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Le traumatisme psychique
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Message Le traumatisme psychique 
LE TRAUMATISME PSYCHIQUE

Plan du topo :


Message 2 (Hermès) : un peu d'histoire
Message 3 (Traviata) : le point de vue psychanalytique du temps de Freud
Message 4 (Traviata) : apports de Sándor Ferenczi au point de vue freudien
Message 5 (Traviata) : le point de vue post-freudien et contemporain
Message 6 (Traviata) : l'état de stress post-traumatique du DSM-IV-TR
Message 7 (Hermès) : la neurobiologie
Message 8 (Hermès) : clinique du traumatisme
Message 9 (Monade) : inceste et traumatisme
Message 10 (Traviata) : évolution et thérapeutique
Message 11 (Traviata) : bibliographie



Dernière édition par Traviata le Mar 6 Oct 2009 - 23:19; édité 2 fois

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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Le traumatisme psychique 
UN PEU D'HISTOIRE

Dans deux récits d’Hérodote et de Lucrèce, on trouve ce qui ressemble à une bonne description, clinique et étiologique, d’un traumatisme psychique.
On notera d’autres descriptions, chez Pinel, en 1809, et chez divers médecins de la Grande Armée lors des campagnes napoléoniennes.

Le terme de « névrose traumatique » apparaît cependant dans la littérature psychiatrique avec Oppenheim, en 1888. Elle décrit alors des tableaux cliniques observés lors des accidents ferroviaires de la fin du 19ème  siècle, puis sera reprise, à l’occasion du conflit russo-japonais, sous le nom de « névrose de guerre », pour qualifier les séquelles des nombreux conflits armés de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle.

Th. R. Glynn (1910) dresse un tableau des différentes conceptions étiopathogéniques des névroses traumatiques, retraçant la célèbre controverse entre l’Ecole de Nancy (Bernheim…) et celle de la Salpêtrière (Charcot, Janet).
G. Dumas (1919) décrit, chez les soldats de la guerre de 1914-1918, des états psychotraumatiques caractérisés par un syndrome de répétition, des cauchemars, des symptômes hystériques, dépressifs et confusionnels.

Cette période se clôt sur plusieurs constatations :
- rôle majeur reconnu au trauma psychique et déclin des thèses organicistes
- importance de la peur de la mort
- place centrale de l’activité onirique
- effets à long terme du traumatisme
- nécessité de recourir à de nouvelles techniques thérapeutiques (catharsis, associations libres, psychothérapies brèves) alliées à une écoute empathique et à des mesures d’assistance immédiate.



Dernière édition par Hermès le Lun 5 Oct 2009 - 08:18; édité 1 fois

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La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient. G. Garcia Marquez
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LE POINT DE VUE PSYCHANALYTIQUE DU TEMPS DE FREUD (1)

Freud développe d’abord (1888-1898) une théorie dite « pan-traumatique » plaçant une effraction traumatique, sexuelle, passive, pouvant être réelle mais qu’il pense de plus en plus fantasmée, à l’origine de tous les troubles ultérieurs. Il précise, en 1895, la notion d’« après-coup », à savoir que c’est un second traumatisme, survenu après la puberté et relié au premier événement par la chaîne associative, qui donnera à ce premier événement sa valeur traumatique et précipitera les troubles.

Ses conceptions concernant le traumatisme psychique et ce qu’il appelle désormais les « névroses traumatiques », évoluent à partir de 1916 et peuvent être tracées dans les Conférences d’introduction à la psychanalyse :
- 18e conférence : des processus psychiques inconscients sont à l’origine de ce que les patients agissent dans leurs symptômes, ces patients subissant une fixation à un fragment traumatique de leur passé.
- 22e conférence : la névrose résulte d’une dialectique entre les fixations (facteurs prédisposants) et la privation, le traumatisme se situant tantôt du côté de la fixation, tantôt du côté des événements ultérieurs de la vie (dont les accidents).
- 24e conférence : comme exemple des névroses où le rôle du Moi est particulièrement manifeste, Freud cite les névroses narcissiques et, parmi elles, les névroses traumatiques.
- 25e conférence : les termes de terreur ou d’effroi semblent les mieux à même de rendre compte de ce qui se passe dans les névroses traumatiques. L’effroi fait effraction dans la psyché car, du fait de la violence de son surgissement, il n’a pas été précédé et préparé à être assimilé par un état d’angoisse préalable.

Lors du Ve Congrès international de psychanalyse (septembre 1918), Karl Abraham insiste sur la transformation libidinale narcissique induite par la guerre et sur l’analogie entre l’angoisse de tuer et celle de mourir. Il souligne l’incommensurabilité entre la perte narcissique et toute réparation matérielle possible, et montre l’importance de la régression et de la bascule dans une attitude passive. Ernst Jones rappelle de son côté que les névroses de guerre sont une forme particulière de névrose traumatique, insiste sur les transformations de l’Idéal du moi et du conflit narcissique et souligne deux caractères cliniques fondamentaux : la chronicisation et l’activité onirique répétitive.

Avec le grand tournant de 1920 (Au-delà du Principe de Plaisir) dans la pensée freudienne et le développement de la théorie du dualisme pulsionnel (pulsion de vie/pulsion de mort), les rêves répétitifs des névroses traumatiques conduisent Freud à élaborer la notion de compulsion de répétition. Le traumatisme est désormais envisagé sous une forme économique, comme un afflux d’excitations susceptibles d’effracter la barrière protectrice constituée par le « pare-excitation ». L’appareil psychique devra effectuer un travail de liaison de ces excitations, qui pourront ensuite être progressivement déchargées. Faute de liaison, la vie psychique est submergée par l’événement traumatique, le Moi et ses défenses débordés et une tentative de revivre l’événement (en réalité ou dans la vie onirique) pour le maîtriser, cette fois-ci de façon active, le lier et lui donner du sens s’affiche dans la répétition.



Dernière édition par Traviata le Lun 5 Oct 2009 - 01:06; édité 1 fois

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LE POINT DE VUE PSYCHANALYTIQUE DU TEMPS DE FREUD (2)

Apports de Sándor Ferenczi

Le traumatisme et les questions qu’il soulève ont été au cœur de la pensée ferenczienne et l’ont conduit à des théorisations et des pratiques qui l’ont peu à peu éloigné de Freud. Pour Ferenczi, le trauma ne correspond pas à une résurgence de souvenirs mais revient dans le silence de la séance d’analyse, comme une impossibilité de verbalisation. Pour lui, c’est le désaveu, la négation du vécu de l’enfant qui transforment la scène en trauma et l’analyste doit tenter de réparer les effets de la violence dont son patient a été la victime. Il évoque très tôt la névrose traumatique, dès 1908, se montre sensibilisé à la sémiologie psychotraumatique (les cauchemars, les réveils en sursaut, l’impensable, l’agression externe, la terreur) et se préoccupe tout aussi tôt (Anatole France, psychanalyste) de la question du retour du refoulé, quand il est susceptible de nuire au sujet plutôt que de l’aider (question de la rupture du clivage).

