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La temporalité
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Message La temporalité 
Donc en ce moment avec mon psy on essaie de travailler sur le temps, puisque c'est un de mes soucis majeurs, être à l'heure, donner du temps, partager mon temps, mon temps et mon espace mental, et la sensation que j'ai que le temps passe à la vitesse de la lumière, que je suis trop lente pour le suivre, ou que je prends trop de place pour y trouver un confort, ou simplement que je n'y trouve pas ma place. Le mal que j'ai à supporter les discontinuités...

D'ailleurs j'ai pas mal de difficultés pour lire l'heure, je ne percute pas en regardant le cadran. Je ne sais plus quand s'est passé quoi, on me dit c'était il y a une semaine je ne comprend pas, deux semaines ça me paraît énorme. Et en même temps rien. Puisque cela m'a semblé comme un claquement de doigts. Un an ou deux jours... c'est presque pareil. C'est un peu comme une éternelle fixation avec un temps qui filerait comme un boulet de canon et qui me sifflerait aux oreilles, mais simultanément la sensation de s'éterniser sur toute la trajectoire du boulet de canon... un peu comme se trouver dans l'oeil du cyclone je me dis, un drôle de silence.

quand je dois m'adapter aux autres, chaque minute qui avance amène quelque chose, une rupture, que je perçois comme insupportable. Et dès que je me réinstalle dans "mon temps" je rentre dans mon espèce d'éternité, ou limbes, ou je ne sais quoi, un confort inconfortable... qui réduit aussi mes actes puisque le moindre déplacement risque de m'en sortir...

d'ailleurs je dois dire que par exemple me servir du programme télé, à une époque, donc des rdv avec des émissions ou des séries, m'apaisait énormément, me donnait un rythme. Me permettait de "sentir"  le déroulement de la journée. Sauf que venait toujours le moment où les choses se brouillent parce que je me retrouve de nouveau lundi à telle heure à faire tel truc, et que cela me paraît comme si c'était toujours le même lundi...

bref j'essaie de réfléchir sur la question, de poser des mots, cela m'est difficile et je voudrais vraiment essayer de creuser ce thème....

Du coup je me demandais... le temps du névrosé et du psychotique est-il différent ? Quelles sont les théories là-dessus ?

J'ai cherché un peu sur internet mais je trouve surtout des choses sur la temporalité dans la psychose, pas tant dans les différentes névroses. (d'où ma question comparative)

Est-ce que vous avez des lectures à me recommander éventuellement ?

Merci d'avance sourire

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Message La temporalité 
Tu peux lire "La temporalité psychique" de Chouvier, Roussillon et al., chez Dunod : http://livre.fnac.com/a1767974/Bernard-Chouvier-Temporalite-psychique?PID=1
Mais c'est un ouvrage très général, qui ne répondra pas forcément à ta propre problématique.

Un article beaucoup plus spécifique, mais je ne sais pas s'il peut t'intéresser, "La problématique de la régression formelle de la pensée et de l'hallucinatoire" de César et Sara Botella, publié aux PUF en 1990 dans la "La psychanalyse : questions pour demain" et discuté par d'autres auteurs dans cette même publication.

Sinon, en fonction des troubles et dans les livres qui leur sont consacrés, tu as généralement un petit passage sur le vécu temporel du sujet. Il y en a des tonnes sur le temps et la dépression, etc.

Tout ça pour dire que ça ne remplacera pas un travail psychique avec ton psy Tu le sais sûrement, mais j'y insiste parce que je trouve un peu curieux, et pas forcément très adapté, de te jeter sur la littérature existante dès que tu abordes un thème en thérapie. Ce mouvement d'aller chercher au-dehors ce qu'on t'invite à penser en toi mériterait il me semble que tu y réfléchisses...


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message La temporalité 
Ben oui je sais mais c'est pour me stimuler...  Embarassed

Mais sinon la temporalité et les différentes perceptions du temps m'a toujours facinée, notamment dans les religions

disons que c'est pour me mettre dans le vif du sujet Rolling Eyes

je traîne depuis longtemps sur la question et je trouve pas mon ressenti, dès qu'on aborde le thème je dis deux trois mots puis pfuit ma pensée se bloque, ça m'énerve... ça me frustre.

En fait je me dis qu'en passant par des données générales, donc en discutant, au moins en étant "prise" dans une discussion sur le thème, je peux peut être tromper mon centre de contrôle...

