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Kleiniens et néo-kleiniens
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Kleiniens et néo-kleiniens


Les travaux de Mélanie Klein ont fortement influencé plusieurs générations de psychanalystes, notamment en Grande-Bretagne.
Je vais reprendre ici (par ordre alphabétique pour éviter les complications de préséance !) les apports des principaux théoriciens appartenant aux mouvements kleinien et néo-kleinien (hormis W. R. Bion qui me semble mériter une section particulière).


LE GROUPE KLEINIEN (DISCIPLES ET CONTINUATEURS DE L’ŒUVRE DE MELANIE KLEIN) :


Paula HEIMANN (1899-1982)

Psychiatre et psychanalyste d’origine prussienne qui a fait ses études à Berlin, Paula Heimann fuit le nazisme et émigre en Grande-Bretagne en 1933, où elle devient membre de la Société britannique de psychanalyse, disciple et amie de Mélanie Klein. Elle est pendant de nombreuses années un des principaux porte-paroles du mouvement kleinien avant de se brouiller avec Mélanie en 1955 du fait de leurs divergences sur la notion d’« envie » et sur la valeur thérapeutique du contre-transfert induit par le patient chez l’analyste.
Les apports théoriques principaux de Paula Heimann sont ses travaux sur le contre-transfert : celui-ci n’est plus à combattre, mais à prendre en compte, à analyser, pour en faire un outil supplémentaire aidant à la compréhension du patient, outil particulièrement indispensable dans les transferts en mal de symbolisation.

Bibliographie (sélection...) :
HEIMANN, P. (1939-1942). Contribution au problème de la sublimation et de ses rapports avec les processus d’intériorisation. Journal de la psychanalyse de l'enfant n° 34, 2004.
HEIMANN, P. (1949). À propos du contre-transfert. In P. Heimann et al., Le Contre-transfert. Paris : Navarin, 1987.
KLEIN, M., HEIMANN, P., ISAACS, S. & RIVIERE, J. (1946-1952). Développements de la psychanalyse. Paris : PUF, 2009.


Susan ISAACS (1855-1948)

Psychologue du développement, pédagogue et psychanalyste britannique, Susan Isaacs a fait une carrière universitaire à Cambridge, où elle s’intéressait à l’éducation et aux problèmes développementaux, tout en se consacrant à la psychanalyse des enfants. Elle est une des plus fidèles disciples de Mélanie Klein, avec laquelle elle a souvent collaboré.
Susan Isaacs a principalement développé les théories kleiniennes concernant la psychanalyse des enfants et notamment l’importance du jeu symbolique. Dans son célèbre article de 1948, « Nature et fonction du fantasme » (In Développements de la psychanalyse), elle distingue le fantasme conscient (fantasy) et le phantasme inconscient (phantasm).

Bibliographie (sélection...) :
ISAACS, S. (1929-1936). Parents et enfants. Leurs difficultés quotidiennes. Paris : PUF, 1952.
KLEIN, M., HEIMANN, P., ISAACS, S. & RIVIERE, J. (1946-1952). Développements de la psychanalyse. Paris : PUF, 2009.


Joan RIVIERE (1883-1962)

Première psychanalyste non-médecin en Grande-Bretagne, Joan Riviere est une femme de culture, traductrice (et analysante) de Freud, membre fondateur de la Société britannique de psychanalyse. Elle devient rapidement une disciple et une amie fidèle de Mélanie Klein et assume, comme Paula Heimann, le rôle de porte-parole du mouvement. Bien que souvent considérée comme tyrannique par ses analysants, elle a été la deuxième analyste de D. W. Winnicott (auquel elle s’est opposée sur l’importance de l’environnement du bébé par rapport à celle de son monde interne), celle de Susan Isaacs et de John Bowlby.

Bibliographie (sélection...) :
KLEIN, M. & RIVIERE, J. (1937). L’amour et la haine. Paris : Payot, 2001.
KLEIN, M., HEIMANN, P., ISAACS, S. & RIVIERE, J. (1946-1952). Développements de la psychanalyse. Paris : PUF, 2009.


Herbert ROSENFELD (1910-1986)

Psychiatre allemand ayant fui le nazisme, Herbert Rosenfeld s’installe à Londres en 1935 et travaille à la Tavistock Clinic, où il s’intéresse aux troubles psychotiques. Il devient psychanalyste et rejoint le groupe kleinien après son analyse avec Mélanie Klein, qui débute en 1942.
Les apports théoriques majeurs de Rosenfeld sont ses travaux sur l’approche psychanalytique des psychoses, surtout schizophréniques, et sur l’imbrication des espaces psychiques dans ces troubles. Il est également à l’origine de travaux sur le narcissisme (qui influenceront André Green pour sa théorisation d’un « narcissisme de mort »), la réaction thérapeutique négative, l’identification projective et les relations d’objet parasites.