Lors du Ve Congrès international de psychanalyse de Budapest (1918), Ferenczi critique les théories organicistes et dénonce comme agent traumatisant le non-dit, le silence, qui transforment une expérience relationnelle, même dramatique, en enclave morte-vivante, vouée au secret dans la psyché (voir l’avenir de la notion de crypte). Comme Freud, il intègre les névroses traumatiques aux névroses narcissiques et attache de l’importance au point de fixation narcissique du développement humain (anticipation du  break-point des auteurs américains, que nul ne peut connaître à l’avance).

Entre 1928 et 1932, Ferenczi approfondit sa conception du « traumatique » et interroge la technique de la cure (« la technique active », « relaxation », « néocatharsis » - voir le fil sur Ferenczi : http://questionspsy.leforum.eu/t2824-Sandor-Ferenczi.htm ).
La critique de la technique classique et de la négligence du facteur traumatique le conduit à une série de théorisations fondamentales :
- l’identification à l’agresseur (et à la culpabilité de celui-ci),
- le rôle de la haine,
- la place du silence, du non-dit et de l’angoisse de mort avec autodestruction de la conscience et fragmentation psychique,
- l’idée du traumatisme comme signifiant à l’homme son abandon par les dieux,
- la problématique du clivage, avec la conception de parties « mortes » du Moi, que la cure psychanalytique a pour mission de réparer,
- le statut complexe de la « réalité », à la fois « externe » et constituant ce qu’il y a de plus nucléaire dans l’inconscient.

En 1934, Ferenczi montre que le vécu traumatique va sidérer toute activité psychique, agissant comme un « anesthésique » et provoquant une « commotion psychique » qui vient détruire la confiance du sujet en lui-même et en son environnement.
Cette découverte de sa propre faiblesse (faillite de l’objet interne, mais on pense aussi à la détresse du nouveau-né ou hilflosigkeit décrite par Freud) va compliquer la reconstruction narcissique du sujet.


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Message Le traumatisme psychique 
LE POINT DE VUE POST-FREUDIEN ET CONTEMPORAIN

La névrose traumatique a bénéficié de nombreux apports théoriques ces dernières décennies, dans une optique désormais transdisciplinaire.

Plusieurs définitions ont été proposées par différents auteurs de différentes obédiences, toutes faisant d’une part référence aux caractéristiques objectives des événements traumatisants, et signalant d’autre part l’importance des caractéristiques subjectives de l’individu soumis à ces événements.
Je retiendrai celle de Laplanche et Pontalis (1967), pour lesquels le trauma est un « événement de la vie du sujet qui se définit par son intensité, l’incapacité où se trouve le sujet d’y répondre adéquatement, le bouleversement et les effets pathogènes durables qu’il provoque dans l’organisation psychique. En termes économiques, le traumatisme se caractérise par un afflux d’excitations qui est excessif, relativement à la tolérance du sujet et à sa capacité de maîtriser et d’élaborer psychiquement ces excitations ».

Seule affection psychiatrique qui soit directement imputable à un accident d’origine externe, elle tire ses particularités de la nature même des effets intrapsychiques immédiats de cet accident. Or, le statut du réel ne cesse d’être questionné dans la clinique, ainsi que le fait qu’un même événement n’aura pas les mêmes impacts selon les individus, et qu’un même individu exposé au même événement ne réagira pas de la même manière, en fonction des divers éléments qui pourront influer tant sur le sujet que sur la situation.

Tous les auteurs conservent la description d’un bouleversement psychique marqué par l’irruption de l’effroi, la désorganisation, entraînant une fracture temporelle dans l’histoire du sujet, celle-ci pouvant figer pour un temps toute possibilité de projection dans l’avenir.

La compulsion de répétition reste le dénominateur commun de toutes les manifestations post-traumatiques (Houbballah, 1998) et se retrouve chaque fois qu’un individu est confronté à un signifiant qui le renvoie à un réel qui n’a pu être intégré à son histoire.

Reprenant la notion d’« après-coup », telle qu’elle avait été développée par Freud, et qui faisait courir le risque de négligence de l’impact de l’événement actuel, les auteurs contemporains (Ciccone et Ferrant, 2009) privilégient le rapport du sujet à ses objets internes et externes. Ainsi, une personne ayant subi un événement traumatique peut chercher à le ramener à une expérience passée reconnaissable, colorée d’une signification perturbante, ce qui permet de lier l’expérience actuelle. Le traumatisme actuel peut également donner du sens à des expériences traumatiques passées, qui trouvent par là l’occasion de se représenter. Ce n’est donc pas le lien du traumatisme actuel à un événement du passé qui est ici questionné mais l’hypothèse qu’un événement puisse être traumatique en soi qui est défendue.

Les événements traumatisants


Seuls des événements extrêmes, mettant en danger la survie physique ou psychique, peuvent être considérés comme à l’origine d’une névrose traumatique.

Ils sont généralement classés selon plusieurs critères : individuels ou collectifs, naturels ou d’origine humaine… Ils peuvent toucher différents registres de la vie : agressions physiques et sexuelles, confrontations à la mort, faits de guerre, accidents…
On défend désormais l’idée que les traumatismes causés par un agent humain ont des conséquences plus graves que ceux causés par des phénomènes non-intentionnels.

Lenore Terr (1991) distingue pour sa part 2 types de traumatismes :
- Traumatisme de type I : l’événement traumatisant est unique et limité dans le temps (accident, catastrophe naturelle, agression…). Il peut avoir des conséquences à long terme : une souffrance morale, un handicap, des conditions de vie précaire, etc.
- Traumatisme de type II : l’événement traumatisant est répété ou constamment présent ou menace de se reproduire à tout instant durant une longue période de temps (violences familiales, guerres…).

Impact sur la vie psychique


Cette rencontre brutale avec le « réel de la mort » (Lebigot, 2005) entraîne un débordement des défenses habituelles du sujet et le recours préférentiels aux mécanismes de défense archaïques décrits par Mélanie Klein à la suite de Ferenczi (clivage, projection et identification projective), auxquels Bokanowski (2002) ajoute le déni, l’idéalisation et l’omnipotence.

