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Psychiatrie: une réforme pour améliorer l'accès aux soins
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Psychiatrie: une réforme pour améliorer l'accès aux soins

Le Figaro, 18/02/2010
Par Marc Mennessier


Le texte de la réforme bientôt présenté au Conseil des ministres devrait créer l'obligation de soins sans consentement hors de l'hôpital.


Le projet de loi sur la réforme de la psychiatrie devrait être présenté dans les semaines qui viennent au Conseil des ministres. Ce texte vise à améliorer l'accès aux soins des personnes souffrant de maladie psychique. Il devrait également limiter le risque que certains drames, comme celui de la mort de notre collaborateur Valéry Kerbouz, se reproduisent. Le 29 janvier dernier, ce jeune homme de 24 ans, qui travaillait comme vigile dans l'immeuble du Figaro, avait été entraîné sous une rame de RER par un SDF souffrant de graves troubles psychiques. Voulu par Nicolas Sarkozy, après une tragédie semblable fin 2008 à Grenoble, lorsqu'un étudiant avait été poignardé en pleine rue par un schizophrène, ce texte, dont Le Figaro dévoile ici les grandes lignes, prévoit de modifier la loi de 1990 sur l'hospitalisation sans consentement (d'office où à la demande d'un tiers) et d'encadrer le suivi thérapeutique des malades hors les murs.

«À l'avenir, on ne parlera plus d'hospitalisation sans consentement mais de soins psychiatriques sans consentement», explique-t-on dans l'entourage de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, chargée d'élaborer ce texte en concertation avec les associations de soignants, de patients et de leurs proches. Alors que l'immense majorité des malades psychiques ne sont plus internés dans des «asiles», l'idée centrale consiste à ne plus se polariser, sur la phase d'hospitalisation, devenue marginale, mais d'envisager la prise en charge dans la durée, en instituant une procédure de «soins ambulatoires sans consentement».

Concrètement, le placement d'une personne dans un service d'accueil psychiatrique d'urgence ne pourra excéder 72 heures. Au terme de cette «période d'examen», l'équipe soignante dressera un bilan sanitaire à partir duquel il sera décidé d'orienter le patient dans une unité de soins ou de le «libérer», si son état le justifie. En l'absence de consentement du malade (refus ou absence de lucidité), une obligation de soins sera notifiée à la demande du préfet ou d'un tiers (parent, conjoint, relation…) comme c'est le cas actuellement. Le texte prévoit, et c'est là la grande nouveauté, que ces soins pourront être pratiqués en hospitalisation ou en ambulatoire. Dans la seconde éventualité, le patient sera tenu de suivre son traitement et d'en rendre compte à son équipe soignante, dans le cadre, par exemple, d'une consultation en hôpital de jour. «En cas de non-respect de la prescription, ce sera le retour à la “case hôpital”», explique-t-on au ministère de la Santé.

Avis d'un collège de soignants

La même procédure sera appliquée lors des sorties temporaires ou définitives décidées après une hospitalisation. Ces sorties devront être motivées par le psychiatre qui suit le patient lorsque ce dernier est placé d'office. Dans les cas difficiles, le préfet pourra s'appuyer, avant de prendre sa décision, sur l'avis d'un collège de soignants. En cas de recours ou de litige, le juge des libertés pourrait être saisi. Au chapitre des moyens, le gouvernement va consacrer 40 millions d'euros à la construction de quatre nouvelles unités pour malades dangereux (UMD) dont l'ouverture est prévue début 2011 et qui vont s'ajouter aux quatre unités existantes. Par ailleurs, 380 chambres d'isolement supplémentaires viennent d'être créées pour un coût de 40 millions d'euros.

Le président de l'Union nationale des amis et familles de malades psychiques (Unafam), Jean Canneva, se réjouit que «certaines propositions formulées par 16 organisations d'usagers et de professionnels, dont la nôtre, aient été prises en compte. Il ne faut pas oublier que les personnes atteintes de troubles psychiques sont d'abord des malades et que leurs proches qui vivent 365 jours et 365 nuits avec eux ont un rôle à jouer qui n'est pas suffisamment pris en compte par les psychiatres et les organismes sociaux.»