Bibliographie (sélection...) :
ROSENFELD, H. (1964). Etats psychotiques. Paris : PUF, 1976.
ROSENFELD, H. (1987). Impasse et interprétation. Paris : PUF, 1990.


Hanna SEGAL (née en 1918)

Psychiatre et psychanalyste d’origine polonaise, Hanna Segal quitte son pays en 1939 et, après un détour par la France, s’installe à Londres où elle entreprend une analyse avec Mélanie Klein et une formation psychanalytique. Elle devient rapidement un membre important du groupe kleinien et une amie proche de Mélanie, dont elle s’attachera à diffuser l’œuvre.
Sa contribution théorique majeure concerne la formation du symbole. Elle distingue l’équation symbolique, relation concrète et confuse entre le symbole et le symbolisé, dont elle fait l’origine de la « pensée concrète » schizophrénique, et l’accès véritable à la symbolisation, qui implique une relation tripartite symbole-chose symbolisée-individu pour lequel le symbole représente la chose. L’absence d’évolution normale entre l’équation symbolique et la symbolisation prive le sujet de l’utilisation créative des symboles et des fantasmes.

Bibliographie (sélection...) :
SEGAL, H. (1969). Introduction à l’œuvre de Mélanie Klein. Paris : PUF, 2003.
SEGAL, H. (1974). Délire et créativité. Paris : Ed. des femmes, 1987.
SEGAL, H. (1979). Mélanie Klein : développement d’une pensée. Paris : PUF, 1982.
SEGAL, H. (1981). Psychanalyse clinique. Paris : PUF, 2004.
SEGAL, H. (1991). Rêve, art, phantasme. Paris : Bayard, 1993.
Bon article, « L'équation symbolique : une dimension de la psychose selon Hanna Segal », sur le site L’œil sur la langue : http://psychanalyses.blogspot.com/2006/09/lquation-symbolique-une-dimension…



Dernière édition par Traviata le Mar 21 Juil 2009 - 11:37; édité 5 fois

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LE GROUPE NÉO-KLEINIEN (THÉORICIENS CONTRIBUANT A DÉVELOPPER ET ENRICHIR L’ŒUVRE DE MELANIE KLEIN) :


Donald MELTZER (1922-2004)

Psychiatre d’origine américaine qui s’est installé à Londres en 1954 pour achever sa formation psychanalytique auprès de Mélanie Klein dont il devient l’analysant. Il enseignera ensuite à l’Institut de psychanalyse ainsi qu’à la Tavistock Clinic.
Il se démarque de Mélanie Klein en faisant de la première rencontre du bébé avec le monde une expérience « esthétique » profondément dépressive. Il s’intéresse également aux avatars de l’identification projective (développant la notion d’identification intrusive), notamment sous ses aspects claustrophobiques à l’œuvre dans la situation psychanalytique.
Donald Meltzer est enfin surtout célèbre pour ses travaux sur le processus analytique et sur l’autisme, dont il est, avec Frances Tustin, un des grands spécialistes. Il y décrit principalement le démantèlement propre aux états autistiques (dispersion des sens qui errent, chacun indépendamment, vers l’objet attractif du moment, entraînant un démantèlement du self), les désorganisations spatio-temporelles, la non-pensée et l’identification adhésive.

Bibliographie (sélection...) :
MELTZER, D. (1967). Le processus psychanalytique. Paris : Payot, 1971.
MELTZER, D. (1972). Les structures sexuelles de la vie psychique. Paris : Payot, 1977.
MELTZER, D. et al. (1975). Exploration dans le monde de l’autisme. Paris : Payot, 2004.
MELTZER, D. (1984). Le monde vivant du rêve. Lyon : Césura, 1993.
MELTZER, D. (1986). Etudes pour une métapsychologie élargie : applications cliniques des idées de Wilfred R. Bion. Larmor-Plage : Ed. du Hublot, 2006.
MELTZER, D. (1992). Le claustrum : une exploration des phénomènes claustrophobiques. Larmor-Plage : Ed. du Hublot, 2005.


