Questions Psy Index du Forum
S’enregistrerRechercherFAQMembresGroupesConnexion
Répondre au sujet Page 1 sur 1
Parle, mais surtout, tais toi
Auteur Message
Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
Je pose ici quelques mots, très égoïstement parce que ça m'aide de poser les mots à plat. C'est mon monologue à moi ( ) mais si quelqu'un veut intervenir, c'est ouvert bien sûr.

Il y a quelques jours je me suis franchement agacée par mail sur des réactions de mes frère et soeur (je voulais leur faire plaisir et ça a eu l'air de les ennuyer à mourir), hier appel de ma petite soeur en pleurs. On a -enfin !- parlé, genre de chose qui n'arrive jamais dans cette famille. Elle a pu me dire une partie de ce que je ressens. Mais finalement obtenir quelques réponses, ça laisse la place à d'autres questions...

Pour résumer, je suis l'étrangère, la "folle" de la famille. C'est certain que le problème vient de moi, puisque tous (mon frère, ma soeur, ma mère) pensent la même chose. Seule chose qui me laisse dubitative, il n'y a que dans cette famille que j'ai cette image. A moins que tout le monde me mente en-dehors d'eux, mais quand même, ça ferait beaucoup....

La preuve en est : on ne peut pas me parler, j'ai un énorme soucis de communication (ça a été vrai, pendant longtemps mais depuis ma thérapie ça ne l'est plus). Donc, tout le monde se fait des noeuds au cerveau lorsqu'il s'agit de communiquer avec moi, c'est donc de ma faute. Mais personne ne sait me dire quel serait le risque à converser simplement, ça personne ne le sait, mais ce dont il sont sûr c'est qu'il faut établir un plan d'attaque pour pouvoir me parler. Par exemple, j'ai appris que l'un d'eux réfléchis depuis des mois, se torture l'esprit pour savoir de quelle manière il faut s'y prendre pour me demander d'assister au prochain réveillon de Noël. Visiblement, personne n'a eu l'idée de prendre son téléphone, dire "salut Séverine, dis moi, ça te brancherait de passer le réveillon de Noël avec nous ?". Non, aucun n'a eu l'idée. Mais c'est moi qui ai un problème de communication.

J'ai appris aussi que tout le monde est bien colère contre moi. Parce que ma soeur risque fort de se retrouver en mauvaise posture sur des histoires de donation avec ma mère, alors que tout le monde attend une réponse de ma part depuis des années. Réponse qui ne vient pas, bien sûr. Parce que personne n'a songé qu'avant d'attendre une réponse de moi, il aurait fallu commencer par me poser la question. Donc tout le monde attend ma réponse à la question qui ne m'a jamais été posée par personne. Décidément, j'ai de gros problèmes de communication.

Il m'a été reproché mon mutisme, "toute façon tu dis jamais rien, tu parles pas de toi". Qui a existé, c'est vrai, et qui n'existe depuis 5 ans. Il m'a aussi été reproché de parler, "comment as-tu osé dire ceci, comment peux-tu dire cela" (au sujet d'un jour où j'ai évoqué quelques souvenirs par bien méchants à mon goût).

Bon, je pense que cette conversation était peut-être une bonne chose. Ce que ça changera, je suis un peu trop blasée pour espérer quoi que ce soit. On verra, ou pas, mais peut-être que j'ai pu faire passer quelques contradictions, enfin c'est déja quelques mots de gagnés sur le rien habituel.


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Message Publicité 
PublicitéSupprimer les publicités ?


Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
Ben si on te reproche ce que tu dis quand tu parles , tu me fais penser à ma mère qui a toujours reproché à mon père d'être mutique et quand il se mettait à parler elle rabaissait systématiquement ou presque ce qu'il disait . C'est quoi cette histoire de donation exactement ?


_________________
" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
http://livre.fnac.com/a261543/Paul-Watzlawick-Une-logique-de-la-communication?PID=1&Mn=-1&Ra=-1&To=0Ν=2&Fr=0


J'ai lu ce bouquin... au début des années 80, donc mes souvenirs sont un peu flous  Laughing


Mais je crois me souvenir qu'on y parle beaucoup des modalités pathologiques de communication au sein de la famille, du "patient désigné" (m'est avis que ça pourrait être toi  Shocked ) et du double lien (double bind)... 