Leur concours pourrait en effet s'avérer précieux pour s'assurer de la bonne exécution du traitement, en particulier dans le cas d'une procédure de soins ambulatoires sous contraintes. «Nous sommes face à un problème d'applicabilité de la loi auquel nous sommes déjà confrontés avec les toxicomanes, explique le professeur Frédéric Rouillon, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris. Comment forcer un malade qui refuse de se soigner à venir en consultation ? Nos équipes, de plus en plus réduites, n'ont pas le temps ni les moyens de le faire et la police nous répond bien souvent que ce n'est pas son job !»

Autre problème de taille : plus de 1.000 postes de psychiatres hospitaliers sont non pourvus, faute de candidat. Dans certains secteurs, comme le massif central ou l'est de la France, il faut faire plus de 100 kilomètres pour se rendre à une consultation. Difficile dans ces conditions d'imposer des soins à des malades qui sont pour beaucoup en état de grande précarité.

http://www.lefigaro.fr/sante/2010/02/19/01004-20100219ARTFIG00029-psychiatr…


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Traviata a écrit:
 Au chapitre des moyens, le gouvernement va consacrer 40 millions d'euros à la construction de quatre nouvelles unités pour malades dangereux (UMD)


Shocked Shocked Shocked  C'est la nouveauté du jour créée par le Figaro qui à remplacé les malades difficiles par des malades dangereux ??? joli lapsus, si on peut dire...

Sinon, cette loi, je suis curieuse de savoir comment elle va s'appliquer concrètement. Déja qu'il manque de personnel pour soigner à l'intérieur des hôpitaux, qui va aller à l'extérieur pour aller chercher les récalcitrants du soin ? Qu'on commence par s'occuper correctement et pas avec des demi-moyens des personnes quand c'est le moment plutôt que d'attendre sans arrêt la décompensation, ce sera une grande avancée.


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Oui ben je suis vraiment désolée pour leur collègue, c'est effectivement tragique, mais là, ils sortent du métier de journaliste clairement pour déclarer Sarkozy sauveur du peuple sain vis-à-vis des "dangereux sdf". Je trouve cela ignoble. C'est vraiment un argument IGNOBLE pour justifier la loi que le gouvernement veut faire passer.

Et bon dans un sens ça me fait rigoler, jaune, et cyniquement, mais si ils demandaient aux personnes en contact régulier avec les SDF, ils se rendraient peut être compte qu'il y a des gens qu'on ne peut pas intégrer dans une unité de soin, parce que les médicaments ne leur apporte pas de soulagement suffisant pour supporter l'enfermement.

De plus, comme tu dis Séverine, avec une réduction de la population soignante...

Et moi là je pointerais encore une fois la où le bat blesse, et qui concerne toute la communauté médicale et soignante, et pas que les psychiatres : nous allons de manière croissante vers un monde où le médecin cesse d'être l'expert et où l'outil devient l'expert. Autant dire que l'expertise du médecin, comme de l'intervenant social d'ailleurs, deviennent secondaires, au même titre donc que la relation médecin-patient, ou intervenant social - personne en difficulté. Et le gouvernement s'interposant et souhaitant se substituer à ces relations soignant-patient, individu-individu, par des lois fondées sur des préjugés et des demandes populistes, attestant d'un manque de confiance flagrant dans le personnel soignant, limite pointé comme l'ennemi du peuple au même titre que le malade.
Alors soit, quand on voit des médecins refuser de soigner des gens en raison de leur origine sociale, on pourrait dire que le gouvernement n'est pas le seul à mériter une bonne raclée. Ce que j'aimerais voir, c'est un soulèvement de la part du corps médical qui croient au serment d'Hippocrate, par rapport à cette loi et par rapport à cette population de médecin qui n'acceptent pas de soigner les "indigents". Pour moi c'est un programme en faculté de médecine qui est à revoir, ce sont les conditions pour devenir médecin qui sont à revoir, afin de faire cesser cette méfiance envers les médecins...