Frances TUSTIN (1913-1994)

Après une enfance douloureuse et très instable, Frances Tustin s’engage dans une formation d’enseignante qui lui permet de rencontrer Susan Isaacs et se s’intéresser à la psychanalyse. Elle suit une formation à la Tavistock Clinic, effectue une analyse avec W. R. Bion et se spécialise dans le traitement des pathologies autistiques.
Frances Tustin a considérablement contribué à la réflexion théorico-clinique sur l’autisme et la psychose infantile, dont elle est une des figures dominantes.
Elle distingue 3 types d’autisme :
L’autisme primaire anormal (prolongation pathologique de l’autisme primaire) :
Pour elle (comme pour Margaret Mahler), le développement connaît normalement une première étape autistique où les objets ne sont pas différenciés du self (illusion de continuité langue-mamelon). Lorsque l’illusion de continuité mère-enfant est détruite trop vite sous l’impact de l’environnement, la perte de l’objet entraîne la perte correspondante du self, la formation d’un objet interne persécuteur, le maintien de rapports à des objets uniquement autistiques et le début d’une dépression psychotique.
L’autisme secondaire à carapace (comparable à l’autisme infantile précoce) :
Les séparations non symbolisables, le manque d’expériences sécurisantes et contenantes avec l’environnement conduisent l’enfant à se munir d’une coquille protectrice destinée à assurer la cohésion du self.
L’autisme secondaire régressif (comparable à la schizophrénie infantile) :
Il est lui-même partagé en deux groupes : l’un où la personnalité est clivée en deux parties (un bon moi et un non-moi persécuteur) et l’autre, qui est une évolution du premier, où pour échapper au non-moi persécuteur la personnalité se désintègre en de multiples fragments (on voit ici la parenté avec les théories de Bion).

Bibliographie (sélection...) :
TUSTIN, F. (1972). Autisme et psychose de l’enfant. Paris : Seuil, 1977.
TUSTIN, F. (1986). Le trou noir de la psyché : barrières autistiques chez les névrosés. Paris : Seuil, 1989.
TUSTIN, F. (1990). Autisme et protection. Paris : Seuil, 1992.
TUSTIN, F. (1992). Les états autistiques chez l’enfant. Paris : Seuil, 2003.


John STEINER

Psychiatre et psychanalyste britannique qui a travaillé à la Tavistock clinic et en est toujours membre honoraire.
Ses principales contributions théoriques concernent la notion de « retrait psychique », forme de défense contre la souffrance et l’angoisse inhérentes aux positions schizo-paranoïde et dépressive définies par Mélanie Klein. Ce retrait vise au refuge dans un espace protégé (semblable à la « poche de kangourou » que décrit Henri Rey) mais peut s’avérer un mécanisme coûteux, entraînant une rupture du contact avec la réalité.

Bibliographie (sélection...) :
KING, P. & STEINER, J. (eds, 1992). Les controverses Anna Freud-Mélanie Klein, 1942-1945. Paris : PUF, 1998.
STEINER, J. (1993). Retraits psychiques. Organisations pathologiques chez les patients psychotiques, névrosés et borderline. Paris : PUF, 1996.


La Tavistock Clinic

On voit que beaucoup de psychanalystes kleiniens sont passés par ce lieu de consultation, de soin et d’enseignement… Fondée en 1920 à Londres, elle revendique dès l’origine une approche psychanalytique des troubles psychiques et devient, dans les années 1930, un très important centre de formation et de recherche pour les cliniciens.
Depuis les années 1950, elle est surtout célèbre pour sa méthode d’observation du développement émotionnel du nourrisson, créée par Esther Bick (qui a travaillé en collaboration avec Mélanie Klein et John Bowlby). Un cours d’observation a été mis en place en 1960 pour les psychothérapeutes et autres personnes impliquées dans le suivi des jeunes enfants – il sera repris dans différents pays du monde dont, en France, au Centre d’études Martha Harris à Larmor-Plage.
Le site de la Tavistock Clinic à Londres : www.tavi-port.org


Et ailleurs...

Outre le groupe des kleiniens et néo-kleiniens britanniques, nombre de psychanalystes ont été, à travers le monde, influencés à divers titres par les travaux de Mélanie Klein et de ses successeurs.
En France, on peut bien sûr citer les psychanalystes d’enfants (comme René Diatkine, Serge Lebovici, Didier Houzel, Geneviève Haag…), mais aussi beaucoup de ceux qui s’intéressent au processus analytique, aux psychoses, aux espaces psychiques, etc. (comme Didier Anzieu, Jean Bégoin, Florence Guignard…).


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