L’effraction du pare-excitation entraîne ce que Winnicott va décrire, à la suite de Ferenczi, comme une sidération du Moi, une asphyxie, voire une agonie psychique. Cette effraction est également pensée par Maes (2000) en termes de brèche dans l’appareil psychique, qui va chercher à se colmater en favorisant le développement d’un Moi-victime.

L’importance de la perte du sentiment de sécurité, de confiance dans l’environnement, de la protection des bons objets, le sentiment d’abandon ont été soulignés par Winnicott (qui trace les conséquences d’un traumatisme vécu par le bébé dans des symptômes tel que la crainte de l’effondrement, de la mort, du vide, comme crainte d’une catastrophe qui a déjà été vécue psychiquement). Elle a été reprise, dans les années 1970, par les théoriciens de l’attachement (Spitz, Bowlby), qui y voient la source de symptômes de l’enfants organisés autour de  l’ambivalence, l’évitement mais aussi de demandes exagérées envers les parents, comportement dans lequel la colère occupe une place majeure.

Autant que la sécurité, le traumatisme attaque le « sens » accordé aux événements de la vie, qui deviennent absurdes, irreprésentables, non symbolisables. Il y a désormais confusion entre le réel et le symbolique. Il attaque également les liens qui relient l’individu à lui-même et aux autres, excluant, renvoyant le sujet à l’inconnu, l’arrachant au groupe humain.

Dans la lignée des théorisations de Ferenczi concernant les effets du traumatisme en termes de désintégration de l’unité de la personnalité (« commotion psychique », « clivage », « fragmentation de la vie psychique »), des auteurs kleiniens comme Rosenfeld (1985) et Tustin (1986, 1990) ont proposé une représentation de la partie traumatisée de la psyché comme « encapsulée » dans une « enclave autistique », en attente de symbolisation. Dans cet esprit, Abraham et Torok (1975) ont développé la notion de « crypte », de « zone psychique morte », où sont déposés le trauma et les affects qui y sont liés (honte…). Lorsque les événements traumatiques sont répétés, les multiples effractions narcissiques provoquent la création de zones cryptiques clivées de plus en plus étendues et dissociées du reste de la psyché.


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Message Le traumatisme psychique 
LE DSM-IV-TR ET L’ETAT DE STRESS POST-TRAUMATIQUE OU ESPT (POST-TRAUMATIC STRESS DISORDER OU PTSD)


Le DSM-IV-TR ne conserve pas l’appellation de névrose traumatique, ce qui a le défaut de  ne pas signaler que l’effraction traumatique a eu lieu chez une personne de structure névrotique (ou psychotique compensée). De plus, contrairement à ce que peut laisser entendre cette dénomination, elle diffère fondamentalement des pathologies dites réactionnelles, où l’événement déclenchant ne détermine pas la forme que prendront les symptômes.

L’état de stress post-traumatique est classé par le DSM-IV-TR parmi les troubles anxieux. Le diagnostic est posé lorsque la perturbation persiste plus d’un mois. Le premier mois, on a recours au diagnostic d’état de stress aigu. La prévalence sur la vie est de 8% dans la population adulte des Etats-Unis.

Critères diagnostiques du DSM-IV-TR pour le Trouble Etat de Stress post-traumatique, F43,1 [309.81] :

A. Le sujet a été exposé à un événement traumatique dans lequel les deux éléments suivants étaient présents :
(1) le sujet a vécu, a été témoin ou a été confronté à un événement ou à des événements durant lesquels des individus ont pu mourir ou être très gravement blessés ou bien ont été menacés de mort ou de grave blessure ou bien durant lesquels sont intégrité physique ou celle d’autrui a pu être menacée.
(2) la réaction du sujet à l’événement s’est traduite par une peur intense, un sentiment d’impuissance ou d’horreur. N.-B. : Chez les enfants, un comportement désorganisé ou agité peut se substituer à ces manifestations.

B. L’événement traumatique est constamment revécu, de l’une (ou de plusieurs) des façons suivantes :
(1) souvenirs répétitifs et envahissants de l’événement provoquant un sentiment de détresse et comprenant des images, des pensées ou des perceptions. N.-B. : Chez les jeunes enfants peut survenir un jeu répétitif exprimant des thèmes ou des aspects du traumatisme.
(2) rêves répétitifs de l’événement provoquant un sentiment de détresse. N.-B. : Chez les enfants, il peut y avoir des rêves effrayants sans contenu reconnaissable.
(3) impression ou agissements soudain « comme si » l’événement traumatique allait se reproduire (incluant le sentiment de revivre l’événement, des illusions, des hallucinations et des épisodes dissociatifs (flash-back), y compris ceux qui surviennent au réveil ou au cours d’une intoxication). N.-B. : Chez les jeunes enfants, des reconstitutions spécifiques du traumatisme peuvent survenir.
(4) sentiment intense de détresse psychique lors de l’exposition à des indices internes ou externes évoquant ou ressemblant à un aspect de l’événement traumatique en cause.
(5) réactivité physiologique lors de l’exposition à des indices internes ou externes pouvant évoquer ou ressembler à un aspect de l’événement traumatique en cause.

C. Évitement persistant des stimulus associés au traumatisme et émoussement de la réactivité générale (ne préexistant pas au traumatisme), comme en témoigne la présence d’au moins trois des manifestations suivantes :
(1) efforts pour éviter les pensées, les sentiments ou les conversations associés au traumatisme.
(2) efforts pour éviter les activités, les endroits ou les gens qui éveillent des souvenirs du traumatisme.
(3) incapacité de se rappeler un aspect important du traumatisme.
(4) réduction nette de l’intérêt pour des activités importantes ou bien réduction de la participation à ces mêmes activités.
(5) sentiment de détachement d’autrui ou bien de devenir étranger par rapport aux autres.
(6) restriction des affects (par exemple incapacité à éprouver des sentiments tendres).
(7) sentiment d’avenir « bouché » (par exemple, pense ne pas pouvoir faire carrière, se marier, avoir des enfants ou avoir un cours normal de la vie).

D. Présence de symptômes persistants traduisant une activation neurovégétative (ne préexistant pas au traumatisme) comme en témoigne la présence d’au moins deux des manifestations suivantes :
(1) difficultés d’endormissement ou sommeil interrompu.
(2) irritabilité ou accès de colère.
(3) difficultés de concentration.
(4) hypervigilance.
(5) réaction de sursaut exagéré.

