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Hospitalisation sous contrainte
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Message Hospitalisation sous contrainte 
xx est simplement un hypocrite, il fait semblant d'être un psychiatre libéral et critique des traditions psychiatriques quand en pratique il abuse de méthodes fachistes, justifiées par des concepts se référant à l'inconscient freudien (si tu souffres qu'on te torture c'est par déni de ta maladie).
J'ai été internée sous son autorité: attachée avant même d'avoir discuter avec un psychiatre, surmédicamentée au point de ne plus pouvoir me déplacer normalement, lire , ressentir, bavante et souffrante.
xx a décidé que j'étais psychotique à vie, sans d'ailleurs poser un diagnostic sous le pretexte que les diagnostics sont réducteurs. Sur la souffrance que me causait le traitement forcé, et en particulier l'état gravement depressif qu'il entraînait, il disait qu'être normal c'était être depressif. Sur le fait que je ne pouvais plus lire ni penser qu'il me fallait faire le deuil de ma culture et instruction. Il s'est fait complice aussi des violences privées que je subissais, l'auteur de ces violences etant la personne qui a demandé mon internement. Sur le fait d'être ligotée plusieurs jours sans raison, que c'était une contention "thérapeutique".




Note de l'administratrice (Traviata) : j'ai supprimé le nom du psychiatre mis en cause par ton "témoignage", étant donné que des accusations portées anonymement sur internet me semblent parfaitement irrecevables et laissent la personne interpellée dans ll'incapacité de se défendre. Si tu as réellement quelque chose à reprocher à cet homme, il existe de nombreux et fiables moyens d'obtenir réparation, sinon ces propos diffamants sont particulièrement odieux.

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Message Hospitalisation sous contrainte 
Bonjour Verte,
Après cette hospitalisation que tu as mal vécue, tu as pu trouvé des soins qui t'ont aidé ?


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Hospitalisation sous contrainte 
Je suis sortie de cette internement abusif et criminel lourdement handicapée pour de très longs mois par le traitement forcé, la violence de la personne qui avait demandé mon internement, et qui travaille en milieu psychiatrique, s'est trouvée renforcée, et pour te répondre: non, je n'ai pas trouvé de psychiatre ou psychologue qui accepte de m'aider.

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Message Hospitalisation sous contrainte 
Il existe des professionnels qui accepteraient de t'aider Verte. Je ne sais pas combien tu en as rencontré et de quelle manière tu es arrivé, mais c'est toujours possible de trouver un professionnel avec lequel se sentir en confiance.
Pour quelle raison dis-tu qu'ils n'acceptent pas de t'aider, qu'est-ce qui s'est mal passé lors de la demande ?


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Hospitalisation sous contrainte 
C'est malheureusement plus compliqué que tu le crois. La difficulté la plus évidente est que  les violences privées et institutionnelles que j'ai subies étaient justement du fait de "professionnels", donc les psy que j'allai trouver, soit, à l'époque , pour réorganiser mes forces et pouvoir échapper à cet enfer, soit, plus tard, pour me guérir de mes traumatismes étaient plus enclins à m'inventer des pathologies mentales qu'à me soutenir.

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Message Hospitalisation sous contrainte 
Non, je ne crois pas que les psys se serrent les coudes au point de justifier les violences de confrères. Ca doit exister, certainement, mais de mon expérience (j'ai suivi quelques rares personnes, des proches de psychiatres qui avaient été hospitalisés sous contrainte de manière abusive) j'ai toujours vu l'abus être rapidement dénoncé par un autre psy.
Quel bénéfice y aurait-il pour des professionnels psys de te faire subir des violences, et pour d'autres de nier ces violences ? Certes il existe quelques professionnels pas sérieux, voire douteux, mais un complot de l'ensemble du corps soignant dirigé contre un parfait inconnu, ça n'a pas de raison d'être.


edit : j'ai séparé ta discussion de la section téorique du forum pour la placer ici.
Si le titre ne te convient pas, dis-moi et je changerais.


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Hospitalisation sous contrainte 
Je suis très surprise de ce que tu dis, car je n'ai vu et ne connais que le contraire. Dans quelle structure travailles-tu?

Dans l'hopital où travaille mon ex conjoint psy qui me faisait subir des violences conjugales  et m'a fait interner sur la base d'un certificat etabli par une de ses collègues psychiatre, des patients sont morts par refus de soins. Tout le personnel hospitalier se fait alors complice de ces crimes, en les taisant, ce qui est facile lorsqu'il s'agit de patients sans proches.

 Il m'a fait interner une deuxième fois, parce que je quittais le domicile commun. Cette fois là, le psychiatre que j'ai vu à l'hopital, un autre que xx, m'a dit très clairement que j'étais saine d'esprit. Il m'a dit aussi par la suite que mon dossier médical était mensonger. Il a effectivement compris la situation dans laquelle je me trouvais. Il m'a proposé de repartir librement ou de rester me reposer en hospitalisation libre et j'ai choisi cette deuxième option, bêtement confiante. Deux jours plus tard mon HL a été transformée en HDT, je peux t'assurer que ce psychiatre a suivi  sa hierarchie en toute connaissance de cause. Il m'a dit qu'il ne pouvait faire autrement...J'ai dit et répété ce qui se passait: que le conjoint m'avait frappé à plusieurs reprises, qu'il me confisquait mes clés pour m'empécher de sortir, qu'il filtrait mes appels et m'isolait, de cette façon il m'avait aussi privé de mon métier, qu'il disait à tout le monde que j'étais folle,les harcèlements, dénigrements sans fin, etc. Pourtant les psy de l'hopital le recevaient, prenaient avec lui des décisions me concernant, lui donnaient les moyens de continuer à avoir autorité sur moi. Tu sais peut-être qu'une HDT peut se prolonger pendant longtemps, même une fois sorti de l'hopital. Cela signifie qu'on peut te reinterner à tout moment, si tu n'es pas sage...

