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Sandor Ferenczi
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Sandor Ferenczi

Psychanalyste hongrois (1873-1933)



BREFS REPÈRES BIOGRAPHIQUES :

Fils de juifs hongrois propriétaires d’une imprimerie et d’une librairie, Sándor Ferenczi, qui est le 8ème enfant d’une fratrie de 12, grandit au sein d’une famille unie, dans une ambiance intellectuellement stimulante. Après des études de médecine, il travaille dans différents hôpitaux avant de s’installer à Budapest, au tournant du siècle, comme omnipraticien et neuropsychiatre.

Il s’intéresse très tôt à la psychanalyse, rencontre Freud en 1908 et noue rapidement des liens intenses avec le fondateur de la psychanalyse, marqués par une admiration réciproque et les aléas d’un transfert passionné. Son talent et sa créativité, comme clinicien autant que comme théoricien, en font l’un des acteurs principaux du mouvement psychanalytique – il est notamment à l’origine de la création de l’Association Psychanalytique Internationale en 1910. Auteur original et prolixe, il contribue jusqu’à sa mort à enrichir la réflexion théorico-clinique (articles, communications, journal clinique, correspondance…). Il participe également à la formation psychanalytique de la génération suivante, en acceptant notamment en analyse Mélanie Klein et Michael Balint.

Vers 1910, il connaît le début de difficultés sentimentales qui occuperont une place importante dans sa vie. Ferenczi entretient à l’époque une relation avec une de ses analysantes, Gizella Pálos, femme mariée de 8 ans son aînée. A la demande de Gizella, il prend la fille de celle-ci, Elma, en analyse, en tombe amoureux et lui propose le mariage. Pendant 10 ans, ses atermoiements autour du choix « Gizella ou Elma » vont alimenter une activité névrotique et hypocondriaque douloureuse et le conduire à effectuer 3 tranches d’analyse avec Freud, qui le laisseront insatisfait mais nourriront sa réflexion clinique et ses recherches concernant la technique psychanalytique. Ferenczi finira par épouser Gizella en mars 1919.

Durant toute la période suivante, Ferenczi se consacre à sa pratique et ses recherches cliniques, se lie avec Groddeck et s’investit dans le mouvement psychanalytique international (le premier numéro de l’International Journal of Psychoanalysis paraît en 1920 et débute par une lettre ouverte de Ferenczi).

En 1927 commencent cependant ses démêlés avec les psychanalystes américains à propos de l’« analyse profane » (pratiquée par des non médecins) dont Ferenczi souhaite la reconnaissance.

Ses nouvelles voies de recherche (technique active, élasticité technique…) l’éloignent également de Freud, qui lui enjoint, en 1931, de revenir à une technique plus orthodoxe.

Souffrant depuis quelques années d’une anémie de Biermer, Ferenczi voit son état s’aggraver en 1933 et meurt le 22 mai de complications respiratoires.

Ses désaccords avec Freud et ses innovations techniques contestées ont longtemps entravé sa pleine reconnaissance par la communauté psychanalytique, qui ne lui a que récemment rendu toute la place qu’il mérite dans l’histoire du mouvement.


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PRINCIPAUX APPORTS THÉORIQUES

Le traumatisme

C'est sans conteste dans le champ du traumatisme psychique que les apports de Sándor Ferenczi restent actuellement les plus modernes et les plus féconds.

Dans un écart de plus en plus net avec Freud, qui a abandonné en 1897 l’hypothèse du traumatisme lié à une séduction précoce pour favoriser l’impact de la vie fantasmatique, Ferenczi considère qu’un traumatisme précoce a bien eu lieu et qu’il est lié à l’écart entre les mouvements pulsionnels des adultes et la demande de tendresse des enfants (« Confusion de langue entre les adultes et l’enfant. Le langage de la tendresse et de la passion », 1932 ; « Réflexion sur le traumatisme », 1934), au refus par ces adultes de prendre en considération la souffrance psychique de l’enfant et à l’introjection de la culpabilité inconsciente de l’adulte (Ferenczi est le créateur du concept d’identification à l’agresseur, mécanisme de défense souvent décrit maintenant à tort comme « syndrome de Stockholm »).

