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Sigmund Freud
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Sigmund Freud

Psychanalyste autrichien (1856-1939)



BREFS REPERES BIOGRAPHIQUES

Sigmund Freud est né en 1856 à Freiberg, en Moravie (aujourd’hui Příbor, en République Tchèque).
Après deux précédents mariages (avec Sally, décédée prématurément et dont il a eu deux fils, Emmanuel et Philipp, et avec Rebecca qui décède sans avoir eu d’enfant), le père de Freud, Jakob, se remarie avec Amalia Nathanson en 1855. Le couple aura huit enfants : Sigismund-Salomon (dit Sigmund – Freud adoptera définitivement ce prénom en 1877), Julius (décédé à 8 mois), Anna, Regine-Debora (dite Rosa), Maria (dite Mitzi), Ester-Adolfine (dite Dolfi), Pauline (dite Paula) et Alexander.

Autant des difficultés économiques (Jakob Freud est un modeste négociant en produits agricoles) que l’antisémitisme qui sévit en Moravie incitent la famille Freud à émigrer, d’abord à Leipzig puis à Vienne, où elle s’installe dans le quartier juif en 1860.

Sigmund est décrit comme un enfant enjoué, brillant, doté d’une forte curiosité intellectuelle. Il s’intéresse à la philosophie, au droit et, contre l’avis de son père qui aurait aimé le voir lui succéder, opte finalement pour la médecine et entre à l’université de Vienne en 1873.

A partir de 1876, il s’intéresse à la physiologie et travaille dans le laboratoire de von Brücke, où il étudie les pathologies du système nerveux. Il y rencontre également Josef Breuer, avec lequel il se lie d’amitié et qui lui parle du cas d’Anna O., qu’il soigne depuis 1880 par la méthode cathartique.
Freud est reçu à son doctorat de médecine en 1881, et, bien qu’il soit passionné par la recherche, suit les conseils de von Brücke, qui l’engage à pratiquer à l’hôpital pour se faire une situation professionnelle.
Freud a en effet rencontré Martha Bernays, à laquelle il se fiance en juin 1882, et qu’il espère pouvoir épouser dès que sa situation matérielle se sera améliorée.

En 1883, Freud entre comme assistant dans le service de Meynert à l’hôpital général de Vienne et travaille sur les propriétés analgésiques de la cocaïne. Il est nommé Privat-Dozen (maître de conférence) en neuropathologie en 1885, ce qui assure sa carrière. En 1886, il voyage en France et rencontre Jean-Martin Charcot à la Salpêtrière (il assiste aux Leçons du mardi qu’il traduit) – il y est impressionné par le traitement des hystériques par l’hypnose et se rendra plus tard à Nancy pour rencontrer Hippolyte Bernheim et recueillir de nouvelles informations sur ce traitement.

De retour à Vienne à l’automne 1886, Freud s’installe en pratique privée (comme spécialiste des maladies nerveuses) et épouse Martha Bernays, dont il aura six enfants : Mathilde née en 1887, Jean-Martin en 1889, Cromwell (dit Olivier) en 1891, Ernst en 1892, Sophie en 1893 et Anna en 1895.

Freud commence par pratiquer l’électrothérapie et l’hydrothérapie, puis expérimente l’hypnose et la méthode dite « cathartique » qu’il étudie avec Breuer (publication, avec Josef Breuer, en 1895, des Études sur l’hystérie). Insatisfait des résultats obtenus, il va bientôt estimer que seul le retour à la conscience des éléments refoulés et leur soumission au jugement conscient peuvent éviter les rechutes (théorisation du refoulement et de la résistance).

Les années suivantes vont être consacrées à la mise au point de la méthode psychanalytique (technique de l’association libre, importance de l’étude des rêves, des lapsus…) et à ce que l’on appelle l’auto-analyse de Freud, qui se livre, dans sa correspondance avec son ami Wilhelm Fliess, à de minutieuses descriptions, tant de ses hypothèses théoriques et de leurs remaniements (élaboration puis abandon de la théorie pan-traumatique, etc.), que de ses propres mouvements psychiques, notamment lors de la période d’angoisse qui fait suite à la mort de son père en 1896 (premières théorisations du complexe d’Œdipe, du transfert…). La description d’un appareil psychique, composé de différents systèmes en relation, pose les jalons de la première topique.

Cette période aboutit à la parution, en 1900, de l’Interprétation des rêves, ouvrage majeur qui reprend et illustre les principales théorisations freudiennes de cette époque. Il sera suivi de publications qui approfondissent la théorie freudienne (Psychopathologie de la vie quotidienne, Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient…), exposent l’élaboration des principes de la cure (La méthode psychanalytique…) et ouvrent de nouvelles perspectives sur la psycho-sexualité, la notion de libido, de pulsion (Trois essais sur la théorie sexuelle…)…

Bien que le monde médical viennois lui soit toujours majoritairement hostile, Freud, qui a été nommé Professeur extraordinaire de l’université de Vienne en 1902, commence à intéresser quelques intellectuels, médecins, psychologues, qui viennent se former à son enseignement. En 1906, le fameux « groupe du mercredi » est créé et regroupe, pour des séances de travail, 17 collaborateurs, dont Alfred Adler, Wilhelm Steckel, Rudolf Reitler, Otto Rank, Max Kahane, Eugen Bleuler et Carl Gustav Jung, dont la présence est particulièrement chère à Freud qui ne souhaitait pas enfermer la psychanalyse dans une image de « science juive ». Les rejoindront rapidement d’autres collègues, dont Karl Abraham, Ernest Jones, Sándor Ferenczi… le groupe prenant, en 1908, le nom de « Société psychanalytique de Vienne ».

En 1909, Freud se rend aux Etats-Unis avec Ferenczi et Jung pour présenter une série de conférences sur la psychanalyse et y recueille un vif succès. L’essor du mouvement psychanalytique dans les années suivantes est marqué par la création, en 1910, de l’API (Association Psychanalytique Internationale), dont la première direction fut confiée à Jung.