J'ai rencontré, lors de mon internement, une fille qui avait été, par son psychiatre, violée, engrossée et avortée, les autres psy refusaient de l'entendre; un homme qui se faisait régulièrement interné sans raison à la demande de ses parents parce qu'il était homosexuel., je pourrais multiplier les exemples. Des horreurs impensables de l'extérieur, et toujours justifiées par des discours médicaux. Des horreurs quasiment indénonçables, puisque lorsque tu es interné tu deviens suspect. La psychiatrie, du secteur publique en tout cas, n'est selon moi que violence et abus, mais généralemnt les professionnels du secteur, soit sont carrément cyniques, soit ne s'en rendent pas compte. Ils croient qu'il est normal d'attacher les gens, de les gaver de neuroleptiques, de les menacer, de leur parler comme à des débiles, de les priver de leur liberté de choix et de moyens. Ils parlent de "violence nécessaire", ce genre de choses. Une partie du personnel (des infirmiers et aides soignants principalement), ne sont ni cyniques, ni formatés par leurs études et statut, mais obéissent à leur hierarchie. C'est la loi du silence qui domine. De plus, dans ce service,comme dans beaucoup d'autres,la politique de soins est conduite par des précautions financières et des accords avec les assurances. Il est alors plus avantageux de réduire les patients à rien plutôt que de risquer des plaintes des familles.

D'une manière plus générale, hors champ strictement psychiatrique, la formation freudienne des psychothérapeutes fait qu'il ramènent le mal être à des motivations inconscientes plutôt qu'aux conditions de vie de leur client, et cela est source de négation de la réalité. Renseigne toi , par exemple, sur les femmes battues qui cherchent de l'aide auprès de psy, tu verras à quel point elles sont le plus souvent "accusées" d'être l'auteures de leur malheur par les psy.

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Message Hospitalisation sous contrainte 
Je ne travaille pour aucune structure de soin, je me contente de les regarder de l'extérieur.

Et je trouve tes déclarations de moins en moins crédibles...
Quand tu dis, pour prendre un exemple, quand tu dis sans nuance qu'une personne est hospitalisée sans son consentement pour cause d'homosexualité... je me demande si tu crois naïvement au discours qu'un patient t'aurait servi, ou si ton objectif est de venir nous ressasser du discours anti-psychiatrique ? que dire de tes déclarations au sujet de patients morts dans les oubliettes de l'HP dont on cache les cadavres à la population, des femmes battues honteusement "accusées" par les psys...

Et je n'ai pas de raison, je ne vois toujours pas quel serait le bénéfice des psychiatres que tu as rencontré à t'hospitaliser sans raison.
Ton ex qui serait psy ? non, les confrères ne sont pas des moutons au point de suivre aveuglément un seul psy, tu lui prête là des pouvoirs qu'il n'a pas.
Le "plaisir" de t'hospitaliser ? tu le dis toi-même, il manque de moyens. Je ne vois pas ce qui ferait qu'il s'inventeraient des patients à soigner quand les moyens existants n'arrivent déja pas à venir à bout des "vrais" patients.
Pour quelle raison ?


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Hospitalisation sous contrainte 
Severine, il est possible que le manque de moyens soit souvent cause de dysfonctionnement des soins, mais  ce n'était pas le cas du service dans lequel j'ai été internée, qui avait beaucoup de moyens à sa disposition, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit , s'il te plaît.

Pour le reste, je ne sais pas pourquoi tu refuses de me croire.

Par écrit, et de plus sur un forum public, il est difficile de donner le détails du déroulement d'évènements, c'est peut-être pour cela que tu trouves que ça manque de nuance. Je ne vais pas, ici, raconter de quelle façon des patients étaient amenés à être internés, donc je condense.

Pour ce qui est de l'intêret à interner les gens "innocents" contre leur consentement, relis moi sur ce que j'explique des précautions financières, ensuite, il existe des lois (je l'ignorais à l'époque), une fois "l'erreur" commise, il y a surenchère pour empêcher les patients de porter plainte.
Il y a aussi des psychiatres bêtes et timorés, comme xx, sujet sur lequel j'ai réagi au départ, ce qui a amené cette discussion, ce n'est pas pour autant quelqun de "méchant".
Pour ce qui est du fachisme de la psychiatrie et de la psychanalyse et d'une manière plus large, du non respect de l'intégrité humaine, du gout du pouvoir, du conforme,  ou du contrôle sur les autres ou encore du racisme,je ne le comprends pas plus que toi.
Je vais te donner un autre exemple: les médicaments qu'on me forcait à prendre avaient sur moi un effet horrible, outre le cortilège des "effets secondaires" présentés  comme un mal pour un bien, des pertes de mémoire, des convulsions: le psy m'a dit alors que c'était parce qu'inconsciemment je refusais d'être malade...un "vrai" psychiatre se serait au moins posé la question du dosage.