Enfin quoi, c'est limite si les gens ne préfèreraient pas actuellement être soignés par des robots et des bouquins de self-help...  comme si la subjectivité de l'expert était potentiellement dangereuse. De la même manière, robotique, la distribution de médicaments et l'enfermement sur un mode protocolaire dicté par la loi, et donc mis sous la responsabilité de la justice - criminalisé ! - pour contenter le peuple induit dans une paranoïa stupide par des gros titres de journaux écrits par des journalistes tellement mal-payés que 1. Seuls ceux "connectés" parviennent dans les rédactions influentes 2. La prolétarisation des journaliste a pour conséquence des travaux bâclés, dont l'investigation est incorrectement conduite, voir reposant sur une documentation aussi réduite que superficielle.

J'ai appris, imaginez-vous !!!!! Que France3 va démarrer une case de diffusion de documentaires "ROSES", c'est à dire olé olé, et l'un des sujets proposés, était les jeunes homosexuels ayant été jeté de chez leurs parents...... olé olé, ça ??????? Shocked

Bref, si manifestation il y a, je viens, et je viens même un sein à l'air si il le faut.

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j'ai même quelques slogans  Laughing :

ENFERMEZ les SIMPLIFICATEURS DANGEREUX !!!!!

VIVA LA SUBJECTIVITÉ !

NON À LA DOMINATION DES ROBOTS !

on va se la jouer SF content

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Entièrement d'accord et je recommande de lire Philip. K .Dick . Et Asimov ...
Qu'on parle de malades dangereux est encore un nouvel écho des dérives sécuritaires qui fleurissent dans notre société . Autre preuve d'un Surmoi collectif , bien malade aussi . Et c'est tout à fait inquiétant .


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Newsletter du collectif des 39 - Février 2010 :

Actualité de la réforme de la loi de 1990 :

Dans la circulaire du 11 janvier 2010, le ministère demande aux préfets un maximum de prudence dans les autorisations de sortie à l'essai pour les patients en HO, en référence à une décision du Conseil d'Etat qui date de... 1997 ! Dans l'état actuel de la psychiatrie où les soins sont chaque jour mis en difficulté, l'Etat ne répond que par des mesures sécuritaires qui deviennent soudain "urgentes", et en faisant pression désormais encore plus sur les préfets. Nous vous avions transmis notre communiqué en réaction dans notre dernière newsletter (vous pouvez le retrouver ici).

Le ministère de la santé s'active donc autour de la réforme de la loi de 1990 sur les hospitalisations sous contrainte. Et le texte qui se prépare reste secret ! les associations et syndicats reçus au ministères n'ont eu droit qu'à une présentation orale, sans avoir le document de travail écrit !
Certains des invités à cette présentation tronquée ont fait un communiqué de satisfaction que vous pouvez lire ici.

Le collectif des 39 réagit avec ce communiqué :

Ce communiqué qui témoigne de la « satisfaction » et de « la qualité du climat de travail engagé » des organisations signataires qui se veulent représentantes des professionnels et des usagers est assez révoltant. Révoltant car cette satisfaction s’exprime devant un texte qu’elles n’ont même pas pu lire, et qu’il s’agit de se soumettre par avance à une refonte de la loi de 90 à un moment où, pour la première fois, la plupart des syndicats de psychiatres ont enfin manifesté leur inquiétude et leur réprobation devant la circulaire du 11 Janvier 2010.
Il se précise de plus en plus que cette refonte de la loi va aller dans le sens d’un durcissement des conditions des soins sans consentement, et que les soignants vont se trouver de plus en plus contraints par les préfets, eux-mêmes sous surveillance menaçante de l’Etat.
Nous sommes dans la continuité explicite du discours présidentiel d’Anthony et de ce qu’il véhicule d’une représentation de la dangerosité de la folie et... Lire la suite ici.

L'intersyndicale de psychiatres SPH - IDEPP propose égale
ment un communiqué que vous trouverez ici.



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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Psychiatrie: une réforme pour améliorer l'accès aux soins 
hum ce serait bien du coup une vague d'interventions culturelles appuyant ceci :

 
Citation:



Que la folie soit maintenant envisagée sous l'angle unique de la dangerosité et non celui de l'hospitalité, nous invite au contraire à poursuivre notre travail désaliéniste, qui consiste aussi à un travail dans la Culture pour promouvoir d'autres représentations de la Folie et d'autres modalités d'accueil les plus humaines possible.




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