E. La perturbation (symptômes des critères B, C et D) dure plus d’un mois.

F. La perturbation entraîne une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.

Spécifier si :

Aigu :
si la durée des symptômes est de moins de trois mois.
Chronique :
si la durée des symptômes est de trois mois ou plus.

Spécifier si :

Survenue différée :
si le début des symptômes survient au moins six mois après le facteur de stress.

Diagnostic différentiel :

Trouble de l’adaptation
Etat de stress aigu
Trouble obsessionnel-compulsif
Schizophrénie
Autres troubles psychotiques
Trouble de l’humeur avec caractéristiques psychotiques
Delirium
Troubles induits par une substance
Troubles psychotiques dû à une affection médicale générale
Simulation


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Message Le traumatisme psychique 
LA NEUROBIOLOGIE

Deux possibilités biologiques complémentaires : l’une, développementale et antérieure au trauma, tient du facteur de risque, l’autre constitue une adaptation consécutive au trauma.

Modèle de la peur conditionnée (modèle animal) :

Trois structures semblent en cause : l’amygdale (mémoire affective et réponses émotionnelles) est hyperactive alors que l’hippocampe (mémoire spatiale, explicite, déclarative) est hypoactif. Ce dernier joue un rôle sur l’extinction des réponses conditionnées par sa capacité à replacer les indices reliés au trauma dans leur contexte.

Facteurs de risques :

Des troubles du développement, conséquences de traumatismes psychiques survenus dans la petite enfance, constitueraient des vulnérabilités et des facteurs de risques chez les sujets exposés à des événements traumatiques. On noterait une augmentation de la CRH et une hypersécrétion des catécholamines, qui se traduiraient par une difficulté à réguler les affects négatifs et favoriseraient une appétence pour les drogues et l’alcool.

Imagerie cérébrale :

Réduction du volume de l’hippocampe et diminution du nombre de neurones vivants (un faible volume hippocampique serait un facteur de risque).Des anomalies structurales du gyrus temporal supérieur, impliqué dans l’intégration des fonctions cognitives affectives et sensorimotrices, pourraient expliquer l’hypervigilance et le niveau d’anxiété.Le cortex cingulaire antérieur impliqué dans la régulation des phénomènes attentionnels et des réponses émotionnelles montre une diminution du nombre de neurones vivants. Une amélioration clinique sous traitement s’accompagnerait d’une augmentation du nombre de neurones vivants suggérant une possible réversibilité de la perte neuronale dans les structures impliquées.

Imagerie cérébrale fonctionnelle :

Activation du cortex orbitaire, du cortex cingulaire antérieur, de l’insula, du pôle temporal et de l’amygdale, mobilisation de certains circuits limbiques.Diminution de l’activité du cortex préfrontal dorsal, du cortex occipital, du cortex temporal et de l’hippocampe.Un hypofonctionnement du thalamus pourrait avoir une importance centrale dans la physiopathologie des états dissociatifs, sources de flashbacks.

Epreuves d’activation cognitives :

Hypofonctionnement des régions attentionnelles et cognitives supérieures (cortex pariétal et préfrontal) et hyperactivité du système amygdale cortex orbitaire (traitement et contrôle des émotions). Incapacité à traiter les informations à forte charge émotionnelle, que les patients tentent à décharger sur un cortex cognitif avec inactivation du cortex cingulaire antérieur (traitement des informations émotionnelles) mais activation de la partie dorsale du cortex cingulaire (traitement de la cognition), ainsi qu’une activation amygdalienne importante vis-à-vis de visages exprimant la frayeur.

Psychophysiologie :

Potentiels évoqués : réduction de l’amplitude de l’onde P200, de l’onde P300, suppression de l’onde P50, altérations de l’habituation de l’onde P1.ECG : une tachycardie supérieure à 95/mn en péritraumatique, témoin d’un climat d’hyper adrénergie prolongé, est associée au développement ultérieur d’ESPT, alors qu’une fréquence cardiaque inférieure à 80/mn apparaitrait comme un facteur protecteur.Polysomnographie : augmentation de la fréquence des cauchemars, réduction du temps global de sommeil, augmentation de l’activité motrice pendant le sommeil, augmentation des mouvements oculaires phasiques pendant le sommeil paradoxal et discontinuité de ces phases interrompues par des micro éveils.Réactions de sursaut : augmentation des réponses physiologiques périphériques et des réactions de sursaut.

Neuroendocrinologie :

Cortisol : les troubles de l’axe corticotrope, pivot des réponses aux stress et des phénomènes de mémorisation émotionnelle, semblent les plus caractéristiques. Lors du stress, la CRH active dans l’hypophyse l’ACTH, qui libérée dans la circulation périphérique active la libération de cortisol de la surrénale qui va exercer un rétrocontrôle négatif sur les récepteurs cérébraux aux corticoïdes. Les cortisolémies et cortisoluries des 24h sont diminuées. Hyperstimulation chronique de l’hypophyse par la CRH et hypersensibilité par augmentation des récepteurs centraux aux corticoïdes potentialisant le rétrocontrôle négatif du cortisol sur l’hypophyse.

Testostérone : les stress psychiques sont associés à une diminution des taux de testostérone soit par diminution de la synthèse hypotalamique de LH-RH, soit par diminution de sécrétion hypophysaire de LH, diminution de la testostérone dans le LCR et augmentation de CRF.

Œstrogènes : l’influence des œstrogènes est mal documentée dans la plus grande sensibilité des femmes aux effets des stress traumatiques. L’effet des œstrogènes sur l’humeur et l’anxiété serait médiatisée par les systèmes sérotoninergiques, action directe des œstrogènes sur l’expression du gène du CRF ainsi que sur le nombre et l’activité des récepteurs aux glucocorticoïdes.

Dysfonctionnement des neurotransmetteurs :

Les anomalies concernent essentiellement la libération périphérique des neurotransmetteurs, au niveau central. Il n’existe pas de véritable cohérence de dysfonctionnement d’un neurotransmetteur, le dysfonctionnement d’un seul neurotransmetteur ne pouvant expliquer le syndrome clinique complet de l’ESPT. Des anomalies concernent aussi des neurotransmetteurs à la physiologie moins bien connue : GABA, glutamate, opiacés.

Noradrénaline : hyperactivité noradrénergique centrale, augmentation de noradrénaline et adrénaline urinaire ainsi que dans le LCR, diminution des récepteurs alpha 2 sur les plaquettes (cliniquement : attaques de panique, réactions de peur, et symptômes d’hypervigilance. Ainsi, les bêtabloquants (propanolol) prescrits dans la période post-immédiate du trauma pourraient s’opposer à l’inscription des mémoires traumatiques et diminuer le risque de développer un ESPT).