Comme je ne comprends pas forcément tout ce que je lis comme quelqu'un qui aurait étudié tout cela sérieusement, ma subjectivité intervient forcément dans ma manière de rendre ce que j'ai compris...

merci pour les bouquins content

edit: bon mais c'est sûr que mon psy galère à me faire parler de moi, régulièrement il me ramène à moi parce que je parle plus facilement des autres, ou de thèmes généraux etc. Ce qui doit paraître étonnant quand on me connaît dans un forum lol, vu que par écrit par contre je suis très egocentrique. Mais bref, disons que mon psy a le chic de me ramener mine de rien à des choses personnelles. Et disons que quand je suis dans une discussion fluide, j'aurais moins de mal à m'exprimer. Alors que si je suis le sujet central face à une question ciblée, je me dérobe. Enfin c'est compliqué à expliquer. Besoin de tourner autour du pot quoi.
 



Dernière édition par Manamana le Sam 13 Juin 2009 - 18:04; édité 1 fois
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Message La temporalité 
C'est un peu vers ça que je voulais t'amener, ton rapport à une certaine forme de contrainte ou à ce que tu perçois comme tel.

Ça me fait penser à un patient, qui est psychotique mais qui a des symptômes obsessionnels très prégnants, et qui a un rapport aux personnes et au temps où la contrainte joue un rôle majeur. Il suffit de lui demander quelque chose de très personnalisé ou de faire quelque chose dans un temps imparti pour le mettre en colère - il s'est d'ailleurs aperçu qu'il commençait à aller très mal pendant une période d'examen où le fait de se faire distribuer les sujets et s'entendre dire "vous avez 2 heures" lui donnait des envies de passage à l'acte.


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message La temporalité 
Oui je me reconnais bien là (l'envie de passer à l'acte en moins), j'avais déjà remarqué ça chez moi dans l'enfance en fait, que quand on me demandait un truc il y avait une drôle de résistance, une répugnance, mais par contre si c'était moi qui prenais l'initiative (genre faire du ménage, lire quelque chose..) j'y arrivais. Ca m'avait vraiment fait cogiter à l'époque.

En fait ça me fait la sensation d'un projecteur dirigé sur moi et de devoir agir sur demande, et effectivement ça me donne une sensation de contrainte insupportable, d'angoisse. Je me sens dans ce cas assez privée de moyens, soit c'est le black out (ou enfin j'ai l'impression d'une pensée "blanche" - page blanche quoi), soit j'ai une impression d'artificialité, ou d'être une espèce de marionnette parce que je prends trop conscience de chaque pensée, chaque geste. Enfin ça fait comme une loupe quoi... donc c'est la fuite content


Oui puis y'a une notion de peur de la manipulation - enfin de partir dans un échafaudage d'idées qui m'éloignent de moi, soit pour plaire, soit parce qu'on me donnerait un truc à penser de moi... enfin c'est difficile à expliquer, je cherche à rester dans moi. J'ai peur d'être fausse. Donc y'a un passage par une grille de vérification. M'enfin ça c'est vraiment dans la relation duelle. Et j'ai un peu dépassé cela, enfin c'est moins net, sauf donc en ce qui concerne le temps. Là je reviens à ce blocage.

Mais en gros j'avais réfléchi à la question en terme de "flou" et "concret", être concrète, exister pour les autres d'une manière définitive. En général j'ai un truc par rapport à ça... euhm... une espèce d'angoisse que les choses se solidifient et que je puisse plus les altérer. Ca a un effet sur l'acte aussi, c'est à dire que si je ne suis plus dans le fluide de l'action, si j'ai laissé passé trop de temps c'est comme si la porte se fermait et que je n'avais plus le pouvoir d'aller modifier le contenu...

Bon mais tu vois ce qui m'énerve c'est que par écrit je trouve assez facilement des mots, dans mes monologues autrefois aussi, mais chez le psy bam, la porte se ferme... je me dis que c'est justement là que j'ai un truc dépasser, exactement là. Face à l'autre quoi. 

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Message La temporalité 
Ma psy m'a parlé une fois de certains grands psychotiques qui sont comme de grands enfants jusqu'au physique comme si le temps avaient peu d'effet pour eux ... Oui Manamana tu exprimes beaucoup de choses ici et en séance c'est plus dur  , ma psy intervient souvent quand je m'y attends pas et reste silencieuse quand j'attends qu'elle réagisse au matériel que j'apporte en séance ...
Par contre j'ai beaucoup de mal à dater les événement de mon enfance ... Rolling Eyes