Avec l’extension du mouvement, Freud est de plus en plus souvent amené à se positionner comme gardien de la doctrine devant des avancées pratiques et théoriques qu’il juge dissidentes. On commence à dénoncer son caractère inflexible, ses positions parfois à la limite du tyrannique. Surviennent alors les scissions qui marqueront régulièrement l’histoire de la psychanalyse : rupture avec Adler et Stekel en 1911, avec Jung en 1913, brouilles successives avec Rank, Reich et Ferenczi…

La première guerre mondiale marque une période douloureuse pour Freud, qui s’inquiète pour ses fils et ses jeunes collègues et s’affecte de l’immensité des pertes humaines. Il s’engage dans des réflexions sur la cruauté, le traumatisme psychique, la mort (publication en 1915 de Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort…)… Un important travail métapsychologique fera l’objet de plusieurs publications entre 1915 et 1917 (Pulsions et destins des pulsions, Deuil et mélancolie…).

La paix revenue, il fonde la maison d’édition psychanalytique Verlag. Il est nommé, en 1919, Professeur ordinaire de l’université de Vienne, mais, du fait de la crise économique, trouve surtout des patients chez les Anglais et les Américains attirés par sa notoriété.

En 1920, Sophie Halberstadt, sa fille préférée, est emportée par les suites d’une pneumonie grippale, laissant deux enfants, dont l’un, Heinerle, est recueilli par Anna Freud mais décèdera à son tour en 1923.

Ces bouleversements, dans l’histoire européenne et dans son histoire privée, ont souvent été placés à l’origine de ce que l’on a appelé le « tournant de 1920 » et la création de la deuxième topique (parution de Au-delà du principe de plaisir…). Freud décrit désormais une lutte active entre pulsions de vie (Eros) et pulsions de mort (Thanatos).

En 1922, Anna Freud, qui a été analysée par son père, entre à la Société Viennoise de Psychanalyse (en même temps que Lou Andreas-Salomé, amie fidèle des Freud).

En 1923 est découvert le cancer de la mâchoire dont souffre Freud, qui lui vaudra une succession d’opérations chirurgicales (16 en tout) et le port d’une prothèse en acier terriblement douloureuse.

Il poursuit ses publications, utilisant les outils psychanalytiques pour explorer d’autres dimensions de l’expérience humaine, comme le fait religieux (L’avenir d’une illusion en 1927, Moïse et le monothéisme, rédigé en 1934, publié en anglais en 1939…) ou la culture (Malaise dans la civilisation en 1929…). Il défend également avec vigueur la pratique de la psychanalyse par les non-médecins (Psychanalyse et médecine ou la question de l’analyse profane en 1925).

Freud observe la montée du nazisme dans les années 1930 avec un pessimisme sans illusion. Au moment de l’Anschluss, en 1938, il préfère dissoudre l’Association Internationale de Psychanalyse que de la laisser aux mains des nazis et se résigne à l’exil. Grâce aux interventions de l’Ambassadeur des États-Unis, William Bullitt, d’Ernest Jones et de la princesse Marie Bonaparte, la famille Freud est autorisée à quitter Vienne (les quatre sœurs de Freud ne pourront en revanche émigrer et mourront en camp de concentration) et, après un passage en France, ira s’installer à Londres.

A l’automne 1938, Freud fonde l’Imago Publishing Company, maison d’édition psychanalytique qui se chargera notamment de l’édition de ses œuvres complètes en allemand.

En septembre 1939, Freud rappelle à son médecin la promesse que celui-ci lui avait faite de l’euthanasier si la souffrance de son cancer, désormais inopérable, devenait insupportable. Anna Freud, d’abord opposée à ce choix, s’y résigne et Max Schur procède aux injections de morphine qui entraîneront la mort de Freud le 23 septembre.
Les cendres de Freud reposent au crematorium de Golders Greens.
Sa maison du 20 Maresfield Gardens devient le Freud Museum après la mort d’Anna.


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PRINCIPAUX APPORTS THÉORIQUES


Un tout petit aperçu pour engager à la fréquentation des textes freudiens, dont la richesse est impossible à résumer…


LE DÉVELOPPEMENT PSYCHOSEXUEL


La notion de sexualité infantile est un des apports essentiels de la pensée freudienne. Cette sexualité s’étaye d’abord sur la satisfaction des besoins vitaux (téter, déféquer…) puis va s’autonomiser. Le corps de l’enfant peut, dans son ensemble et sur un mode masturbatoire, être la source d’une excitation d’ordre sexuel, ce que Freud a décrit comme la « prédisposition perverse polymorphe ». A l’adolescence, ces différentes zones érogènes s’unifieront sous le « primat du génital ».

Cette conceptualisation permet de décrire schématiquement une évolution de la libido en plusieurs « stades », correspondant au primat d’une zone érogène particulière :
- Le stade oral (de la naissance à environ 6 mois) : la zone érogène privilégiée est la région buccale (sucer, manger, être mangé).
- Le stade anal (de 6 mois à environ 3 ans) : la zone érogène privilégiée est la région rectale (retenir les matières fécales, les expulser). Vers la fin de cette période, l'enfant entre en opposition constante avec son environnement, ce qui a parfois donné à ce stade le nom de « sadique-anal ».
- Le stade phallique (de 3 ans à environ 7-8 ans) : la zone érogène privilégiée est le pénis chez le garçon et le clitoris chez la fille.
Ces 3 « stades » sont décrits comme l’organisation « pré-génitale » de la libido, où dominent l’auto-érotisme et les relations d’objet partielles (sein…).
- Le stade génital (de la puberté à l'âge adulte) : passage de l’auto-érotisme et des pulsions partielles à un choix d’objet total.

L’évolution n’est bien sûr pas linéaire (régressions, chevauchements…) et chaque stade va laisser son empreinte dans la psyché. Les fixations laissées par la libido à chacun des stades de son développement serviront ainsi d’attraction pour les éventuelles régressions futures. Toute cette période est recouverte par l’amnésie infantile, liée au refoulement.

Contemporain du stade phallique, et particulièrement observable lorsque l’enfant a autour de 3-5 ans, se situe le complexe d’Œdipe.

Le garçon, qui éprouve de l’amour pour sa mère, entre en rivalité avec son père et craint que celui-ci ne le châtre pour le punir. Cette crainte conduit au refoulement des désirs incestueux et à l’entrée dans la période de latence (d'environ 6-7 ans à la puberté), période calme sur le plan libidinal, où l'enfant se socialise.
En même temps que cet « Œdipe positif » s’observe un « Œdipe négatif », lié à la bisexualité psychique présente chez tout être humain, lors duquel le garçon souhaite épouser son père et éliminer la mère rivale. L’identité sexuelle de l’individu va s’affiner en fonction de la prévalence de l’un ou l’autre complexe, l’Œdipe positif restant normalement dominant, et des identifications masculines et féminines qu’il permet.