Sérotonine : les antidépresseurs sérotoninergiques sont efficaces sur certains des symptômes (implusivité, agressivité, idées suicidaires), les agonistes sérotoninergiques (m-CPP) sont plus anxiogènes chez les ESPT, diminution de la sérotonine plaquettaire, ainsi que des sites plaquettaires de recapture de la paroxétine et de la fluoxétine, les systèmes sérotoninergiques de l’amygdale sont une des principales cibles des réactions de stress.

Dopamine : hypothèse d’une sensibilisation des systèmes dopaminergiques (peu de travaux), avec diminution de la dopamine plasmatique. La dopamine participerait à l’attribution d’un sens aux stimuli environnementaux.

Glutamate : principal neurotransmetteur excitateur, il est impliqué de façon majeure dans les réactions de stress et dans le fonctionnement de la mémoire. Sa surstimulation renforcerait l’inscription des mémoires traumatiques et pourrait produire des lésions neurotoxiques cérébrales avec neurodégérescence de l’hippocampe. Dans l’amygdale il augmenterait la sensibilité et l’intensité des réactions comportementales de peur conditionnée, et pourrait avoir un rôle dans les mécanismes de dissociation péritraumatique.

GABA : principal neurotransmetteur inhibiteur, il est très impliqué dans les réactions de stress. Les récepteurs aux benzodiazépines sont des récepteurs du GABA, qui sont donc stimulés par les benzodiazépines. Dans les ESPT des taux plasmatiques élevés de neurostéroïdes sont relevés, ils ont des effets antagonistes sur les récepteurs du GABA, un taux bas de GABA au décours immédiat d’un accident de la route apparaît comme un facteur prédictif de développement d’ESPT deux mois plus tard.

Opiacés : l’administration d’opiacés dans les suites immédiates de tâches d’apprentissage diminue les processus d’encodage mnésique de la mémoire à long terme par une diminution du relargage de la noradrénaline dans l’amygdale, alors que l’administration d’antagonistes opiacés (naloxone) augmente cet encodage. Une administration précoce d’opiacés après un événement traumatique pourrait diminuer les processus de surconsolidation mnésique. Saxe notait une corrélation négative entre la quantité de morphine administrée à des enfants victimes de brûlures graves pendant l’hospitalisation et l’intensité de la symptomatologie psychotraumatique à six mois (à l’exclusion de tout autre médicament).

Neuropeptides : le neuropeptide Y (locus ceoruleus, amygdale et hippocampe) présente au niveau des récepteurs présynaptiques une action d’inhibition de la noradrénaline. Dans l’amygdale, en interaction avec le CRF, il lui est attribué un rôle de régulation de la réponse aux stimuli sensoriels.

La galatine, impliquée dans les processus de mémorisation, d’apprentissage, de contrôle comportemental, de régulation cardiovasculaire et endocrinienne, est co-exprimée par 80% des cellules noradrénergiques du locus coerulus. Ainsi les effets noradrénargiques observés dans la biologie de l’ESPT pourraient être en rapport avec  une balance noradrénaline/galatine. Mais elle n’a pas été étudiée dans l’ESPT. Des agonistes à la galatine et au neuropeptide Y pourraient représenter des voies thérapeutiques à développer.


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CLINIQUE DU TRAUMATISME

Le traumatisme sera le plus souvent suivi de manifestations psychiatriques immédiates et provoquera des troubles du comportement repérables. Cependant, ces manifestations peuvent être différées jusqu’au lieu et au moment ou le sujet est hors de danger. Le sujet ne peut éprouver qu’un ressenti de soulagement d’avoir échappé à la mort, ou une peur rétrospective accompagnée d’un peu d’angoisse se résorbant rapidement sans laisser de traces à court ou à moyen terme. Le moment traumatique peut lui-même être rétrospectivement gommé, des troubles discrets marquant cette période (anxiété, troubles de l’humeur…). Trompeuses, ces expériences sans conséquences immédiates, peuvent accompagner un traumatisme qui se relèvera profond lorsque la névrose traumatique sera déclenchée des mois ou des années plus tard.

Les troubles anxio-dépressifs


Phénomènes anxieux


Toutes les formes classiques de l’angoisse et de l’anxiété peuvent se rencontrer : dépersonnalisation, déréalisation, phobie, crise d’angoisse aigue (attaque de panique), anxiété généralisée. L’angoisse est constante, elle est à l’origine des difficultés d’endormissement, auxquelles s’ajoute la crainte de faire des cauchemars.
L’anxiété peut prendre une forme très caractéristique de réaction de sursaut, au bruit, au toucher, à la lumière... La perception privilégiée est celle liée au moment traumatique, son déclenchement est plus ou moins intense et peut prendre la forme d’une grande crise émotionnelle.
Les phobies sont nombreuses, elles sont souvent en rapport avec les circonstances du traumatisme mais jamais exclusivement, elles ont parfois d’autres causes.
L’angoisse peut aussi prendre la forme de crise aigue apparaissant dès la phase de latence et se poursuivant après le déclenchement du syndrome de répétition.
On peut observer des états d’agitation plus ou moins intenses avec logorrhée, discours peu construits, parfois hurlements, souvent associés à des phénomènes neurovégétatifs (tremblements, sueurs, tachycardie…), ou au contraire un état d’inhibition, sidération, mutité, immobilité, pâleur, le sujet paraissant vivre dans un autre monde (il peut alors commettre des actes automatiques, bénéfiques ou non, qui seront oubliés aussitôt qu’accomplis).

Symptômes thymiques


La dépression accompagne toujours la névrose traumatique, allant de la simple tristesse jusqu’à la mélancolie, surtout délirante à thèmes persécutifs. Elle témoigne des pertes occasionnées par l’événement et du caractère irrémédiable de la rencontre avec le réel.
On retrouve les symptômes classiques :
- inhibition psychique,
- sentiment d’incapacité et d’impuissance,
- troubles de la mémoire, de l’attention, de la concentration,
- asthénie tant physique (surtout matinale) que psychique,
- troubles du sommeil,- troubles de l’appétit, du désir sexuel,
- moindre capacité d’aimer,
- sentiment d’abandon,
- idées de culpabilité,
- idées suicidaires, etc.

L’état dépressif peut aussi se présenter sous la forme d’une exaltation thymique avec euphorie, poussant le sujet à des actes ayant une dimension suicidaire.
Les troubles thymiques graves, dans les suites immédiates d’un traumatisme, sont de bons prédicteurs de la survenue ultérieure d’une névrose traumatique et demandent une grande vigilance.
  