Ne le prends pas mal, mais je te trouve naïve aussi! Je vais simplifier, à nouveau: il existe des entourages très malsains et destructeurs, des familles angoissées, angoissantes, harcelantes, bêtes,ou même malveillantes, et qui plus est font des pieds et des mains pour qu'un membre de leur famille soit interné. Dans certaines circonstances, on va dire particulièrement stressantes, comme par exemple être amené de force dans un service de psychiatrie, on peut perdre ses moyens, bafouiller, s'embrouiller dans ses explications (je ne parle pas pour moi mais en général), voire "décompenser". Si tu tombes, comme c'est généralement le cas, sur un psychiatre qui ne te comprend pas, préfère croire l'entourage que toi, tu es cuit! Le rôle d'un "vrai" psychiatre, dans ces cas là, serait de protéger les patients de leur entourage, en remettant la famille à sa place , par exemple; mais ce n'est pas ce qui se passe. L'une des plus grande faute des psychiatres est de ne pas savoir que des évènement concrets peuvent provoquer des comportements inhabituels. Ils préfèrent penser que c'est structurel. Pourquoi? Je n'en sais rien. Parce que c'est leur fonds de commerce? Parce que c'est plus simple de "traiter" ces cas par la coercition que de régler les choses dans leur complexité sociale? Parce c'est ce q'on leur a appris? Si tu as une idée sur la question, n'hésite pas à m'en faire part.
J'ajoute qu'une fois que quelqun a été interné, si un membre de son entourage appelle l'hopital pour s'en plaindre et demander son internement, il y a de très fortes probabilités pour qu'il le soit. Peut-être pas dans tous les hopitaux, mais en tout cas, dans ceux que je connais.

Selon moi, il y a une faible minorité de "vrais" malades dans les hopitaux. Ou si tu préfères, il y a des patients qui sont un peu malades à un certain moment de leur vie, qui pourraient être "soignés" en prenant des bonnes vacances, ou même soignés dans les hopitaux avec du repos, du respect, de la compréhension, mais que les méthodes violentes de la psychiatrie rendent vraiment malades.

Pour ce qui est des morts aux oubliettes, c'est vrai. J'aurais du mal à déballer des histoires , souffrances, maladies qui ne m'appartiennent pas, comprends-tu ma pudeur et mes scrupules à le faire?

Si je l'ai fait pour la fille violée, c'est que c'était une copine, et je sais qu'elle aurait été d'accord pour que je le dise.

Pour les morts aux oubliettes, je te rappelle que j'ai vêcu avec un type travaillant en HP, il me parlait de son travail, je corrigeai ses rapports d'activité. J'avais de gros doutes sur les méthodes mais me laissais berner, d'autant que moi même j'étais en situation de maltraitance, culpabilisée et doutant de mon jugement.Sur un cas de refus de soin, j'ai essayé, en vain, de le convaincre de faire en sorte d'autoriser le patient en question, puisqu'il s'en occupait, à faire les examens qu'il reclamait. Lorsque ce patient est décédé, cela a été admis comme une erreur regrettable par le service, sans suite aucune, le malade étant seul au monde. Là encore, je pourrais multiplier les exemples, ou plutôt non, je ne pourrais le faire sans raconter les choses dans leurs précisions horribles, je raconte donc juste un schéma, qui s'est répété.

J'ignore ce à quoi tu te refères, quand tu parles de "ressasser des discours anti-psychiatriques".

Ce que je peux te dire, c'est que la violence, non seulement physique mais aussi symbolique, l'invalidation de la parole des patients et de leur dignité humaine est telle en psychiatrie, que la grande majorité des patients sont incapables de l'exprimer, et ce d'autant qu'ils sont presque systématiquement traités de menteurs ou de gens qui ne sont pas conscients d'eux-mêmes.
Moi, il m'a fallu des années pour pouvoir le dire, et avoir assez d'assurance pour ne pas être destabilisée d'être soupconnée quand je le fais. Il m'a fallu longtemps pour admettre qu'effectivement les gens fonctionnaient par habitudes mentales et professionnelles comme des moutons. Sache que dans les hopitaux, certains infirmiers conseillent aux patients de parler le moins possible aux psychiatres et de leur dire ce qu'ils ont envie d'entendre, en gros: le traitement me fait du bien, je me rends compte que j'étais malade, merci (et au revoir!), docteur.

Pour les victimes, que ce soit d'agression ou d'autres choses, malmenées par des psychothérapeutes freudiens, c'est courant, archiconnu, et parfois dénoncé par certains psychanalystes.

Mon intention n'est pas de te choquer, ou de faire de la provocation, je parle en mon âme et conscience,de façon reflechie et objective, et toujours prête à un échange (et non conflit) de points de vue ou de nuances.

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Message Hospitalisation sous contrainte 
J'ajoute ici la copie d'un texte d'un psychiatre qui explique comment des procédures d'abus peuvent survenir, j'espère ainsi être plus "crédible"; J'ai trouvé ce texte hier, il m'éclaire moi aussi;
Peut-être qu'il ne faut pas mettre ce genre de texte ici? Ca ne me parait pas contreveir à la charte du forum, mais si c'est lae cas et qu'il est effacé, merci de l'indiquer.
Sinon, je pense en avoir assez dit sur le sujet et n'ai pas envie d'y revenir, c'est trop contrariant.



Docteur xx                                                          Le 19 janvier 2005
Psychiatre des Hôpitaux
                                                                         Monsieur xx
                                                                                 Lyon Mag
        
 
 
 
                                    Monsieur,
           
             Psychiatre des Hôpitaux depuis près de 25 ans, j’ai lu avec intérêt votre dossier intitulé Psy : internements forcés- le phénomène lyonnais.
 
            Vous y décrivez le dispositif hospitalier spécialisé lyonnais ; vous prenez acte d’une fragilisation croissante de la population, qui, même insérée, peut basculer dans la pathologie à la suite d’un événement de vie ; vous signalez à propos l’influence de diverses drogues dans l’émergence de troubles cliniques ; vous rapportez un témoignage qui restitue avec justesse un parcours thérapeutique parmi tant d’autres.
 
