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Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière
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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
Je rebondis sur le coté "pas très pro" dénoncé par Traviata,
je trouve qu'il y avait un ton faussement amateur dans le reportage, comme pour nous amener à croire que le journaliste était un individu lambda qui entrait dans un univers totalement inconnu.
C'est le téléspectateur vierge de toutes informations qui découvre lui-même "le monde des schizo" et oh ben di don étonnement il se rend compte qu'il avait des préjugés ! content
En fait on sent bien que la liste des idées reçues à démonter (dédoublement de la personnalité, la dangerosité etc...) est pré-établie et que le journaliste est venu calquer le témoignage des familles et s'en est servi comme support.
Donc je dirais pro par rapport à une certaine conception de la télé, mais pas pro sur le plan journalistique pur.

Concernant la séparation des couples, je me dis qu'on a eu de la chance chez nous
ou alors " mon amour crois-tu qu'on s'aime !" content


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Je me mis enfin à réfléchir, c'est à dire à écouter plus fort.
( Samuel Beckett)
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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
Bon ben on est tous d'accord je crois  content sujet survolé, grossier comme tu dis Tinou, journalistiquement pas pro (mais ça c'est commun à la télé  Rolling Eyes ), effectivement Traviata cela sent le cahier de charges dûment suivi sans intelligence. Gentillet. Touchant pour certains témoignages.

Mais bon, pensez un peu que France 3 en guise de "documentaires ROSES" voulait faire un docu sur les jeunes homosexuels jetés de chez eux par leurs parents... (apparemment, sur France 3, on croit encore que l'homosexualité c'est quelque chose de "kinky" - vu que les docu "Roses" sont censés être "sensuels" - même quand on choisit de l'aborder à partir de situations dramatiques.... quand j'ai appris cela j'ai été consternée... comme quoi, on est pas sorti de l'auberge en matière de préjugés et de doc mal pensés, mal travaillés, superficiels.... vouloir faire du "sensuel" à partir de jeunes gens exclus par leur famille pour leur orientation sexuelle, je trouve cela.... j'ai pas de mots je crois...

bon bref pour celui-ci, le point positif étant qu'ils aient choisis de prendre le contre-pied par rapport à tout ce qui est diffusé ces temps-ci.

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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 



Au sujet des pères qui prennent la fuite, je confirme non pas les chiffres (je ne les connaissais pas), mais la réalité du phénomène. Comme l'a dit Traviata, ça se voit dans la médecine en général dès lors qu'il s'agit de maladies graves. C'est rarement les pères que l'on rencontre ou qu'on a au téléphone quand on s'occupe de malades. Et on retrouve ça peut-être aussi dans les prisons : il semble que la plus grande partie des visites au parloir soit faites par les femmes (les mères, soeurs, petites amies...)... Ce n'est pas seulement "parce que les hommes travaillent" : en effet, les détenus ont souvent des pères retraités ou des frères "qui cherchent du travail mais n'en trouvent pas"... 
Il m'est arrivé plusieurs fois de soigner des femmes qui avaient un cancer et avaient été abandonnées par leurs compagnons, qui étaient incapables de gérer cette situation. Mais je soigne aussi un homme qui s'est épuisé à accompagner pendant trois ans son épouse cancéreuse, qui a laissé tomber son boulot pour le faire, et qui ne réussit pas à faire son deuil... On n'est donc pas tous des affreux ou des nuls...
La violence des schizophrènes est une réalité, et la question de l'obligation de soins pour certains patients dont la dangerosité est avérée se pose vraiment : le nier ne sert à rien. 
Mais utiliser cette question pour stigmatiser cette population de patients (qui sont avant tout des personnes vulnérables et souvent victimes de prédateurs) et ne faire que des effets d'annonce politiciens est abject.
C'est ainsi  Sad


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Aussi longtemps que les ours n'auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur.
(proverbe africain, personnalisé)
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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
gronounours a écrit:

Mais je soigne aussi un homme qui s'est épuisé à accompagner pendant trois ans son épouse cancéreuse, qui a laissé tomber son boulot pour le faire, et qui ne réussit pas à faire son deuil... On n'est donc pas tous des affreux ou des nuls...

On le voit des deux côtés de toute façon - j'ai un patient atteint d'une sep qui vient de se faire plaquer par exemple Confused Mais ça me rappelle qu'un copain dont la femme est en fauteuil, à cause d'une sep elle aussi, se fait régulièrement féliciter quand il se balade avec elle dans la rue - les gens l'abordent avec des propos du style "Ah, c'est bien ce que vous faites" et des regards compatissants, comme si c'était extraordinaire qu'un homme reste avec sa femme malade...