Les phénomènes névrotiques
  
Les phénomènes conversifs :
  
Tous les organes de la vie de relation peuvent être touchés, souvent en rapport avec le contexte de l’événement traumatique : paralysie motrice, surdité, aphonie, cécité...
  
Les troubles du niveau de la conscience, avec dépersonnalisation, déréalisation, désorientation temporo-spatiale :
  
Ils peuvent apparaître immédiatement après le traumatisme et nécessiter une hospitalisation. Les américains reprennent le terme d’états dissociatifs emprunté à Pierre Janet, et leur accordent une forte probabilité d’apparition ultérieure d’ESPT (échelle de dissociation péritraumatique de C. Marmar).
  
Ces états dissociatifs recouvrent deux types de phénomènes :  
- Angoisse résultant de la conjonction d’un stress et d’un trauma, atteignant un niveau tel qu’elle entraîne une déstructuration plus ou moins complète de la conscience. Chez les rescapés du Tsunami cette dissociation avait l’apparence d’une sorte de sérénité inappropriée ou d’une discrète exaltation hypomaniaque.  
- Effroi prolongé, le sujet ne sortant pas de la scène traumatique, qu’il revit de manière hallucinatoire, parfois pendant plusieurs jours. La sortie de cet effroi va demander beaucoup de temps et de doigté aux thérapeutes. Il s’agit de traumatismes dans lesquels la dimension de l’horreur est particulièrement accentuée.
  
Les phénomènes psychosomatiques :
  
Ulcères gastroduodénaux, hypertensions artérielles, maladies de Basedow, diabètes, prises de poids, chutes des cheveux, manifestations dermatologiques, voire déclenchement de cancers (acceptés comme conséquences de stress répétés). Les maladies dermatologiques sont les manifestations psychosomatiques rencontrées le plus souvent de nos jours : elles apparaissent brutalement, réapparaissent de façon cyclique et résistent aux traitements. Ces dermatoses renvoient à la question de la souillure et aux sentiments de déchéance et de déshumanisation.  
Les plaintes somatiques sont très fréquentes pour signifier le malaise qui s’est emparé du sujet. Elles ont rarement une allure hypocondriaque, mais certains patients s’installent dans un statut de malade, produisant des symptômes physiques qui vont les amener à consulter de nombreux médecins. A ces occasions, ils peuvent être adressés à des psychiatres, chez lesquels ils refusent souvent de se rendre. La dimension anxio-dépressive de ces plaintes chroniques est évidente.
  
Les phénomènes psychotiques
  
Des psychoses délirantes aiguës naissent brutalement dans le contexte d’un état crépusculaire, dans lequel, au doute de la dépersonnalisation, succède la certitude du délire. Certains se croient investis d’une mission divine ou promis à un sacrifice expiatoire. Il peut arriver aussi qu’une période plus ou moins longue de doute, de perplexité, d’interrogation précède l’éclosion délirante, généralement sous forme de délire de persécution structuré selon un mode paranoïaque.  
Une psychose chronique schizophrénique ou paranoïaque peut se déclencher chez des sujets dont la structure est déjà psychotique mais bien compensée et qui menaient une vie normale.   
La décompensation se fait sous plusieurs modes :  
- brutale avec le surgissement d’une psychose délirante aigue,  
- insidieuse par l’installation lente et progressive d’une pensée délirante,  
- camouflée par une symptomatologie qui ressemble pendant des mois, voire des années, à une névrose traumatique grave. L’infiltration de traits de discordance, en particulier la bizarrerie du discours, se révèle peu à peu, de même que la modification de l’activité onirique qui signe alors un travail de morcellement psychotique et non un travail d’élaboration.
  
Les troubles du caractère et des conduites
  
Les troubles du caractère sont quasiment aussi constants que l’angoisse : irritabilité, agressivité, repli sur soi, sentiment vague d’hostilité du milieu. Certains patients élaborent des stratégies pour protéger leur entourage, et tentent d’éviter des passages à l’acte agressifs qu’ils ressentent, à priori, comme horribles et humiliants. Ces troubles sont à l’origine de séparations conjugales, de fuite des enfants et des amis, de perte d’emploi et de logement...
  
Ces troubles sont souvent rangés sous le nom de personnalité traumato-névrotique, bien qu’il ne semble pas, sauf cas extrêmes, que le traumatisme psychique modifie la structure de la personnalité.  
Les conduites suicidaires avec suicide réussi sont fréquentes et témoignent de la gravité de la névrose, elles étonnent les patients par leur illogisme apparent, ne comprenant pas qu’ayant échappé à la mort, ils en soient venus à la rechercher. Ce sentiment peut se comprendre en admettant que leur suicide n’est pas une façon de rejoindre le néant qu’ils ont aperçu, mais est une façon, au contraire, de se rendre « immortels ». Ces passages à l’acte leur apparaissent comme la solution d’une tension meurtrière qui les habite.Les conduites addictives, alcoolisme, toxicomanie, prise de médicaments sédatifs, troubles des conduites alimentaires, témoignent d’une tentative d’automédication mais aussi de répondre aux exigences de la pulsion de mort, façon de se mettre en marge du monde des vivants, voire de se commémorer une époque qui, malgré ou à cause de leurs souffrances, laisse une grande nostalgie.  
Certains sujets sont brutalement saisis d’un besoin d’exercer leur violence contre eux ou contre les autres. Certains savent que des situations banales dans lesquelles ils pourraient se sentir lésés, pourraient les conduire à un passage à l’acte irréparable.  

 
Le syndrome de répétition
  
Il est pathognomonique de la névrose traumatique et doit être accompagné d’un ou plusieurs symptômes associés qui témoignent de la réaction névrotique. Le syndrome de répétition s’exprime par des cauchemars et des reviviscences diurnes.
  
Les cauchemars reproduisent l’événement initiateur de la névrose, tel qu’il a été perçu, au détail près, accompagné de la certitude effrayante que l’événement est en train de se produire. D’autres cauchemars apparaissent, à bref délai ou plus tard, et se manifestent en alternance avec le cauchemar de répétition, voire le remplacent, mettant en scène des événements tout aussi effroyables ayant un rapport direct avec l’événement réel. Si dans la plupart des situations, ces cauchemars associés ou de substitution témoignent d’un début d’élaboration de l’image traumatique, le clinicien se devra d’être très attentif à l’évolution de leur contenu, pouvant signifier un travail de morcellement psychotique.  
Lors des reviviscences diurnes, le sujet revit la scène traumatique. Deux réalités se superposent alors, perçues en même temps : le réel de la scène et la réalité de l’instant présent. Ces reviviscences peuvent s’accompagner de modifications de l’état de conscience ou prendre une forme hallucinatoire, le réel effaçant la réalité. Ces reviviscences peuvent se prolonger des heures, des jours, le sujet revivant en permanence la scène traumatique.
  