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message La temporalité 
Ah ça je crois pas que ce soit forcément des grands psychotiques, je trouve qu'en général la maturité d'une personne s'inscrit physiquement, après certainement que cela peut être plus spectaculaire chez certaines personnes.
Moi les gens sont souvent surpris quand je dis mon âge , moins qu'avant mais quand même encore, je crois surtout les femmes (une nana m'a donné 25 ans la semaine dernière Laughing , alors que j'en ai dix de plus - plus je vieillis plus j'apprécie Mr. Green )... pourtant j'ai des cheveux gris, et plus exactement un physique de jeune fille, mais je crois que je suis restée un peu figée sur une image de moi que j'ai cru comprendre à un moment donné, et que donc je compose mon apparence en fonction, mais aussi ma gestuelle etc... enfin je sais pas trop ce que je vois...
d'ailleurs c'est un truc qui me travaille, ce décalage, mais je vous épargne les longs discours moi moi moi pour cette fois Laughing


Pour les évènemens de l'enfance, j'ai des espèces de marque page - je me suis trouvé plusieurs repères qui me permettent un peu de retrouver la chronologie. Tu n'as pas des évènements, ou des situations dont tu te souviennes relativement bien, qui te permettent de ranger les choses chronologiquement ?

Perso c'est plutôt à partir de mes 19-20 ans je dirais que je sais plus trop, que tout se mélange. Là, pfou... non mais même tu me demandes l'année de mon bac, j'en sais rien Laughing je te raconte pas le calvaire pour faire des CV

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Message La temporalité 
C'est marrant ces histoires de physique, pour moi j'ai l'impression que mon physique a suivi mon évolution psychique.

Grossièrement les "gros ennuis" dans ma famille ont commencé quand j'avais 10 ans, enfin c'est là que je situe le début. Bon, de 10 à 15, je suis passé de petite fille à petite femme, jusque là rien d'anormal, et à 14-15 ans tout le monde me donnait dans les 20-22 ans. Et puis j'ai grandi avec ma tête de 20-22 ans, j'ai passé les 22 ans, suis arrivée à 30 ans et tout le monde me donnait toujours dans les 20-22 ans. C'est assez curieux de s'entendre dire pendant 15 ans qu'on a une tête à avoir toujours le même âge


Et vers 30 ans, dépression, thérapie, et je me suis vue changer physiquement au fil des mois. Quand je regarde mon permis de conduire que j'avais fait refaire vers 2002, on dirait que j'ai pris 20 ans sur le nez depuis.
En regardant à postériori mon parcours, j'ai une impression comme si j'étais restée figée pendant une bonne quinzaine d'années, figée psychiquement et physiquement, et que la thérapie m'avait fait reprendre et rattraper un développement et un physique, normaux, adapté à l'espace-temps.

Maintenant j'ai une tête de vieille 8:)
Non c'est pas vrai, enfin j'ai les rides normales à mon âge, et on me donne le bon âge.


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message La temporalité 
j'ai le meme genre de problème avec le temps...
et pour l'acte...
les examens c pareil, j'ai jamais pu passer mon concours correctement, du coup j'arrete les frais.
Hier mon copain m'a dit que j'étais difficilement controlable, dans le sens ou je ne fais pas si on me dit de faire, il faut tjs suggerer avec moi...
et j'ai aussi peur du temps qui passe...


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Si il faut etre acteur de sa vie, je veux bien faire de celle ci, un spectacle ou chacun prendrait le masque qui lui convient.
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Message La temporalité 
d'ailleurs en y pensant je suis obsédé des miroirs et des pendules, j'aime beaucoup les horloges, et les tours du temps... (comme ça que je les appele) vous savez c tours qu'on a construit par les pouvoirs locaux, pour sonner les heures...
comme j'aime les cloches pour les églises et l'appel à la prière des mosquées pour me dire...
ce qui donne un rytme particulier au temps...

pourtant j'ai du mal avec la date, meme si j'ai fais histoire... mdr !

j'arrive pas à retenir les chronologies, à chaque fois je faisais une chronologie complètement arbitraire mais en raport à mes dates mentalisés que j'apprenais au coucher la veille d'examens Laughing

et un de mes tocs verbaux ct siècle des siècles... meme si j'arrivais pas à me souvenir de la prière Mr. Green

j'ai besoin aussi souvent de musique pour le temps... et là j'ai de nouveau un plaisir à écouter les opéras... avec leur coupure propre pour chaque compositeur...

mais j'ai toujours besoin du temps linéaire... meme si je pense le temps écrasé par l'eternité ça me fatigue mentalement...
de confronter ces deux raports au temps...
comme plutot que parler de temps cyclique je préfère parler de la répétition comme dans un leitmotiv musical.
et j'aime la variation.

ça me fait penser à un film de pelechian sur la naissance... un très beau tryptique... avec une symphonie derrière...

mais j'aimerai bien que l'éternité donc le non temps soi une vérité tout à fait absolu.

c mon raport peut etre névrotique ou religieux je ne c pas au temps lol


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Message La temporalité 


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