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Sur le divan, même à 80 ans
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Sur le divan, même à 80 ans


Pour Catherine Bergeret-Amselek, psychanalyste et présidente du colloque "la cause des aînés" organisé ce week-end, il n'y a pas d'âge pour commencer une psychanalyse.

La psychanalyse Catherine Bergeret-Amselek est la présidente du colloque "La cause des aînés, pour vieillir autrement... et mieux" qui se tient ces samedi 12 et dimanche 13 juin, à la Maison de la chimie à Paris. Elle expose les raisons qui poussent les plus de 60 ans à faire une psychanalyse.


Passé 60 ans, quel peut être le bénéfice d'entamer un travail sur soi?
Le processus de vieillissement est une réalité biologique associée à une crise existentielle, au même titre que l'adolescence et la maternité. C'est une période de questionnement sur le sens de la vie liée à un changement inédit de rapport au corps et au temps. On a l'impression de rattraper ses parents sur le chemin de la vieillesse et de la mort. On se met même à leur ressembler... Chacun s'interroge: vais-je vieillir comme eux? Tout l'enjeu est là, vieillir différemment. Rencontrer un psy offre la possibilité de faire ce travail de reconstruction pour trouver une cohérence à sa vie, dans un cadre sécurisant. La présence charnelle de l'analyste, au moment même où l'on a l'impression de perdre ses limites corporelles, permet d'effectuer une "greffe de vie".

Existe-t-il différents types d'approches selon l'âge?
Quel que soit l'âge du patient, la démarche du psychanalyste reste fondamentalement la même, mais ce sont les questionnements qui changent. A 50 ans, on se demande quel sens a sa vie? Aura-t-on le temps de tout faire? C'est une période de remise en cause, il est encore temps de changer de cap. A 70 ans, on se dit: quel sens a eu ma vie? Ai-je été quelqu'un de bien? C'est un temps d'intégration et d'acceptation, qui permet de rester encore ouvert à la vie.

Quelles sont les spécificités de l'accompagnement psychologique du grand âge?
Quand on reçoit une personne de 80 ans, on sait que le travail d'analyse risque d'être perturbé par des problèmes pratiques, qui se poseront tôt au tard: que faire, par exemple, si le patient doit être hospitalisé? L'analyste doit-il faire ses séances au sein de l'hôpital, alors que c'est a priori contraire à sa déontologie? Il doit en tout cas être capable de remettre en question son mode habituel de pratique. Chaque cas est particulier. De même, une approche tactile ou affective, contraire à la neutralité bienveillante recommandée aux thérapeutes, peut être réellement bénéfique sur les patients très âgés. Dans le cadre de certaines maladies dégénératives, comme la maladie d'Alzheimer, le praticien doit être capable de prodiguer une sécurité affective qui l'oblige lui-même à se remettre en question. Au moment de l'annonce de la maladie, ce type d'accompagnement peut même être salvateur. C'est un moyen de prendre en charge la souffrance psychique qui s'ajoute aux troubles cognitifs. Mais nous n'en sommes qu'aux prémices... La géronto-psychanalyse a encore beaucoup à prouver.


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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