            Permettez-moi de m’attarder quelque peu sur l’internement forcé et ses modalités. La loi en vigueur, en la matière, est la loi du 27 juin 1990. Elle a remplacé, tout en gardant l’esprit d’origine, la loi du 30 juin 1838.
 
            Soucieuse de soigner les malades, plutôt que de les punir, la loi de « 38 » comme nous disons volontiers a crée les asiles. Mais c’est une mesure de sureté administrative, légalisée comme une exception, puisque l’on dispose de son prochain sans viatique judiciaire préalable.
 
            S’il existe un contrôle judiciaire, c’est a postériori et sur intervention formelle du patient ou d’un proche. Quant à la réponse du Tribunal, elle est, ou elle n’est pas …
 
            En découvrant l’hopital psychiatrique durant les études médicales, puis en préparant les concours hospitaliers, nous constations que la cheville ouvrière de tout cela, c’était le médecin hospitalier ; comme garant de la réalité des arguments cliniques avancés pour justifier l’hospitalisation sans consentement c’est à dire l’internement forcé.
 
            Quelle responsabilité, donc, que celle du psychiatre hospitalier public, recruté sur concours, qui peut et doit, dans les 24 heures justifier ou infirmer par des arguments médicaux, le bien fondé de la contrainte aux soins.
 
            C’était, disons le clairement, notre fierté de « médecins du cadre » ( des hôpitaux psychiatriques), que d’avoir à réguler un dispositif dont l’atout premier est la rapidité de la mise en œuvre utile aux soins, et dont le risque principal est … la facilité de la mise en œuvre, exposant aux abus.
 
            Ce préambule un peu longuet, dont vous voudrez bien m’excuser, introduit l’essentiel :
            «  les internements psychiatriques abusifs, ça relève du fantasme » répondent en chœur tous les psychiatres…
 
            Et bien, pour ma part, j’aurais fait chorus, par naïveté, ignorance, jusque vers le milieu des années 90, tout simplement parce que je n’en avais pas vu, jusque là.
 
Qu’est-ce à dire ?
            Je forme l’hypothèse du rôle déterminant d’une autre loi, celle du 31.7.91, portant réforme hospitalière. Le directeur de l’hopital est désormais chargé d’une responsabilité générale, colossale à vrai dire. Le médecin devient son subordonné (art.714.12), dans le respect théorique de sa déontologie et de son statut.
 
            L’indépendance déontologique du médecin le laissant libre de ses décisions, le risque correspondant incommode l’Administration, ce qui n’est pas incompréhensible, concédons-le.
 
            Mais cette indépendance du médecin, conçue comme une condition cardinale de la confiance, pour l’usager et comme disposition d’intérêt général, qu’en subsiste-t-il réellement lorsqu’indépendance et subordination s’opposent, le cas échéant ?
S’agit-il là d’une simple hypothèse d’école, ou d’une réalité quotidienne ? D’un fantasme, ou d’un défi de tous les jours ?
 
            Combien de fois ai-je subi l’apostrophe directoriale suivante ?
 
« Docteur, pourquoi ne faites-vous pas comme vos collègues ; si vous contestez leur pratique, de quel droit prenez-vous cette liberté ; qu’en penserait l’Ordre des Médecins ? »
 
            Il est tellement simple de fragiliser un médecin indépendant. Mais, les médecins eux-mêmes, apprécient-ils d’être perçus comme un corps prétendument solidaire ?
 
            Tenez, vous-même, avez pris la liberté de donner des noms : six pour le Vinatier, cinq pour Saint Jean de Dieu, trois pour Saint Cyr au Mont d’Or. Ces collègues sont estimables et expérimentés. J’en connais quelques-uns uns. Mais les autres sont-ils moins fiables ?
 
             Il y a, au Vinatier, plus de soixante psychiatres, plus de cinquante à Saint Jean de Dieu, et à peu près vingt à Saint Cyr. Ainsi, environ cent trente psychiatres assurent la validation, ou l’invalidation clinique des internements forcés lyonnais. Sous la vigilance des « cadors » que vous avez cités, ou dans la solitude ?
Y a-t-il un référentiel clinique commun à 130 psychiatres, qui ont le pouvoir de faire entrer et de faire sortir autrui de l’établissement auquel ils sont rattachés ? Qui garantit la qualité de leur travail et la pertinence de leurs décisions ? Est-il concevable qu’une garantie existe en la matière, en lieu et place d’une confiance vacillante ?
 
            Vous objecterez peut-être que l’ Ordre des Médecins, auquel ces collègues sont inscrits par obligation, veille aux bonnes pratiques hospitalières. Vous n’y êtes pas, l’Ordre ne s’immisce pas en terre administrative.
 
            Réciproquement, l’Ordre peut être saisi à l’encontre d’un médecin hospitalier mais exclusivement par l’une des trois instances suivantes : le Ministre de la Santé, le Préfet du Département, le Procureur de la République. Le médecin hospitalier est «  protégé » sauf s’il contrarie l’une de ces trois instances.
 
            En médecine comme ailleurs, celui qui a le pouvoir, c’est celui qui peut déstabiliser l’autre. Voyons cela :
 
            Qui a autorité «  administrative » sur le médecin hospitalier : le Directeur de l’Hôpital, relais du Ministère qui nomme le médecin et gère les carrières.
            Qui a autorité «  technique » sur le médecin hospitalier : déontologiquement, personne. Concrètement, la CME, clé des procédures disciplinaires et de l’usage «  diplomatique » du comité médical, lequel permet les mises en congé «  d’office »…
            Le chef de service n’est plus nommé après concours. Il est coopté. Il distribue les attributions aux praticiens hospitaliers de son service, lesquels agissent sous leur propre responsabilité. Primus inter pares, il sait sa condition provisoire, et de qui il la tient…
            Qui peut sécuriser un praticien hospitalier ? La communauté médicale et l’autorité administrative.
            Qui peut l’insécuriser ? Même réponse.
 
