué à expliquer de toute façon, ça paraît très vite un peu fumeux...

Et quand la télé s'en mêle en général c'est pire...

En réalité, si je me permettais de me plaindre un peu plus, peut être que je n'aurais pas cet agacement vis-à-vis de l'emploi du mot dépression à tout va, pour la moindre déprime etc

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Message utilisation du mot dépression 
ben disons une fois je m'étais posé ce genre de questions, sur une correspondance ou un mari donnait des nouvelles de sa femme, entre autre, il se plaint de sa mélancolie, ses humeurs, et que les bains etc etc n'arrangent pas osn état...
Bon déb du 18 e S, on plaint beaucoup l'aristocratie d'un nouveau fameux fléau...
je me dis ct leur jargon pour dire dépression, et nous nous avons un jargon aussi.

Mais c vrai qu'on ne peut parfois pas se passer d'un vocabulaire médicale pour parler de la souffrance.

ct mon sentiment qd je suis allé voir un psychiatre au CMP, on m'a dit bon que vous arrive t'il...
j'étais un peu démunis au niveau du choix des mots pour dire ce qui m'arrive, donc j'ai utilisé le mot très courant dépression.
ça n'a pas empeché le psychiatre évidement de poser des questions, pour que je toruve petit à petit mes mots, pour dire ce qui se passe. Et je me souviens à une séance, et je dois préciser aussi que j'avais quasiment zero notion en psycho, je lui ai dis alors docteur ça doit etre une dépression tout ça... il m'a fait un large sourire, en me disant, vous en avez les symptomes...

ce qui veut tout et rien dire à la fois loool

bon de toute façon il est claire que ce qui compte c ce que je décide de dire, les questions qu'on me pose sur moi, mon quotidien, mes envies, le passé, les projets...
les troubles on en parle pas, ou alors très vaguement.

EN tout cas l'histoire des mots, leur évolution me botte pas mal, et je sais que le jargon populaire, jargon professionel, change selon l'état des connaissances, de champs de recherche. D'ailleurs il me semble que la dépression était employé non pas pour identifier une pathologie autrefois, mais comme un adjectif.

L'emploi des mots en psycho je le trouve parfois, mal aisé, parceque c à la fois parler de soi, mais aussi de schéma, pour comprendre, ou faire comprendre, ou identifier...

Je ne sais pas trop quel est l'impact de parler de souffrances, d'états, en langage psychologique et pathologique...

Je crois qu'il y a cette nécessité, et puis le sentiment de se dire, qu'est ce qu'il y a de normale ou pas normale chez moi...
comme si ça nous donne un nouveau vocabulaire, une nouvelle perspective de sur comment on agit mécaniquement, comment on pense... en décortiquant ce qui est étudié finalement.

Je crois que l'homme veut des réponses, parfois sans non plus trop réfléchir, d'ou l'appropriation d'un langage scientifique, passant dans le langage commun, qui changera plus ou moins le sens. D'ailleurs meme entre scientifique, un meme mot peut avoir un sens différent selon la discipline, et une meme idée peut prendre un mot différent, meme si ça désigne la meme chose, mais les observations seront posés par des angles différents pour le meme objet.

Est ce qu'on doit chercher une utilisation exacte précise véritable d'un mot...
je ne crois pas...
Je crois que le langage est un outil, le mot est une couleur qu'on utilisera pour dépeindre une idée, une pensée, un sentiment...
et le mot dépression, est entré dans cette sorte d'utilisation massive et flou par la généralité, qui désigne finalement quelquechose de précis pour chaque personne, sans forcément tout dire. Et souvent une reconnaissance et une identification par le mot, d'une souffrance difficile à porter des mots.

Evidement pour le météorologue ça n'aura pas la meme signification Laughing


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