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Le conditionnement dans les TCC
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Message Le conditionnement dans les TCC 
Je crois avoir à peu près identifié ce qui me gène dans les TCC : c'est la notion de conditionnement. Bien sûr je peux appréhender l'intérêt d'enquêter sur ses comportements inadaptés pour les changer par un re-conditionnement qui permette une meilleure adaptation. Mais... personnellement cette idée provoque en moi un violent rejet qui à mon avis rendrait absolument impossible que j'en entreprenne une, même pour essayer de traiter un symptôme en particulier.

J'ai beaucoup de mal à accepter l'idée que le comportement humain puisse ainsi se reprogrammer comme un logiciel, rationnellement, par des exercices ciblés auquels il faudrait se soumettre. Sans compter que cela demande au préalable une mesure de la normalité visée, ce qui pour moi est tout simplement absurde.

J'essaie vraiment de faire un effort d'ouverture pour ne pas avoir ce sentiment de rejet vis-à-vis des TCC, étant donné que je n'y connais tout de même que ce que j'ai pu en lire, et c'est pas grand grand chose (j'ai lu le fil sur les TCC posté dans "documents à diffusion restreinte", c'est encore ce que j'ai pu lire de plus approfondi je pense). 

Je me dis qu'il faut des patients particuliers pour accepter cette approche particulière...

Perso ça me donne envie de chanter "résiste, prouve que tu existes" Laughing ou... de crier "No Passarán!!"

Je sais pas si ça vous fait le même effet, amis "troublés" du forum -  et si vous rencontrez beaucoup ça chez vos patients, amis psy du forum ?

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Message Le conditionnement dans les TCC 
J'étais comme toi il y a quelques années, et puis j'ai évolué, surtout en discutant avec des collègues qui pratiquent les TCC et en les voyant exercer. En fait, et c'est un peu pareil dans toutes les obédiences, pour nous analystes aussi, il y a le corpus théorique d'un côté et il y a la façon dont on s'en sert pour nourrir notre pratique de l'autre !

J'ai rarement vu en France pratiquer les TCC d'un strict point de vue comportementaliste, même si je sais que ça existe, surtout avec les enfants (tableaux de récompenses, etc.). Bon ça, je suis très rétive, autant pour des raisons morales que pour des raisons cliniques, j'assume !
Mais pas mal de collègues travaillent davantage sur la cognition, et d'une façon que je trouve parfois intéressante et qui apporte quelque chose à la clinique, donc leur boulot me paraît utile.

Sinon, oui, il faut être en accord avec l'idée que l'on va viser un comportement "normé" et que l'on va ne s'occuper que de cela. Il faut aussi avoir des troubles qui correspondent à ce point de vue, où l'on puisse isoler un aspect et se focaliser dessus. Ca fait pas mal de conditions, mais ça correspond assez bien au désir actuel de certains patients, et ça ne les empêchera pas de poursuivre, plus tard, le travail autrement s'ils le souhaitent...


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Le conditionnement dans les TCC 
Pour moi ça ne me choque pas du tout.

Dans le sens où il y a pour chacun un espace de liberté individuelle, de singularité qui s'expriment sur des bases très formatées. Pas dans un sens péjoratif.

Une bonne partie de l'éducation que recoit un enfant, ce n'est jamais que du formatage. "Mouche ton nez, dit bonjour à la dame et enlève tes doigts de ton nez", c'est un des "formats standards" qui permettent de vivre dans un espace commun et celui qui clame "no passaran" à ces normes est rejeté de cet espace par ses pairs finalement. On pourrait dire la même chose sur les codes propres à notre milieu social, culturel d'origine.

Dans les comportements individuels aussi... par exemple, chez certaines personnes qui se jettent sur un gâteau, bonbon ou autre sucrerie dans les moments où elles ont besoin de se sentir rassurées, je ne vois jamais qu'une sorte de régression à un comportement formaté dans l'enfance où on récompense/gratifie l'enfant par une sucrerie. Et malgré la liberté individuelle, le formatage bonbon=gratification reste imprimé et actif des années après.


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Le conditionnement dans les TCC 
Je suis d'accord avec toi Séverine, sur l'idée qu'il y a de toute façon toujours une base de contrainte à partir de laquelle la liberté va pouvoir s'exercer, et que si tu n'as pas cette base commune, tu ne seras jamais libre. L'important, c'est d'avoir le choix, et le propre des troubles psychiques est de rendre ce choix impossible.

