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Psychanalyse et travail social
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Psychanalyse et travail social

AutreRadioAutreCulture avait déjà traité le sujet sur psychanalyse et travail social il y a quelques mois, avec le psychanalyste Joseph Rouzel sur les difficultés des travailleurs sociaux et l'aide que l'on peut leur apporter. Cette fois-ci le sujet est repris dans une toute autre dimension : le public sur lequel interviennent les travailleurs sociaux.

Quel est-il ? Très souvent ce sont des gens qui ne sont pas socialement intégrés, ayant perdus toutes leurs racines, qu'elles soit famille, travail ou amis. Comment la psychanalyse peut-elle intervenir dans ce cas très précis ? Comment peut-elle s'impliquer avec des hommes, des femmes qui ne savent même pas qu'elle existe ? Comment peut-elle aider l'individu à se reconstruire dans une société de plus en plus individualiste.

Une émission enregistrée à Paris le 22 mars 2009 avec Frédéric de Rivoyre, psychanalyste, docteur de psychologie clinique et pathologique, directeur de l'association IRIS, Olivier Douville, psychanalyste, maître de conférence en psychologie clinique à l'université de Paris VII, présentée par Anny Ardain, psychanalyste, réalisée par Marion Delhaye.

http://audioblog.arteradio.com/AutreRadioAutreCulture/frontUser.do;jsession…

Émission ici : http://estelaprod.free.fr/Radio/Debat_PsySocial.mp3


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Psychanalyse et travail social 


je n'ai écouté que les 5 premières minutes, pas le temps maintenant d'écouter l'émission en entier, mais ça m'a mise en appétit ! j'écoute la suite dès que je peux.

Merci Traviata


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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entre la théorie et la pratique... il y a un monde... voir des galaxies ! looool


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Si il faut etre acteur de sa vie, je veux bien faire de celle ci, un spectacle ou chacun prendrait le masque qui lui convient.
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Message Psychanalyse et travail social 
J'ai trouvé très intéressant le passage où ils parlent du manque d'intimité des personnes qui ont à faire des demandes d'aide sociale et qui doivent rendre compte de tout (montant de leur loyer, détail de ce qu'ils perçoivent, justification de leurs dépenses...). Ça rejoint quelque chose que je trouve très présent en psychiatrie, avec des patients qui souvent perçoivent des aides type AAH, sont parfois sous curatelle/tutelle, doivent aussi parler de leur état psychique à x médecins et soignants, doivent prendre des médicaments... Il y a des moments où tout cela accumulé crée (du moins j'ai cette impression chez de jeunes patients schizophrènes que je suis) un état d'humiliation permanente qui va à l'encontre des soins.

Je suis en train de lire un bouquin de Ciccone et Ferrant (sur la honte, mais avec beaucoup de ponts vers cette clinique) où ils parlent de cette effraction permanente de la pudeur, qui normalement fonctionne comme une protection pour tout le monde, de cette "transparence" obligée qui est dépersonnalisante. Apparemment Jean Furtos et Christian Laval auraient pas mal bossé là-dessus, tu connais Séverine ?


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Message Psychanalyse et travail social 
Totalement d'accord avec toi Traviata, moi j'appelle cela "montrer patte blanche" parce que je trouve qu'il y a comme un soupçon pesant sur les personnes nécessitant des aides, et effectivement on nous demande de nous mettre à poil comme si c'était la chose la plus naturelle du monde qu'on ait plus aucun droit de garder des choses pour soi.
Me souviens à l'époque où j'ai voulu faire une demande d'allloc logement et que je vivais avec mon ex, on demandait sur le papier si j'étais célib, en couple etc... Me demandais si ils viendraient vérifier qu'on couchait bien ensemble ou quoi avant de me donner des sous. Je trouve ça complètement hallucinant, proprement hallucinant que pour deux personnes n'ayant pas souhaiter officialiser leur union devant la société avec les avantages sociaux que cela comporte (mariage ou pacs ou déclaration de concubinage), on demande quand même d'établir si oui ou non sous le même toit on couche ensemble !!!  Parce que cela signifierait qu'on partage son argent ???? Que l'un perçoit de l'autre ? Si il y a coucherie il y a forcéement commerce ???

C'est tout simplement humiliant.

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Message Psychanalyse et travail social 
Oui, Furtos et Christian Laval travaillent sur toutes les thématiques qu'on retrouve dans la précarité (Furtos est psychiatre et Christian Laval sociologue, alors ils font le lien entre la précarité et tous ces aspects psychosociaux), et donc sur la honte qui est le sentiment commun chez ces publics. Ceci dit, Jean Maisondieu avait commencé à étudier la chose avant eux (dans "La fabrique des exclus" je crois)

C'est vrai que dans tout ce qui tourne autour de l'aide sociale, il y a une demande de transparence qui devient souvent invivable pour les personnes. Ou on a aussi d'autres personnes qui ont appris à jouer autour de cette transparence, je pense aux "blasés" de l'aide sociale, des personnes qui ont passé beaucoup de temps avec une prise en charge institutionnelle (les anciens enfants placés, les détenus...). A notre décharge, c'est pas notre faute ce sont les exigences gouvernementales.