Résumons-nous : Faisant partie d’un corps de subordonnés de l’Administration, fragilisable par ce corps et par l’Administration, non protégé par l’Ordre des Médecins mais menaçable par lui sur saisine administrative ou judiciaire, chaque psychiatre hospitalier public est en charge de la validation ou d’invalidation de l’acte administratif d’admission, dans les vingt quatre heures, cet acte étant lui-même adossé au deuxième certificat d’un de ses collègues locaux.
            Cherchez l’erreur ! Cette opération a lieu sous la vigilance d’intervenants ayant déjà pris position.
 
 Revenons à votre article :
 «  Interner quelqu’un sans raison sérieuse, ça exige la complicité d’un généraliste puis d’un psychiatre, ce qui est impossible » tranche un psy du Vinatier…
            Cette objection était, au moins partiellement, recevable avant 1990. Elle ne l’est plus, pour deux raisons principales :
-         Le psychiatre rédacteur du deuxième certificat d’admission, et le psychiatre rédacteur du certificat de 24 heures sont des collègues de travail.
-         Il n’y a aucun besoin de complicité, c’est à dire d’intention malveillante partagée, il suffit de laisser faire le besoin de sécurité généré par l’interdépendance entre collègues ( cf supra), voire la simple passivité.
 
Ayant déjà fort abusé de votre patience, j’en viens à l’énoncé de mon inquiétude essentielle, partagée par beaucoup :
                        Les modifications structurelles du milieu hospitalier psychiatrique public tendent à la disparition de la déontologie médicale en son sein. L’indépendance du médecin est affirmée et concrètement découragée. Sans indépendance du médecin par rapport à son employeur, les autorités de tutelle, et la normativité « confraternelle », la confiance de l’usager est soumise à l’aléatoire de la conscience de son interlocuteur du moment. Or nous avons vu que tout porte le médecin à la conformité aux attentes de plus puissants que lui. L’abandon consenti de la déontologie au profit de l’exercice concrêt de cette conformité ne se heurte à la vigilance d’aucune instance précise. Si cet exercice est dommageable, ce ne peut être qu’au détriment de l’usager, lequel, en la matière, s’avère le maillon faible : la saisine de la justice est restée, depuis un siècle et demi, un acte marginal.
                       
Là encore, une objection pertinente peut surgir : la cohésion du corps médical, même un peu contraignante, n’est-elle pas préférable, pour l’usager, à l’indépendance un peu vaniteuse d’un thaumaturge livré à sa fantaisie ?
                       
Si fait ! C’est même l’argument implicite, voire explicite, de la direction, pour qui l’esprit de corps est préférable à la gestion des électrons libres. A cet égard, l’intérêt prétendu de l’usager n’occulte pas le fait qu’il s’agisse d’une intimidation et que celle-ci restreint la disponibilité du médecin plutôt qu’elle ne la stimule. Concrètement, la pression quotidienne est une force redoutable, bien plus corrosive que les foudres virtuelles de l’Ordre des Médecins : nous avons vu en effet qu’une procédure ne peut être engagée que par les instances qui ont intérêt à la docilité médicale, fût-elle répréhensible. Pourquoi combattraient-elles leur propre intérêt ? Le médecin hospitalier n’est actuellement protégé qu’à condition d’être docile à l’Administration, qui appelle cela l’adaptation hospitalière. Dans son rapport à la loi, le médecin hospitalier public est considéré comme un mineur. De fait, en cas de plainte d’un usager, c’est le Directeur qui le représente au Tribunal.
En somme, le médecin hospitalier public ne peut être inquiété que de façon interne à l’Administration. Si des abus sont constatés par le médecin et qu’il se désolidarise de pratiques locales, c’est à ses risques et périls.
 
            Tel est le piège de l’exercice médical hospitalier actuel : Faire alliance avec son employeur est devenu plus sécurisant, même si l’on agit contre la loi mais avec l’aval de cet employeur, que de croire en la valeur de la loi comme règle commune et en la déontologie comme référence éthique
.L’employeur pourrait faire violer la loi pour s’assurer de son autorité réelle ? Fantasme ou réalité ?
            Suivre sa conscience, la loi en vigueur, s’affranchir de l’intimidation, c’est s’exposer à l’arsenal d’une violence psychologique à peu près intenable ! Là encore, fantasme ou réalité ?
            Des dossiers sont, sur ces questions, à votre disposition.
 
            Revenons aux internements forcés : Celui qui s’imagine l’internement arbitraire sous la forme de la détention interminable du Masque de Fer est loin des réalités. Un séjour de quelques heures, quelques jours, quelques semaines peut suffir à « casser » quelqu’un aux yeux de ses enfants, son conjoint, son travail, son village. Un hôpital n’a pas à être un lieu de relégation, ou de régulation sociale. C’est, entre autres, au psychiatre d’y veiller, nonobstant les pressions diverses.
           