Ben... Bon courage 


PS : rassure toi, je ne connais aucune famille où c'est "simple" 


_________________
Aussi longtemps que les ours n'auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur.
(proverbe africain, personnalisé)
Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
gronounours a écrit:
http://livre.fnac.com/a261543/Paul-Watzlawick-Une-logique-de-la-communication?PID=1&Mn=-1&Ra=-1&To=0Ν=2&Fr=0


En tout cas il y a de bonnes critiques, je ne risque rien à le lire.

Eux me trouvent bizarre et moi c'est eux que je trouve bizarres
Une bonne chose, avant le nombre de personnes en face de moi seule me fesait perdre pied, maintenant je sais regarder ce discours dans la globalité et en déduire que décidément, ça n'a pas de sens.

merci l'Ours


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
psychonaute a écrit:
C'est quoi cette histoire de donation exactement ?


Ola une sombre histoire ! à laquelle je n'ai pas compris grand chose non plus.
Il a été posé par ma mère, depuis longtemps, que je n'aurais rien à l'héritage. Bien. Depuis elle a fait une donation à mon frère, et ma soeur habite presque un logement (la donation à venir) pour lequel elle doit faire les papiers de donation avant août 2010, sans quoi elle devra payer l'Etat.

Et pour faire ces papiers il parait que je dois participer à cette donation. Et que je dois me manifester pour ça, mais personne ne m'en a parlé, et surtout pas ma mère (alors que c'est quand même elle et personne d'autre qui est censée "donner")

Mais, et à mon avis c'est là que le bât blesse, il parait que je dois participer pour dire quelle part je veux. Sauf qu'il ne reste pas de part. Je suppose que le ridicule de la situation n'a pas échappé à ma mère, et que si elle sait y faire pour me retourner ses incohérences ça risque de se passer différement dans le cabinet d'un notaire



_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
même si tu vois les choses plus clairement, ce n'est jamais agréable d'être le "folle" désignée de la famille - enfin la grosse différence sans doute, c'est que toi tu as fait une thérapie et eu la volonté de sortir de cette dynamique familiale, et pas eux. En bref, c'est à la fois une bénédiction d'y voir clair, et en même temps c'est loin d'être la position la plus facile.

sinon cette histoire de donation, ça me rappelle largement les relations de ma mère avec sa famille, tout se faisait dans son dos quand ça les arrangeait, par contre quand ils avaient besoin de sa signature pour qu'elle cède quelque chose, là ils l'appelaient en l'accusant de ne pas se manifester...

Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
Manamana a écrit:
même si tu vois les choses plus clairement, ce n'est jamais agréable d'être le "folle" désignée de la famille - enfin la grosse différence sans doute, c'est que toi tu as fait une thérapie et eu la volonté de sortir de cette dynamique familiale, et pas eux. En bref, c'est à la fois une bénédiction d'y voir clair, et en même temps c'est loin d'être la position la plus facile.


Ce n'est pas vraiment que j'ai fait le choix de la thérapie et d'en sortir, en fait je n'ai pas bien eu le choix puisque j'en souffrais. Pour eux ça relèverait du choix, mais je suppose que l'acharnement à me désigner "folle officielle" correspond à l'acharnement à ne surtout pas vouloir se remettre en cause.

Et sinon, aujourd'hui je ne dirais plus que c'est la position la plus difficile, au contraire.
J'ai gagné des ressources que je n'avais pas, je n'en souffre pas plus que ça. Le plus désagréable c'est d'être confrontée à cette sorte d'étrangeté, de truc incompréhensible, incohérent.
Et j'ai le sentiment que malgré le fait que tout le monde se sert les coudes pour me désigner, personne dans le fond n'est vraiment dupe. Quand je suis persuadée que la justesse se trouve quelque part, je n'ai pas besoin d'inventer, ni de retourner la conversation dans un sens qui me convient mieux, ni de dénigrer la personne en face. Je n'ai qu'à dire le fond de ma pensée sereinement. Pour se défendre de cette manière, il doit y avoir une part souffrance.