L’évolution psychosexuelle de la fille est différente dans la mesure où, comme pour le garçon, son premier objet d’attachement est sa mère et où elle va être amenée à changer d’objet pour s’attacher principalement au père. D’autre part, Freud défend l’idée que les théories sexuelles infantiles attribuent à tous les êtres humains le même organe : le pénis. Au stade phallique, lorsque la petite fille s’aperçoit qu’elle en est privée (que son clitoris n’est pas un pénis), elle éprouve un « complexe de castration » qui provoque « l’envie du pénis » auquel pourra se substituer le désir d’enfant.
Cette théorie, que l’on a décrite comme un « monisme phallique », a été critiquée et remaniée par les psychanalystes post-freudiens, notamment autour de la question de la connaissance du vagin par les enfants des deux sexes.

Pour Freud, le complexe d’Œdipe, ses avatars et sa liquidation, jouent un rôle central d’organisateur de la vie psychique. L’Œdipe tient une place cruciale dans la structuration de la personnalité et le développement d’une future psychopathologie (possibilité d’accès à l’Œdipe, modes de résolution…). Notons enfin que si Freud a insisté, contre l’idéologie dominante de l’époque, sur l’importance du développement psychosexuel de l’individu, il s’est toujours défendu de tout « pansexualisme » et notamment de réduire la complexité de la vie humaine à la seule sexualité, au sens commun du terme.



Idées de lectures à ce propos :

FREUD, S. (1905). Trois essais sur la théorie sexuelle. Paris : Gallimard, 1987.
FREUD, S. (1923). L’organisation génitale infantile. In La vie sexuelle. Paris : PUF, 1969.
FREUD, S. (1924). La disparition du complexe d’Œdipe. In La vie sexuelle. Paris : PUF, 1969.
FREUD, S. (1925). Quelques conséquences psychologiques de la différence anatomique entre les sexes. In La vie sexuelle. Paris : PUF, 1969.
FREUD, S. (1931). Sur la sexualité féminine. In La vie sexuelle. Paris : PUF, 1969.



Dernière édition par Traviata le Lun 2 Nov 2009 - 21:24; édité 2 fois

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PREMIERE TOPIQUE ET PREMIERE THEORIE DES PULSIONS


LA PREMIERE TOPIQUE : LE SYSTEME INCONSCIENT – PRECONSCIENT - CONSCIENT


Freud propose une métaphore spatiale de l’appareil psychique, qui serait composé de 3 systèmes, l’inconscient (ics), le préconscient (pcs) et le conscient (cs), la véritable barrière (la censure) se situant entre d’une part le conscient et le préconscient (dont les contenus peuvent être ramenés sans trop de difficulté à la conscience) et d’autre part l’inconscient, dont les contenus, qui ont subi le refoulement car ils correspondaient à des désirs et des pulsions inacceptables, sont inaccessibles à la pensée consciente mais actifs et appréhendables à travers diverses manifestations de l’inconscient, comme le rêve (la « voie royale » de la connaissance de l’inconscient), les actes manqués, les symptômes…

Dans certains cas, la censure subit un relâchement et le matériel refoulé, qui aspire toujours à réintégrer la conscience, doit également subir des modifications pour contourner la censure : c’est la formation de compromis que l’on retrouve aussi bien dans la vie quotidienne (lapsus…) que dans les symptômes psychopathologiques. La formation de compromis est semblable au travail du rêve : phénomènes de condensation (chaque élément est surdéterminé) et de déplacement (chaque élément est remplacé par un élément associé).


LES PULSIONS


La pulsion est décrite par Freud comme ayant une source (le corps), une poussée (quantité d’excitation) un but (la satisfaction) et un objet (objet du monde extérieur ou corps propre).
L’excitation somatique créée par la pulsion va entraîner une sensation de déplaisir que la satisfaction de la pulsion fera décroître, provoquant une sensation de plaisir.
L’appareil psychique est ainsi soumis au principe de plaisir-déplaisir, mais aussi aux exigences du monde, soit au principe de réalité.

Freud distingue deux grandes catégories de pulsions :
- Les pulsions du moi ou pulsions d’autoconservation (exemple de l’alimentation : la sensation de déplaisir issue de la faim entraîne la recherche de nourriture, dont la consommation provoque le plaisir).
- Les pulsions sexuelles (comme on l’a vu, elles s’étayent d’abord sur les pulsions du moi puis s’autonomisent).

La pulsion ne peut être consciemment appréhendée en elle-même mais à travers son représentant psychique, dont Freud isole deux composantes :
- La représentation (représentant-représentation)
- L’affect (représentant-affect)

La satisfaction des pulsions se heurte cependant à divers obstacles (condamnations, exigences contradictoires entraînant un conflit intrapsychique…) qui donnent lieu à quatre « destins » possibles des pulsions, qui sont autant de modes de défense :
- Le renversement dans le contraire
- Le retournement sur la personne propre
- Le refoulement de la représentation et la répression de l’affect
- La sublimation


Idées de lectures à ce propos :
FREUD, S. (1900). L’interprétation des rêves. Paris : PUF, 1967.
FREUD, S. (1901). Psychopathologie de la vie quotidienne. Paris : Payot, 1967.
FREUD, S. (1905). Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient. Paris : Gallimard, 1988.
FREUD, S. (1905). Trois essais sur la théorie sexuelle. Paris : Gallimard, 1987.
FREUD, S. (1911). Formulations sur les deux principes du cours des événements psychiques. In Résultats, idées, problèmes, I. Paris : PUF, 1984.
FREUD, S. (1915). L’inconscient. In Métapsychologie. Paris : Gallimard, 1968.
FREUD, S. (1915). Pulsions et destins des pulsions. In Métapsychologie. Paris : Gallimard, 1968.
FREUD, S. (1915). Le refoulement. In Métapsychologie. Paris : Gallimard, 1968.



Dernière édition par Traviata le Lun 2 Nov 2009 - 21:23; édité 1 fois

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AUTOUR DU « MOI »


LE NARCISSISME


A ses premiers stades, le Moi opère une distinction entre l’intérieur, vécu comme agréable (auto-érotisme), et l’extérieur, qui lui est indifférent. Le Moi coïncide avec le plaisir (le Moi-plaisir) et, sur le modèle de l’introjection de Ferenczi, va prendre en lui ce qui est source de plaisir et rejeter ce qui est source de déplaisir (la projection devenant un mécanisme fondateur de la constitution du Moi). D’indifférent, l’extérieur devient alors hostile (la distinction amour-haine s’appuie ainsi sur celle intérieur-extérieur).

