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Ainay-le-Château, un village où les malades mentaux se soignent en famille
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Ainay-le-Château, un village où les malades mentaux se soignent en famille

La Croix, 28/10/2009

Dans l’Allier, Ainay-le-Château s’est spécialisé, depuis plus d’un siècle, dans l’accueil de personnes atteintes de troubles psychiatriques. Reportage.

Nicolas et Stéphane vivent tous les deux avec la famille Servo. Stéphane est là depuis cinq ans, Nicolas depuis l’année dernière. Deux chambres coquettes, une cuisine et une salle de bains leur sont réservées dans une dépendance de la maison refaite à neuf. Christiane, la mère, leur prépare à manger, veille à leur hygiène, les emmène faire des courses, les soigne, les distrait… et les surveille en permanence. Car si Nicolas et Stéphane ont la trentaine, ils ne sont pas autonomes. Ils souffrent de troubles psychiatriques chroniques.

À Ainay-le-Château et dans les environs, aux confins de l’Allier, le choix de la famille Servo n’étonne personne. Ici, la tradition d’accueil de personnes atteintes de troubles psychiatriques remonte à plus d’un siècle. « Dans les années 1900, les asiles d’aliénés parisiens accusaient une surpopulation importante. Il a alors été décidé d’envoyer les patients qui souffraient de troubles chroniques pas trop lourds en province, dans des familles "nourricières" volontaires, en échange d’une indemnisation », raconte Jean-Claude Lardy, directeur de l’hôpital interdépartemental spécialisé du village.


Une nouvelle « colonie familiale »

Au départ, c’est Dun-sur-Auron dans le Cher qui a été choisi pour tenter l’expérience, avec l’idée de maintenir une économie locale dans cette région touchée par le chômage. Mais, rapidement, une nouvelle « colonie familiale » a été ouverte non loin de là, à Ainay-le-Château, et a pris beaucoup d’ampleur. « À l’époque, la plupart des malades étaient logés à la campagne et aidaient au travail des champs. Les familles assuraient essentiellement l’hôtellerie », poursuit Jean-Claude Lardy. Aujourd’hui le système est très encadré par la loi.

Les « familles nourricières » ont pris le titre de « familles d’accueil thérapeutique » et sont sélectionnées minutieusement par l’hôpital. Psychiatres, psychologues et cadres de santé vérifient à travers différents entretiens qu’elles possèdent des locaux adaptés, qu’elles n’ont pas de problèmes sociaux importants, que les enfants sont capables de vivre avec des malades psychiatriques au quotidien, etc. Elles reçoivent ensuite un agrément de la part du directeur de l’hôpital et accueillent un ou, souvent, deux patients, pour une période variable.

« Le placement fait partie d’un processus thérapeutique, explique encore Jean-Claude Lardy. Dans chaque famille, il y a une personne responsable du malade qui a un rôle éducatif envers lui. Cette personne est salariée de l’hôpital et suit une formation continue. Le métier d’accueillant est donc maintenant une profession à part entière, et offre un confort matériel et psychologique incomparable pour les patients. »


Une solution intermédiaire qui plaît de plus en plus

Les patients qui peuvent bénéficier du système sont eux aussi triés sur le volet. La plupart ont des troubles psychiatriques chroniques importants qui les ont éloignés de leur famille d’origine et les ont menés à l’hôpital. Mais l’internement permanent n’est pas toujours nécessaire. L’accueil familial thérapeutique apparaît alors comme une solution intermédiaire qui plaît de plus en plus.

Ainay-le-Château, qui est encore aujourd’hui le seul établissement à organiser de manière importante ce type de placement, reçoit des patients de toute la France. Actuellement, 380 personnes sont placées dans 220 familles. Stéphane et Nicolas, qui ont tous deux connu l’internement, sont conscients de leur chance. « Ils ont leur espace à eux mais partagent souvent le quotidien de la famille. Mes deux enfants et mon mari l’acceptent très bien », témoigne Christiane Servo.

Les patients ne perdent pas pour autant le lien avec l’hôpital. Ils continuent d’être suivis par un psychiatre, et un infirmier passe les voir plusieurs fois par semaine. Ils assistent aussi dans le cadre de l’ergothérapie à des ateliers de peinture, vannerie, ferronnerie, travail à façon, alphabétisation, etc. Enfin, un cadre de santé veille en permanence à ce que le trio « patients, hôpital et accueillant » fonctionne au mieux et gère les changements de familles d’accueil, parfois nécessaires dans le cadre du projet thérapeutique. Christiane Servo, elle, fait ce métier depuis 1993 et ne le regrette pas : « J’ai déjà accueilli une petite dizaine de personnes d’âges très différents, témoigne-t-elle, et à chaque départ, c’est un déchirement. »

Géraldine HOUOT,  Ainay-le-Château (Allier)


http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2399225&rubId=4076


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