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Alzheimer : l'urgence de la recherche thérapeutique
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Alzheimer : l'urgence de la recherche thérapeutique

Le Figaro, 22/06/2009

À l'occasion du 5e gala de l'Ifrad, International Foundation for Research on Alzheimer Disease, lundi soir à Paris, son président Olivier de Ladoucette, gériatre et psychiatre, explique les grandes pistes de la recherche.



LE FIGARO. - Pourquoi une fondation pour soutenir la recherche ?
Olivier de LADOUCETTE. - Nous avons fait le constat, il y a cinq ans, que la recherche en France contre cette dégénérescence cérébrale était sous-dimentionnée, et notamment qu'il y avait quatre à cinq fois moins de chercheurs et de publications concernant cette pathologie que pour les affections cardio-vasculaires ou le cancer. Alors qu'il y a dans notre pays plus de 800 000 personnes atteintes, dont 15 000 ont moins de 65 ans. Notre objectif est de recueillir des fonds, mais aussi de fédérer les énergies et les centres de recherche contre la maladie d'Alzheimer.
Ainsi nous avons mis en place un réseau de six centres français (Centre ressource mémoire et recherche), qui se sont lancés dans le suivi d'une cohorte très particulière de malades. Il s'agit de recruter 500 personnes consultant pour des troubles de la mémoire et qui ont accepté, non seulement de se plier à une batterie d'examens réguliers (cliniques, radiologiques, psychologiques), mais aussi à une autopsie cérébrale après leur décès. Cela permettra de faire des corrélations très précises entre des symptômes cliniques, des troubles de la mémoire et des lésions cérébrales. Il s'agit de comprendre les différents types de maladies organiques classées sous la terminologie de maladie d'Alzheimer et de surveiller leur évolution.
Nous allons aussi contribuer à la création d'un Institut de la mémoire et de la maladie d'Alzheimer, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, qui représentera un centre de référence de recherche clinique et de prise en charge des malades.


Est-ce que l'on comprend mieux les causes de la maladie ?
Nous avons compris assez récemment que c'est une maladie qui se développe très lentement. Entre la première lésion cérébrale et les premiers symptômes, il peut se passer environ entre vingt-cinq et trente ans. Bien sûr, l'âge est un facteur de risque connu depuis longtemps. Il y a aussi des formes génétiques, mais qui ne concernent que 1 % des malades.
La grande majorité des cas sont des formes dites « sporadiques » où les gènes ne jouent pas un rôle prépondérant. Mais on sait aujourd'hui que tout ce qui altère le système vasculaire, comme l'hypertension, le diabète, le tabagisme, représente un facteur de risque majeur. Tout comme la sédentarité physique ou le manque d'activité intellectuelle.


En l'absence de médicament curatif, peut-on faire quelque chose ?
La prise en charge de la maladie d'Alzheimer est loin de se résumer aux médicaments spécifiques. Ils peuvent amender un peu les symptômes, mais surtout ils permettent de médier une relation thérapeutique et de mettre en place un processus complet avec le patient et sa famille pour tenter de freiner le processus.
Par exemple, nous demandons aux malades, à la phase précoce de la maladie, de faire régulièrement de l'exercice physique. Une étude a montré que l'activité physique permet de retarder l'évolution de la maladie et réduit significativement le risque d'en être atteint. Nous leur prescrivons de surveiller leur alimentation, de manger des fruits, des légumes, du poisson. De réduire la consommation de graisses. Nous mettons en place un traitement de l'hypertension artérielle et du diabète. Nous proposons des stratégies pour qu'ils ne soient pas en échec avec leur mémoire (ranger ses clés, son portefeuille, ses lunettes… toujours au même endroit). Nous mettons en place des techniques de stimulation cognitive et intellectuelle et aidons à la prévention du stress et de la dépression.


Les familles espèrent avant tout des médicaments efficaces…
Pour l'instant, on intervient sur les symptômes, mais on ne sait pas agir sur les causes de la maladie. Il y a des laboratoires de plus en plus nombreux qui tentent de mettre au point des nouvelles stratégies thérapeutiques. Il y a en cours des essais avec un vaccin contre la maladie d'Alzheimer dont certains résultats devraient être disponibles bientôt.
Par ailleurs plusieurs pistes se sont intéressées aux protéines altérées dans cette maladie. Ainsi des essais thérapeutiques testent une molécule qui empêche l'accumulation d'une protéine dite TAU dans les neurones, accumulation caractéristique de la maladie. D'autres expérimentations visent aussi à inhiber le développement de la protéine bêta-amyloïde qui se dépose de manière massive entre les neurones chez les malades.
Si ces essais sont fructueux, on disposera de nouveaux médicaments dans cinq ans environ. Nous allons probablement vers une plurithérapie qui devrait permettre de freiner plus nettement le processus évolutif de cette maladie.

http://www.lefigaro.fr/sante/2009/06/19/01004-20090619ARTFIG00583-alzheimer…


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