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Les diagnostics délirants de la psychiatrie américaine
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Les diagnostics délirants de la psychiatrie américaine

slate.fr, 04/08/09

«Addiction à Internet», «Amertume» et «shopping excessif» pourraient devenir des troubles du comportement.

Si la carrière florissante de Madeleine Wickham nous a appris une chose,  c'est bien que l'addiction au shopping rapporte. Sa série consacrée à «L'accro du shopping», écrit sous le nom de plume «Sophie Kinsella», est bien connue de toutes les amatrices de «chick-lit». La comédie romantique «Confessions d'une accro du shopping», première d'une longue série d'adaptations (avec Isla Fisher dans le rôle-titre), a rapporté plus de 100 millions de dollars dans le monde. Le film n'est pas franchement hilarant, mais son message tient debout: aimer s'acheter des vêtements élégants n'est pas une pathologie; c'est un style.

En se demandant avec beaucoup de sérieux (et un certain amateurisme) si le shopping effréné est ou non une maladie mentale, l'Association américaine de psychiatrieAmerican Psychiatric Association», ou APA) semble en passe de perdre de vue cette distinction. La cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux («Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders», ou DSM), réalisé par l'association, est prévue pour paraître en 2012. L'APA ne décide pas que du sort des accros du shopping: elle se demande également si l'utilisation abusive d'Internet, l'activité sexuelle «excessive», l'apathie et l'«amertume» prolongée peuvent être considérées comme des «troubles mentaux». Avis aux Américains : si vous passez des heures à surfer sur le Web, si vous faites plus souvent l'amour qu'un psychiatre vieillissant ou si vous n'arrêtez pas de vous plaindre du gouvernement et de ses dépenses injustifiées, prenez garde! Vous faites peut-être partie des 48 millions de malades mentaux que compte déjà notre pays; du moins selon l'APA.

Comment l'Association procède-t-elle pour déterminer à partir de quel moment un pleurnicheur normal bascule dans le trouble mental, ou pour préciser à partir de quel stade l'activité sexuelle devient «excessive»? Mystère.  Derrière les portes de l'APA, à Arlington (Virginie), les subtilités du débat doivent donner quelques maux de tête aux spécialistes. Débat qui, comme nous allons le voir, a même fait l'objet d'une prise de bec publique...

Est-il encore normal d'être anxieux et amer après la perte d'un emploi? Peut-on encore soupirer en songeant au faible niveau de sa retraite? Si l'APA ajoute l'  «amertume post-traumatique» à la liste des troubles mentaux dans la prochaine édition de sa bible diagnostique, ce sera simplement parce qu'un petit groupe de spécialistes de la santé mentale juge que leurs contemporains ne devraient pas accorder trop d'importance à ce genre de problèmes.

Le Normal et le Pathologique

L'affaire donne à  réfléchir, et elle peut aussi faire douter de la sagesse des rédacteurs de cette nouvelle version du manuel. L'association ne peut pas clairement définir le moment où un comportement donné (se sentir mal suite à un coup du sort, par exemple) bascule du normal vers le pathologique. Pour ceux d'entre nous qui suivent le débat avec intérêt (et d'aussi près que l'association le permet), parler des révisions du DSM revient à faire la chronique d'une catastrophe annoncée. Le problème, c'est qu'il est difficile d'en savoir plus: tous les rédacteurs ont signé un contrat qui les empêche de parler de leur activité.

Quand il a fait son apparition, en 1952, le manuel diagnostic de l'APA n'était qu'une édition fine, à spirale, qui se contentait de faire l'inventaire de troubles caractéristiques des années cinquante: «comportement passif-agressif»,  «instabilité émotionnelle», «personnalité inadéquate»... Le manuel n'était alors qu'un simple guide pratique de la psychiatrie; il n'avait pas encore la prétention d'être une liste exhaustive de tout ce qui touche de près ou de loin à la santé mentale. Prétention acquise en 1980, avec la publication de la troisième édition («DSM-III»), qui répertoriait déjà plus de 100 troubles mentaux (plusieurs d'entre eux sont d'ailleurs encore contestés). La «personnalité inadéquate» n'avait pas complètement disparu; elle avait été remplacée par le terme «troubles de la personnalité mixtes, atypiques ou autres» (ce qui ne faisait, de fait, que compliquer les choses). Plus effrayants encore: la «personnalité évitante», le «trouble oppositionnel avec provocation», et la «phobie sociale». Aux dernières nouvelles, ce dernier trouble concerne les personnes ayant peur de manger seules en public et redoutant «l'humiliation et l'embarras». Le DSM renferme d'autres pépites : l' «intoxication à la caféine», le «trouble du calcul», le «problème relationnel dans la fratrie» ou le «frotteurisme» (ou «acte de toucher et de se frotter contre une personne, généralement par surprise, dans le but d'en retirer une excitation d'ordre sexuel»).