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
l'est pour qui le bisou Grononours ? content

"On n'est pas tous des affreux ou des nuls"
ça c'est certain Gronounours !
"La fuite" n'est sûrement pas le mot le plus souvent adapté, je crois qu'il est important de préciser qu'il n'est pas aisé d'occuper sa place pour un père compte tenu de ce que peut-être le lien entre une mère et son enfant malade. Sans compter que la maladie peut prendre tellement de place que cela devient difficile de ne pas mettre en second plan la relation de couple. Comme pour la violence liée à la schizophrénie (ce qui ne veut pas dire dangerosité sinon le plus souvent pour la personne souffrante elle-même), ce lien fusionnel en est souvent une composante et le nier ne servirait à rien non plus. Heureusement l'une comme l'autre peut se soigner, se contenir, se transformer...
Par rapport au cancer, j'ai vu effectivement sur le forum que je fréquentais plusieurs femmes être abandonnées par leur conjoint...pas cool, pas cool du tout surtout quand on sait combien le soutien de l'entourage, qui plus est celui de son conjoint, est important pour supporter les soins et surmonter toutes les angoisses face à la mort notamment.



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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
Traviata a écrit:
gronounours a écrit:

Mais je soigne aussi un homme qui s'est épuisé à accompagner pendant trois ans son épouse cancéreuse, qui a laissé tomber son boulot pour le faire, et qui ne réussit pas à faire son deuil... On n'est donc pas tous des affreux ou des nuls...

On le voit des deux côtés de toute façon - j'ai un patient atteint d'une sep qui vient de se faire plaquer par exemple Confused Mais ça me rappelle qu'un copain dont la femme est en fauteuil, à cause d'une sep elle aussi, se fait régulièrement féliciter quand il se balade avec elle dans la rue - les gens l'abordent avec des propos du style "Ah, c'est bien ce que vous faites" et des regards compatissants, comme si c'était extraordinaire qu'un homme reste avec sa femme malade...


Absolument Traviata, en ce moment au boulot on a le cas d'un homme jeune qui s'est retrouvé hémiplégique suite à un accident de santé et son épouse est carrément monstrueuse avec lui. Elle dit "le légume" en parlant de lui et devant lui, refuse de le garder à son domicile tout en refusant de débourser le moindre centime quant à un hébergement, menace de le mettre sur le trottoir etc...je n'avais jamais entendu autant de cruauté, bon là on n'est pas dans l'abandon mais dans la maltraitance, pourtant l'homme en question soutient son épouse..
J'espère vraiment que l'équipe pluridisciplinaire trouvera rapidement une solution...


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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
Pour moi désolé mais ces histoires de fuite des hommes à 80% m'agacent , mais ça va pas vous étonner , Confused

Moi mes potes aucun d'entre eux , n'a laissé tomber sa copine quand elle avait des problèmes .

L'explication la plus rationnelle c'est que la découverte d'une maladie chez un enfant par ses parents à bien souvent des retentissements sur le couple lui-même . C'est malheureux mais c'est comme ça , moi j'ai vu mes parents se reprocher mutuellement ma maladie  . Les psys doivent travailler là-dessus pour que le couple "tienne" ... 

Pas étonnant , que beaucoup de jeunes hommes peinent à se construire dans une société qui présentent toujours le masculin sous l'angle du mauvais et du lâche ...

J'ai assez vu de mon côté "l'empathie" de certaines femmes envers ma maladie pour voir que la lâcheté peu aller dans les deux sens . 


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
C'est ce qu'on disait, psychonaute, que ces phénomènes sont observables chez certains hommes comme chez certaines femmes - il ne s'agit pas de tout le monde, et encore moins de tout le monde du même sexe.

Néanmoins, il est indéniable que, statistiquement, les hommes sont plus fragiles que les femmes devant la maladie d'un proche et ont davantage tendance à fuir. Ce n'est pas pour cela qu'on les désigne comme "mauvais" ou "lâches", mais ces comportements ont certainement des raisons psychologiques (peur de la maladie, de l'entrave, de la castration...) et sociales auxquelles il faut être attentif quand on a à soigner différents membres d'une famille.

Pour rejoindre ce que disait gronounours plus haut, dans tous les lieux où j'ai travaillé, que les patients soient des enfants, des adultes ou des personnes âgées, ce sont les femmes de la famille (mères, sœurs, filles...) que nous rencontrions et qui s'occupaient de la personne suivie, ce sont elles aussi qui venaient aux groupes de parole quand nous en organisions (je pense à un groupe de parole pour parents de personnes alcooliques, où il n'y avait que des femmes). Rien que cela, la transformation de la femme de la famille en soutien unique de la personne malade, ne peut que créer des difficultés dans le couple, et dans la famille en général - c'est tout l'équilibre familial qui va se trouver bouleversé, obligeant chacun à repenser son rôle.