Il en retire, du point de vue clinique, la conviction que le dispositif analytique ne doit pas raviver le traumatisme par une trop grande rigidité technique, une distance professionnelle inappropriée, une « indifférence » blessante.

Il ébauche également la notion de dissociation péritraumatique en montrant que l’enfant, débordé par des excitations qu’il ne peut encore intégrer du fait de son immaturité, se retire de lui-même pour observer les faits traumatisants de l’extérieur, et se place même parfois dans la position de « soignant » d’un agresseur considéré comme malade.

Le Journal clinique donne de précieux renseignements sur les liens entre clivage et traumatisme, que Ferenczi s’attache à approfondir. Il y décrit notamment le premier la dislocation de la personnalité sous l’effet de clivages successifs liés au traumatisme.

Il avance également l’idée que l’individu précocement traumatisé peut se développer sur un mode clivé comprenant, vu de l’extérieur, un Moi fonctionnel parfois trop bien adapté, et, de façon cachée, un Moi ravagé, menant une existence autonome dont les manifestations peuvent surgir sous forme de symptômes.

Le désir de dédommagement de l’enfant traumatisé et narcissiquement atteint, devenu un adulte clivé, est décrit dans l’analyse du « rêve du nourrisson savant » (« Le rêve du nourrisson savant, 1923 »).

Il s’agirait dès lors, pour l’analyste, de réanimer la partie clivée toujours en agonie, en parvenant à penser l’événement traumatique, en renouant le lien entre affect et représentation, en ouvrant la voie à la symbolisation de l’expérience vécue.

On peut voir, dans ce bref aperçu, la formidable postérité que connaîtront ces thèses, chez Winnicott (avec la notion d’agonie psychique et de faux-self), chez Kohut (avec le « soi grandiose » des patients narcissiques), chez Mélanie Klein et les post-kleiniens (qui poursuivront les avancées de Ferenczi et développeront la notion d’« identification projective » qui lui a tant manqué pour penser sa pratique) et sans doute aussi chez André Green (avec la prise en compte des « processus négatifs » à l’œuvre dans la vie psychique).


La technique psychanalytique

Amené, autant par sa formation que par ses intérêts personnels, à admettre en cure des personnes ne relevant pas du strict diagnostic de névrose (il est fondamentalement moderne dans le fait d’avoir, parmi les premiers, réfléchi à la prise en charge psychanalytique des sujets psychotiques et narcissiques), et beaucoup plus préoccupé que Freud par la question du soin, Ferenczi s’est passionné pour les adaptations du cadre psychanalytique, qui permettaient d’étendre les indications de la cure, et pour les formes particulières que pouvaient y prendre le transfert et le contre-transfert.

Clinicien de génie, il a constamment théorisé ses avancées et réflexions concernant ses innovations techniques. On peut, avec Bokanowski (1997), y distinguer 3 périodes :

1. La période de la « technique active »

Certains patients semblent « absents à eux-mêmes », en manque de représentation, et Ferenczi pense que sa première tâche est de ramener et intégrer au transfert ces aspects clivés et enkystés. Il estime pour cela qu’une technique active (inviter l’analysant à faire ou à renoncer à faire quelque chose), facilitant le retour du refoulé, est requise. Il oppose ainsi, à la « prise de conscience » freudienne, une forme d’« expérience vécue ». Confronté à des échecs (accroissement des résistances du patient ou acceptations masochistes…), Ferenczi décide d’abandonner cette technique (« Contre-indication de la technique active », 1926).

2. La période de l’« élasticité technique »

Prenant pour ainsi dire le pied inverse, Ferenczi s’attache à assouplir sa technique et à adopter une attitude faite d’empathie et d’indulgence, exempte d’« hypocrisie professionnelle ». L’atmosphère de la cure ne doit pas répéter les traumatismes infantiles vécus par l’analysant mais lui permettre de se laisser aller, de se relaxer. Ainsi, l’analyste peut entrer en relation avec « l’enfant dans le patient », reprendre et corriger les expériences douloureuses précoces. Cette technique contribue à ses théorisations du traumatisme mais le confronte aussi aux transferts massivement régressifs des analysants, pour lesquels il ne dispose pas encore de corpus théorique approprié et qu’il ne peut manier de façon satisfaisante.

3. La période de l’« analyse mutuelle »

Ferenczi cherche une solution à ces impasses transféro-contre-transférentielles en appliquant sa théorie du traumatisme à la technique : analyste et analysant ont une part traumatique commune, clivée. C’est en répondant au « transfert passionnel » de l’analysant par la divulgation de son propre « déni passionnel » envers lui que l’analyste peut faire surgir le passé traumatogène. Outre qu’elle pose la question de la séduction, Ferenczi estime bientôt que cette nouvelle technique demanderait que son analyse personnelle ait été plus poussée (au niveau notamment de son « transfert négatif »), lui permettant de mieux manier son contre-transfert.

En dépit d’échecs et de tâtonnements, Ferenczi, avec la passion clinique et le désir d’authenticité qui l’ont caractérisé, a précieusement contribué à la réflexion des générations suivantes sur le cadre psychanalytique, et sur les difficultés du travail transféro-contre-transférentiel avec les analysants dont les états cliniques s’approchent de l’« agonie psychique » que décrira ensuite Winnicott.


Autres apports

Ferenczi est le créateur du concept d’introjection (« Transfert et introjection », 1909 ; « Le concept d’introjection », 1912). A l’opposé des sujets psychotiques qui, soit retirent leur intérêt du monde extérieur, soit y projettent leurs pulsions, les sujets névrotiques tendent à intégrer le monde extérieur dans le Moi, à en assimiler les qualités. Ce processus est déjà présent chez le bébé, sous forme d’une introjection primaire organisatrice de la psyché (jeu dynamique entre introjection et projection primaires), par intériorisation de l’Autre et de son désir.

Ferenczi s’est également intéressé aux expériences archaïques de l’humanité et a développé l’idée d’un désir de régression présent chez chacun, régression au monde aconflictuel du sein maternel, dont le coït figure la possibilité, et régression au « monde océanique » des origines humaines (« Thalassa, psychanalyse des origines de la vie sexuelle », 1924).



Dernière édition par Traviata le Dim 21 Juin 2009 - 02:21; édité 1 fois

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Message Sandor Ferenczi 
BIBLIOGRAPHIE

Œuvres complètes

FERENCZI, S. (1908-1912). Psychanalyse I. Paris : Payot, 1968.
FERENCZI, S. (1913-1919). Psychanalyse II. Paris : Payot, 1970.
FERENCZI, S. (1919-1926). Psychanalyse III. Paris : Payot, 1974.
FERENCZI, S. (1927-1933). Psychanalyse IV. Paris : Payot, 1982.

Autres œuvres

FERENCZI, S. (1932). Journal clinique. Paris : Payot, 1982.
FERENCZI, S. & RANK, O. (1924). Perspectives de la psychanalyse. Paris : Payot, 1994.
Payot publie également, dans sa collection de poche « petite bibliothèque », des articles ou des regroupements d’articles célèbres de Ferenczi, extraits des Œuvres complètes : « Confusion de langue entre les adultes et l'enfant », « Le traumatisme », etc.