Bien sûr, 70% d’hospitalisations sous contrainte en plus depuis 10 ans, cela ne veut pas dire autant d’internements arbitraires. Mais ce qui est grave, au regard du phénomène, c’est que, face à un internement inutile, illégal ou arbitraire, un psychiatre hospitalier prend des risques en le refusant. Ses intérêts de sérénité, de stabilité et de carrière sont en jeu dès lors qu’il cesse d’être un rouage ou un clône, en interpellant les instances pour que la loi s’applique. Dans le doute, garder le patient est toujours plus sécurisant pour soi que de lui rendre sa liberté et de contrarier ceux qui voulaient l’internement. En son état présent, l’hôpital psychiatrique public illustre l’aphorisme d’André Gide dans « Retour de l’URSS » (1936) : « Pour être heureux, soyez conformes ».
           
On l’a compris, il ne s’agit pas de dire : tous les internements sont arbitraires, mais de rester capable de dire : tel internement est justifié, tel autre ne l’est pas, tel autre ne l’est plus ; selon des critères médicaux validés par des référentiels définis ( DSM, CIM ou autre).
           
Si le médecin doit exercer son indépendance à ses risques et périls, quel est votre pronostic ?
           
Si l’indépendance du médecin est aléatoire, la liberté individuelle ne peut en prendre le risque.
           
Actuellement, l’efficacité prime le droit. La judiciarisation des internements est un dispositif que la plupart des pays européens ont adopté mais c’est une procédure impropre à l’urgence. La lenteur des réponses judiciaires est problématique. Seule la perte de confiance dans le corps médical peut justifier de changer la traditionnelle exception française qui a tout de même une solide ancienneté. N’oublions pas qu’actuellement le juge reste un recours contre le médecin. Contre un juge, le recours ne pourrait être… qu’un autre juge. N’oublions pas non plus que le juge n’a pas de formation clinique : il faudrait donc la médiation d’un expert médical, ce qui expose à des risques similaires à ceux de l’exercice hospitalier. On voudra bien pardonner ce qui pourrait passer pour un réflexe corporatiste ; j’espère avoir montré plus haut qu’il n’en était rien.
           
Pour ces différentes raisons, il me semble qu’il serait raisonnable de proposer que l’Ordre des Médecins soit une instance qui ait accès, motu proprio, au contrôle de la déontologie médicale en milieu hospitalier public, afin d’être, pour le praticien hospitalier un recours, et pour l’usager également. Il est essentiel que la référence à la déontologie médicale dispose au sein de la fonction hospitalière et dans l’intérêt général le plus évident, d’une instance qui la garantisse par des pouvoirs de saisine équivalents à ceux des instances qui la menacent. Dans le cas contraire, il serait logique que les médecins hospitaliers publics cessent de cotiser à l’Ordre des Médecins ; ils pourraient alors devenir sans conflit les cadres salariés et dociles dont rêve l’Administration, sans oublier une part, hélas notable, des praticiens hospitaliers eux-mêmes. La judiciarisation des hospitalisations sans consentement deviendrait alors une urgence absolue !!
 
D’ores et déjà, il est essentiel de faire connaître aux usagers leur droit d’accès à leur dossier médical hospitalier, réaffirmé par la loi du 4 mars 2002 ; même pour une hospitalisation sans consentement. Une réclamation systématique des dossiers est un procédé qui contribuerait à faire appliquer la loi et respecter les droits formels des patients.
 
La désignation d’un médecin disponible pour recevoir et restituer au patient la copie de son dossier est à prévoir.
 
En cas de difficultés, des recours administratifs et médicaux peuvent être diligentés, et l’aide d’une association de patients peut s’avérer précieuse : C’est la raison d’être du Groupe Informations Asiles, entre autres.
 
Mais gare aux aphorismes qui tendraient à décourager celui ou celle qui voudrait faire valoir ses droits. Vous-même en citez deux, et non des moindres :
 
- « Je n’ai jamais constaté de véritable abus »
Réponse suggérée : «  Alors ne craignez rien »
                              Accessoirement : «  Quels critères du véritable utilisez-vous ? »
                                                             
- « D’ailleurs un patient très procédurier, ce n’est pas toujours le signe d’une bonne santé psychique »           
Réponse suggérée : Cet argument pseudomédical, confondant paranoïa et citoyenneté, cherche à dissuader d’un recours au droit. Il s’est montré assez efficace depuis des décennies. Dans l’intérêt de qui ?
Accessoirement : «  Voulez vous ménager ma santé psychique ? Veuillez me donner accès à mon dossier sans me contraindre à une procédure inutile. »
 
            Souhaitant poursuivre l’échange, suite à votre intéressant dossier, je vous prie de croire, Monsieur, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.
 

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Message Hospitalisation sous contrainte 
Euhhh, oui, enfin c'est Lyon Mag, quoi. C'est pas tout à fait une référence en matière d'information, quand même. Qui fait une interview de THE psychiatre, le seul l'unique, qui fait des controverses médiatiques en matière d'hospitalisation sous contrainte.

Bon, j'entends bien que tu as eu le sentiment d'être hospitalisée de manière abusive.
C'est dommage. Et ça me semble important que tu puisses travailler à te (re-)construire toi avec cette histoire compliquée.


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Hospitalisation sous contrainte 
Severine, je ne connais pas ces références Lyon mag,ni ce psychiatre, mais ce que je sais c'est qu'un discours consensuel et majoritaire n'est pas une garantie de véracité.
Il ne faut pas qu'une vision psychologique soutienne les négationnismes, et je me permets de te recommander d'être prudente sur ce point, sur un forum, comme dans ta fonction de travailleuse sociale. Je comprends que si tu travailles en collaboration avec des psychiatres ou psychologues, tu dois être un peu "conditionnée" à un certain mode de pensée et que ce soit difficile d'avoir une vision réellement critique et objective lorsque ces discours sont à connotation humaniste.