Avec la nécessité de s’adapter aux exigences de la réalité et sur le modèle de la tension entre « principe de plaisir » et « principe de réalité » va s’opérer une division entre « Moi-plaisir » et « Moi-réalité » et la libido dont dispose le Moi va se répartir entre « libido du Moi » et « libido d’objet ». Le fonctionnement psychique va ainsi dépendre de la répartition des investissements narcissiques et objectaux.

Freud décrit 2 types de narcissisme :
- Le narcissisme primaire : toute la libido est investie dans le Moi (voir le Moi-idéal), par assemblage des pulsions du Moi et des pulsions sexuelles auto-érotiques réunissant le bébé et la mère.
- Le narcissisme secondaire : il y a un retour sur le Moi de la libido investie dans les objets extérieurs. Il peut nourrir l’estime de soi mais cette « stase » de la libido dans le Moi peut également être à l’origine de troubles psychopathologiques (personnalités pathologiques, hypocondrie, psychose).


LES OBJETS

Freud décrit 2 types de choix d’objet :
- Le choix d’objet par étayage : il s’agit du plein amour pour un objet reconnu comme distinct de soi-même et dont le choix s’appuie sur celui des objets de l’enfance.
- Le choix d’objet narcissique : il est fondé sur l’amour que l’on se porte à soi-même.

La relation d’objet, quant à elle, correspond à un mode particulier de relation du sujet à son environnement, qui dépend de la personnalité du sujet, de ses principales défenses et de son appréhension fantasmatique de l’environnement. Elle peut également connaître de nombreux avatars : relation d’objet totale, partielle, génitale, prégénitale, etc.


LES IDENTIFICATIONS


Freud définit l’identification comme la forme la plus élémentaire de lien affectif à l’objet, un amour inhibé quant à ses buts sexuels.

Il mentionne une « identification primaire », mythique, antérieure à tout investissement d’objet, sur le modèle de l’identification au père de la horde primitive. Il décrit également une « identification archaïque », celle du bébé à sa mère.
C’est cependant l’Œdipe qui va permettre la mise en jeu des identifications sexuées. Dans l’Œdipe positif, le garçon va vouloir devenir comme le père pris comme idéal, tandis que dans l’Œdipe négatif, il voudra s’identifier à la mère en tant qu’objet désiré par le père. Freud décrit ainsi deux facettes de l’identification, le père étant soit ce que l’on voudrait être, soit ce que l’on voudrait avoir.

Autres formes d’identification :
- Identification hystérique : identification à ce que l’on se représente du désir de l’objet.
- Identification partielle régressive : identification à un aspect de l’objet.
- Identification à un objet perdu : identification narcissique, identification mélancolique.



Idées de lectures à ce propos :

FREUD, S. (1911). Formulations sur les deux principes du cours des événements psychiques. In Résultats, idées, problèmes, I. Paris : PUF, 1984.
FREUD, S. (1914). Pour introduire le narcissisme. In La vie sexuelle. Paris : PUF, 1969.
FREUD, S. (1915). Pulsions et destins des pulsions. In Métapsychologie. Paris : Gallimard, 1968.
FREUD, S. (1916-1917). Deuil et mélancolie. In Métapsychologie. Paris : Gallimard, 1968.
FREUD, S. (1921). Psychologie des foules et analyse du Moi. In Essais de psychanalyse. Paris : Payot, 1981.



Dernière édition par Traviata le Lun 2 Nov 2009 - 21:25; édité 2 fois

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SECONDE THÉORIE DES PULSIONS ET SECONDE TOPIQUE


SECONDE THÉORIE DES PULSIONS


Freud a d’abord placé le fonctionnement psychique sous le primat du principe de plaisir-déplaisir, celui-ci devant parfois céder au principe de réalité, qui conduit à différer le plaisir, et à l’existence d’un déplaisir névrotique. Cette théorisation lui semble cependant mal s’accorder à un troisième type de situations cliniques où s’observe une compulsion de répétition (névroses traumatiques, jeux enfantins tels que le « jeu de la bobine », névroses de transfert, de destinée…).

Ces situations sont liées à l’irruption d’un traumatisme : certaines excitations ont fait effraction dans la vie psychique en débordant le pare-excitation (qui protège le psychisme du trop-plein d’excitations internes ou externes), notamment du fait de leur soudaineté et de l’absence de « préparation par l’angoisse ». Il est alors nécessaire qu’un travail de liaison psychique de ces excitations puisse s’opérer. Dans cette perspective, des phénomènes comme les rêves ne sont plus seulement l’expression de désirs, ils peuvent également obéir à la compulsion de répétition.

Freud postule ainsi un « au-delà du principe de plaisir », une force de déliaison visant la vidange de l’énergie pulsionnelle, le retour au non-vivant initial, à un état de Nirvâna : la pulsion de mort.

Cette conception décrit donc un conflit fondamental entre pulsion de vie (conservation de l’individu et de l’espèce) et pulsion de mort (retour à l’inanimé).

Cette seconde théorie des pulsions a rencontré, et rencontre toujours, une opposition dans certains milieux psychanalytiques.


LA SECONDE TOPIQUE : MOI – ÇA - SURMOI


Freud observe que l’inconscient ne coïncide pas entièrement avec le refoulé et propose une nouvelle différenciation des instances en jeu dans la personnalité, qui vient compléter (et non remplacer) la première topique. Il décrit désormais la formation de la personnalité comme la résultante des tensions et conflits dynamiques entre 3 instances : le Moi, le Ça et le Surmoi.

- Le Ça
Il correspond au pôle pulsionnel de la personnalité, c’est un réservoir d’énergie. Ses contenus sont inconscients (innés ou acquis du fait du refoulement). Le principe de plaisir y règne et il entre de ce fait en conflit avec le Moi et le Surmoi.