Correspondance

FREUD, S. & FERENCZI, S. (1908-1914). Correspondance I. Paris : Calman-Lévy, 1992.
FREUD, S. & FERENCZI, S. (1914-1920). Correspondance II. Paris : Calman-Lévy, 1996.
FREUD, S. & FERENCZI, S. (1921-1933). Correspondance III. Paris : Calman-Lévy, 2000.
FERENCZI, S. & GRODDECK, G. (1921-1933). Correspondance. Paris : Payot, 1982.

Œuvres sur Sándor Ferenczi

BARANDE, I. (1996). Sándor Ferenczi. Paris : Payot.
BERTRAND, M. (dir., 1994). Ferenczi, patient et psychanalyste. Paris : L’Harmattan.
BOKANOWSKI, T. (1997). Sándor Ferenczi. Paris : PUF.
BRABANT-GERÖ, E. (1993). Ferenczi et l’école hongroise de psychanalyse. Paris : L’Harmattan.
PRAGUIER, G. et al. (1995). Sándor Ferenczi. Paris : PUF, monographies de la RFP.
REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE, 47, 5, 1983. Ferenczi.

Ressources électr
oniques (liste non exhaustive, vous pouvez compléter dans ce fil !)

La Sándor Ferenczi Society : http://www.ferenczisandor.hu/news/index.php?blogid=2
Quelques textes (mineurs) de Ferenczi sur megapsy : http://www.megapsy.com/Textes/Ferenczi/index_Ferenczi.htm
Portrait de Ferenczi par T. Bokanowski sur le site de la Société Psychanalytique de Paris : http://www.spp.asso.fr/Main/HistoirePsy/Portraits/Items/2.htm
Version électronique du livre de P. Sabourin (1986), Ferenczi, paladin et grand vizir secret : http://pierresabourin.free.fr/vizir/somm.htm
Mémoire de maîtrise de psycho de S. Barbery (2000), Guérir par la parole ? La technique chez Ferenczi : http://www.barbery.net/psy/imho/ferenczi/index.htm
Article de J. Dupont dans la revue Filigr@ne, La notion de trauma selon Ferenczi et ses effets sur la recherche psychanalytique ultérieure : http://rsmq.cam.org/filigrane/archives/dupont.htm
Article de T. Bokanowski sur le site de la Société Psychanalytique de Paris, Traumatisme, traumatique, trauma. Le conflit Freud/Ferenczi : http://www.spp.asso.fr/main/conferencesenligne/Items/14.htm


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Message Sandor Ferenczi 
c'est lui qui a ecrit thalassa?
(bonjour a tous au fait)

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Message Sandor Ferenczi 
Bonjour Basquiat, oui Thalassa est bien de Ferenczi !

http://www.payot-rivages.net/livre_Thalassa-Sandor-Ferenczi_ean13_978222889…


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Message Sandor Ferenczi 
merci Traviata!

Ferenczi


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"On pense aux fruits qui deviennent trop vite mûrs et savoureux, quand le bec d’un oiseau les a meurtris ; et à la maturité hâtive d’un fruit véreux." Sandor Ferenczi
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Message Sandor Ferenczi 
merci pour le lien

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Message Sandor Ferenczi 
Déjà  Traviata !! tu es rapide merci ...  sourire


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Sandor Ferenczi 
Elma a écrit:

merci Traviata!

Ferenczi

J'ai pensé à toi

Dans ma vie aussi, dans ma vie professionnelle mais dans ma vie tout court, c'est un homme qui a une place importante !



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Message Sandor Ferenczi 
Dis Traviata tu pourrais me faire plus tard un sur Piera Aulagnier ... C'est une grande psychanalyste femme ...
Sinon quelle est la différence entre Ferenczi et Anna Freud dans l'utilisation du concept d'identification à l'agresseur ? Parle-t-il de la même chose ?


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Sandor Ferenczi 
Ah oui, Piera Aulagnier je veux bien ! sourire

Pour l'identification à l'agresseur, Ferenczi et Anna Freud l'emploient dans un sens assez différent.