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
Et ça ne les gêne pas, ton frère et ta sœur, que ta mère leur fasse des donations sans que ta part soit prévue Rolling Eyes Il doit aussi, dans ces accusations, y avoir une bonne part d'évacuation d'un fort sentiment de culpabilité. C'est assez typique de voir ce genre de sentiment retourné en son contraire, c'est une défense comme une autre.
Sinon, comme gronounours, je dirai que la communication paradoxale marche bien dans ta famille, comme dans beaucoup d'autres


_________________
« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
Traviata a écrit:
Et ça ne les gêne pas, ton frère et ta sœur, que ta mère leur fasse des donations sans que ta part soit prévue Rolling Eyes


Je suis la méchante qui a abandonné sa pauvre mère vieille (elle n'a même pas encore l'âge de la retraite) et sans défense. Il est donc parfaitement normal que "j'assume" mes fautes mes très grandes fautes, je mérite le purgatoire au moins. Ma mère les a aidé à aménager leur vie autour d'elle, ils vivent à 3 foyers, bientôt 8 personnes dans un cercle clos sur une cour close d'où ils sortent le moins possible alors ce n'est pas de trop que d'occuper tout l'espace.

Je sens de la culpabilité, de la souffrance (tout le monde s'étonne qu'un des enfants n'aille pas si bien que ça et se pose sans arrêt des questions dans ce paradis), mais je ne comprends pas trop ce qui m'est reproché. Peut-être que c'est parce que ça ne me concerne pas vraiment, que ça vient d'un ailleurs que je ne connais pas ? il y a tellement de silence, je ne sais tellement rien d'eux.


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
 
Citation:
Ma mère les a aidé à aménager leur vie autour d'elle, ils vivent à 3 foyers, bientôt 8 personnes dans un cercle clos sur une cour close d'où ils sortent le moins possible alors ce n'est pas de trop que d'occuper tout l'espace.




Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 


c'est pô marrant, il parait que ça s'appelle l'esprit de famille


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
Coucou Séverine,


Des lois existent sur les donations et on ne peut pas déshériter totalement ses enfants.


Donc, je te dirais : laisse couler, laisse les dans leurs ennuis qu'ils se sont créés..


Ils n'ont pas évolué, toi si et c'est tant mieux pour toi.


La communication dans les familles c'est très souvent compliqué, ça use. Et tant qu'ils n'exprimeront pas clairement ce qu'ils attendent de toi : laisse les dans leur jus ! Et s'ils reprennent contact seulement pour du matériel, ce seront des relations inintéressantes. 


As tu envie de renouer, toi ?


Voilà mon avis sur tout ça.




Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
Esprit es-tu là ???
C'est vrai que c'est pas marrant mais c'est quand même une chance que tu sois en dehors du cercle, maintenant que tu en as compris le fonctionnement. Cela du être beaucoup de souffrances avant cela...



_________________
Je me mis enfin à réfléchir, c'est à dire à écouter plus fort.
( Samuel Beckett)
Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
Dom,
Les liens n'étaient pas complètement coupés avec mes frère et soeur. Je les voyais, disons 2 fois par an.

Je n'ai pas compris grand chose à ces histoires de donation, et en plus je m'en fiche. Ce qui me dérangerait, c'est que ma petite soeur soit dans la merdouille à cause de ça, mais je ne peux pas (et même si je le pouvais je ne veux pas) faire les démarches à la place des personnes concernées. C'est eux qui veulent, pas moi, ce n'est pas ma faute s'ils préfèrent ne rien faire en se plaignant de moi plutôt que m'avertir.

Un peu d'usure oui... à constater qu'ils sont bloqués dans leurs grandes idées, que rien ne change sinon en s'empirant avec les années. Peut-être que cette conversation fera bouger un peu les choses, mais bon, je n'attends pas de miracle. Et peut-être que ça me retombera dessus pour je ne sais quelle raison, je ne sais pas on verra.

Pour en revenir aux liens, bof je fais avec les liens qui existent avec les adultes. Par contre, il est hors de question que je perde de vue les enfants.

Merci Dom


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Répondre en citant
Message Parle, mais surtout, tais toi 
Fracat,

Je me suis enfoncée dans 2 dépressions qui se sont suivies, avant de couper radicalement le contact avec ma mère. Dans les quelques jours qui ont suivi cette rupture ça a été très dur. Et j'ai refait surface quelques semaines après, j'ai envie de dire que cette cassure m'aura été salutaire.
Il y a eu du dégât collatéral dans la famille (comme tu peux constater ), mais c'était arrivé à un point où cette rupture de contact s'est imposée comme une nécessité vitale pour moi, je sauve ma peau ou j'abdique. Alors forcément, même s'il y a eu du changement, même si je les ai bousculé et que ça ne leur plait pas, je ne regrette rien.

Merci de ton mot Fracat


_________________
Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
Message Parle, mais surtout, tais toi 


Montrer les messages depuis:
Répondre au sujet Page 1 sur 1
  


Portail | Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation