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Réaction thérapeutique négative
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Message Réaction thérapeutique négative 
J'aimerais qu'on parle un peu de ce problème dont Freud parle notamment dans "Le Moi et le ça" (1923) c'est à dire dans la cure une résistance à la guérison avec aggravation des symptômes comme si le patient préférait la souffrance à la guérison . Freud relie cela au sentiment de culpabilité inconscient (pour Freud le surmoi est en partie inconscient) au masochisme et au besoin de punition . Green dit que c'est fréquent chez les patients limites qui est le paradigme contemporain de la psychanalyse .
Que fait un analyste face à ce problème ? Certains d'entre vous ont-ils vécu un tel enlisement ?


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Réaction thérapeutique négative 
Bonsoir Psychonaute,

Non je n'ai pas du tout vécu ça, j'ai le sentiment d'être allée en m'améliorant. Enfin vu de maintenant, parce que pendant la thérapie il y a des moments où on stagne, ou encore on a l'impression de reculer. Mais avec le recul de la fin de thérapie je crois que j'ai avancé tout le long, et lorsque j'ai reculé ce n'était pas (trop) vers la maladie.
Mais pour moi c'était une psychothérapie d'inspiration psychanalytique (pour mon premier thérapeute), l'évolution est sans doute très différente d'une psychanalyse pure où il y a plus le temps de se poser.

Sinon ce dont tu parles m'évoque la résistance au changement, la peur de l'inconnu devant les nouveaux possibles créés par la thérapie (ou l'analyse).


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Réaction thérapeutique négative 
Je ne crois pas qu'on puisse la rabattre, du moins entièrement, sur une forme de résistance... Ça implique davantage, puisque tu cites Green psychonaute, le "travail du négatif" qui est en effet particulièrement à l'oeuvre dans certaines problématiques.

Dans ma cure personnelle (et dans ma vie jusque-là !), j'ai souvent senti un travail de sape, une espèce de pulsion de mort à l'oeuvre si on veut, et il me semble que mon analyste a mis l'accent sur l'interprétation du transfert, du contre-transfert et aussi d'un transfert latéral pour démêler tout cela. En tout cas, c'est dans le transfert que j'ai compris ce qui se passait.

Dans la clinique, j'ai l'impression que nous sommes de plus en plus confrontés à la destructivité, sous toutes ses formes (plus qu'à telle ou telle pathologie d'ailleurs), mais qu'il n'y a pas de réponse globale évidente - ce sont des cures où l'on va d'abord chercher pendant très longtemps à assurer le lien, où on peut aussi être parfois tenté de diffracter le transfert (thérapie bifocale...), bref où on doit faire preuve de créativité.


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Réaction thérapeutique négative 
J'ai eu une phase de mon traitement où j'allais de plus en plus mal pour ma part mais j'ignore si c'était une RTN , peut-être ... Je pense à certains dénis qui cèdent par exemple ou clivage avec un effondrement possible  ...
J'avais le sentiment que avoir du plaisir ou enfin  connaître du positif m'étais barré par un lien malsain à ma mère dépressive . C'est clair aussi que dans certaines thérapies Green le dit par le travail du négatif (Clivage, déni,forclusion) le psychisme élimine s'automutile et jusqu'au travail effectué en séance parfois comme si rien ne s'était passé en séance . C'est pourquoi dans certains cas malgré que le psy analyse et la patient se livre à la règle fondamentale il ne se passe rien .


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Réaction thérapeutique négative 
Traviata as-tu rencontré dans ta pratique une situation du type de ce que décrit Joyce Mc Dougall dans son article "L'anti-analysant en analyse" ? C'est fréquent ? 


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Réaction thérapeutique négative 
Tu peux expliquer un peu en quoi ça consiste Psychonaute ? J'aimerais bien en savoir plus... sourire
Donc sur la réaction thérapeutique négative et l'anti-analysant ?

Merciiii

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Message Réaction thérapeutique négative 
Pour Manamana

Réaction thérapeutique négative :
C'est Freud qui a commencé à développer le concept (période contemporaine de sa prise en charge de l'homme aux loups !), en observant que, pour certains analysants, il y avait une aggravation - provisoire pour lui à cette époque - des symptômes au cours du traitement. Il y voit l'entrecroisement de plusieurs causes : l'expression d'une hostilité envers l'analyste, un effet de la résistance (peur de la guérison...), un sentiment de culpabilité inconscient (résistance propre au Surmoi), puis, après la 2ème topique, un effet de la pulsion de mort. La notion a été beaucoup reprise et étendue depuis, notamment dans le cadre du traitement psychanalytique de certaines personnes qui peuvent manifester durablement cette RTN.

Anti-analysant :
Concept développé par Joyce McDougall pour rendre compte d'une certaine clinique où l'analysant semble avoir créé un lien archaïque avec l'analyste pour lui faire vivre - et non penser - ce qui relève d'un fonctionnement psychique désaffectivé.


Pour répondre à Psychonaute, je n'ai pas suffisamment d'expérience pour savoir si c'est réellement très fréquent, ou de plus en plus fréquent... mais il est certain qu'on rencontre pas mal de personnes fonctionnant selon ce mode.
Ce qui me frappe en ce moment personnellement, c'est le nombre de personnes "gelées" que je rencontre - gelées étant un concept perso, ne m'en demandez pas l'historique C'est-à-dire que, pour moi, il s'agit davantage d'un gel psychique que d'un vide ou d'une absence de lien... C'est la seule image qui me vient contre-transférentiellement - l'image du givre.


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Message Réaction thérapeutique négative 
Coucou Manamana j'allais te répondre mais Traviata l'a fait avec la maestria qui la caractérise . Merci Traviata car je peux pas discuter avec ma psy de sa pratique et je ne connais pas de clinicien à  ... sourire C'est vraiment bien ce forum



Dernière édition par psychonaute le Mar 28 Sep 2010 - 22:12; édité 1 fois

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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Réaction thérapeutique négative 
ça m'étonne pas ce que tu dis là, enfin d'après les conversations avec des gens depuis mon retour en France, plus ou moins de ma génération et plus jeunes, souvent une incapacité à avancer, à concrétiser, un peu comme moi quoi, comme quoi je suis bien de mon époque, donc soit d'immobilité, soit d'efforts forcené pour éviter d'y retomber lorsqu'ils ont connu une telle période. Mais cette sensation de blocage, qui est soit vécu dasn la souffrance et la culpabilité, soit dans une sorte de déni où la personne du coup paraît "provocatrice" et à la rigueur même manquer de savoir vivre ou de respect des autres.
Bcp des jeunes de familles recomposées de multiples fois, mais pas exclusivement. Un parent malade semble aussi jouer, ainsi qu'une trop grande pression point de vue études et accomplissement professionnel (avec des discours sur "l'intelligence pure" au centre de la culture familiale), notamment quand un parent à une grande carrière.

Bon ça c'est ce que j'ai pu voir autour de moi. Maintenant je ne sais pas si c'est de ce "gel" là que tu parles...
M'enfin une jeunesse qui semble attendre le dégel à en désespérer tout le monde... et eux surtout plus le temps passe.

sinon merci pour l'explication sourire

Anti-analysant
Comment cela se manifeste-t'il un lien archaïque à l'analyste ? Et donc la manière dont je le comprends c'est que c'est une agressivité envers l'analyste ?

Réaction thérapeutique négative :
oui beh là pour le coup j'ai bien observé chez moi que dès que j'ai l'impression d'une évolution, boum je retombe. C'est agaçant Rolling Eyes patauger c'est un peu ma spécialité et d'ailleurs on en rigole parfois avec mon psy. Nous avons parlé ceci souvent lors de la reprise après des vacances etc, comme pour faire le point, du rapport de force là-dedans, de l'agressivité qu'il peut ressentir devant mon immobilité (enfin il a jamais utilisé ce terme, il parlera plutôt de mon refus de jouer...), et moi de mes défenses vis-à-vis de lui, où je réaffirme mes limites par rapport à ce que je peux accepter ou ce qui m'angoisse et des impasses psychiques que je ressens. Je suppose que c'est plus ou moins pour travailler sur cette fameuse réaction thérapeutique négative ?

coucou Psychonaute, merci quand même

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Message Réaction thérapeutique négative 
Non, je ne parle pas de cet aspect des choses Manamana, je parle d'un gel sur le plan psychique. Pour les gens "bloqués" dans leur parcours de vie, il y en a toujours eu je pense, si ce n'est que les rôles sociaux et les obligations qui allaient avec étaient plus impératifs et laissaient moins de place à l'attente.