Je n'ai pas le "sentiment' d'abus, il y a eu abus.
De même que je n'ai pas eu une perception exagérée de violence privée, à moins de considérer qu'avoir des os cassés n'a pas de signification objective.

Pour ce qui est de me reconstruire, malgrè  des essais repétés, je me suis  heurtée  au même type de réactions, proches des tiennes, à savoir que l'on doute de mes dires et déplace le sens des faits et de leurs conséquences sur ma vie sociale.
Je suis d'autre part limitée dans mes choix, car je ne peux me permettre de dépenser de 80 à 120 euros pour une séance de psychothérapie, sans feuille de soin. Enfin, je n'ai pas réussi à trouver un psy qui n'ait pas de convictions freudiennes.
Il existe probablement des psychothérapeutes intelligents, sans préjugés systématiques, efficaces, qui ont des tarifs abordables, mais je n'en ai pas trouvé.

As-tu lu des ouvrages théoriques de psychologues ou psychanalystes critiques envers les pratiques de leur profession?

Bon courage, et merci pour cet échange.

Répondre en citant
Message Hospitalisation sous contrainte 
Verte a écrit:
Il ne faut pas qu'une vision psychologique soutienne les négationnismes, et je me permets de te recommander d'être prudente sur ce point, sur un forum, comme dans ta fonction de travailleuse sociale. Je comprends que si tu travailles en collaboration avec des psychiatres ou psychologues


C'est une plaisanterie de mauvais goût je suppose ?


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Penser c'est frôler le précipice, assumer le désespoir et la solitude [L.Adler Dans les pas d'Hannah Arendt]
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Message Hospitalisation sous contrainte 
Verte a écrit:

Severine, je ne connais pas ces références Lyon mag,ni ce psychiatre, mais ce que je sais c'est qu'un discours consensuel et majoritaire n'est pas une garantie de véracité.
Il ne faut pas qu'une vision psychologique soutienne les négationnismes, et je me permets de te recommander d'être prudente sur ce point, sur un forum, comme dans ta fonction de travailleuse sociale. Je comprends que si tu travailles en collaboration avec des psychiatres ou psychologues, tu dois être un peu "conditionnée" à un certain mode de pensée et que ce soit difficile d'avoir une vision réellement critique et objective lorsque ces discours sont à connotation humaniste.

Je n'ai pas le "sentiment' d'abus, il y a eu abus.
De même que je n'ai pas eu une perception exagérée de violence privée, à moins de considérer qu'avoir des os cassés n'a pas de signification objective.

Pour ce qui est de me reconstruire, malgrè  des essais repétés, je me suis  heurtée  au même type de réactions, proches des tiennes, à savoir que l'on doute de mes dires et déplace le sens des faits et de leurs conséquences sur ma vie sociale.
Je suis d'autre part limitée dans mes choix, car je ne peux me permettre de dépenser de 80 à 120 euros pour une séance de psychothérapie, sans feuille de soin. Enfin, je n'ai pas réussi à trouver un psy qui n'ait pas de convictions freudiennes.
Il existe probablement des psychothérapeutes intelligents, sans préjugés systématiques, efficaces, qui ont des tarifs abordables, mais je n'en ai pas trouvé.

As-tu lu des ouvrages théoriques de psychologues ou psychanalystes critiques envers les pratiques de leur profession?

Bon courage, et merci pour cet échange.
ça a quand même un côté un peu délirant ton discours sur l'"'omerta" des psys et de leur pratique , ne le prends pas mal mais bon .


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" Ne pensez-vous pas que j'aurais été beaucoup mieux traité si mes théories avaient contenu un plus grand pourcentage d'erreur et d'absurdité ?" S.Freud lettre à A.Einstein mai 1936
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Message Hospitalisation sous contrainte 
Délirant, je ne sais pas, mais une nouvelle vague d'attaques contre la psychiatrie a bien été identifiée ces jours-ci, venant de différentes sources bien connues, dont celle que mentionne l'article ci-dessous.


La psychiatrie visée par la Scientologie ?
Justine Canonne
Article publié le 21/07/2010