Chez Ferenczi, ce mécanisme est lié au vécu d'un traumatisme majeur lors duquel le Moi, incapable de se défendre autrement, tente de survivre en intériorisant l'acte (et la culpabilité) de l'agresseur. C'est un mécanisme de défense peu fonctionnel, assez coûteux pour le Moi.

Chez Anna Freud, l'identification à l'agresseur représente un mécanisme de défense plus ludique, qui permet au sujet, en mimant une "agression", en jouant avec sa représentation, de se défaire de sa peur. Elle cite notamment le cas de l'enfant qui a peur des piqures, etc., et qui joue au médecin avec ses poupées. Cette fois, le mécanisme est envisagé sous un angle positif, qui permet d'élaborer le vécu angoissant.


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Message Sandor Ferenczi 
Merci !  sourire


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Message Sandor Ferenczi 
Et Anna Freud n'a même pas cité Ferenczi dans sa présentation, on admirera l'élégance du procédé!

Un homme sensible et sympathique, en plus d'un clinicien et d'un théoricien remarquable, il n'y en a pas tant que ça.


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La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient. G. Garcia Marquez
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Message demande d'aide 
bonjour je suis en licence de psychologie, et j'étudie en cours le texte de sandor ferenczi "confusion de langue entre adultes et enfants" mais le problème c'est qu'avec le cours du prof je n'arrive pas a comprendre le sens du texte pouvez vous m'éclairez merci d'avance

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Message Sandor Ferenczi 
Bienvenue Pauline,

Je ne sais pas trop ce que tu ne parviens pas à comprendre, donc je vais juste en reprendre les grandes lignes.

Il faut replacer cette production dans les conceptions de Freud et Ferenczi relatives au trauma. Freud a abandonné sa "neurotica" (la théorie de la séduction) où il défendait l'idée, construite d'après les propos de ses patientes hystériques, qu'un état névrotique se développait généralement suite à une séduction de l'enfant par un adulte de son entourage. Il abandonne donc cette théorie, en découvrant que ce qu'il avait pris pour des souvenirs de ses patientes étaient en fait des fantasmes de celles-ci - que la séduction n'avait donc pas eu lieu dans la réalité quotidienne mais correspondait à un fantasme imprimé dans la réalité psychique des dites patientes. Ferenczi va vouloir nuancer ce revirement et mettre à nouveau l'accent sur ce qui serait une expérience réellement vécue par l'enfant.

D'autre part, si la théorie freudienne du développement psychosexuel fait une large part à la sexualité infantile, comme présente et active dès l'origine, Ferenczi la distingue de la sexualité adulte par l'importance du courant "tendre" (besoins de tendresse, de vérité, d'authenticité...).

Pour Ferenczi donc, l'enfant est animé par des sentiments et un besoin de tendresse, qu'il exprime en espérant recevoir en retour des manifestations de cette tendresse de la part de l'adulte. Or, de sa position, l'adulte va renvoyer à l'enfant des affects sexualisés, que l'enfant n'est pas encore en mesure d'élaborer et qui vont donc avoir un impact traumatique sur lui.

C'est donc ce "choc" des deux langages - les motions tendres de l'enfant et les motions "passionnelles" de l'adulte - qui va constituer un traumatisme précoce qui s'organise en plusieurs temps : réponse "passionnelle" des adultes aux demandes des enfants, négation par les adultes de la souffrance consécutive de l'enfant et enfin introjection par l'enfant de la culpabilité inconsciente de l'"agresseur".

En termes contemporains, on dirait que Ferenczi décrit en fait un enfant encore trop immature pour pouvoir recevoir et élaborer psychiquement l'érotisme adulte, source d'une excitation qui va le déborder et provoquer une effraction traumatique.

Il en tire quelques conclusions sur l'attitude du thérapeute-analyste, qui doit se garder de répéter ce traumatisme par son attitude (trop froide, trop distante...) en séance.

Si tu as des questions plus précises, n'hésite pas !


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Message Sandor Ferenczi 


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