Le DSM actuel recense trois fois plus de troubles qu'il n'en contenait en 1952, et il est sept fois plus long que la première édition. Rien ne dit que les douzaines d'ajouts récents soient scientifiquement recevables. Robert Spitzer, rédacteur de deux précédentes éditions, dont celle qui a officiellement validé le «trouble de stress post-traumatique», a récemment admis que ses collègues étaient maintenant dans l'obligation de «sauver le trouble de stress post-traumatique contre lui même».

Devant ses membres et les médias, l'APA prétend que sa méthodologie est rigoureuse et basée sur les faits; qu'elle s'en tient aux données et aux essais sur le terrain. Mais le simple fait que l'APA ait réuni un groupe de travail pour plancher sur l' «amertume», l'apathie, le shopping excessif et l'addiction à Internet démontre, comme l'a dit Allen Frances (qui a dirigé le groupe de travail du DSM-IV) au magazine Psychiatric News le mois dernier, que le DSM-V «fait fausse route». «Je ne pense pas qu'ils comprennent l'étendue des problèmes qu'ils sont en train de générer. Et je crains qu'ils ne soient pas assez ouverts d'esprit pour faire marche arrière», a-t-il déclaré.

La suite ici : http://www.slate.fr/story/8667/lassociation-americaine-de-psychiatrie-prise…


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Message Les diagnostics délirants de la psychiatrie américaine 
Heureusement que je ne suis pas américaine, je serais bonne pour l'hopital psy


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Les diagnostics délirants de la psychiatrie américaine 
Il y a aux états-unis d'importants lobbys pharmaceutique derrière la psychiatrie ... Si on peut se faire encore du pognon en inventant des diagnostics délirants ... 


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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ben apparemment ce serait moins vrai concernant le DSM qu'ils soient à la botte des lobbys pharmaceutiques, non ils suivent lur propre logique, et effectivment c'est assez "fou", la barre de la normalité est de plus en plus éloignée, en fait on se demande où est le fun dans la vie si on est considéré "normaux" dans le DSM. Ou peut être la fabrication d'androïdes sans émotion résoudra-t-elle le problème de l'étalon  Mr. Green

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Manamana a écrit:
ben apparemment ce serait moins vrai concernant le DSM qu'ils soient à la botte des lobbys pharmaceutiques, non ils suivent lur propre logique, et effectivment c'est assez "fou", la barre de la normalité est de plus en plus éloignée, en fait on se demande où est le fun dans la vie si on est considéré "normaux" dans le DSM. Ou peut être la fabrication d'androïdes sans émotion résoudra-t-elle le problème de l'étalon  Mr. Green

Ben ils ne lisent plus Freud alors puisque c'est un des grands apports de la psychanalyse d'avoir rompu la frontière autrefois si étanche entre le normal et le pathologique ... Mais je suis pas aussi sûr que toi que les gens du DSM soit aussi indépendants surtout aux States , en tout cas d'une certaine évolution de la psychiatrie qui prescrit des pillules à outrance et vise à se débarasser le plus vite possible des patient qui encombrent les services ... D'autant que la société américaine est une grande fabricatrice de gens malades par son capitalisme sauvage 


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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ben je suis pas sûre que les lobbys ont moins de pouvoir sur eux mais c'est ce que j'ai entendu dire... puis y'a pas que les lobbys pharmaceutiques,y'a les lobbys homosexuels (grâce à qui le DSM a retiré l'homosexualité de son manuel) etc, enfin bref oui le lobbying marche fort aux US, ainsi qu'en Grande Bretagne d'ailleurs (d'ailleurs y'a plein de lobbies à Bruxelles et les européens s'y mettent, sauf la France qui a même pas ses départements représentés là-bas, contrairementpar exemple aux Allemand qui ont une "maison des Länder" pour chaque land... mais passons). Maintenant je pense que les rédacteurs du DSM ne sont pas à la botte des lobbys notamment pharmaceutiques, ce serait, quelque part, aussi les prendre pour de simples marionnettes, alors que je pense qu'ils sont franchement sûrs de faire un travail sérieux.