- Le Surmoi

Il est né de la résolution du complexe d’Œdipe et constitue l’instance critique de la personnalité, doté d’un rôle moral d’auto-observation, de censure (rôle de la culpabilité). Ses contenus sont conscients ou inconscients et il emprunte son énergie au Ça. Il a une double face d’interdit (ce qu’il ne faut pas être/faire) et de prescription (ce qu’il faut être/faire). Freud isole plus tard l’Idéal du Moi comme structure particulière du Surmoi, composé des exigences d’ordre narcissique (rôle du sentiment d’infériorité, de la honte). Le Surmoi et l’Idéal du Moi sont tous deux dépendants des identifications aux personnages parentaux.

- Le Moi

Il a une fonction de régulation car il doit faire face aux revendications du Ça, aux impératifs du Surmoi et aux exigences de la réalité. Il plonge ses racines dans le Ça (partie inconsciente du Moi), dont il s’est différencié en devant s’adapter à la réalité. Il constitue le pôle défensif de la personnalité, grâce à la mise en jeu de mécanismes de défense rendus nécessaires par la perception d’affects déplaisants (signal d’angoisse). Il joue un rôle essentiel de liaison des processus psychiques (gestion des processus secondaires), d’ordonnancement temporel, il diffère les décharges d’énergie (inhibe le fonctionnement en processus primaire) et s’enrichit des apports de l’extérieur.

Cette nouvelle conceptualisation induit un changement de perspective concernant la finalité de la cure psychanalytique : il ne s’agit plus essentiellement de ramener le matériel inconscient à la conscience, mais de renforcer le Moi et d’assurer sa fonction de maîtrise. Selon la célèbre formule de Freud en 1933, « wo Es war, soll Ich werden » (« où était le Ça, le Moi doit advenir »).



Idées de lectures à ce propos :
FREUD, S. (1914). Pour introduire le narcissisme. In La vie sexuelle. Paris : PUF, 1969.
FREUD, S. (1920). Au-delà du principe de plaisir. In Essais de psychanalyse. Paris : Payot, 1989.
FREUD, S. (1923). Le Moi et le Ça. In Essais de psychanalyse. Paris : Payot, 1989.
FREUD, S. (1924). Le problème économique du masochisme. In Névrose, psychose, perversion. Paris : PUF, 1973.


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Message Sigmund Freud 
PSYCHOPATHOLOGIE FREUDIENNE

Les citations de ce chapitre sont extraites de
CAHN, R. (1996). Névroses, psychoses et perversions. In A. de Mijolla et S. de Mijolla (dir.), Psychanalyse, Paris : PUF, pp. 433-479
à qui j'ai beaucoup emprunté !

Freud distingue d’abord les troubles dominés par le conflit psychique et pour lesquels on peut postuler une psychogenèse (les psychonévroses : hystérie, névrose obsessionnelle…) et ceux dont l’étiologie est attribuable à un dysfonctionnement somatique en lien avec la sexualité (les névroses actuelles : névrose d’angoisse, neurasthénie, hypocondrie).
Il remanie la classification en 1915, notamment suite à ses échanges avec des psychiatres-psychanalystes (Jung, Abraham) qui se sont heurtés aux difficultés du maniement du transfert dans la prise en charge de personnes psychotiques : les psychoses sont alors situées dans le champ des troubles narcissiques tandis que les névroses de transfert (hystérie, hystérie d’angoisse, névrose obsessionnelle) deviennent l’indication privilégiée de la cure psychanalytique.
Après 1924, la prise en compte de la seconde topique et la considération du rapport à la réalité dans chacune des entités cliniques permet une modification de la classification, qui envisage la névrose comme un conflit entre le Moi et le Ça et la psychose comme un conflit entre le Moi et le monde extérieur, la psychose maniaco-dépressive occupant une place distincte du fait du postulat d’un conflit entre le Moi et le Surmoi.
Les positions de Freud sur la perversion restent relativement stables et notamment sa définition en tant que négatif de la névrose.

Cette évolution nosographique est synthétisée par Laplanche et Pontalis (1967) :
1895 
Névroses actuelles 
Psychonévroses 
1915 
Névroses actuelles 
Névroses de transfert 
Psychoses 
1924 
Névroses actuelles 
Névroses 
Névroses narcissiques 
Psychoses 
Classification actuelle 
Affections psychosomatiques 
Névroses 
Psychoses 
Maniaco-dépressives 
Schizophrénie 
paranoïa 

 
LES TROIS GRANDES ENTITÉS CLINIQUES
 

 
La Névrose 

Elle est marquée par le conflit psychique, qui oppose le Moi aux demandes inacceptables du Ça. Ces demandes ont fait l’objet d’un refoulement dans l’inconscient et leurs tentatives de réintégration du champ conscient sont endiguées par la résistance apportée par la censure. Cependant, ce refoulement n’est pas parfait car la libido rejetée dans l’inconscient va choisir un autre chemin et, par une régression développementale, s’attacher à ses anciens points de fixation. La libido cherche donc à accéder à la conscience et à se décharger grâce à une satisfaction sexuelle substitutive, mais qui subit elle-même la censure et doit donc se dissimuler grâce aux phénomènes de condensation et de déplacement, aboutissant à la formation de compromis (entre les pulsions du Moi et les pulsions sexuelles) qu’est le symptôme. 

 
La névrose hystérique : « Elle est caractérisée par la fixation incestueuse à un père trop souvent décevant, par l’ambivalence à forte composante de haine à l’égard de la mère, par l’angoisse de castration et la revendication phallique face aux renoncements impossibles à la masculinité et plus encore à cette totalité, à cet absolu de la bisexualité, si souvent mise en évidence dans les fantasmes et les modalités identificatoires qui en résultent » (p. 442). 

 
La névrose obsessionnelle : Il y a régression de la libido au premier stade sadique-anal. « C’est ainsi que non seulement les motions agressives de l’enfance sont réactivées, mais une partie plus ou moins grande des nouvelles motions libidinales – leur totalité dans les mauvais cas – doit s’engager dans les voies qui lui ont été tracées par la régression, pour apparaître sous la forme d’intentions agressives et destructrices » (p. 450). Le Moi et un Surmoi hypersévère répriment violemment ces désirs sans distinguer ceux qui auraient pu échapper à la condamnation.
 
La névrose phobique (hystérie d’angoisse) : « Le terme d’hystérie d’angoisse met l’accent sur le mécanisme constitutif de cette névrose, le déplacement sur un objet phobique étant secondaire au surgissement d’une angoisse libre, non liée à un objet. Le déplacement, lui, est lié à la séparation entre l’affect et la représentation » (p. 447). 