Toutes les aides sociales sont attribuées "sous conditions de justificatif", à part ce qui est de l'aide d'urgence. Et la demande de justification va de plus en plus loin... Par exemple pour le nouveau dispositif dont on annonce à grands renforts de pubs qu'il remplace avantageusement le RMI (le RSA), 2 nouvelles justifications sont apparues, l'air de rien : alors qu'avant on demandait seulement les ressources du compte courant, maintenant le demandeur doit fournir un justificatif de l'intégralité de ses biens. Et s'il avait eu la mauvaise idée de mettre des sous de côté (PEL ou autre), il risque de se voir sucrer tous ses droits. Et autre nouveauté (je gardais le meilleur pour la fin) : pour bénéficier du RSA, chaque bénéficiaire est tenu de s'engager, quelque soit son âge ou sa situation individuelle, à faire un procès à ses obligés alimentaires (parents, enfants...) sur la simple requête de la CAF, qui cherche visiblement à se soulager à bon compte dans les années à venir.

Là où les personnes devaient jusqu'ici se justifier de leurs finances ou de leurs maladies, maintenant elles devront aussi se justifier de leurs liens familiaux. Et avec la multiplication des acteurs, j'imagine que ça va valser sous peu dans le milieu de l'aide sociale.
C'est tout simplement abjecte pour les personnes qui ont recours à ces services, et pour les acteurs du social ça devient de plus en plus répugnant de travailler sous le règne Sarko.
Confused


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Message Psychanalyse et travail social 
Séverine a écrit:

chaque bénéficiaire est tenu de s'engager, quelque soit son âge ou sa situation individuelle, à faire un procès à ses obligés alimentaires (parents, enfants...) sur la simple requête de la CAF, qui cherche visiblement à se soulager à bon compte dans les années à venir.


Dis donc, c'est énorme ça ! C'est sûr que ça va aider à entretenir les bon liens familiaux Rolling Eyes


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Message Psychanalyse et travail social 
Shocked je suis atterée... c'est pas possible...c'est ridicule !! C'est... monstrueux Shocked Shocked Shocked
enfin on peut pas forcer les gens à faire des procès à leur proches !

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Message Psychanalyse et travail social 
oui mais en fait y a la théorie et la pratique, en vérité c souvent pas applicable...
donc bon...

moi par exemple on m'a jamais demandé les ressources de mon compte courant...
et pour ce qui est de trainer en justice la famille pour une pension alimentaire, en fait ct déjà plus ou moins appliqué...
chez les étudiants par exemple qui demandent des aides, la façon de les envoyer paitre, c dire si vos parents ne vous donnent rien et qu'ils le peuvent, vous pouvez porter plainte car c votre droit.

y a toujours des décalages en fait entre ce qui se fait sur le terrain, et la théorie, qui est d'ailleurs pour certaines mesures, inaplicable. c pr faire flipper les gens c tout et foutre la pression aux sociaux, qui sont eux en première ligne.

toute façon à l'espace ou je suis, pour mon rmi, ils sont tellement débordés que ben... looool
ils arretent pas de perdre mon dossier en fait ! et n'arrivent meme pas à me filer un rdv pour me suivre, ou me fliquer plutot sur ma recherche d'emploi.
Il faut constituer un tableau de bord mademoiselle !


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Si il faut etre acteur de sa vie, je veux bien faire de celle ci, un spectacle ou chacun prendrait le masque qui lui convient.
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Message Psychanalyse et travail social 
Dans mon département (la gestion est laissée à l'appréciation de chaque direction de CAF), les recours sont bien prévus. Mais -disent-ils- dans un premier temps pour les "jeunes" de moins de 30 ans (une manière de repousser l'attribution du RSA de 25 à 30 ans ?) et ensuite ça risque d'évoluer autrement, personne ne sait dans quelle direction...

Ce qui est prévu, ce n'est pas de forcer quiconque à faire un procès aux obligés alimentaires, mais d'arrêter purement et simplement le versement du RSA dans ce cas. Enfin pour la mise en application de ce qui est prévu, ça me questionne quand même... pour l'instant j'ai du mal à imaginer ça sans que ça provoque des émeutes.

Et si ces mesures sont appliquées sans trop problèmes, ça me questionne aussi sur l'avenir des autres minimas sociaux comme l'AAH. Si les obligés alimentaires des rmistes peuvent payer à la place de l'état, pourquoi ne leur demanderait-on pas de payer pour leurs proches malades invalides à la place de l'état là encore ?


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Message Psychanalyse et travail social 
c sur, de toute façon idéologiquement en ce moment on est pas mal dans cet orientation quoiqu'on dise...
en ce moment c assez anti fonctionnaire, anti chomeur longue durée, anti immigration, anti aide sociales pour les "fainéants" (je dis ça parceque c très courant ce genre de propos en fait)
donc la manipulation c dire, on a une grosse dette d'état, donc on ne peut plus se permettre de payer comme avant pour les aides, donc on va faire chier les assistés le plus possible, voir une remise en question.

