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L’alcoolisme chez les femmes
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L’alcoolisme chez les femmes
Jean-François Lemoine

Le congrès américain de psychiatrie, qui vient de s’achever à San Francisco, s’est penché tout particulièrement sur l’alcoolisme chez la femme.

Comme tous les ans, on a beaucoup parlé de schizophrénie et de dépression mais l’accent a été mis sur l’alcoolisme alors que ce n’était pas un sujet à la mode dans les congrès de psychiatrie.

 Et dans un pays qui paie encore le tribut de la prohibition…
Oui et avec souvent beaucoup d’hypocrisie. Par exemple on peut boire ce que l’on veut à condition de l’envelopper dans une pochette en papier !

 Qu’y-a-t-il de nouveau sur ce sujet ?
Deux points : la génétique et alcoolisme de la femme.
Pour le premier point on commence à savoir qui aura une sensibilité particulière à l’alcool. On savait que les Asiatiques par exemple dégradent différemment l’alcool dans leur corps que nous. On sait désormais pourquoi mais on sait aussi le prédire chez tout le monde au cas par cas.

 Cela permettrait de faire des tests ?
Pas pour inciter à boire, car ce pourrait être cela le danger de ces tests, mais plutôt pour prévenir et, cela, dès l’école… Cela pourrai éviter, par exemple, certaines catastrophes pratiquées par le "binje drinking"

 Qu’est-ce que le Binje drinking ?
Un anglicisme que l’on peut traduire par : alcoolisation paroxystique intermittente. En fait ce que les anciens appelaient avec fierté prendre une « grosse biture ». Des expressions populaires qui cache des alcoolisations dramatiques chez des enfants de plus en plus jeunes et surtout qui n’avaient jamais bu..

http://www.france-info.com/spip.php?article295881&theme=81&sous_the…Jean-François Lemoine avec Raphaël Ebenstein  (4'03")
 http://www.france-info.com/spip.php?article295881&theme=81&sous_the…



 Peut-on en mourir ?
On en meurt, il faut le savoir et surtout les conséquences sur l’alcoolisme à long terme sont loin d’être anodines

 C’est une sorte de jeu de société qui inquiète désormais les psychiatres de tous les pays du monde ?
En effet, il semble que le pic de cet alcoolisme aigu soit de plus en plus précoce en particulier chez la jeune fille… _ Il y a d’abord les chiffres : d’une femme repérée comme alcoolique pour 12 hommes en 1960, on est proche aujourd’hui de la parité. Une vraie préoccupation pour une Amérique qui redécouvre la gueule de bois.

 Peut-on considérer l’alcoolisme féminin comme une entité particulière ?Cet alcoolisme de la femme est en effet très particulier : son début est tardif. C’est un alcoolisme solitaire, qui se pratique de façon très cachée, avec un fort sentiment de culpabilité.
C’est aussi un alcoolisme qui se complique vite car la femme ne dégrade pas l’alcool de la même façon que l’homme et surtout son foie est beaucoup plus fragile.


 Cela implique-t-il une prise en charge particulière ?
Il faut constituer des groupes que l’on appellent « mono genre » d’autant plus qu’il existe toujours des antécédents d’abus sexuels et que cet alcoolisme est lui aussi des générateurs de problèmes sexuels difficile à aborder en groupes mixtes.

  Vous voulez aussi nous parler d’un sujet grave et que les Américains ont abordé avec un film, celui du suicide à partir du Golden Gate bridge.
Toutes les villes du monde ont un endroit qui fascine les candidats au suicide, c’est le cas du Golden Gate bridge, le fameux pont de San Francisco. Lors de ce congrès, il a été présenté un film montrant un certain nombre de suicides.

 Première remarque, a-t-on le droit de filmer un tel acte sans intervenir ?
Le réalisateur a répondu à cette objection en expliquant que les images avaient été enregistrées par des caméras fixes, pendant un an et sans aucune intervention humaine.
Toutefois, lorsque ceux qui surveillaient les écrans avaient le moindre doute, l’intervention pouvait être immédiate. La production estime avoir sauvé des vies sans en indiquer le nombre.

 À quoi cela sert ce genre de film dans un congrès, sinon générer le scandale ?
C’est bien ce qui a été discuté entre psychiatres.
Il y a d’abord l’enregistrement de témoignages de miraculés : Plus d’une vingtaine sur le millier à avoir tenté l’expérience. Pour chacun des ces témoignages, la même réaction : celle d’avoir regretté ce geste à la seconde même où il était appliqué.

Ensuite, le but est d’établir une typologie en fonction du suicide que les psychiatres essaient d’affiner le plus possible pour en pouvoir en tirer des conclusions pratiques.
Le débat en fait a surtout porté sur l’absence de protection pour des raisons esthétiques sur le Golden Gate. Alors ce film aura au moins poussé l’état Californien de prendre exemple sur la France, en particulier sur la tour Eiffel, qui tout en restant splendide est désormais parfaitement protégée et n’est plus un lieu de suicides, alors qu’elle l’avait été pendant des dizaines d’années…

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Santé publique : sortir du déni sur l'alcool


Libérer la parole autour de l'alcool et engager un débat public sur les moyens de réduire son usage : tel était l'objectif, ambitieux, des Etats généraux de l'alcool, qui se sont tenus du 7 octobre au 25 novembre dans les 26 régions de métropole et des DOM-TOM. Au fil des réunions, au succès inégal, les forums ont permis de révéler les représentations sociales de l'alcool et les préoccupations suscitées par sa consommation à risque.