 

 
La Psychose 

 
Elle est marquée par une perturbation de la relation libidinale à la réalité, un  « détachement de la libido du monde extérieur par régression sur le narcissisme » et la tentative de restauration des liens objectaux qui apparaît dans la formation de symptômes (notamment dans le délire).
 
La paranoïa : A la place du refoulement observable dans les névroses, le mécanisme défensif privilégié est la projection par laquelle « le Moi s’arrache de la représentation insupportable pour la rejeter à l’extérieur, par une sorte de mésusage du mécanisme défensif normal qu’est la projection. Le reproche interne ayant été repoussé au-dehors, le « retour du refoulé » vient de l’extérieur, à travers le délire » (p. 457). 

 
La schizophrénie : Le degré de régression est plus important que dans la paranoïa, avec retour à l’auto-érotisme dans la schizophrénie pure et tentative de ramener la libido vers les objets dans la schizophrénie paranoïde. 

 
La psychose maniaco-dépressive : La mélancolie montre une identification narcissique à l’objet perdu, une incorporation marquée d’ambivalence. « Le Moi apparaît ici comme coupé en deux, une part identifiée à l’objet et l’autre qui se déchaîne contre elle sauvagement » (p. 465). La manie produit, à partir de la même origine, un mécanisme inverse, marquant « le triomphe du Moi sur l’objet, des pulsions érotiques sur les pulsions de destruction » (p. 465).
 

 
La Perversion
 
« En dépit de leur hétérogénéité manifeste, les perversions trouvent leur unité dans la solution qu’elles constituent face au conflit que suscite la différence des sexes et à l’angoisse de castration que celle-ci provoque, solution marquée par le déni de cette castration, permettant par là même de trouver, voire magnifier, une jouissance sexuelle qui évite ou fuit la relation génitale hétérosexuelle » (p. 469). 

 
Toute la psychopathologie psychanalytique va être considérablement remaniée par les psychanalystes post-freudiens, notamment dans le champ de la psychose ou par la création d’une nouvelle entité clinique, les états-limites.
 

 

 
Idées de lectures à ce propos :
 
FREUD, S. (1894). Les psychonévroses de défense. In Névrose, psychose et perversion. Paris : PUF, 1973. 
FREUD, S. & BREUER, J. (1895). Etudes sur l’hystérie. Paris : PUF, 1956. 
FREUD, S. (1896). Nouvelles remarques sur les psychonévroses de défense. In Névrose, psychose et perversion. Paris : PUF, 1973. 
FREUD, S. (1905). Fragment d’une analyse d’hystérie (Dora). In Cinq psychanalyses. Paris : PUF, 1954. 
FREUD, S. (1909). Analyse de la phobie d’un garçon de cinq ans (Le petit Hans). In Cinq psychanalyses. Paris : PUF, 1954. 
FREUD, S. (1909). Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle (L’homme aux rats). In Cinq psychanalyses. Paris : PUF, 1954. 
FREUD, S. (1911). Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa (Le Président Schreber). In Cinq psychanalyses. Paris : PUF, 1954. 
FREUD, S. (1918). Histoire d’une névrose infantile. In Cinq psychanalyses. Paris : PUF, 1954. 
FREUD, S. (1924). Névrose et psychose. In Névrose, psychose et perversion. Paris : PUF, 1973. 
FREUD, S. (1924). La perte de la réalité dans la névrose et dans la psychose. In Névrose, psychose et perversion. Paris : PUF, 1973. 



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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Sigmund Freud 
LA CURE PSYCHANALYTIQUE

Le cadre psychanalytique est, bien entendu, conçu par Freud en lien avec la théorie psychanalytique et la conception du changement intrapsychique qu’elle véhicule. Il est, pour Freud, adapté aux patients souffrant de troubles névrotiques, pour lesquels la cure psychanalytique constitue l’indication privilégiée.


LE DISPOSITIF PSYCHANALYTIQUE

Le dispositif de la cure est le divan-fauteuil, l’analysant étant allongé sur le divan et l’analyste assis derrière lui, hors de son champ de vision, ce qui centre l’analysant sur son monde intérieur, favorise la régression et porte l’accent sur la parole.

Freud recevait ses analysants pendant une heure, généralement 5 fois par semaine (aujourd’hui, les analystes des sociétés membres de l’API pratiquent des séances de 45-50 minutes, à un rythme de 4 ou 5 séances par semaine – la France constituant une exception avec un rythme de 3 ou 4 séances par semaine).

Le dispositif retenu par Freud (avec la mise à la disposition de l’analysant de créneaux horaires immuables, que celui-ci est libre d’honorer ou pas de sa présence) garantit la régularité du travail psychique et la stabilité du cadre, qui échappe également à tout changement arbitraire de la part de l’un ou l’autre protagoniste. En découle naturellement le principe, souvent mal compris, qui consiste à payer les séances manquées.

L’ensemble de ce dispositif et des règles qu’il implique, que s’est approprié l’analyste au cours de sa formation et dont l’analysant va peu à peu éprouver la signification de l’intérieur, sont indispensables à la mise en œuvre du processus analytique.
En particulier, les règles de frustration et d’abstinence (pas de contacts sociaux entre les protagonistes…) sont destinées à éviter que certaines satisfactions ne prennent la place des symptômes ou du processus lui-même.


DU COTE DE L’ANALYSANT


Freud considère que 3 facteurs sont déterminants dans le processus de la cure : l’influence des traumatismes antérieurs, la force constitutionnelle des pulsions et le degré de modification du Moi. Il s’agit, pour l’analyste, de faire alliance avec la partie « moyennement normale » du Moi pour le renforcer et lui permettre de « dompter » les pulsions.
Pour lui, la butée de toute analyse est constituée par le « roc du biologique », lié au complexe de castration chez les deux sexes.

La règle fondamentale : l’association libre


Au début de la première séance (après ce qu’il est convenu d’appeler les « entretiens préliminaires » ayant permis de poser l’indication de la cure), l’analysant est invité à formuler librement tout ce qui lui passe par l’esprit, sans opérer de choix critique dans ses pensées.

Cette règle demeure un idéal toujours à conquérir. Les « résistances » qui s’opposent à l’association libre et à la remémoration du refoulé vont être travaillées et faire l’objet du processus d’élaboration psychique.
Freud mentionne quelques résistances profondes : une « viscosité » ou, au contraire, une extrême mobilité de la libido, une inertie psychique absolue et les phénomènes liés à la manifestation de la pulsion de mort.

