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PSYCHIATRIE et AUTISME
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PSYCHIATRIE et AUTISME

Dès 1993-1995, Simone Veil, alors Ministre de la Santé, sollicitée par les associations de parents d’enfants autistes, avait mis en place les conditions d’un plan spécifique répondant aux besoins urgents afférant à l’autisme.

Les secteurs de psychiatrie infanto-juvénile, largement concernés par les interrogations soulevées, s’étaient penchés sur cette nouvelle façon d’être interpellés. Ceci reflétait deux positions novatrices : la place des usagers dans le dispositif de soin et la remise en question d’un rapport classique entre médecin et patient.

Les patients souffrant de VIH avaient déjà révolutionné la place du patient qui sous leur impulsion deviendra usager considéré dès lors comme responsable et autonome. Les psychiatres des adultes et des enfants n’étaient pas de reste car sans cesse questionnés, sur un plan idéologique, par la société à travers les média et les intellectuels. Ceci allait jusqu’à l’interrogation de la nécessité de leur existence ou non et sur le fait que la psychiatrie, à travers l’hôpital, créait le fait psychiatrique et pourquoi pas la maladie mentale ! Actuellement le mouvement idéologique issu, de la société et des associations d’usagers relayé par l’administration, nos tutelles et parfois les universitaires, est fondamentalement hostile à la psychiatrie sans prendre conscience du caractère stigmatisant et préjudiciable de cette position pour les patients.

(...)
Notre capacité soignante s’appuyait sur une connaissance fine de la clinique de l’enfant dans sa singularité et dans l’interrelation qu’il a avec son entourage. La psychiatrie ne s’est pas fondée sur la mise en place de protocoles qu’ils soient thérapeutiques ou éducatifs mais sur une confrontation constante de nos actions relancées par une réflexion et une reprise de la théorisation, de la pratique confrontée aux écrits. La dimension corporelle a toujours fait partie de l’analyse compréhensive débouchant parfois sur un diagnostic et sur l’action dite thérapeutique dont on verra quelle en est la globalité. C’est donc un pari ambitieux que portait la psychiatrie : intervenir par le biais de la relation afin de faire émerger l’enfant de son enfermement autistique.


(...)

Parfois restreinte par l’insuffisance des moyens, la thérapeutique s’inscrit sur des temps scandant les dimensions éducatives, scolaires et sociales. Le reproche qui nous est fait ne peut être celui d’une absence « d’éducation » mais celui d’une absence « d’éducation protocolisée et opératoire ». Le reproche que nous nous ferions est de ne plus pouvoir déployer une fonction thérapeutique avec autant d’intensité.  Nul doute que là, plus qu’ailleurs, les dimensions de répétition, d’intensité et de fréquence sont décisives lorsqu’elles sont portées par un professionnel tenant compte, dans l’inter relationnel, de l’émotion et des affects (au moins de leur émergence).
Les secteurs de psychiatrie infanto-juvénile essaient d’intégrer ces protocoles éducationnels ce qui n’est pas simple pour une raison de choc de culture entre les notions de collectif et d’individuel. Les anglo-saxons sont plus accessibles au déroulement systématique d’actes éducatifs répétés, les professionnels français sont très attachés à la créativité de la rencontre nécessitant une adaptation progressive de grandes lignes éducatives. Nous avons beaucoup de mal à dissocier le cognitif, le comportement et le biologique du pulsionnel, de l’affect, de l’émotion dans une interrelation ou prédisposition et environnement se conjuguent.

(...)
Nous souhaitons que les moyens soient réellement mis à disposition de la création de petites unités ouvertes dans la cité et que ces personnes autistes adultes aient accès, comme tous, au dispositif psychiatrique lorsque celui-ci est nécessaire. Ceci exige également que des moyens soient donnés à la psychiatrie pour mieux y répondre, que cette réponse ne soit pas limitée au diagnostic mais axée vraiment sur cette question thérapeutique, enfin que l’opprobre ne soit pas jetée sur une institution englobant alors et les professionnels et les patients qui y reçoivent des soins.


Docteur N.Garret-Gloanec, Présidente de la Société de l’Information Psychiatrique,  
Secrétaire général de la Fédération Française de Psychiatrie 
Docteur F.Roos-Weil, Membre du CA de la SIP 
Docteur Yves Boudart,  
Responsable des relations internationales de la SIP 

Texte intégral : [www.psydoc-france.fr]


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La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient. G. Garcia Marquez
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