Pour le lien archaïque, c'est une forme de fusion où l'analyste est amené à vivre quelque chose (une douleur, un vide, un désespoir...) qui est présent chez l'analysant mais que lui-même ne peut ni ressentir ni évidemment exprimer. McDougall fait de belles descriptions cliniques où un analyste se sent entravé dans son fonctionnement, sa pensée, pour se rendre compte qu'il en en train de ressentir ça à la place d'un autre.

En fait, dans tout ce que nous évoquons en ce moment dans les discussions (et ça m'a aussi frappée pendant le docu sur Marilyn hier soir), il y a un aspect qui me paraît central, c'est la haine (fixation à une relation de haine, haine dans le transfert, haine dans le contre-transfert...) qui, faute d'être analysée, devient une bombe à retardement.                   


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Réaction thérapeutique négative 
Je me dis qu'il faut être sacrément bien formé pour être capable de se rendre compte qu'on ressent cela à la place de l'autre...

et je peux pas m'empêcher de penser que cela implique aussi que tout le monde ne peut pas devenir analyste

du coup cela m'interroge quand même sur les psychologues et psychiatres n'ayant pas de formation psychanalytique (à la fois pour le lien archaïque et les manifestations de la haine), parce que j'imagine (je me trompe peut être) que le transfert se manifeste toujours dans la relation duelle thérapeutique...

puis je me demande comment vous faites pour gérer quand vous ressentez de la haine à l'égard de vos patients, c'est quelque chose que vous analysez de votre côté, ou dont vous allez parler avec le patient ?

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Message Réaction thérapeutique négative 
Ils travaillent avec d'autres outils j'imagine, même si effectivement je ne vois pas comment on peut conduire une thérapie correctement sans un minimum de travail personnel préalable (c'est là que la nouvelle loi sur le titre de psychothérapeute pose un énorme problème à mon sens) !

La haine, c'est à travailler de son côté bien sûr (bien qu'on puisse imaginer un analyste pervers disant "écoutez mon vieux, je vous déteste mais je ne sais pas encore pourquoi" ), pour voir à qui elle appartient dans l'histoire de l'analysant (Winnicott a beaucoup parlé de la haine déniée de la mère envers son bébé - ces mères qui disent adorer le bébé, qu'elles se jetteraient au feu pour lui...) et quelle place elle occupe à ce moment-là dans la cure.


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Réaction thérapeutique négative 
Heureusement Winnicott a bien expliqué tout ça ... Et la nécessité pour le psy de "survivre" à la haine de son patient ou à ses mécanismes de destruction ou à ses attaques ... Or certains analystes sont trop fragile narcissiquement pour ça , même sortant d'une psychanalyse et étant formé ... Green parle du cas d'une patiente qu'il a refusé de prendre en cure à cause de son masochisme . Et puis je pense qu'il y a le Réel dont parle Lacan , l'insymbolisable , la jouissance , surtout après certains gros traumas ...


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Réaction thérapeutique négative 
psychonaute a écrit:
C'est clair aussi que dans certaines thérapies Green le dit par le travail du négatif (Clivage, déni,forclusion) le psychisme élimine s'automutile et jusqu'au travail effectué en séance parfois comme si rien ne s'était passé en séance . C'est pourquoi dans certains cas malgré que le psy analyse et la patient se livre à la règle fondamentale il ne se passe rien .

C'est fréquent de rencontrer l'effacement des séances au fur et à mesure qu'elles se déroulent. Il me semble que c'est particulièrement fréquent chez des patients porteurs d'un traumatisme enkysté, d'une douleur inélaborable.


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La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient. G. Garcia Marquez
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Message Réaction thérapeutique négative 
et dans ce cas que faire alors ? Parce que c'est un éternel retour au même... les personnes concernées s'en rendent compte ?

Message Réaction thérapeutique négative 


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