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Plus le DSM évolue au fur et à mesure de ses nouveaux avatars ,  plus il s'éloigne d'une psychiatrie digne de ce nom car pour moi ces rédacteurs baignent dans une forme de psychiatrie typiquement américaine , mais ce que je te dis demanderais une vrai enquête et on serait peut être très étonné du résultat  ... Il y a en tout cas des gens qui sont ravis qu'on se dirige vers une psychiatre simpliste , surmédicalisée , sans plus aucune exploration psychique de fond et sur le long terme . Et les patients s'y retrouvent en croyant à la pillule miracle ou à la technique rapide (je parle d'une tendance à l'opposé d' une psychiatrie humaniste qui pense la maladie du patient EN LIEN avec certains enseignement de la psychanalyse qui sont pour moi incontournables ... ) Une psychiatrie aussi attentive à d'autre disciplines comme la sociologie , la philosophie ou l'anthropologie par exemple et pas seulement aux statistiques ou à la doctrine cognitivo-comportementaliste ...


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Les diagnostics délirants de la psychiatrie américaine 
La collusion avec les laboratoires pharmaceutiques n'est toujours pas résolue et ne le sera visiblement pas pour le DSM V, je crois de toute façon qu'un retour en arrière serait maintenant extrêmement compliqué à imposer, puisque c'est la logique même du DSM depuis quelques années : il ne s'agit pas de promouvoir une psychiatrie subtile qui tienne compte de la complexité des troubles dans une démarche psychopathologique, il s'agit de répertorier statistiquement ces troubles, envisagés en fonction de la molécule qui les traite.

Pour caricaturer, les auteurs du DSM vendent un package : trouble-molécule-X séances de TCC. Et quand ils ont une molécule inutile à vendre, ils inventent le trouble qui lui servira de marché... c'est ce qu'on a appelé le disease mongering et c'est un phénomène extrêmement puissant, qui se traduit par ces "diagnostics délirants" évoqués ici (je me souviens qu'Hermès avait posté quelque part la fameuse parodie du "trouble du lundi matin" selon le DSM ).


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c une sorte de vidal quoi...


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Si il faut etre acteur de sa vie, je veux bien faire de celle ci, un spectacle ou chacun prendrait le masque qui lui convient.
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Message Les diagnostics délirants de la psychiatrie américaine 
Le Vidal c'est une sorte de dictionnaire des médicaments, là je comprends ça comme un dictionnaire des pathologies avec traitement à la clé. J'ignorais d'ailleurs que le DSM préconisait un traitement standard...


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Citation:
Traviata a écrit:
La collusion avec les laboratoires pharmaceutiques n'est toujours pas résolue et ne le sera visiblement pas pour le DSM V, je crois de toute façon qu'un retour en arrière serait maintenant extrêmement compliqué à imposer, puisque c'est la logique même du DSM depuis quelques années : il ne s'agit pas de promouvoir une psychiatrie subtile qui tienne compte de la complexité des troubles dans une démarche psychopathologique, il s'agit de répertorier statistiquement ces troubles, envisagés en fonction de la molécule qui les traite.

Pour caricaturer, les auteurs du DSM vendent un package : trouble-molécule-X séances de TCC. Et quand ils ont une molécule inutile à vendre, ils inventent le trouble qui lui servira de marché... c'est ce qu'on a appelé le disease mongering et c'est un phénomène extrêmement puissant, qui se traduit par ces "diagnostics délirants" évoqués ici (je me souviens qu'Hermès avait posté quelque part la fameuse parodie du "trouble du lundi matin" selon le DSM ).


Je ne délirais donc pas Rolling Eyes ... On pourrait même faire un post sur l'évolution de la psychanalyse aux Etats-Unis pour pousser d'autre cris d'horreur . Enfin il y aussi des psys courageux là-bas qui tentent de dénoncer ces dérives ... Dans certains états , il y avait 10 à 15% d'enfants d'âge scolaire qui prenaient bien sagement quotidiennement leur pilule de Ritaline , je renvois aux travaux de Bernard Stiegler sur ce sujet ...


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Les diagnostics délirants de la psychiatrie américaine 
toute façon la psy c un truc d'anglo saxon


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Si il faut etre acteur de sa vie, je veux bien faire de celle ci, un spectacle ou chacun prendrait le masque qui lui convient.
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Message Les diagnostics délirants de la psychiatrie américaine 
meuh non miss minina, tu fais ta romaine contre les barbares Laughing

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