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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
Me fait penser à une de mes copines, qui a logé sa mère veuve (et en dépression hystérique depuis) pendant des années et s'est occupée d'elle, avec sa santé déclinante (et un chute) elle a finalement dû lui trouver une maison de retraite après des mois en hôpital. Apparemment une maison de retraite très bien où elle est prise en charge par une psychologue qui a vraiment réussi à aider sa maman (j'en avais parlé ici : en lui demandant de raconter sa vie à partir de vieilles photos...), mais aussi soutenu sa fille, ma copine, dans sa démarche de soutien. Car évidemment c'était très dur pour elle, vu que sa mère réclamait sans cesse sa présence... et bon cette copine a un frère : elle a essayé de lui demander de venir au moins voir sa mère une fois, au moins par respect, au moins pour la décharger un peu, au moins pour qu'il lui reparle avant que sa mère décède... et son frère a refusé. Depuis elle et son frère n'ont plus aucun contact.
Bref mais n'empêche, cette copine a un mari, et son mari a toutes les années où sa belle-mère habitait chez eux, toujours accepté la situation et aidé sa femme...
Cette copine depuis a passé pas mal de temps dans cette maison de retraite et discuté avec toutes les personnes âgées qui y habitent... et pu constater que beaucoup d'entre elles n'avaient aucune visite... ni de fille ni de fils ni de personne...

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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
Traviata a écrit:

C'est ce qu'on disait, psychonaute, que ces phénomènes sont observables chez certains hommes comme chez certaines femmes - il ne s'agit pas de tout le monde, et encore moins de tout le monde du même sexe.

Néanmoins, il est indéniable que, statistiquement, les hommes sont plus fragiles que les femmes devant la maladie d'un proche et ont davantage tendance à fuir. Ce n'est pas pour cela qu'on les désigne comme "mauvais" ou "lâches", mais ces comportements ont certainement des raisons psychologiques (peur de la maladie, de l'entrave, de la castration...) et sociales auxquelles il faut être attentif quand on a à soigner différents membres d'une famille.

Pour rejoindre ce que disait gronounours plus haut, dans tous les lieux où j'ai travaillé, que les patients soient des enfants, des adultes ou des personnes âgées, ce sont les femmes de la famille (mères, sœurs, filles...) que nous rencontrions et qui s'occupaient de la personne suivie, ce sont elles aussi qui venaient aux groupes de parole quand nous en organisions (je pense à un groupe de parole pour parents de personnes alcooliques, où il n'y avait que des femmes). Rien que cela, la transformation de la femme de la famille en soutien unique de la personne malade, ne peut que créer des difficultés dans le couple, et dans la famille en général - c'est tout l'équilibre familial qui va se trouver bouleversé, obligeant chacun à repenser son rôle.






Oui ça c'est vrai les hommes paniquent devant la maladie psychique  et j'en reviens au fait qu'il y a peu d'hommes sur ce forum (je fais exception pour Hermès et Gronounours qui sont des professionnels donc dans le bain) , on dirait que les hommes ont beaucoup de mal à accepter d'être malade psychiquement ou de voir un(e) proche malade .


Comme tu le sais peut-être Traviata , ma psy voulait nous orienter vers une psychothérapie familiale , et quand ma mère voulait voir un thérapeute de couple quand les rapports entre mes parents étaient difficiles mon père a refusé en disant qu'il n'était pas malade .

C'est ma mère aussi qui a remarqué quand j'étais ado que ça allait pas bien pour moi en voyant mes rituels d'observation dans la glace pendant des heures .

Mais mon père m'a beaucoup aidé et surtout il ne paniquait pas complètement face à ma maladie alors que ma mère se sentait très en insécurité face à mes problèmes .



Dernière édition par psychonaute le Dim 11 Juil 2010 - 01:37; édité 1 fois

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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
oui j'ai vu le reportage moi aussi

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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
tu en penses quoi zazou ?? sourire

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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
tinou a écrit:
tu en penses quoi zazou ?? sourire


J'avais envie de poser la même question à Zazou sourire


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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
bah pour etre honnette c'est un " univers " que je ne connaissais pas et je ne connais pas de personne atteinte de cette pathologie dans tout les gens que je connais .
Un reportage comme celui là permet de s'y interresser mais à savoir s'ils montrent " vraiment " la réalité des choses dans la vraie vie Shocked  je ne sais pas ? 

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Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 
J'ai lu sur un autre forum de personnes souffrant de cette maladie que dans l'ensemble c'était satisfaisant.


Perso, je connais cette maladie ; j'ai été étonnée de voir les parents souffrir de ne pas pouvoir "s'évader", en laissant "leurs enfants seuls".


Au coeur d'une assoc de parents, j'avais mis en route un accueil entre parents pour "les enfants (grands)" qui ne pouvaient pas rester seul. Aucun parent n'a adhéré, aucun jeune n'a été informé, à ce que j'en déduis, ainsi ils ont pu continuer à se plaindre  Shocked . Je suis un peu dure.


Ce qu'il manquait dans cette émission, mais chacun voit midi à sa porte, ce sont les témoignages de jeunes "malades" indépendants physiquement de leur famille, même sans travail,  avec aussi ; un message d'espoir de pouvoir vivre avec cette maladie, avec une indépendance même précaire au début, même entourée, au moins sur le chemin.


Voilà !  sourire


ps : Olivier Delacroix, journaliste et producteur ?? de cette émission, rien à dire ! personne humble, sympa, "à sa place", beau mec en plus 

Message Schizophrènes: entre l'enfer et la lumière 


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