Pour moi le RSA est une façon de remettre en cause le RMI en fait. et ça reste dans l'optique, travailler plus pour gagner plus.
ENfin pour les obligés alimentaires, qd j'étais au RMI on m'avait demandé un papier à fournir comme quoi mes parents ne voulaient pas payer... ct assez formel, ils cherchaient pas plus loin.
Pour eux ils leur fallait juste ce papier techniquement pour pouvoir me donner le RMI.
ça m'étonnerait qu'ils aillent plus loin... vu de toute façon comme ils sont débordés.

Surtout que je n'ai pas en fait de face à face, ça se passe par courrier et telephone, et qu'ils font ça à la chaine.
Après pour le reste ce sont des facteurs humains, y a beaucoup d'assistante sociale ou travailleurs sociaux, qui en fait ne poussent pas la personne à faire un procès...
Ils peuvent expliquer que c d'abord aux proches d'assurer les aides vitales, normalement, que si ils veulent porter plaintes qu'ils le fasse, mais ça va pas plus loin, voir meme c souvent pas évoqué.
On demande juste des pièces qui commencent à s'allonger (donc plus de travail aussi pour les sociaux) pour constituer le dossier de demande de RMI.


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Message Psychanalyse et travail social 
Je me demande à partir de quels revenus les proches deviendraient obligés alimentaires ? Et combien faudrait-il qu'ils paient ? Parce que vu le nombre de gens qui ont tout juste de quoi boucler leur budget...

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Message Psychanalyse et travail social 
je me demande meme si c vraiment plafonné et si on peut obliger quelqu'un à donner justement...
évidement que non, donc à partir de là, ça reste plutot quelque chose de principe morale qu'on ne peut faire appliquer par coup de sanction. Sauf si on désire de porter plainte...


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Message Psychanalyse et travail social 
oui mais sauf donc que la sanction c'est que si la personne se débrouille pas pour soutirer de l'argent à sa famille, de toute façon elle aura pas droit au RSA. En gros si tu fais pas de procès, c'est toi qui te prend la sanction.

Je repense à une femme sdf qui avait ses habitudes pas loin de mon ancienne adresse, elle venait d'undéparatement éloigné, où habitait sa mère avec son beau-père. Elle n'osait pas quitter ce quartier preièrement parce que c'était là qu'elle avait un appartement avant et où son compagnon à qui elle n'était pas marié était dcd - elle s'était occupée seule de lui avant son décé et cessé de travailler pour cela, les dettes se sont accumulées, elle n'avait pas de droits sur l'apparte, elle a été virée et tout perdu. Elle avait du coup cet attachement au quartier, car le traumatisme de la perte de son logement par-dessus le deuil la laissaient avec cette peur de perdre encore le peu qu'ele avait - là en l'occurrence la connaissance des commerçants, et des autres sdf du coin, ses lieux pour dormir. Elle disait que déjà dans la vie les choses peuvent vite changer, alors dans la rue encore pire, tout pouvait très vite glisser.
Ensuite, retourner voir sa mère semblait impossible. Elle y pensait apparemment parfois, mais apparemment elle avait eu de bonnes raisons de partir, il y avait une brouille, et puis je pense qu'il y avait la honte aussi de ce qu'elle était devenue (d'après ce qu'elle disait - elle semblait craindre les reproches etc).

Et elle on voudrait lui demander de faire un procés à sa mère..... ??? Confused

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Message Psychanalyse et travail social 
non le truc, c que si tu ne soutires pas de l'argent auprès des proches tu as droit au RSA content

par contre si tu vis officielement avec quelqu'un qui travaille, là y a un plafond pour savoir si tu as droit au RSA


donc c une question d'histoire des moeurs et de la famille les aides sociales aussi...
concretement la famille, a le devoir de subvenir au besoin en cas de détresse ou la personne ne peut pas assumer ses besoins primaires, mais c plutot de l'ordre morale, y a pas de mesures pour obliger, sauf si la personne dans le besoin porte plainte...
et que le juge considère qu'elle est dans ses droits de réclamer une pension alimentaire.

Mais le conjoiint qui travaille a le devoir de subvenir au foyer... ce qui fait que tu ne peux pas prétendre au RSA logiquement.

c comme ça que je comprends le systeme.

maintenant si ton père est milliardaire, mais qu'il refuse d'avoir contact avec toi et t'aider, soit tu porte plainte, soit tu touche le RMI
en gros c ça...
moralement il a l'obligation, mais y a pas de mesures pour obliger quelqu'un à donner, sauf si on porte plainte...
si ton père est smicard il fera une attestation pour dire que ses revenus ne lui permettent pas de donner une pension alimentaire...
et hop dans le dossier RSA et tu toucheras le RSA avec les autres pièces à fournir.


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Message Psychanalyse et travail social 


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