La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme, la CCDH, association affiliée à la Scientologie, mène activement campagne contre le secteur psychiatrique en France depuis une dizaine d’années. Son dernier cheval de bataille est la lutte contre les hospitalisations sous contrainte. Avec des méthodes pour le moins persuasives…
« L’étude du mental et la guérison des maladies d’origine mentale ne devraient pas être séparées de la religion, ni tolérées dans les domaines non religieux. » Plus qu’un programme, un credo… Celui de Ron Hubbard (1), le fondateur de la Scientologie qui, entre autres ramifications, a comme relais en France la Commission des citoyens pour les droits de l’homme (CCDH) (2).
Implantée en France depuis 1974, cette association, suivant les préceptes de la Scientologie, mène depuis plusieurs années une campagne active contre les hospitalisations dites sous contrainte. La CCDH dénonce leur augmentation récente, qu’il s’agisse des hospitalisations sur demande d’un tiers (HDT) et des hospitalisations d’office (HO) répondant à des conditions multiples, ou des procédures d’urgence, permettant un internement sous délivrance d’un seul certificat médical si le sujet présente un « péril imminent » (3).
Dans le cadre de sa « campagne », et selon notamment le Canard enchaîné, la CCDH multiplierait les demandes d’obtention des registres recensant les hospitalisations sous contrainte auprès des hôpitaux psychiatriques et des Commissions départementales des hospitalisations psychiatriques (CDHP) (4). Ces registres comprennent des informations relatives aux hospitalisés sous contrainte, leur nom, leurs dates d’entrée et de sortie, ainsi que les dates des visites de contrôle des établissements psychiatriques effectuées par les préfets et magistrats.
Pour se procurer de tels documents, l’association utilise la loi du 17 juillet 1978 garantissant aux citoyens l’accès aux documents administratifs. Si les établissements en question refusent de donner suite aux requêtes de la CCDH, celle-ci dépose un recours auprès de la Commission pour l’accès aux documents administratifs (CADA), comme la loi l’y autorise. La CADA se prononcerait généralement en faveur de la CCDH, qui obtiendrait ainsi les registres voulus. C’est ce qui se serait produit pour un hôpital psychiatrique situé dans le Nord Pas-de-Calais (5). Dans cet établissement, les services concernés auraient d’abord refusé de donner suite à la demande des fameux registres formulée par la CCDH. Mais deux recours auprès de la CADA plus tard, l’hôpital aurait finalement été contraint de communiquer les registres demandés à la CCDH, en « anonymisant » les informations relatives aux patients pour préserver le secret médical.
À propos de ces manœuvres de la CCDH, l’ADFI Nord Pas-de-Calais Picardie (Association pour la défense des familles et de l’individu), publiait en juin dernier sur son site Internet ce commentaire quelque peu désabusé (6) : « Il ne s’agit là que d’un nouvel épisode de la quasi “guérilla” engagée de longue date par la Scientologie contre les psychiatres et la psychiatrie en général. Car apparemment ils lui font de l’ombre et gênent ses transcendantes et commerciales activités. »
Même une fois « anonymisés », les registres d’hospitalisations tant désirés par la CCDH comprennent toujours les dates de passage des autorités préfectorales et judiciaires dans les établissements psychiatriques. Ces représentants de l’Etat et de la Justice sont chargés de veiller à ce que la situation des personnes hospitalisées pour troubles mentaux soit conforme aux exigences de respect de la dignité des personnes (7).
Pourquoi la CCDH cherche-t-elle à se procurer précisément de telles informations ? Officiellement à des fins statistiques et de surveillance. « Notre objectif est juste de savoir si les procédures d’internements psychiatriques sont bien respectées », assure la présidente de la CCDH, Mylène Escudier (. La CCDH se donne en effet pour mission de chiffrer ces visites de contrôle devant être effectuées à une fréquence déterminée par le préfet et les magistrats dans les hôpitaux psychiatriques. On peut ainsi lire sur le site Internet de la CCDH : « Ces visites sont, comme vérifiées par CCDH grâce aux registres de signatures de visités tenus par les hôpitaux, effectuées de manière très irrégulière. »
Cela étant, le glissement de sens est rapide et réel : dénonçant les défaillances du système de contrôle des hôpitaux psychiatriques par les autorités préfectorales et judiciaires, la CCDH affirme ouvertement sur son site Internet qu’elle se donne pour but « d'exposer les violations des droits de l'homme commises en psychiatrie et d'assainir le domaine de la santé mentale. »
Et dans cette optique, il s’agit aussi pour l’association d’attirer l’attention des parlementaires en développant une méthode de lobbying qui peut s’avérer très efficace. « De nombreux contacts ont été pris avec les autorités, les parlementaires, les représentants de justice et même les maires afin de les informer de la situation », peut-on lire sur le site Internet de la CCDH.
« Plusieurs parlementaires se sont faits piéger l’an dernier. Ils ont été plus de 80 à réclamer des explications sur les hospitalisations sous contrainte à la ministre de la Santé après avoir été sollicités par la CCDH », observe le président de la Miviludes, Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, George Fennech (9). Et d’expliquer, au sujet de l’obtention des registres d’hospitalisations par la CCDH (10) : « L’Etat a une obligation de transparence et certains en abusent, c’est la force et la faiblesse d’une démocratie. »
 
Notes et sources :
(1) Article détaillé sur la Scientologie consultable sur le site Internet Info-Sectes.org : http://www.info-sectes.org/sectesgd/sciento.htm
(2) La CCDH revendique son affiliation à l’Église de Scientologie sur son site Internet : http://ccdh.asso.fr/Les-origines-de-CCDH_a57.html. Extraits de la présentation de la CCDH : « CCDH a été co-fondée par l'Église de Scientologie ("Église de Scientologie" est une marque déposée, détenue par le Religious Technology Center et utilisée avec son autorisation) en tant qu'association indépendante dont le but est d'exposer les violations des droits de l'homme commises en psychiatrie et d'assainir le domaine de la santé mentale. »
(3) Informations sur l’HDT, HO et l’hospitalisation d’urgence sur ce site Internet présentant l’hospitalisation sous contrainte du point de vue juridique : http://www.information-juridique.com/droit-sante/hospitalisation-sous-contrainte-dro_57.htm
(4) (5) ( et (10) Amélie Cano, « La psychiatrie dans la ligne de mire de la Scientologie », 6 juillet 2010, disponible sur le site Internet ActuSoins.com : http://www.actusoins.com/4115/la-psychiatrie-dans-la-ligne-de-mire-de-la-scientologie.html
(6) ADFI Nord Pas-de-Calais Picardie : http://www.adfi59.net/spip.php?article119
(7) Des informations sur les Commissions départementales des Hospitalisations psychiatriques (CDHP) et sur les contrôles dans les établissements psychiatriques sont disponibles sur le Site Internet du Sénat : http://www.senat.fr/rap/l06-414/l06-4142.html#fnref12
(9) Miviludes : http://www.miviludes.gouv.fr/ 


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« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est difficile de le trouver en soi. Il est impossible de le trouver ailleurs. » N. de Chamfort
Message Hospitalisation sous contrainte 


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