Exemple : le syndrome des camps de concentration
  
Décrit par R. Targowla (1954) sous le nom de syndrome asthéno-dépressif, il est constitué des éléments suivants :  
- une asthénie nerveuse : musculaire ou motrice, lassitude générale paradoxale à maximum vespéral, fatigabilité générale touchant aussi les fonctions sensorielles,  
- une asthénie psychique, avec des troubles de la mémoire de fixation et d’évocation, des oublis concernant la vie courante, des troubles de l’attention et de la concentration, une fatigabilité psychique avec céphalées à l’occasion d’efforts intellectuels même minimes,  
- des troubles affectifs, avec aboulie, morosité, désintérêt, sentiment d’infériorité, impuissance, souffrance morale, intolérance au bruit à l’agitation à l’animation avec recherche d’isolement,
 
- une réticence à se confier, à se plaindre, sauf en compagnie de camarades de camp, bien le réveil de souvenirs douloureux soit redouté, ainsi que le sentiment d’être mal compris, d’être objet d’indifférence,  
- troubles sensitifs et neurovégétatifs, paresthésies et algies diverses, troubles du sommeil, avec cauchemars et terreurs nocturnes,  
- manifestations cardiaques fonctionnelles et troubles digestifs neurotoniques,  
- existence d’une phase de latence entre la libération et les premiers symptômes,  
- formes hyperémotives, coléreuses et hypocondriaques, dont réactions de catastrophe, apparaissant après 40-50 ans de détérioration clinique,  
- syndrome tardif d’hypermnésie émotionnelle paroxystique, caractérisé par des crises psychomotrices avec obtusion de la conscience, reviviscence de scènes dramatiques violentes vécues par le sujet (tortures, combats, traumatismes affectifs de la vie des camps).  



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La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient. G. Garcia Marquez
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Le sujet "Inceste et traumatisme", rédigé par Monade, est à lire dans la section réservée aux membres inscrits, ici : http://questionspsy.leforum.eu/t3101-Inceste-et-traumatisme-psychique.htm


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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EVOLUTION


Chaque névrose traumatique présente une évolution singulière, avec des périodes de grande souffrance, d’accalmie et des modifications apportées par des influences internes et externes.


La phase de latence

Il s’agit de la période séparant l’événement traumatique du déclenchement de la névrose, qui peut durer des semaines ou des mois avant le début des  premières manifestations du syndrome de répétition.
Elle est généralement discrète sur le plan clinique, ou présente toute la symptomatologie d’une névrose traumatique hormis le syndrome de répétition.
La recherche d’un événement possiblement traumatogène dans un passé récent ou lointain aidera au diagnostic, à condition d’en rechercher l’existence dans les entretiens car les patients n’en parlent pas toujours spontanément. Le plus souvent, cependant, le clinicien ne prend connaissance de cette phase de latence que rétrospectivement.

Manifestations courantes durant la phase de latence :
- légère angoisse de fond pouvant évoluer vers des attaques de panique qui répondent mal au traitement habituel,
- manifestations dépressives allant de la simple tristesse aux états dépressifs caractérisés,
- troubles de la conduite, tentatives de suicide incompréhensibles, passages à l’acte agressifs, augmentation de la consommation d’alcool ou de drogue,
- plaintes somatiques banales ou maladie psychosomatique,
- troubles du caractère (plus fréquents) : irritabilité, agressivité, violence, tendance à l’isolement, fuite des contacts sociaux.
Les patients ne sont pas conscients de ces modifications de leur caractère, ou notent que leur vie a changé, qu’ils ont perdu leur aptitude aux plaisirs de la vie, dorment mal, sentent autour d’eux une atmosphère hostile sans support objectif.

Les syndromes psychotraumatiques précoces

Ils apparaissent généralement dans un contexte où l’événement traumatique est sans cesse rappelé à la conscience du sujet (succession de secousses sismiques, rediffusion à la télévision des images de l’attentat, exposition répétée à des tirs ennemis…). Les cauchemars apparaissent souvent dès la première nuit, ainsi que des reviviscences diurnes. Ils évoluent vers une guérison spontanée, vers la phase de latence d’une névrose traumatique ou vers l’installation d’emblée d’une névrose traumatique.

La névrose traumatique déclenchée


Le syndrome de répétition est le signe pathognomonique et répète à chacune des ses manifestations les effets de l’effraction. Les autres symptômes (anxiété et angoisse, dépression, troubles du caractère, troubles de conduites, passages à l’acte, plaintes somatiques, maladies psychosomatiques) se rencontrent tous, peu ou prou, dans les conséquences immédiates et précoces, le patient privilégiant tel ou tel mode d’expression.


Les différents types d’évolution


Les évolutions bénignes


Elles vont de l’apparition d’un syndrome de répétition qui se manifeste de façon espacée, à sa disparition définitive avec ou sans traitement. La guérison s’annonce par une modification des cauchemars, dans lesquels l’événement traumatique est métaphorisé. On observe aussi de fausses guérisons, les cauchemars cessant sans avoir connu un travail d’élaboration et pouvant réapparaître tels quels des mois ou des années plus tard.
Les récentes contributions à la notion de résilience (voir le fil sur la résilience, ici : http://questionspsy.leforum.eu/t2554-La-Resilience.htm ) font une place à une évolution spontanément favorable.

Les évolutions fluctuantes


Les symptômes se manifestent par périodes plus ou moins longues et de façon plus ou moins intense, avec des moments de répit qui peuvent durer des années. Aucune logique apparente ne semble présider à ces changements, le thérapeute devant aider le patient à en trouver les ressorts. Parfois, les rechutes sont compréhensibles : dates anniversaires, faits d’actualité ayant une similitude avec l’événement traumatique, épreuves rencontrées par le sujet (deuil, divorce, chômage…)… Ces évolutions fluctuantes sont probablement les plus nombreuses, elles peuvent garder une certaine constance dans la durée et la gravité des épisodes tout au long de la vie, ou conduire à des aggravations progressives, jusqu’à ne plus fluctuer du tout, ou au contraire s’atténuer jusqu’à ne plus produire que quelques cauchemars de temps en temps.