Les recommandations issues des forums, dont la synthèse aura lieu à Paris, mardi 5 décembre, en présence du ministre de la santé, Xavier Bertrand, pourraient constituer le socle d'une nouvelle politique de santé publique sur ce risque.

Le principe des Etats généraux avait été inscrit dans la loi sur la santé publique du 9 août 2004. Celle-ci avait fixé l'objectif d'une baisse de 20 % de la consommation d'alcool d'ici à 2008. L'idée est ensuite tombée en sommeil. Dans le même temps, le gouvernement multipliait les gages en direction des lobbies de l'alcool : un Livre blanc valorisant la place du vin dans la société française était rendu public en 2004 et un "Conseil de la modération", où siègent les représentants de la filière alcool, était créé.

Quand le ministère de la santé a relancé l'idée des Etats généraux, à la mi-2005, les associations de lutte contre l'alcoolisme se sont d'abord montrées sceptiques. Elles ont finalement accepté de jouer le jeu au même titre que les représentants de la filière viticole. "Les Etats généraux cherchent à dépasser la traditionnelle confrontation entre lobby alcoolier et partisans de la santé publique en impliquant l'opinion dans le débat, explique Emmanuèle Jeandet-Mengual, présidente du Comité national d'orientation. Nous souhaitons faire émerger une prise de conscience dans la société civile, pour sortir du déni et du silence sur l'usage de l'alcool."

Malgré une baisse continue de la consommation depuis quarante ans, l'alcool reste la substance psychoactive préférée des Français. Seulement 5 % déclarent n'en avoir jamais bu, 28 % en consomment régulièrement, 17 % tous les jours. Les consommateurs réguliers excessifs sont très nombreux : plus d'un homme sur cinq (20,2 %) et près d'une femme sur quinze (6,3 %) dépassent quotidiennement les seuils de consommation à risque. Cette proportion est d'autant plus inquiétante que l'usage de l'alcool se caractérise par un continuum entre la consommation à risque et la dépendance, et que le passage de l'un à l'autre est toujours insidieux.

En règle générale, les seuils de risque fixés par l'Organisation mondiale de la santé (3 verres d'alcool maximum par jour pour les hommes, 2 pour les femmes) sont peu connus. Un Français sur deux sous-estime le danger lié à une consommation quotidienne excessive, l'alcool étant toujours majoritairement associé à des représentations positives (hédonisme, convivialité, rites sociaux...). "Il est possible d'affirmer que l'alcool, dans la plupart de ses formes, est davantage perçu comme un produit de consommation banal que comme un psychotrope", résume Mme Jeandet-Mengual, dans un rapport préparatoire aux Etats généraux.

La conscience que l'alcool est un produit à risque s'est cependant clairement exprimée lors des Etats généraux. Les populations jugées vulnérables, comme les jeunes, suscitent les principales préoccupations. Bien que le binge drinking (ivresse de fin de semaine) soit moins répandu en France qu'en Grande-Bretagne ou dans les pays nordiques, nombre de parents s'alarment des fortes alcoolisations du week-end. Des infirmières scolaires ont témoigné que certains collégiens buvaient dès l'âge de 12 ans. Pour y remédier, les participants ont souhaité que l'interdiction de vente d'alcool aux moins de 16 ans soit effectivement respectée par les débitants de boisson, et que les unités d'alcool contenues dans chaque bouteille soient clairement identifiées. Ils plaident également pour une régulation du marketing des alcooliers sur les fêtes étudiantes, certains y écoulant gratuitement d'importants stocks de bouteilles.

Autre sujet d'inquiétude, l'information, jugée insuffisante, des femmes enceintes sur le risque de syndrome d'alcoolisation foetale. L'obligation d'apposer, sur toutes les bouteilles d'alcool, vin compris, un sigle déconseillant toute consommation pendant la grossesse, a été largement approuvée. Elle devrait être effective en France dès 2007. L'idée a émergé d'étendre cette obligation aux tests de grossesse, afin que la femme soit clairement informée dès la conception.

Outre la question de la sécurité routière, longuement débattue, le thème de l'alcool au travail a également émergé lors des forums, à la grande surprise des organisateurs. "Les participants ont fait état de beaucoup de gens en difficulté dans les entreprises, et de leur sentiment d'impuissance, explique Mme Jeandet-Mengual. L'ambiguïté vient du fait qu'on ne sait pas trop bien si les personnes amènent leur mal-être dans l'entreprise ou si cette alcoolisation est en lien avec les conditions de travail."

En revanche, les participants n'ont guère abordé les relations entre violence et alcool alors que, selon une enquête conjointe du CNRS et de l'Inserm, celui-ci est impliqué dans plus du tiers des affaires pénales. Le fait que la consommation abusive concerne en priorité des hommes âgés issus de couches sociales modestes a également été peu discuté, preuve que le sujet suscite encore beaucoup de résistances.

Pour la plupart des participants, les Etats généraux ne constituent qu'une étape, nécessaire mais insuffisante, dans la prise de conscience du risque alcool. "Une bonne partie de la population s'en tient toujours à des représentations simplistes, analyse Alain Rigaud, président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa). Les gens se disent, je bois comme tout le monde, les alcooliques, ce sont les autres."

"La France vit un paradoxe hallucinant en matière d'alcool, dénonce Philippe Batel, psychiatre alcoologue. Ce produit coûte la vie à 45 000 personnes par an, il affecte négativement la vie de près 5 millions de personnes et, pourtant, la question n'est quasiment jamais débattue publiquement. La révolution presque idéologique qui s'est opérée sur la question du tabac en France, je la rêve aujourd'hui sur l'alcool."

Cécile Prieur

Le Monde


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