Le transfert

Il correspond à une propriété générale du psychisme mais il est amené à se manifester dans la cure avec une totale liberté. D’abord considéré par Freud comme un obstacle au processus (il est une répétition en acte, au lieu d’une remémoration, de sentiments autrefois éprouvés pour les personnes de l’entourage, et se tient du côté des résistances), celui-ci en fait rapidement un des principaux leviers de la cure : il y a remplacement de la « névrose ordinaire » par une « névrose de transfert » qui est susceptible d’être analysée.

Freud distingue 2 types de transfert : le transfert positif, qui est basé sur des sentiments tendres envers l’analyste, et le transfert négatif, qui est basé sur des sentiments hostiles.

La liquidation du transfert, à la fin de la cure, rend celui-ci conscient et permet de détacher ces sentiments de la personne de l’analyste.


DU COTE DE L’ANALYSTE

A la règle fondamentale de l’analysant correspond celle de l’analyste, qui consiste en une analyse personnelle approfondie. Celle-ci n’étant jamais complète, Freud préconise des tranches régulières (tous les 5 ans) pour tous les analystes en activité.

Trois volets sont essentiels dans la formation de l’analyste (qui peut être un « laïc », un non-médecin) :
- L’analyse personnelle
- Les supervisions et les cures contrôlées par des collègues expérimentés
- La connaissance du corpus théorique psychanalytique

Le contre-transfert


Il s’agit des réactions inconscientes de l’analyste au transfert du patient. Sa maîtrise doit être assurée grâce à l’analyse personnelle de l’analyste et aux supervisions de son travail.

L’écoute flottante

Elle est le pendant de l’association libre. Freud recommande aux analystes une attention égale aux propos de l’analysant, sans chercher à privilégier tel ou tel thème, en offrant une disponibilité psychique permettant d’établir des liens dans ces propos. Cette disponibilité demande une mise entre parenthèses provisoire des connaissances théoriques et exclut la prise de notes en séance.

La neutralité bienveillante

La règle d’abstinence interdit à l’analyste de poursuivre des objectifs personnels dans la cure, de céder aux tentatives de l’analysant de rabattre l’analyse sur une relation ordinaire, de parler de lui, d’entretenir des relations sociales avec l’analysant, d’émettre des jugements, de donner des conseils… Ces limitations éthiques, fonctionnant comme des « garde-fous » contre toute situation de séduction, permettent aux pensées, aux fantasmes de l’analysant de se déployer en toute sécurité.
S’y adjoint un devoir de confidentialité interdisant à l’analyste de communiquer des renseignements à des tiers, d’entrer en contact avec les familles, etc.

L’interprétation


Ces conditions assurent la liberté interprétative de l’analyste, dans le respect de l’évolution de l’analysant (Freud met les jeunes analystes en garde contre l’« analyse sauvage » et les interprétations prématurées).

Freud a évolué vers des interventions de moins en moins nombreuses (tout en restant plus « bavard » que la plupart des analystes actuels) et souligné l’intérêt de laisser se déployer les associations de l’analysant sans se fixer de but, en respectant le déroulement individuel du processus, sans chercher à susciter de matériel ou à imposer ses propres représentations.

La validation des interprétations n’est pas à chercher dans une approbation ou un refus de l’analysant (qui peuvent tous deux être un effet de la résistance), mais dans les associations suscitées par la construction communiquée à l’analysant (et également dans les actes manqués, la réaction thérapeutique négative…).


Les théories relatives au cadre psychanalytique et aux indications de la cure ont été constamment remaniées, par Freud lui-même au fil de son expérience clinique, et par les psychanalystes post-freudiens qui ont proposé divers aménagements du cadre répondant à l’extension des indications de la psychanalyse. Voir par exemple le dossier « Extensions de la psychanalyse » sur le site de la S.P.P. : http://www.spp.asso.fr/Main/Extensions/index.htm



Idées de lectures à ce propos :

FREUD, S. (1904). La méthode psychanalytique de Freud. In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1953.
FREUD, S. (1905). De la psychothérapie. In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1953.
FREUD, S. (1910). Perspectives d’avenir de la thérapeutique psychanalytique. In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1953.
FREUD, S. (1910). A propos de la psychanalyse dite « sauvage ». In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1953.
FREUD, S. (1911). Le maniement de l’interprétation des rêves en psychanalyse. In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1953.
FREUD, S. (1912). La dynamique du transfert. In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1953.
FREUD, S. (1912). Conseils aux médecins sur le traitement psychanalytique. In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1953.
FREUD, S. (1913). Le début du traitement. In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1953.
FREUD, S. (1914). Remémoration, répétition et élaboration. In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1953.
FREUD, S. (1915). Observations sur l’amour de transfert. In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1953.
FREUD, S. (1919). Les voies nouvelles de la thérapeutique psychanalytique. In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1953.
FREUD, S. (1937). L’analyse avec fin et l’analyse sans fin. In Résultats, idées, problèmes II. Paris : PUF, 1985.
FREUD, S. (1937). Constructions dans l’analyse. In Résultats, idées, problèmes II. Paris : PUF, 1985.


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Message Sigmund Freud 
BIBLIOGRAPHIE :

Œuvres de Sigmund Freud :


Les Œuvres complètes de Freud (OCF.P), en traduction française, sont en cours de publication aux PUF : http://www.puf.com/wiki/Liste/Ouvrages_par_collection?dyncat=Oeuvres_complè…
Ses œuvres majeures sont également disponibles en français chez différents éditeurs (PUF, Petite bibliothèque Payot, Folio Essais Gallimard, Connaissance de l’Inconscient Gallimard).
Les éditions de référence sont, en langue allemande, les Sigmund Freud, Gesammelte Werke (Francfort-sur-le-Main : Fisher Verlag) et, en langue anglaise, la Standard Edition of The Complete Psychological Works of Sigmund Freud (Londres : The Hogarth Press).
Une bibliographie complète de Freud (articles, ouvrages et correspondance) est consultable sur le site des TICE de l’académie de Toulouse : http://pedagogie.ac-toulouse.fr/philosophie/freudbiblio.htm

Un index thématique des œuvres de Freud est téléchargeable sur le site de la S.P.P. : http://www.spp.asso.fr/Main/IndexThematique/index.htm



Œuvres sur Sigmund Freud (toute petite sélection…) :

Aux PUF, dans la collection « psychanalystes d’aujourd’hui » :

COBLENCE, F. (2000). Sigmund Freud, 1886-1897. Paris : PUF.
KAHN, L. (2000). Sigmund Freud, 1897-1905. Paris : PUF.
DENIS, P. (2000). Sigmund Freud, 1905-1920. Paris : PUF.
MENAHEM, R. (2000). Sigmund Freud, 1920-1939. Paris : PUF.