Les évolutions stables


Les sujets gardent leurs cauchemars et s’accommodent tant bien que mal de leur angoisse, de leur dépression ou des autres symptômes associés.

   
Les aggravations
   
Les aggravations sont progressives et peuvent prendre le relais d’une évolution fluctuante. Elles conduisent à une série de ruptures dramatiques, tout en étant encore sensibles au traitement.   

   
Les évolutions dramatiques
   
Elles conduisent à une totale exclusion du monde des hommes : les sujet peuvent se retrouver SDF, devenir alcooliques, être mis en prison pour meurtre, se suicider… Bien qu’ils demandent rarement une hospitalisation, ils peuvent se reconstruire suffisamment pour réintégrer la communauté s’il est possible de les garder dans une institution de soin pendant une très longue période.
   

   

   
THERAPEUTIQUE
   

 
Debriefing psychologique   

 
Concept emprunté aux techniques militaires, qui a connu un grand regain d’intérêt ces dernières années. Il est particulièrement employé lors des événements traumatiques vécus collectivement (catastrophes naturelles, accidents…).   
La technique consiste généralement à intervenir en 2 temps :
- dans l’immédiat (le defusing), une cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) s’efforce de solliciter l’expression, dans le groupe, du vécu de l’événement, de faciliter la verbalisation, de proposer une lecture de l’événement, de prévenir les sentiments de culpabilité…
- en post-immédiat (le debriefing proprement dit), les sujets sont à nouveau réunis pour exprimer leurs émotions et les partager avec le reste du groupe. Des suivis individuels peuvent être proposés pour l’avenir.
Les études relatives à cette technique (Prieto, 2004) montrent des résultats très discutables, allant parfois dans le sens d’une aggravation des troubles ultérieurs.

Chimiothérapie


Les antidépresseurs : en agissant sur l’humeur, les troubles du caractère, secondairement sur l’angoisse et les cauchemars, ils soulagent et favorisent la mise en place d’un travail psychothérapeutique.
Les anxiolytiques : d’emploi discuté, ils n’agissent pas sur le syndrome de répétition et, dans ce contexte, peuvent induire une dépendance.
Les hypnotiques : également d’emploi discuté, ils n’empêchent pas les cauchemars.
Les bêtabloquants : en prescription post-immédiate, ils pourraient jouer un rôle préventif (pas d’AMM dans ce sens).

Psychothérapie


Les psychothérapies constituent l’essentiel du traitement de la névrose traumatique.

Les techniques initialement employées dans le monde militaire (catharsis, abréaction…) n’ont plus guère cours, mais on observe un récent regain d’intérêt pour l’hypnose (surtout l’hypnose ericksonienne) et les techniques qui en sont dérivées (EMDR…), techniques visant surtout à dissocier les images, sensations, pensées, etc., associées au traumatisme pour leur réassocier des pensées positives.

Psychothérapie d’inspiration psychanalytique (dite aussi psychothérapie psychodynamique) : on choisit le plus souvent d’avoir recours à des thérapies dynamiques brèves visant à restaurer la parole, à favoriser la mise en sens de l’événement et à lui donner une place dans la vie du patient, à ne pas enfermer le patient dans un statut de victime, à lui permettre de sortir de la passivation induite par l’événement pour retrouver un statut de sujet.

Thérapie cognitivo-comportementale : ce sont surtout les techniques comportementales qui sont utilisées dans ce champ, avec, classiquement, une exposition (en imagination ou in vivo) à l’événement traumatique, aux circonstances dans lesquelles il s’est produit, accompagnée de l’apprentissage d’une méthode de relaxation.


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Message Le traumatisme psychique 
BIBLIOGRAPHIE

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A signaler également, la Revue du Stress et du Trauma : http://www.trauma-alfest.com/sommaires_resumes.php


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Message Le traumatisme psychique 
Traviata a écrit:
Psychothérapie d’inspiration psychanalytique (dite aussi psychothérapie psychodynamique) : on choisit le plus souvent d’avoir recours à des thérapies dynamiques brèves visant à restaurer la parole, à favoriser la mise en sens de l’événement et à lui donner une place dans la vie du patient, à ne pas enfermer le patient dans un statut de victime, à lui permettre de sortir de la passivation induite par l’événement pour retrouver un statut de sujet.


Il y a quelque chose qui m'échappe... pour moi "thérapie psychanalytique" et "thérapie brève" ça ne va pas ensemble

J'ai déja vu des psychologues qui annoncaient une spécialisation dans le traumatisme. Ca existe en tant que spécialité théorique ou ils deviennent spécialistes de la question sur le terrain ?
D'ailleurs, bon à savoir quoique je ne sais pas si ça existe dans toutes les grandes villes ou si c'est une spécialité lyonnaise, chez nous il existe un bureau de psychologues spécialistes du traumatisme disent-ils, qui consultent en libéral, et qui est rattaché au SAMU.


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Oui je suis surpris aussi : thérapie psychanalytique et thérapie brève : comment est-ce possible ? Laughing


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Le traumatisme psychique 
Vi, messieurs-dames, nous possédons désormais dans notre arsenal des psychothérapies dynamiques brèves !  Mr. Green Pour ceux qui en douteraient : http://www.techniques-psychotherapiques.org/Pratiques/RepertoirePB.html

Elles se développent de plus en plus, et, pour ma part, j'aime bien ce que propose Gilliéron. Pour ceux que ça intéresse : Gilliéron, E. (2004) Manuel de psychothérapies brèves. Paris : Dunod ( http://www.amazon.fr/Manuel-psychothérapies-brèves-Edmond-Gillieron/dp/2100… ).

Pour Séverine, il n'y a pas de spécialisation à proprement parler mais celle-ci vient du travail sur le terrain et de formations complémentaires (type DU, DESU, etc.). Comme ce n'est pas vérifié, on peut s'autoproclamer spécialiste de ce qu'on veut - donc plutôt voir les références du psy en question (où il a travaillé, combien de temps, etc.).


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Le traumatisme psychique 
Merci pour ce topo ma foi fort intéressant.

Au fait, il y a une technique ancestrale qui décrit le moral par sept humeurs principales, sept qualités ou sept défauts selon leur équilibre : joie, tristesse, colère, peur, amour, désir, démon. Selon la répartition et la prépondérance de ces humeurs, l'harmonie d'un tempérament constant, lucide et serein est troublée. Ce qui m'amène à la question suivante : peut-on être traumatisé par des évènements positifs ? Je veux dire : peut-on être choqué par trop de plaisir par exemple ?


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Un homme avertit en vaut deux.
Message Le traumatisme psychique 


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