Je pense aussi qu'il ne faut pas tomber dans l'illusion "romantique" que les troubles psychiques constituent une originalité que la thérapie viendrait réduire. C'est encore quelque chose qu'on entend, et, malheureusement, rien n'est plus faux. Là encore, ils sont au contraire quelque chose qui empêche la liberté individuelle de s'exprimer et tendent vers la répétition et l'appauvrissement de la vie psychique.

Je ne crois pas du tout que le conditionnement soit une fin en soi, certainement pas, mais qu'il puisse dans certains cas être un moyen, une étape, j'en suis venue à l'admettre.


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Message Le conditionnement dans les TCC 
Oui ben disons que si quelqu'un me parle de ses soucis et que cette personne désire faire une TCC, je vais l'encourager. Parce que si ça leur correspond, si c'est ce dont ils pensent avoir besoin, et si ça marche pour eux, tant mieux. Et encore une fois, je conçois très bien que cela puisse aider.

Et très naturellement pour moi, l'aspect cognitif m'intéresse, dans le sens isoler un symptôme, ou un type de pensée, le classer dans le pathologique, et travailler dessus.
Mais comment dire... je crois que c'est ce que je fais naturellement du fait de ma névrose Mr. Green

Et du coup, si quelqu'un devait figurer en tant que thérapeute et me faire faire cet exercice, je crois que cela provoquerait chez moi le côté "pfff, je sais, qu'est-ce que tu veux m'apprendre à moi". Bon c'est ridicule, mais j'essaie de comprendre ce qui me provoque tant de répulsion vis-à-vis des TCC.

Par contre c'est clair que je ne pense pas les troubles comme une "originalité". Peut être quelques années plus tôt, où j'étais encore attachée à certains de mes comportements, comme celui de tenir de grands discours qui m'échauffaient la tête et me faisaient faire plein de lien, ça me donnait l'impression d'avoir de l'imagination et de l'intelligence. Bon bref j'en suis revenue. Je vois bien aujourd'hui que même si j'ai encore une nostalgie de ces états de surexcitation, c'était n'importe quoi. Et que non seulement ça ne me rendait pas heureuse, mais qu'en plus ça laissait pas de place aux "autres".

Sinon il faut dire que le toc que j'ai eu qui était le plus... ben disons le plus "toc" selon ce qu'on voit dans les médias en général, donc un toc d'habillement, il s'est résorbé au cours de ma thérapie, donc sans "exercices", par la prise de conscience par moi même de cetaines choses - en ce sens, à côté de la thérapie qui m'a fait comprendre certaines choses, j'ai moi-même enquêté sur les mécanismes de déclenchement etc...

Et imaginer de devoir avec un thérapeute me regarder dans une glace et analyser la composition de mes vêtements,me semble tout à fait inimaginable. Trop intime, trop "physique". En plus, je vois pas comment ce toc que j'avais se serait manifesté en thérapie,vu que la presence d'une autre personne l'aurait rendu inactif, à moins que j'ai été totalement en prise avec le toc et ne puisse l'arrêter au moment où la personne arrive (ça m'est arrivé une fois qu'une personne me voit faire vraiment). Et puis il eu fallu reproduire la situation de passage d'intérieur à extérieur etc. Enfin ça demande beaucoup de conditions oui.

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Message Le conditionnement dans les TCC 
La répulsion provient sans doute des imbécillités que l'on entend à ce sujet en ce moment, en tous cas la mienne provient de là  En faire le nec plus ultra, c'est idiot, ce sont des thérapies qui marchent parfois (pas toujours, loin s'en faut), pour des indications et des buts très restreints, voilà tout !

En cette matière, il faut se faire confiance à soi je crois ! J'ai gardé des enseignements de Tobie Nathan cette idée que je trouve très féconde, qui est que chacun d'entre nous a une représentation assez claire de la façon dont il estime pouvoir être soigné. Je pense même que beaucoup de patients nous montrent comment ils pensent qu'on pourra les soigner. Et imposer à quelqu'un une thérapie qu'il trouve idiote ou avec laquelle il est en désaccord, c'est inutile, parce que ça ne marchera jamais !


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Message Le conditionnement dans les TCC 
Tiens ben d'ailleurs mon psy me racontait que lui et ses collègues avaient de plus en plus de patients qui débarquaient avec des documents et des renseignements très précis sur les médicaments, trouvés notamment au travers des forum, et donc en quelque sorte débattaient avec leur psychiatre de l'avantage pour eux de tel ou tel médicament  content mon psy trouve ça plutôt bien, pour lui si les patients se prennent mieux en charge pour les médocs, enfin quand ils en ont vraiment besoin, c'est plutot une bonne chose. 

C'est bien possible que ma répugnance vienne de la même source oui... hmm il est bien ce Toby Nathan !

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