Biographies (petite sélection…) :

DADOUN, R. (1982). Freud. Paris : Pierre Belfond.
FLEM, L. (1995). L’homme Freud. Une biographie intellectuelle. Paris : Seuil.
GAY, P. (1991). Freud, une vie. Paris : Hachette.
HUBER, G. (2009). Si c’était Freud. Lormont : Editions le bord de l’eau.
JONES, E. (1958). La vie et l’œuvre de Sigmund Freud. t. I, La jeunesse de Freud, 1856-1900. Paris : PUF.
JONES, E. (1961). La vie et l’œuvre de Sigmund Freud. t. II, Les années de maturation, 1901-1919. Paris : PUF.
JONES, E. (1969). La vie et l’œuvre de Sigmund Freud. t. III, Les dernières années, 1919-1939. Paris : PUF.
MAJOR, R. & TALAGRAND, C. (2006). Freud. Paris : Gallimard.
ROBERT, M. (1964). La révolution psychanalytique : la vie et l’œuvre de Sigmund Freud. t. I & II. Paris : Payot.

Autres œuvres (minuscule sélection…) :

ASSOUN, P.-L. (1990). Introduction à l’épistémologie freudienne. Paris : Payot.
ASSOUN, P.-L. (2003). Freud et la femme. Paris : Payot.
CHARTIER, J.-P. (2001). Introduction à la pensée freudienne. Paris : Payot.
DELRIEU, A. (2009). La métapsychologie de Freud. Paris : Economica.
DOUVILLE, O. (2009). Chronologie de la psychanalyse du temps de Freud. Paris : Dunod.
FLEM, L. (2002). Freud et ses patients. Paris : Hachette.
JACCARD, R. (2009). Freud. Paris : PUF, Que sais-je ?
JOSEPH, L & MASSON, C. (2006-2008). Résumé des œuvres complètes de Freud. t. I, II & III. Paris : Hermann.
LE GUEN, C. (2008). Dictionnaire freudien. Paris : PUF.
NASIO, J.-D. (1999). Le plaisir de lire Freud. Paris : Petite bibliothèque Payot.
QUINODOZ, J.-M. (2004). Lire Freud. Paris : PUF.
RODRIGUE, E. (2000). Freud. Le siècle de la psychanalyse. Paris : Payot.
RUBIN, G. (2005). Le roman familial de Freud. Paris : Payot.
SEDAT, J. (2008). Comprendre Freud. Paris : Armand Colin.
ZARETSKY, E. (2008). Le siècle de Freud. Une histoire sociale et culturelle de la psychanalyse. Paris : Albin Michel.



Ressources électroniques (toute petite sélection…) :



Une biographie et des extraits de textes de Freud sur le site Megapsy : http://www.megapsy.com/Textes/Freud/index_freud.htm

Le Freud Museum de Londres : http://www.freud.org.uk/

Site de l’Association Psychanalytique Internationale : http://www.ipa.org.uk/Default.aspx?page=0&lang=fr

Sigmund Freud and the Freud archives : http://users.rcn.com/brill/freudarc.html



Le documentaire « L’histoire de la psychanalyse » sur Dailymotion (Sigmund Freud : Analysis of a Mind, 1987) :







Egalement sur Dailymotion, le documentaire d’Elisabeth Kapnist, « Sigmund Freud, l'invention de la psychanalyse » (France, 1997) :


Sigmund Freud et la psychanalyse, partie 1 :





Sigmund Freud et la psychanalyse, partie 2 :





Sigmund Freud et la psychanalyse, partie 3 :





Sigmund Freud et la psychanalyse, partie 4 :




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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Sigmund Freud 
Je me permets de déplacer ton message ici, Elma, pour ne pas interrompre le fil sur Freud.
Elma a écrit:

Une nuit j'ai revé que je sauvais les meubles du musée de Freud, des gens voulaient tout detruire pour remplacer par du moderne(genre ikea), j'etais horrifiée, je me demenais pour sauver tout ce que je pouvais.

Ce rêve(facilement interpretable) est un des plus beau que j'ai pu faire, je me suis reveillé remplie d'un bonheur intense, et depuis ce jour j'ai décidé que, n'en deplaise a maman, je resterais resolument classique, et je serais Freudienne (reste quand meme ma fascination pour Ferenczi, mais sont-ils finallement aussi dissociable qu'ils l'auraient aimé?)

Merci Traviata pour ce post sourire



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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Sigmund Freud 
pas de soucis!

alala demain 1er controle en TD clinique j'ai une trouille enorme!


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"On pense aux fruits qui deviennent trop vite mûrs et savoureux, quand le bec d’un oiseau les a meurtris ; et à la maturité hâtive d’un fruit véreux." Sandor Ferenczi
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Message Sigmund Freud 
Allez courage, ça va marcher ! Okay


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Sigmund Freud 
J'ai raté mes cours de ce matin pour reviser encore, mais j'ai l'impression que ce n'est jamais assez! j'aime tellement que j'ai peur de rater, comme si le fait d'avoir une mauvaise note (j'entend par mauvaise en dessous de 15) pourrait remettre en cause mes connaissances!
Je me torture, c'est horrible!


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"On pense aux fruits qui deviennent trop vite mûrs et savoureux, quand le bec d’un oiseau les a meurtris ; et à la maturité hâtive d’un fruit véreux." Sandor Ferenczi
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Message Sigmund Freud 
Merci Traviata ! (c'est pas facile de faire un bon résumé de l'oeuvre de Sigmund) .



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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Sigmund Freud 
   merci Traviata


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Plus nous devenons conscients, plus nous devenons libres.
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Message Sigmund Freud 
alors elma, tu destresses de ton TD de clinique???


comment ça va?


bientot le résultat... je croise les doigts


biz à tous


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"Je crois qu’une majorité d’êtres sont plus intelligents dans leur jeune âge qu’ils ne le seront une fois éduqués." - Pierre EMMANUEL
Message Sigmund Freud 


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